Après l'échec de l', les Britanniques ont besoin d'une victoire pour remonter le moral de leurs troupes et de leur population. L'arrivée d'Auchinleck à la tête du front à la place de Wavell change les habitudes britanniques dans le désert. L'opération a lieu après un été sans combat, lors duquel les deux adversaires se sont renforcés.
C'est à partir de la mi- que débute l', qui par sa confusion est une bataille caractéristique de la Seconde Guerre mondiale. Les débuts britanniques sont difficiles et les Allemands infligent de très lourdes pertes à leurs forces blindées, notamment à Sidi Rezeigh. Tout laisse à penser que l' risque d'être encore plus catastrophique que l'. Toutefois, les Britanniques et leurs alliés du Commonwealth et polonais réagissent et infligent aux troupes allemandes de lourdes pertes, et peu de temps après, celles-ci sont obligés de battre en retraite à Gazala et d'abandonner le siège de Tobrouk. Enfin, le , Erwin Rommel doit se replier sous la pression britannique et abandonner toute la Cyrénaïque aux Britanniques.
Prélude
Après les durs combats du printemps 1941 aux alentours de Tobrouk avec notamment l' qui est un échec pour les Britanniques, les deux camps prennent du repos pendant les fortes chaleurs de l'été africain et profitent de cette accalmie pour renforcer l'un et l'autre leurs forces.
Le renforcement britannique
Après l'échec cuisant de l', les Britanniques procèdent à un profond remaniement dans l'armée.
Le commandant des troupes britanniques au Moyen-Orient, Sir Archibald Wavell, est envoyé en Inde et remplacé par Claude Auchinleck.
Dès son arrivée, celui-ci décide de réorganiser la Army pour la future opération destinée à repousser les Allemands au-delà de la Cyrénaïque. Contrairement à son prédécesseur, Auchinleck a le soutien de Winston Churchill et va pouvoir disposer dans un bref délai de l'aide américaine.
Les Britanniques, dont le char Matilda Mark II est devenu obsolète, reçoivent deux nouveaux modèles de chars : le nouveau char d'infanterie Valentine et, à la fin de l'été, le char léger américain M3 Stuart. En septembre 1941, l'ensemble des troupes blindées britanniques a des effectifs au complet, sauf la blindée pour laquelle il faudra attendre le .
Les Britanniques disposent de 477 chars, dont : 173 M3 Stuart, 210 Crusaders, 62 A13 et 32 autres Cruisers. Il faut y rajouter les chars d'infanterie Matilda et Valentine, soit un total de 735 chars. De plus, les Britanniques disposent en réserve de : 62 Cruisers, 90 M3 Stuart et de 77 chars d'infanterie. La dispose donc de 735 chars, et en tout genre pour sa future offensive.
En préparation, les commandos SAS lanceront dans la nuit du 16 au l' sur les aérodromes avancés allemands de et .
Le renforcement allemand
Erwin Rommel, chef du Panzergruppe Afrika, renforce lui aussi ses effectifs mis à mal par les offensives britanniques de mai et . En , il dispose de deux divisions blindées (la 15 et la 21) ainsi que de la zbV Afrika division qui sera renommée 90. Leichte Afrika Division ( légère) et qui est entièrement motorisée. De plus, Rommel commande 5 divisions italiennes (Bologna, Trento, Pavia, Brescia et Savona) auxquelles il faut ajouter la division blindée Ariete et la division motorisée Trieste sous le commandement direct d'Ettore Bastico, chef des forces de l'Axe en Afrique. Les effectifs de l'Axe en chars fin sont les suivants : 70 Panzer II ; 139 Panzer III ; 35 Panzer IV et 146 chars italiens M13/40 Cela fait donc un total de 390 chars, à peine la moitié du nombre de chars britanniques. Il y a aussi 162 mini-chars italiens CV-33, mais ils ne sont pas comptés, car déjà complètement dépassés. De plus, Rommel ne dispose d'aucune réserve en chars. Néanmoins, les Allemands disposent d'un nombre élevé de Panzer III et IV, qui sont largement supérieurs à tous les chars britanniques, surtout depuis l'apparition du Panzer III à canon long de . Enfin, les forces de l'Axe disposent d'un bon nombre de canons antichars.
