La Corée du Nord est l'un des pays dans lesquels les droits de l'Homme sont les moins respectés, bien que les dirigeants de ce pays le contestent fermement.

La Corée du Nord a signé plusieurs traités l'engageant à respecter les droits de l'Homme et plusieurs articles de sa constitution défendent plusieurs libertés fondamentales<ref>[http://www.kcckp.net/fr/great/constitution.php Constitution de la Corée du Nord], voir notamment les articles 66, 67 et 68.</ref>. Mais en raison de l'isolationnisme important du pays, il est très difficile de vérifier leur respect.

Des gouvernements étrangers et des ONG comme Amnesty International et PSCORE accusent la Corée du Nord de ne pas respecter certaines libertés fondamentales (comme la liberté d'expression, d'association, de religion ou encore de circulation) et . Le travail forcé serait très fréquent dans . Le nombre de travailleurs forcés condamnés pour motifs politiques est estimé entre et Document fédéral américain publié en juillet 2007, ].

En 2014, l'ONU publie un rapport accablant qui fait état de nombreux cas de perpétrés par les dirigeants du régime à l'encontre du peuple nord-coréenL’ONU accuse la Corée du Nord de crimes contre l’humanité, RFI, 17 janvier 2013., ce qui remet en question certains espoirs précédemment placés dans l'évolution de la situation politique internationale : ainsi, en 2007, le rapporteur des Nations unies sur les droits de l'homme en Corée du Nord Vitit Muntarbhorn estimait que les progrès dans les pourparlers multilatéraux à six sur les armes nucléaires en Corée du Nord pouvaient avoir des conséquences positives sur les droits de l'Homme dans ce pays "Rapporteur welcomes 6-party talks over rights in N. Korea", Kyodo News, 26 octobre 2007.

Le travail des ONG humanitaires est également entravé par les sanctions internationales renforcées en 2017 et les pressions américaines.. En 2018, Save the Children, l’une des dernières ONG encore présentes dans le pays de façon permanente, a dû partir, ne pouvant plus délivrer d'aide humanitaire à cause des sanctions..

Conventions internationales signées La république populaire démocratique de Corée a signé les conventions internationales suivantes des Nations unies : la convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction (1972); le pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966); le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966) ; la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979) ; la convention relative aux droits de l'enfant (1990) ; le protocole de Kyoto à la convention cadre sur les changements climatiques (1997) ; les quatre conventions de Genève (1949) (signées après la guerre de Corée) : pour l'amélioration du sort des blessés et des malades dans les forces armées en campagne, pour l'amélioration du sort des blessés et des malades et des naufragés dans les forces armées sur mer, relative au traitement des prisonniers de guerre, relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

Observations des ONG sur les atteintes aux droits de l'homme Étant donné « le bilan en matière de droits humains du gouvernement nord-coréen », malgré le manque de sources, Amnesty International, à l'instar d'une autre ONG People for Successful Corean Reunification, « exhorte le gouvernement de Corée du Nord à prendre sans plus attendre des mesures en vue d’améliorer le respect des droits humains dans le pays », en mettant tout particulièrement l'accent sur le respect des obligations résultant des traités internationaux relatifs aux droits humains, l'abolition de la peine capitale, la libération des citoyennes et citoyens emprisonnés « pour avoir exercé de manière pacifique leurs libertés fondamentales » et la garantie de la liberté d’expression, d'information et de mouvement pour tous les Nord-Coréens, tout en invitant « la communauté internationale, notamment les gouvernements donateurs et les Nations Unies, à faire pression sur le gouvernement nord-coréen pour qu’il mette en œuvre les recommandations ci-dessus. »

Manque d'informations Des experts des Nations unies des droits des femmes et des droits des enfants ont été reçus en Corée du Nord, sur l'invitation du gouvernement nord-coréen. .

S'agissant d'une source non gouvernementale (ONG), Amnesty International, entièrement indépendante financièrement des gouvernements mais actuellement persona non grata en Corée du Nord, recoupe des informations obtenues directement auprès de transfuges haut placés et de réfugiés, ainsi qu'auprès d'observateurs étrangers indépendants, faute d'avoir pu enquêter sur place depuis 1995. D'après le rapport 2005 de cette organisation, les informations restent sévèrement contrôlées, tout comme l’accès au territoire. En dépit de demandes répétées, le gouvernement a continué de refuser l’autorisation de pénétrer sur le sol nord-coréen au rapporteur spécial sur la situation des droits de l’Homme dans la République populaire démocratique de Corée [i. e. le rapporteur de la Commission des droits de l’Homme des Nations Unies], au rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation des Nations unies, mais aussi à Amnesty International et à d’autres observateurs indépendants de la situation des droits humains. Cette interdiction d’accès au territoire faite à Amnesty International et à d’autres observateurs indépendants compromet les recherches sur la situation des droits humains. Toutefois, certaines informations font état d’une politique gouvernementale qui se traduit par des violations systématiques des droits fondamentaux, notamment des exécutions, des actes de torture, des incarcérations de prisonniers politiques et des conditions de détention inhumaines.

