thumb|La civilisation de l'automobile repose sur un pétrole abondant et bon marché.

La dépendance au pétrole est une composante importante du problème énergétique actuel qui vise à résoudre la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles. Elle concerne essentiellement les pays développés et en développement. Certains secteurs sont particulièrement dépendants au pétrole, comme les transports, l'habitat, l'industrie et l'agriculture. Seulement 3 % de la production électrique est quant à elle issue du pétrole.

Contexte Civilisation du pétrole L'efficacité énergétique permise par les combustibles fossiles et leur abondance ont apporté d'énormes gains de productivité et largement amélioré les conditions de vie sur toute la planète, au point qu'il est aujourd'hui impossible de s'en passer sans changer radicalement notre mode de vie. Parallèlement, leur utilisation contribue grandement au changement climatique. Jean-Marc Jancovici compare ainsi cette dépendance à une addiction. Parmi ces énergies, au niveau mondial et en 2004, le pétrole représentait 34 % de la consommation, le charbon 24 %, le gaz 21 % et les énergies renouvelables 20 %.

Devenu indispensable à la vie quotidienne, le pétrole a des effets sociaux importants. On a vu des émeutes parfois violentes dans certains pays à la suite de hausses de prix. En 2006, certains syndicats français demandent l’instauration d’un « chèque transport » pour aider les salariés qui se déplacent beaucoup à faire face à la hausse du prix des carburants..

Dans les pays développés, une hausse du prix du pétrole se traduit par un accroissement du budget consacré à la voiture, mais dans les pays les plus pauvres, elle signifie moins d’éclairage et moins d’aliments chauds, car le pétrole est souvent la seule source d’énergie domestique disponible.

L'augmentation du coût du pétrole sur le long terme, la contrainte sur la balance des paiements, les difficultés géopolitiques que pose son approvisionnement, ainsi que sa raréfaction dans le futur ont conduit un certain nombre de pays consommateurs à étudier et mettre en place une politique de diminution de cette dépendance depuis les chocs pétroliers des années 1970. Les effets négatifs du pétrole sur l’environnement s'ajoutent aujourd'hui aux inconvénients pour accélérer la mise en place de cette politique.

En France, depuis 1990, la consommation de pétrole a baissé de 17 %. La consommation d'énergie primaire s'élève en 2018 à et le pétrole représente 29 % du total. La programmation pluriannuelle de l'énergie adoptée en 2016 fixe pour objectif une baisse de 23,4 % de la consommation primaire de pétrole en 2023 par rapport à 2012..

Dépendance en fonction des biens produits thumb|Répartition de la consommation énergétique des États-Unis de 1850 à 2000.

En plus de l'utilisation du pétrole comme énergie de base dans toutes les industries mécanisées, ses dérivés chimiques servent à la fabrication de toutes sortes de produits dits synthétiques comme les matières plastiques ou les produits chimique. Ce faisant, le pétrole est devenu indispensable et par conséquent très sensible stratégiquement.

Bien produit Quantité de pétrole utilisé ou équivalent Détail Source Nourriture consommée par une personne en une année Engrais, machines agricoles, irrigation, pesticides, transport... (chiffre de source américaine.) Eating Fossil Fuels Voiture Chiffre de source américaine. La construction de voitures en France consomme surtout de l'électricité nucléaire, du charbon et du gazMichael Ruppert Crossing the Rubicon: The Decline of The American Empire at the End of the Age of Oil Micro-ordinateur Dix fois son poids Chiffre de source américaine. Computer manufacturing soaks up fossil fuels, UN University study says Micro-processeur Chiffre de source américaine. The three-and-a-half pound microchip: Environmental implications of the IT revolution

Dépendance en fonction de l'organisation urbaine Le pétrole a permis aux villes de s'étendre grâce à l'arrivée des voitures. Une étude a montré que les villes américaines, beaucoup moins denses que les villes européennes, sont énergétiquement moins efficaces. Ainsi les principales villes américaines (New York, Chicago, Washington, San Francisco, Los Angeles, Denver, Détroit, Phoenix, Houston) ont une consommation d'essence comprise entre , alors que les principales villes européennes (Copenhague, Hambourg, Paris, Amsterdam, Stockholm, Francfort, Zurich, Londres, Munich, Berlin Ouest, Bruxelles, Vienne) ont une consommation de Newman et Kenworthy, 1989, cité dans Jean-Luc Wingert, La Vie après le pétrole, page 202..

Historique Premier choc pétrolier (1973)

Pendant les années 1960, la demande pétrolière croît de plus de 7 % par an. Les principaux pays producteurs sont conduits en 1960 à former le cartel de l’OPEP, regroupant essentiellement des pays du Moyen-Orient. Le , les pays arabes producteurs de pétrole s’accorder à utiliser le pétrole comme arme politique. Afin de punir le soutien apporté par les Occidentaux, et en particulier par les États-Unis, à l’État d’Israël. Les pays arabes membres de l’OPEP décident d’augmenter unilatéralement le prix du pétrole de 70 % et de frapper d’embargo leurs exportations de pétrole à destination de l’Europe, surtout des Pays-Bas, et des États-Unis. Ils décident également de procéder à une augmentation des redevances versées par les compagnies pétrolières occidentales et de diminuer de 5 % leur production par rapport au niveau de , puis de la réduire de 5 % supplémentaires chaque mois jusqu’au moment où les pays occidentaux cesseront de soutenir Israël. Le choc pétrolier survenu en 1973 a, en effet, entraîné une aggravation des phénomènes existants : ralentissement des rythmes de croissance de la production industrielle, et en particulier de l’industrie manufacturière, accélération de la hausse du chômage, inflation galopante, forte augmentation des déficits budgétaires dans la plupart des pays. Pour l’ensemble des pays développés occidentaux, le déficit passe de 1,5 % du PIB pour la période allant de 1972 à 1974 à 4,6 % en 1975. La réponse au premier choc pétrolier a été immédiate en termes de diversification d’approvisionnement, à la fois vers les autres énergies fossiles classiques et par le lancement de centrales nucléaires en Europe et au Japon pour accroître l’indépendance énergétique.. La France a développé le chauffage électrique pour substituer le fioul devenu trop cher.. Également, le tramway a fait son retour dans les villes pour diminuer la dépendance des transports en commun au pétrole.. Enfin, le TGV aurait pu fonctionner au gaz (turbotrain) mais après le choc pétrolier le choix de l'électricité a été fait..

