Moyenmoutier est une commune française située dans le département des Vosges, en Lorraine, dans la région administrative Grand Est.
Ses habitants sont appelés les Médianimonastériens.
Géographie Localisation vignette|centre|300px|Situation géographique de Moyenmoutier.
L'agglomération principale (le Centre) occupe la partie basse de la vallée du Rabodeau et ses abords immédiats, à l'altitude moyenne de . Au cœur d'une agglomération l'associant à Étival-Clairefontaine, La Voivre, Vieux-Moulin, Senones et La Petite-Raon, la cité se situe à de Saint-Dié-des-Vosges, à de Nancy et à de Strasbourg par le col du Hantz (). vignette|gauche|Vue sur Moyenmoutier. Elle comprend plusieurs sections :
auxquelles sont également rattachés plusieurs écarts ou habitations isolées. On peut par exemple citer, les Azelis, le Cadran Bleu, les Quatre Chemins, la Bergerie, la Pépinière, les Baraques, le Pré de la Fosse, les Fossés...
Sur le territoire de la commune, le Rabodeau reçoit plusieurs petits affluents, dont le Ruisseau du Paire en rive gauche et celui de Ravines en rive droite, puis se jette dans la Meurthe en rive droite à hauteur de Saint-BlaiseSite de la Direction Régionale de l’Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) et Carte globale Lorraine CARMEN - DREAL Lorraine.
Communes limitrophes
Hydrographie
La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Meurthe, le Rabodeau, le ruisseau des Ravines, le ruisseau de Chevreusegoutte, le ruisseau de la Forain, le ruisseau de la Route Forestiere, le ruisseau de Mandois, le ruisseau de Moyenmoutier, le ruisseau des Grands Deves et le ruisseau le Tapageur..
La Meurthe, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune du Valtin et se jette dans la Moselle à Pompey, après avoir traversé .
Le Rabodeau, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Moussey et se jette dans la Meurthe sur le territoire communal, face à Étival-Clairefontaine, après avoir traversé .
Le ruisseau des Ravines, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de La Petite-Raon et se jette dans le Rabodeau sur la commune, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|<center>Réseaux hydrographique et routier de Moyenmoutier.
La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de )..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Ban-de-Sapt », sur la commune de Ban-de-Sapt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en .
Voie de communication et transports Jusque 1982, Moyenmoutier était desservie par le chemin de fer du Rabodeau.
Urbanisme Typologie Au , Moyenmoutier est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de MoyenmoutierUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant six communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Moyenmoutier comprend trois villes-centres (Étival-Clairefontaine, Moyenmoutier et Senones) et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (73 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (74,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (73 %), prairies (19 %), zones urbanisées (5,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,9 %), zones agricoles hétérogènes (0,7 %), mines, décharges et chantiers (0,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Meieni Monasterium (870) ; Medianum Monasterium (974) ; Medii Monasterii … abbatiam (982) ; Abb. cænobii Medianensis (1057) ; Monachis Medii cænobii (1134) ; Moienmoustier (1243) ; Moienmostier (1243) ; Moiemmoistier (1248) ; Mouenmostier (1268) ; Mouon Mostier (1268) ; Moynmoustier (1284) ; Moyenmostier (1289) ; Moienmosteir (1302) ; Moiemostier (1329) ; Moyenmonstier (1341) ; Moiemostier () ; Meigemünster (1402) ; Meygemunster (1405) ; Mimoustier (1434) ; Meimünster (1521) ; Moyenmonster (1661). ; Moyenmoutier (1793).
Il s'agirait, ici, d'une variante phonétique d'un nom gaulois du « marais », dont la forme non mutée est reconnaissable dans Moyenmoutier, sur une boucle marécageuse sur le Rabodeau, affluent de la Meurthe..
Le nom de Moyenmoutier peut être interprété comme : « monastère médian »Moyenmoutier, sur geneawiki.com/.