Par conséquent, les récits des réfugiés, - lesquels sont pris en charge, dès leur arrivée en Corée du Sud, par les autorités sud-coréennes, puis par Amnesty International et d’autres ONG comme Médecins sans frontières (un réfugié sur deux souffre de troubles psychotraumatiques), Human Rights Watch ou Reporters sans frontières - ne peuvent être recoupés avec des informations recueillies sur place. En ce sens, Frédéric Durand, qui se garde toutefois de contester globalement la valeur des témoignages, remarque dans un commentaire d'ouvrage du Monde diplomatique que « beaucoup d’exilés et d’organisations non gouvernementales qui les soutiennent ont compris les discours qu’attendent la plupart des médias occidentaux. Ils leur servent donc, voire leur monnayent, des récits poignants, sensationnels, dramatiques… » Et il ajoute : « Pourtant, si les Nord-Coréens ne sont guère dupes des errances de leurs dirigeants, certains, par-delà leurs souffrances, n’évoquent pas sans nostalgie l’époque où le défunt Kim Il-Sung incarnait l’espoir d’un avenir radieux »..

Libertés individuelles, d'expression et d'association Selon le rapport annuel d'Amnesty international pour l'année 2005, Toujours d'après Amnesty International, les informations relatives aux emprisonnements de journalistes sont toutefois impossibles à vérifier sur place. Selon le même rapport, aucune opposition au régime n'est tolérée, et tout rassemblement ou association non autorisés sont sanctionnés en tant que .

La liberté religieuse, bien que garantie par la constitution, est sévèrement réprimée, l'exercice de la foi chrétienne pouvant mener aux camps de concentration.

La Corée du Nord ne réprime pas l'homosexualité, mais elle rejette l'image d'une culture gay telle qu'en Occident qui selon elle embrasse le modèle capitaliste de la société de consommation.

En , l'agence britannique AP Television News est devenue la première agence occidentale à disposer d'un bureau permanent en Corée du Nord L'agence de presse AP Television ouvre des bureaux en Corée du Nord, de l'agence Itar-Tass du . AP Television News avait auparavant couvert divers évènements en Corée du Nord, notamment la Foire commerciale internationale de Pyongyang. Cette installation fait suite à une ouverture sans précédent de la Corée du Nord à des journalistes occidentaux lors des cérémonies du soixantième anniversaire de la Libération de la Corée et de la fondation du Parti du travail de Corée à l'automne 2005.

En 2008, la centaine d'occidentaux autorisés à vivre à Pyongyang sont reclus dans un quartier portant le nom de , où la plupart des nord coréens ne sont pas autorisés à pénétrerMagazine télévisé Enquêtes exclusives du sur M6.

Comme dans les anciennes démocraties populaires, des permis intérieurs règlementent les déplacements des citoyens dans leur pays.

Torture Le pays n'a pas signé la Convention contre la torture des Nations unies et les réfugiés font état de cas de torture et de mauvais traitement, plus particulièrement dans les camps, mais aussi durant les interrogatoires, où se pratique notamment le supplice de l'eau, consistant à forcer à boire des quantités importantes d'eau en peu de temps. Des prisonniers sont morts de malnutrition en 2005.

Peine de mort La peine de mort est en vigueur et appliquée. Selon Amnesty International, l'amélioration de la situation économique se serait toutefois traduite par une diminution du nombre d'exécutions publiques. Les autorités nord-coréennes ont pour leur part affirmé, en 2001, ne pas avoir appliqué la peine de mort depuis 1992, puis, selon le rapport d'Amnesty, ont annoncé l'arrêt des exécutions en 2003.

Selon le rapport d'Amnesty International en 2006., Le 12 décembre 2013, Jang Song Thaek, l'oncle de Kim Jong-Un, est condamné à mort.

Réfugiés Les ONG relèvent aussi la responsabilité des États étrangers, notamment la Chine et les ambassades étrangères, dans le refoulement de réfugiés vers la Corée du Nord où ils peuvent encourir de lourdes condamnations (notamment la déportation dans des camps de concentration pour les multi-récidivistes et en cas de départ définitif, ou encore la peine de mort). Des peines peuvent également être infligées aux membres de la famille proche"Évadés de Corée du Nord", op. cit.. On rapporte que celles-ci sont particulièrement sévères..

Toutefois, selon "Évadés de Corée du Nord" (op. cit.), le gouvernement nord-coréen a récemment assoupli la législation relative aux départs à l'étranger, en autorisant les sorties du territoire dès lors qu'elles ne sont pas définitives. De nombreux réfugiés cherchent ainsi à faire valoir qu'ils étaient dans cette situation en cas d'arrestation.

Cependant, selon un reportage télévisé datant de 2008 les réfugiés sont toujours menacés d'une exécution immédiate lors de leur passage à la frontière.

Les témoignages recueillis par Médecins sans frontières entre 2003 et 2006 indiquent des conditions sociales et politiques désastreuses entraînant des troubles psychiques chez la majorité des réfugiés ayant fui ce pays.

Pénuries alimentaires De fait, alors que la pénurie alimentaire a conduit après 1994 de nombreux Coréens à se réfugier en Chine où existe une forte minorité coréanophone (2 millions d'individus, lesquels s'étaient naguère réfugiés en Corée du Nord lors des périodes de difficulté alimentaire en Chine, dans les années 1960 et 1970), la plupart des Nord-Coréens aujourd'hui présents en Chine envisageraient de retourner dans leur pays, après s'être procuré des produits ou des médicaments difficilement accessibles en Corée du Nord (sur cette évolution des flux de population entre la Corée du Nord et la Chine, voir l'ouvrage de Juliette Morillot et Dorian Malovic, Évadés de Corée du Nord, Presses de la Cité, Paris, 2004).