Tuila'epa Lupesoliai Neioti Aiono Sa'ilele Malielegaoi« Tuila'epa Lupesoliai » sont des titres de matai, tandis que « Sa'ilele » et « Malielegaoi » sont un prénom et un nom de famille respectivement. Il est plus courant de dire « le Premier ministre Tuilaepa » que « le Premier ministre Malielegaoi ». ( , Talamua, où les titres matai précèdent les noms, y compris pour les élus non-autochtones)., né le à LepaFiche biographique officielle, site web du gouvernement samoan, 11 juin 2009, est un économiste et homme politique samoan. Il est Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du au .

Situation personnelle Bien que ce soit un titre de chefferie, il est le plus souvent mentionné comme Tuila'epa que par son nom de famille.

Sa'ilele Malielegaoi est le premier Samoan à obtenir un diplôme de maîtrise en économie, à l'Université d'Auckland en Nouvelle-Zélande en 1969 , Université d'Auckland., et a une carrière d'économiste avant d'entrer en politique.

Il s'installe un temps à Bruxelles, en 1978, et y travaille pour la Communauté économique européenne.

Carrière politique En 1980, il est élu député au Fono (Parlement samoan), tout en travaillant comme associé dans une entreprise de comptabilité. Il accède au poste de Premier ministre en 1998 lorsque son prédécesseur, Tofilau Eti Alesana, également du Parti pour la protection des droits de l'Homme, démissionne pour raisons de santé. Il est continuellement réélu, et entame son quatrième mandat en , son parti conservant une majorité absolue de sièges aux élections législatives , ..

Fin 2011, il initie l'émergence du Groupe des Dirigeants polynésiens, regroupant les gouvernements de huit États ou territoires polynésiens en vue d'une coopération dans des domaines tels que l'éducation, l'adaptation au changement climatique ou encore l'investissement et le commerce , , 19 septembre 2011. , , 18 novembre 2011. , Savali, 19 novembre 2011..

Sa mesure la plus controversée en tant que Premier ministre est de décider en 2008 que les voitures devraient dorénavant rouler à gauche, et non plus à droite. La décision provoque la plus large manifestation de protestation dans l'histoire du pays, ce qui fut mal compris à l'étranger , , 3 juillet 2009..

En 2011, il annonce que les Samoa allaient déplacer la ligne de changement de date, afin que le pays se trouve à l'ouest de la ligne et partage la même journée que ses principaux partenaires économiques (l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les pays asiatiques). Keni Lesa, rédacteur en chef du , rapporte que bien des Samoans voyaient en cette mesure . Des personnalités politiques d'opposition critiquent la mesure, affirmant qu'elle n'apporterait pas de bienfaits économiques, et qu'au contraire elle ferait perdre au pays son atout touristique en tant que , juste à l'est de la ligne (les Samoa passeraient de UTC-11 à UTC+13). Tuilaepa rétorque en déclarant que le député d'opposition Lealailepule Rimoni Aiafi est , ajoutant que ne comprendrait pas les bienfaits de ce changement , AAP, 3 juin 2011.. Conséquemment, le est retiré du calendrier, le pays passant directement du 29 au 31. Les Tokelau, qui dépendent des Samoa en tant que seul point de relais avec le monde extérieur, font de même, passant également à l'ouest de la ligne de changement de date , Stuff.co.nz, 21 décembre 2011 , , 28 décembre 2011. , , 24 décembre 2011..

En , il déclare que ceux de ses concitoyens urbains qui se considèrent pauvres sont des « paresseux ». Il nie que quiconque soit pauvre aux Samoa, arguant que tous ont accès au logement, aux soins de santé, à l'eau, et ont de quoi se nourrir ; ne pas avoir une voiture ou une télévision n'est pas un signe de pauvreté. Rappelant que tout Samoan dispose de droit d'un accès à la terre, il accuse tous ceux qui « viennent en ville et traînassent. Ils sont paresseux et ne veulent pas retourner à leur village travailler la terre. Ils devraient rester dans leur village où sont leurs terres, et les faire fructifier » "Samoa's poor are 'lazy': PM", Fairfax Media NZ, 24 janvier 2012.