À la fin du , saint Hidulphe fonde un monastère à mi-chemin entre les deux monastères plus anciens de Senones et Etival, et donc dénommé medianum monasterium. Le nom de Moyenmoutier en dérive directement, car Moutier, comme Moustier ou Monthier, est une forme du latin ecclésiastique monasterium, forme qui a subsisté jusqu'au . Elle entre dans le nom de nombreux lieux et communes en France. Par exemple on trouve le nom de « Vieux Monthier », sur le territoire de la commune de Noyers-Auzécourt (Meuse) où se trouvait autrefois un monastère déplacé en 1168 à Posesse (Marne).
Histoire Le hameau de Saint-Blaise est un point de passage de la Voie des Saulniers gallo-romaine menant de Grand au Rhin. La « rue de la saline » reliant ce hameau au centre-ville rappelle d'ailleurs l'usage antique de ce chemin.
L'étymologie du nom de la commune provient évidemment de l'abbaye de Moyenmoutier : le monastère (moustier), fondé en 671 par saint HydulpheSaint Hydulphe, Fondateur de Moyenmoutier, était à mi-distance de ceux de Senones à l'est, d'Étival à l'ouest, de Saint-Dié au sud et de Bonmoutier (à Val-et-Châtillon) au nord. Cet ensemble forme ce qu'on nomme depuis l'époque moderne la croix sacrée de Lorraine ou croix monastique des VosgesVoir la tradition liée à Gondelbert.. Saint Spinule, originaire de Bégoncelles (futur hameau de Saint-Blaise) deviendra en 707 à la mort d'Hydulphe, le nouvel abbé et construira réellement une première abbaye et développera l'embryon monastique laissé par son prédécesseur.
En 915, les Magyars pillèrent et incendièrent l'abbaye qui fut reconstruite vers 960. Un moine issu de l'abbaye bénédictine, Humbert de Moyenmoutier, envoyé du pape Léon IX à Byzance fut l'un des acteurs majeurs du grand schisme de 1054. Au , les sires de Haute-Pierre obtiennent du duc de Lorraine suzerain la charge d'avouerie sur l'abbaye. Au , Aubert de Parroy bâtit sur le rocher de la Haute-Pierre un château qui fut détruit au siècle suivant, sur l'ordre du duc de Lorraine.
Le monastère rythme la vie de la communauté locale et subit les vicissitudes des siècles qui passent. Le régime de la commende le laisse dans un triste état à la fin du . L'abbé commendataire d'alors, Éric de Lorraine, qui est aussi abbé du monastère Saint-Vanne de Verdun et évêque de cette même ville, entreprend de redonner une vie régulière aux moines de ses maisons. Il confie la réforme à Dom Didier de La Cour. En 1604, le pape Clément VII approuve la constitution de la Congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe dont les têtes sont les deux abbayes de Saint-Vanne à Verdun et de Moyenmoutier. Participant pleinement au mouvement de la Contre-Réforme catholique, cette congrégation, territorialement limitée à l'aire d'une Lorraine alors indépendante, donnera naissance à la congrégation française de Saint-Maur, restée bien plus célèbre. vignette|L'abbaye de Moyenmoutier, E. Ravignat, 1841. Le est l'âge d'or de l'abbaye avec comme professeur de philosophie et d'Écriture Sainte le célèbre Dom Augustin Calmet qui deviendra abbé du monastère voisin de Senones.
La Révolution française sonne le glas de la vie monacale et le bruit des machines remplace le chant des moines. Devenu bien national, le site est la "première filature mécanique de coton installée dans le département des Vosges""L'industrie dans la région bordière des Vosges entre les vallées de la Meurthe et de la Vezouse", par A. Perchenet .
Ainsi, la commune connaît une époque prospère au et au début du grâce à l'industrie textile. Celle-ci est importée ici en 1806 par un Anglais, John Heywood, pionnier du coton dans les Vosges, dont les installations industrielles seront par la suite reprises par la société du baron Aimé-Benoît Seillière (1776-1860) et son cousin Benoît-Aimé Seillière, puis le fils de ce dernier, Nicolas-Ernest Seillière (1805-1865), puis Vincent Ponnier et , sociétés également propriétaires d"établissements similaires à Senones (manufacture Saint-Maurice notamment).
La crise de ce secteur a entraîné un net recul démographique.
La Première Guerre mondiale