Le plan britannique 300px|thumb|Carte montrant le théâtre d'opération de Crusader. Pour les Britanniques, la future offensive a un objectif simple : détruire toutes les forces blindées ennemies et reprendre l'ensemble de la Cyrénaïque. Auchinleck demande à l'état-major de la Army de choisir un de ses deux plans d'attaque, soit déborder l'ensemble des troupes blindés allemandes par le sud en direction de Benghazi, soit attaquer directement dans la région de Tobrouk. L'état-major et surtout le chef de la Army, Cunnigham, optent assez vite pour la deuxième solution, sûrement moins risquée.
Auchinleck prépare son plan d'attaque en fonction de cette décision : le Corps devra tenir la frontière égyptienne et y repousser toutes les forces ennemies tandis que le 30th Corps devra envelopper les forces de l'Axe par le sud en direction de Tobrouk. Lorsque la division blindée britannique sera suffisamment proche de Tobrouk, les Australiens devront tenter une sortie et les rejoindre pour encercler une partie des forces adverses et continuer l'offensive pour repousser les forces germano-italiennes restantes le plus loin possible.
Le camp retranché de Tobrouk sont encerclées par les Allemands à Tobrouk depuis . Le général Morshead, chef de la australienne d'infanterie et commandant de la place forte, demande à l'Amirauté l'évacuation des . Cela se fait sans difficulté, les Britanniques dominant le secteur maritime. La garnison se retrouve réduite à , pour la plupart combattants ou prêts à le devenir. La majorité () de ces soldats sont australiens et appartiennent à la ou à la de la blindée et se trouvent en première ligne avec 500 soldats indiens. Il y a aussi , pour la plupart tankistes, artilleurs ou chargés du ravitaillement. Le dispositif est complété par la brigade polonaise des Carpates du général Kopanski (environ ). Le ravitaillement est d'ailleurs crucial pour la survie du camp retranché et la Royal Navy va se charger à merveille de sa tâche en évacuant et en débarquant ainsi que de ravitaillement moyennant la perte de 34 navires. Grâce au ravitaillement et à l'utilisation, pour la défense du camp, des défenses italiennes, les Australiens vont tenir jusqu'à la percée qui entraînera la fuite allemande à travers la Cyrénaïque.
La tactique défensive du général Morshead est la suivante : laisser les blindés franchir les premières lignes et - à l'artillerie le soin de les détruire, tandis que les soldats de l'infanterie australienne se chargent de l'infanterie allemande et italienne qui suit les chars.
Durant l'ensemble du siège de Tobrouk, d'avril à , les Alliés perdront : Australiens , les Britanniques 509 , les Polonais 107 et les Indiens 26.
Grâce à cette résistance, l'Axe ne put continuer son assaut vers l'est en direction de l'Égypte.
Les positions allemandes
Erwin Rommel ne s'attend pas à une nouvelle offensive britannique et se consacre surtout à sa future offensive pour capturer Tobrouk. Ses multiples tentatives pour prendre le camp retranché ont été des échecs qui coûtent cher en hommes et en matériel. Pour couronner le tout, le ravitaillement arrive au compte-goutte. Lorsqu'un important chargement de munitions arrive à Tripoli le , le chef du Panzergruppe Afrika se réjouit grandement en disant à sa femme qu'il est extrêmement difficile d'apporter le ravitaillement par voie maritime à cause de la domination maritime des AlliésRommel, La guerre sans haine, . Néanmoins Bayerlein, chef d'état-major de l'armée allemande en Afrique, note qu'une faible partie du ravitaillement demandé par Rommel est arrivée. Ces nombreux retards obligent Rommel à repousser son assaut contre Tobrouk et placent ses troupes sur la défensive. La défense est assurée par la division Savona et quelques troupes allemandes, soutenues par de l'artillerie exclusivement italienne (sauf 22 canons de ). Autour de Tobrouk sont positionnées les divisions Bologna, Brescia, Pavia et Trenta. Les divisions allemandes, et surtout les Panzer, sont gardées en réserve avec les divisions Ariete et Trieste.