Tuilaepa est également connu pour ses critiques très vives envers son homologue fidjien Voreqe Bainimarama, arrivé au pouvoir par un coup d'État en . L'accusant de mentir lorsqu'il affirme préparer des élections démocratiques pour 2014, Tuilaepa a également qualifié Bainimarama d' et de , déclarant qu'il préférerait le voir dans une tenue de prisonnier plutôt qu'en uniforme militaire , Savali, avril 2009.. En 2018 toutefois, il explique s'être réconcilié avec son homologue fidjien, et dit reconnaître que Bainimarama « défendait un nouveau système pour une transition des Fidji vers un nouvel ordre pour améliorer le bien-être de tous aux Fidji ». Qualifiant ce dernier de dirigeant « bon » et « visionnaire », il accuse certains médias d'avoir accentué les tensions entre eux "Samoa PM acknowledges Fiji leader's choice", Radio New Zealand, 11 septembre 2018.

En , il démontre à nouveau cet aspect de sa personnalité en intervenant à la radio publique pour traiter plusieurs fois d'« idiot » un arbitre assistant qui a officié dans un match de rugby entre l'équipe samoane et celle d'Écosse (remportée par l'Écosse 17-16). Qualifiant cet arbitre de « raciste » incompétent qui refuse d'admettre que les Samoa puissent battre une équipe européenne, le premier ministre ajoute que lorsqu'un arbitre n'arrête pas le match à la fin du temps règlementaire, « il serait justifié de lui jeter une pierre à la tête » "Samoa PM attacks racist rugby referees", Stuff.co.nz, 2 juillet 2012.

En , lors d'un entretien avec le journal Samoa Observer, il exprime sa satisfaction que des membres de la communauté samoane en Nouvelle-Zélande se soient mobilisés contre la légalisation du mariage homosexuel dans ce pays. Tout en reconnaissant que le Parlement néo-zélandais est souverain, il affirme que Samoa, pour sa part, est « fondé sur des principes chrétiens ». La sodomie a entraîné la destruction de Sodome et Gomorrhe, affirma-t-il, et « il n'y a qu'une seule vérité : ce type de comportement est un péché » "PM firm on rejection of same sex marriage", Samoa Observer, 31 mars 2013. En , il introduit au Parlement une proposition d'amendement constitutionnel pour faire du christianisme (sans dénomination particulière) la religion d'État aux Samoa "Govt. amends Constitution to reflect Christian State", Samoa Observer, 21 décembre 2016.

Son parti est battu aux élections législatives de 2021 avec 25 sièges contre 26 pour le Fa'atuatua i le Atua Samoa ua Tasi et Iosefo Ponifasio qui siège comme indépendant. Il refuse cependant la défaite et empêche Naomi Mata'afa d'être investie Première ministre dans le Parlement. Le , la Cour suprême ordonne que le Parlement puisse siéger pour le au plus tard, pour la prestation de serment de la nouvelle Première ministre. La Cour précise que toute nouvelle tentative d'empêcher le Parlement de siéger constituerait un délit d'outrage au parlement et d'outrage au tribunal "Samoa's parliament ordered to sit within a week", Radio New Zealand, 28 juin 2021. Tuilaepa refuse la décision de la Cour, affirmant que le Parlement ne peut siéger tant que toutes les pétitions électorales n'auront pas été traitées, l'élection de certains députés étant contestée devant les tribunaux "Second by-election coming in Samoa", Radio New Zealand, 29 juin 2021. Le , le journal Samoa Observer publie un éditorial accusant Tuilaepa de défier toutes les institutions démocratiques du pays et de voir les Samoa comme son fief personnel et celui de son parti "For Tuila’epa, what follows defeat?", Samoa Observer, 14 juillet 2021.

