vignette|Visual History of Nations, Israel (4 000 ans d'histoire juive) par A. Szyk. (Description de l'illustration)Page de description de l'illustration sur Wikicommons.. |alt=|350x350px
L'histoire du peuple juif s'étend sur plus de , de -1200 à nos jours. La première mention de son existence hors contexte biblique apparaît sur la stèle de Mérenptah au avant J.-C. Selon la tradition juive, ses racines remontent aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob également appelé Israël.
Israël antique thumb Le peuple juif est issu des Israélites qui ont vécu dans la région du Croissant fertile et sur la côte de la Méditerranée orientale ils commencent à se développer au début de l'âge du fer vers -1000. Il émerge au sein des peuples existant entre le Nil, le Tigre et l'Euphrate. Il prend son essor dans le pays de Canaan, région qui fut un carrefour de civilisations et correspond plus ou moins aujourd'hui aux territoires couvrant l'État d'Israël, la Cisjordanie, le Liban du Sud et l'Ouest de la Syrie où ont vécu les Cananéens et les Phéniciens. La Bible hébraïque présente les Israélites comme descendants d'une même famille, divisés en douze tribus indépendantes puis fédérés en un royaume unifié qui se scinde ultérieurement en deux royaumes, le royaume d'Israël et le royaume de Juda. L'archéologie tend à situer les débuts de leur histoire aux derniers siècles du IIe millénaire av. J.‑C., après l'effondrement des grands empires égyptien et hittite dominant le Proche-OrientIsrael Finkelstein, The Archaeology of the Israelite settlement, Israel Exploration Society, 1988.".
Premières traces (-1200 à -880)
thumb|Ostracon de Khirbet Qeiyafa. En archéologie, on désigne par premiers Israélites, la population nommée Israël sur la stèle de Mérenptah. Après l'exil à Babylone, le royaume de Juda devient une province de l'Empire perse, Yehoud : la Judée. Les Israélites sont désormais appelés Yehoudim, les Judéens, ou Juifs.
Les prospections archéologiques menées depuis 1990 sur les hautes terres de Canaan ont permis d'établir la présence, à partir de -, de petites communautés de nomades qui se sédentarisent. Selon Pierre de Miroschedji, les premiers Israélites sont d'origine cananéenne mais contrairement à leurs voisins, ils n'élèvent pas de porc et n'en mangent pas, comme cela est prescrit dans la Torah ; leurs habitations sont de forme ovoïde. Ils ne semblent pas avoir été alphabétisés et on ne les connaît que par les écrits d'autres peuples, égyptien et assyrien notamment. La plus ancienne inscription connue en hébreu ancien, bien que cela soit contesté, est l'ostracon de Khirbet Qeiyafa trouvé dans une strate datée du (entre -1050 et -970, selon des mesures au carbone 14) près de Bet Shemesh, une ville située à environ 30 kilomètres à l'ouest de Jérusalem.
Monarchie unifiée d'Israël et Juda
thumb|Représentation des territoires des tribus d'Israël (carte de 1759). Selon la Bible, le Royaume d'Israël, ou Monarchie unifiée d'Israël et Juda est le royaume proclamé par les Israélites. On fixe généralement l'émergence de ce royaume au La Bible le situe après l'époque des Juges d'Israël. La Bible dit que Saül, issu de la tribu de Benjamin, est désigné roi d'Israël par le prophète Samuel. Saül réunifie les douze tribus et règne sur le peuple d'Israël.
gauche|vignette|Stèle de Tel Dan.
David ne lui succède officiellement qu'à sa mort. Il est issu de la tribu de Juda, et devient roi des 12 tribus d'Israël avec lesquelles il prend Jérusalem. Ensuite, Salomon, fils de David, est roi d'Israël. La Bible le dépeint comme un roi qui amène le royaume à son apogée dans tous les domaines. Le pays s'enrichit par les échanges régionaux. Sur le plan religieux, Salomon construit le premier Temple de Jérusalem. Après sa mort, intervient un schisme qui engendre la création de deux royaumes distincts, les royaumes de Juda et d’Israël.