Deuxième choc pétrolier (1979)

Le second choc pétrolier (1979-1980), initié par la révolution iranienne de 1979 et le déclenchement de la guerre Iran-Irak, revêt également un caractère géopolitique. Il se caractérise par un nouveau triplement du prix du pétrole en l’espace de quelques mois. L’augmentation du coût du pétrole cause le même effet de ralentissement économique que celui observé lors du choc de 1973.

Troisième choc pétrolier (2008)

Les années 2000, en revanche, ont vu le prix du baril croître de façon progressive, avant de s’emballer en 2008. Parti de 12 dollars par baril en 1998, l’ atteignait 50 dollars en 2005 et 150 dollars au pic de . Même si la hausse du prix fut progressive et étalée sur plusieurs années, contrairement aux chocs pétroliers de 1973 et 1979, le choc de 2008 est fréquemment comparé à ces deux derniers. Mais à la différence des deux précédents chocs pétroliers, où les pays de l’OPEP organisaient une pénurie en limitant leur production, et donc l’offre, le choc pétrolier de la décennie 2000 est un choc de demande.

Crise énergétique de 2021-2022

Dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, la question de la dépendance au pétrole russe pose question au sein de l'Union européenne, qui importe plus d'un quart du volume de pétrole (25,4 %) de la Russie. Certains pays comme la Finlande, la Slovaquie, la Hongrie et la Bulgarie, reçoivent de Russie plus de 75 % de leurs importations extra-européennes..

Réduction de la dépendance thumb|upright=1.2|Consommation globale du pétrole et croissance économique sont étroitement liées.

En 2005, le pétrole représentait 36 % des ressources énergétiques consommées annuellement sur la planète. Le pétrole connaît de nombreuses utilisations selon la qualité pour laquelle on l'emploie : potentiel énergétique : il s'agit des transports, du secteur résidentiel-tertiaire et de l'industrie, sous forme de chauffage ou d'électricité ; matériau de base : pour la pétrochimie, la plasturgie, l'industrie pharmaceutique, les cosmétiques, l'industrie agro-alimentaire.

Le pic pétrolier bouleverse la donne. Les impératifs nationaux liés à toute indépendance énergétique sont à réviser.

Les différentes pistes pour réduire la dépendance au pétrole sont : la réduction des dépenses énergétiques ; le développement de l'écomobilité : des modes de transports peu ou pas dépendant du pétrole (ferroutage, train, tramway, métro, trolleybus, bus à haut niveau de service, vélo, vélo à assistance électrique...) ; l'emploi d'autres sources d'énergie, telles que les énergies renouvelables, le charbon ou l’énergie nucléaire.

Certaines industries génèrent des coproduits qui sont des sources d’énergie potentielles et ne sont pas toujours utilisées de façon optimale. À titre d’exemple, l’industrie du papier pourrait devenir autonome en énergie en valorisant plus efficacement les écorces et la liqueur noire Eric D. Larson , A cost–benefit assessment of BLGCC technology, Princeton University. ou des stations de retraitement des eaux usées qui peuvent s’auto-alimenter au moins partiellement grâce à la production de biogazUn exemple déjà ancien : Gas gen-sets for Monterrey waste treatment plant Monterrey, Mexico | Diesel Progress North American Edition | Find Articles..

Énergies de substitution

En ce qui concerne l'utilisation du pétrole comme source d'énergie, diverses solutions sont envisagées.

Énergies fossiles (autres que le pétrole) Gaz naturel En 2019, le prix du gaz naturel est de moins de par mégawatt-heure. Émettant 230 grammes de par kilowattheure produit, le gaz naturel est moins émetteur de que le charbon () ou le fioul () et sa combustion n’émet quasiment pas de particules fines.

Toutefois, même s’il est moins riche en carbone que le pétrole ou le charbon, le gaz naturel (ou gaz fossile) engendre des quantités significatives de dioxyde de carbone () lors de son utilisation. À énergie dégagée équivalente, utiliser du gaz permet une baisse de « seulement » 25 % des émissions par rapport au pétrole.

De plus, l'extraction, le transport et la distribution de gaz naturelEn France, voir par exemple . causent des fuites de méthane, au pouvoir d’effet de serre 28 à plus important que celui du dioxyde de carbone sur une période de .. Ces fuites correspondraient à plus de 4 % des volumes transportés et représentent environ 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Il suffit que le taux de fuite du puits à l’utilisation finale soit de 4 % (taux qui est bien supérieur au taux réel pour l’essentiel des réseaux, mais qui peut correspondre à certaines installations russes) pour que l’utilisation du gaz soit équivalente à celle du charbon en matière d’émissions de gaz à effet de serre...