Le vendredi , toutefois, la Cour d'Appel statue que la prestation de serment de Fiame le est conforme à la Constitution, puisque le Parlement devait siéger à cette date au plus tard et qu'elle a agi en application d'un « principe de nécessité ». La Cour précise qu'elle est ainsi légalement Première ministre depuis le "Court declares F.A.S.T. Government; impasse over", Samoa Observer, 23 juillet 2021 "Samoa court declares FAST party new government", Radio New Zealand, 23 juillet 2021. Tuilaepa accepte sa défaite le lundi "Former Samoa PM concedes election defeat, ends political instability", Reuters, 26 juillet 2021, mais accuse publiquement la Cour d'Appel d'avoir « brisé la Constitution » et institué une situation de « non-droit » et de « loi de la jungle ». Il critique également l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour ne pas l'avoir soutenu "Samoa's former leader criticises NZ/AUS for lack of support", Radio New Zealand, 11 août 2021. En il est reconnu coupable d'outrage au tribunal, mais la cour ne lui inflige aucune peine "Court finds former Samoa PM guilty of contempt", Radio New Zealand, 24 mars 2022. Le , toutefois, les députés votent sa suspension indéfinie du Parlement en réponse à cette condamnation, et suspendent le secrétaire du Parti pour la protection des droits de l'homme, Lealailepule , pour la même raison "Samoa's HRPP leader suspended indefinitely from Parliament", Radio New Zealand, 25 mai 2022. Le , la Cour suprême casse toutefois leur suspension, pour vice de procédure "Samoa court declares suspension of two leading opposition MPs void", Radio New Zealand, 30 août 2022. Le , le Parlement vote la suspension des deux députés pendant vingt-quatre mois, à effet immédiat "Two leading Samoa opposition MPs suspended from parliament for two years", Radio New Zealand, 19 octobre 2022.

Implication dans les sports samoans Carrière en tir à l'arc

Il est par ailleurs le seul dirigeant élu en exercice d'un État souverain à avoir participé à une compétition sportive internationale de haut niveau, ayant pris part aux épreuves de tir à l'arc aux Jeux du Pacifique Sud de 2007 "Samoa PM draws bow for his country", New Zealand Herald, 18 août 2007. Après plusieurs mois d'entraînement quotidien sous la tutelle de l'entraîneur chinois Zhou Xiao Jun, il est classé deuxième dans la discipline aux Samoa, et indique en blaguant aux journalistes qu'il s'imagine tirer sur les membres de l'opposition parlementaire lorsqu'il s'entraîne. En individuel, il termine sixième aux Jeux, mais remporte une médaille d'argent dans l'épreuve masculine par équipe ; les Samoans sont battus en finale par la Nouvelle-Calédonie "Samoan Prime Minister gets SPG silver medal", People's Daily, 2 septembre 2007. Douze ans plus tard il se qualifie à nouveau en tir à l'arc pour les Jeux du Pacifique de 2019, organisés aux Samoa "Take a bow: Samoa PM makes Pacific Games archery team", Agence France-Presse, 21 mai 2019. À l'âge de 74 ans, il termine dernier à l'épreuve masculine d'arc à poulies, totalisant 469 points ; le Néo-Calédonien Laurent Clerte remporte la médaille d'or avec 1 072 points "Teenage archer wins first 2019 Pacific Games gold for hosts Samoa as Prime Minister comes last", Inside the Games, 9 juillet 2019.

Dirigeant de la fédération de rugby à En plus de son mandat de premier ministre, Malielegaoi est aussi président de la Fédération samoane de rugby à .

Sous son mandat la fédération a connu une grave crise, le capitaine de l'équipe nationale, Mo Schwalger, dénonçant notamment après la Coupe du monde 2011 l'incompétence et la corruption des équipes dirigeantes.

En , la fédération déclare également être en faillite, ce qui est directement contredit par World Rugby qui fournit 43 % de ses 11 millions d'euros de budget annuel. Elle semble également avoir obtenu des sommes importantes de la part d'une entreprise de construction chinoise (Shanghai Construction Group) et via un financement participatif national, sans qu'aucun argent ne soit effectivement injecté dans le développement du rugby et de l'équipe nationale.

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Naissance en avril 1945 Catégorie:Naissance sur l'île d'Upolu Catégorie:Premier ministre des Samoa Catégorie:Ministre samoan des Affaires étrangères Catégorie:Étudiant de l'université d'Auckland Catégorie:Archer samoan