La majorité des historiens pensent que l'historicité de David est attestée par la stèle de Tel Dan qui mentionne la maison de David, d'où sont issus les rois de Juda. Toutefois, le fait qu'un royaume unifié ait dominé la région du Levant est sérieusement mis en doute par plusieurs d'entre eux, qui voient dans ce récit une image idyllique promue par l'entourage du roi Josias ; plus développé dans I. Finkelstein et N. A. Silberman, Les Rois sacrés de la Bible : à la recherche de David et Salomon, Paris, 2006. peut également être rattaché à ce courant..
Royaume d’Israël
Le royaume d'Israël est établi par les Israélites en Samarie. Les historiens situent cela vers -930, et pensent qu'il dure jusque vers -720. Ils le nomment souvent royaume de Samarie ou royaume du Nord pour le différencier du royaume de Juda, au sud. Ce royaume est dirigé par plusieurs dynasties successives. Sa capitale est d'abord Sichem, avant que Jéroboam n'opte pour Tirça. Plus tard, Omri fonde la ville de Samarie qui devient la capitale du royaume jusqu'à sa chute vers -720.
Le premier roi d'Israël dont l'archéologie fait mention est Omri, dont le nom est mentionné dans la stèle de Mesha du . Omri a dominé une région plus étendue que le territoire traditionnel des tribus d'Israël. Il a conquis, au moins en partie, MoabBD, page 221 et le sud de la SyrieBD, page 223. Les archéologues Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman lui attribuent la prospérité du pays et les importantes constructions de Megiddo, Gezer et autres villes que les précédentes théories archéologiques situent à l'époque de Salomon qui n'aurait régné, comme David son père, que sur Juda. Après de nombreux conflits avec ses voisins dont principalement la Syrie et un développement politique, économique et démographique notable (sa population aurait atteint jusqu'à BD, page 242), le royaume d'Israël disparaît vers avec la conquête assyrienneBD, p. 254.
Royaume de Juda
thumb|Illustration de Jérusalem à l’époque du Temple de Salomon, 1871. Selon la Bible, le royaume de Juda est établi par les Israélites concomitamment avec le royaume d'Israël, et en rivalité avec lui (vers -931). Il est constitué par deux des tribus d’Israël, la tribu de Juda et la tribu de Benjamin sur les territoires autour de Jérusalem et d'Hébron. Sa disparition intervient en -587 lors d'une campagne menée par contre Jérusalem qu'il assiège. La ville est pillée et les soldats babyloniens incendient le Temple et les édifices de la ville. Le royaume est détruit et toute sa population est déportée vers les différentes régions de l'empire néo-babylonien.
Exil à Babylone
À la suite de la perte des repères nationaux que sont essentiellement la terre, la royauté et le lieu du culte (Temple de Jérusalem) les exilés du Royaume de Judah, sont rassemblés par leurs autorités morales et religieuses autour des écrits historiques et de la littérature produite pendant les siècles précédents. Les chercheurs datent de cette époque la naissance du Judaïsme tel qu'il se développera ensuite : les écritures traditionnelles et religieuses recevant la primauté sur les institutions nationales du sacerdoce et de la royauté.
Période du Second Temple (-515 à 70)
La période du Second Temple s'étend de (fin de la construction du second Temple) au (destruction du second Temple en 70 de notre ère). 70 ans après le début de l'exil à Babylone, les Judéens retournent sur leur terre lors du règne de Cyrus II, sous la conduite d'Ezra, Néhémie et Zorobabel, auxquels succèdent la Grande Assemblée. La reconstruction du second temple de Jérusalem dure de à C'est une période de réformes religieuses et de « purification ethnique » (voir les réformes d'Ezra et la répudiation des épouses cananéennes). Les habitants du royaume nordiste ne sont pas admis dans l'Assemblée, et forment le samaritanisme. La province de Judée passe par plusieurs dominations successives. Plusieurs groupes religieux se font concurrence, tant pour le pouvoir que pour la détermination de l'orthodoxie.