Les Allemands ne se doutent pas qu'une future offensive est destinée à les repousser jusqu'à Tripoli. Néanmoins, Rommel s'attend à ce que les Britanniques lancent des feintes pour détourner son attention de Tobrouk mais fait clairement savoir à ses subordonnés qu'il ne bougera pas en cas d'offensive britannique vers l'estYves Buffetaut, Bir Hakeim, hors-série , Militaria Magazine .
La bataille
L' fut sûrement la bataille la plus confuse de l'ensemble de la Seconde Guerre mondiale. En effet, le vainqueur définitif aurait dû être normalement le vaincu.
Les chefs britanniques sont mis au courant de la future offensive le , 15 jours avant son début (le ). Lors de leurs préparatifs, les Britanniques font circuler de grandes masses de véhicules le long du front, mouvements que, bizarrement, les Allemands ne détectent pas. Néanmoins, l'interception par les services de renseignement allemands de messages laconiques sur la possibilité d'une future offensive d'envergure britannique fait douter Rommel, qui se décide à envoyer la de Panzer en investigation au sud de la localité de Sidi Barrani. Mais les troupes allemandes ne croisent aucun dépôt de ravitaillement, ni de préparatifs suffisamment importants pouvant corroborer l'hypothèse d'une future offensiveRommel, La guerre sans haine, . Ainsi l'offensive britannique va-t-elle prendre Rommel complètement par surprise.
Les premiers jours
Les Britanniques et leurs alliés attaquent donc les forces germano-italiennes le . Le début de la progression vers le Wire (l'ancienne ligne de défense conçue par les Italiens sur la frontière égypto-italienne) est loin d'être facile et doit s'effectuer de nuit sans aucun repère. De plus, le , un orage a transformé le désert en bourbier et rendu les terrains d'aviation inutilisables. Néanmoins, le moral britannique est élevé et le déploiement de la Army à travers le désert s'avère impressionnant jusqu'à ce que la Armoured division (division blindée) et la South African Infantry Division ne déclenchent leur progression vers le sud pour envelopper les forces de l'Axe. Les premiers points de résistance rencontrés en milieu de journée ne sont que des petits postes qui résistent et obligent les Britanniques à faire intervenir les blindés de la brigade pour forcer le passage avec l'intervention du régiment royal de tanks. De son côté, le de Hussards croise une colonne appartenant à l'Aufklärungs Abteilung 33 (une des deux sections de reconnaissance du Deutsches Afrika Korps). Les Britanniques capturent 2 véhicules, 6 camions et 15 fantassins.
La Armoured Brigade quant à elle ne rencontrant aucune résistance atteint sans aucun problème ses objectifs et la 22th Armoured Brigade, peu habituée aux conditions climatiques du désert doit s'arrêter à de son objectif (Bir El Gubi). Du côté allemand, seuls des messages de la de Panzer envoyés dans l'après-midi, indiquant une recrudescence de patrouilles ennemies, laissent penser à Rommel qu'il pourrait y avoir une grande offensive ennemie. Quand Ludwig Crüwell lui apporte une demande de von Ravenstein, le chef de la de Panzer, d'attaquer vers Gabr Saleh le lendemain, Rommel refuse et s'avère très irrité par le comportement de CrüwellVon Mellenthin, Panzer battles, . Du côté britannique, l'optimisme est de rigueur, les unités ayant presque toutes atteint leurs objectifs sans subir de pertes.