Pendant cette époque, un nouveau groupe religieux juif-messianiste voit le jour : les chrétiensLors du , le christianisme s'inscrit toujours dans le judaïsme. qui proclament que Jésus de Nazareth est le Messie. Un courant chrétien, les nazôréens, continue d'observer la Torah et notamment la circoncision, les interdits alimentaires et le shabbat. Ils s'opposent au point de vue de Paul qui pensait nécessaire de propager auprès des non-juifs la foi en la messianité de Jésus. L'histoire ultérieure de ce groupe est obscure.
Révolte des Maccabées
La révolte des Maccabées est à la fois une révolte juive contre la dynastie hellénistique des Séleucides, et un conflit interne au peuple juif opposant des traditionalistes hostiles à l’évolution de la tradition juive au contact de la culture grecque et des Juifs hellénisants plus favorables au métissage culturel. Cet épisode, qui se situe au , entre -175 et -140, est raconté dans les deux premiers livres des Maccabées et a conduit à la fondation de la dynastie des Hasmonéens. vignette|Emblème de la dynastie des Hasmonéens, 135-104
Dynastie des Hasmonéens
Les Hasmonéens sont une dynastie qui parvient au pouvoir en Judée au cours de l'insurrection des Maccabées que Mattathias, un prêtre de la lignée sacerdotale de Yehoyarib, initie en 168- et auxquels se joignent les Hassidéens. Selon Flavius Josèphe, Mattathias, l'instigateur de la Révolte des Maccabées, est descendant d'un certain Hasmonée (Hashmonaï en hébreu) d'où le nom que prend la dynastie. Simon obtient de Démétrios Nicator l'évacuation des dernières troupes séleucides de Jérusalem en 142, c'est avec lui que commence la dynastie hasmonéenne.
Sadducéens et Boéthusiens Les Sadducéens et les Boéthusiens, classes sacerdotales disciples du prêtre Sadok et de Boethus, proches du pouvoir, ne reconnaissent d'autre autorité que la Torah, prise à la lettre et tiennent des registres extrêmement précis afin d'étayer les lignées sacerdotales. C'est ce souci généalogique qui a conduit les théoriciens de l'hypothèse documentaire à supputer un rédacteur P (Prêtre).
Pharisiens Les Pharisiens, descendants des Zougot, s'appuient sur certaines exhortations prophétiques (« Je hais vos fêtes »), pour chercher à appliquer les rites autant dans la lettre que l'esprit, celui-ci ayant parfois préséance. Ils se transmettent pour ce faire une exégèse orale du Tanakh de père à fils et de maître à disciple. Ils reçoivent un large soutien du peuple, et dès l'époque de Shimon ben Shetah, dominent la vie religieuse, via le Sanhédrin.
Esséniens Les Esséniens, ascètes se repliant dans le désert, prônent une voie de détachement. Ils sont assez proches des Pharisiens, mais développent des idées propres à consonance apocalyptique, parlant, par exemple, d'un combat des fils de la lumière contre ceux de l'obscurité.
Zélotes
Les Zélotes (Sicaires), sont également proches des Pharisiens, mais fort portés à la guérilla contre les envahisseurs, surtout Romains. Instigateurs de la révolte contre Rome, leur mouvement disparaît à la suite du siège de Massada. Cette classification est tributaire du récit de Flavius Josèphe et de ses « quatre sectes ». Il est toutefois probable que d'autres mouvements existaient, et que l'hégémonie du judaïsme pharisien mettra plusieurs siècles à s'établir.
Exil après la destruction du second Temple (+ 70) Diaspora
La prise de Jérusalem par Pompée en entraîne l'envoi en esclavage de nombreux prisonniers à Rome. C'est l'élément fondateur de la Diaspora en Occident.
Développement du judaïsme vignette|Ruines d'une synagogue à Beit Shearim, II s.
vignette|Scan d'une mosaïque juive trouvée dans les fondations d'une église byzantine construite à Jerash (Jordanie) en 530 après J.-C.