Florence a été fondée pendant l'époque romaine, en , près du fleuve Arno. Elle n'a été qu'une simple bourgade jusqu'au , début de son essor économique et artistique sous la forme d'une république libre et indépendante, période qui dura jusqu'au . Florence est également le berceau de la langue italienne moderne, fondée sur l'œuvre de Dante.
Préhistoire et premières implantations À l’époque quaternaire, la plaine de Florence-Prato-Pistoia était occupée par un grand lac, dormant entre les reliefs du Montalbano à l’ouest, du Monte Giovi au nord et des premières collines du Chianti au sud. Lorsque l’eau se retira, la plaine, située à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau de la mer, resta constellée de tant d’étangs et de marécages que, surtout dans la région de Campi Bisenzio, Signa et Ripoli, ces étendues d’eau furent une constante du territoire jusqu’à ce que des assainissements soient réalisés à partir du . Une partie du musée de géologie et de paléontologie de Florence illustre remarquablement bien cette période de la préhistoire toscane, avec des fiches explicatives et des pièces.
Une population italique, originaire de Villanova, aurait vécu au confluent du Mugnone et de l’Arno entre le X et le VIII siècle av. J.-C. Entre le VII et le VI siècle av. J.-C., les Étrusques devaient utiliser le gué facile d’accès du fleuve Arno au niveau de son confluent, où la plaine était plus étroite en raison de la proximité des collines au nord et au sud. À cet endroit, ils avaient probablement construit une passerelle ou un système de passage, qui devait se trouver à une dizaine de mètres de l’actuel Ponte Vecchio, au point le plus étroit du gué. Pour se protéger des armées étrangères et des inondations, ils préférèrent toutefois ne pas fonder de cité dans la plaine et ils s’établirent, à environ du gué, sur une colline où se développa le centre fortifié de Fiesole, desservi par une route qui reliait tous les principaux centres étrusques depuis l’Emilie jusqu'au nord du Latium.
Les Romains
« Florentia, ville de la fleur »
Deux hypothèses s’affrontent quant à l’origine du village de « Florentia ». Pour certains, il aurait été fondé au printemps, durant les « Jeux floraux », afin d’honorer la déesse Flore, mais d’autres attribuent le choix de ce nom à l’abondance de lys fleuris dans la zone.
Les Romains étaient en fait particulièrement sensibles aux horoscopes et la période marquant le début de l’année astrologique et astronomique était jugée particulièrement favorable. On retrouve ces croyances dans les écrits de Dante, qui situa son voyage de La Divine Comédie au sous la constellation du Bélier, et dans ceux de Pétrarque, qui, dans Rime (CCXI), entre dans le labyrinthe le . La constellation, le printemps et la fleur reviennent donc continuellement dans les événements florentins.
Quand la décision fut prise de nommer la monnaie, le nom retenu fut le florin et c'est l'iris qui vint orner les gonfalons. Quand il fallut ensuite dédier la cathédrale, le choix se porta sur Marie et on lui attribua le nom distinctif de « del Fiore » pour marquer son appartenance à Florence.
Premières implantations Des historiens débattent encore de l’existence d’une implantation préromaine et certains vont même jusqu’à soutenir l’hypothèse selon laquelle il aurait existé un « municipe », qui aurait été détruit par Sylla.
Toutefois, l’histoire connue de Florence commence traditionnellement en avec la fondation par les Romains d’un village appelé « Florentia » et destiné aux vétérans de l’armée. Selon certains historiens, la ville aurait été fondée pour des raisons politiques et stratégiques précises : en , Fiesole était devenu un repaire de partisans de Catilina et César aurait décidé la création d’un avant-poste à seulement six kilomètres pour contrôler les voies de communication. En 59 av. J.-C., la ville avait déjà une structure assez proche de celle du castrum classique, avec deux voies se croisant pour diviser en deux parties distinctes le camp militaire antique.
La ville césarienne reprenait le plan classique prévu par les arpenteurs romains : elle était quadrangulaire et divisée par sept routes, qui suivaient l’axe nord/sud et venaient couper à la perpendiculaire cinq routes suivant l’axe est/ouest.
Les Romains consolidèrent les berges de l’Arno et du Mugnone et le choix du site s’avéra avantageux pour les transports : la ville antique de Florentia se trouva en effet sur le tracé de la Via Cassia Nova – une voie consulaire –, à un endroit très important d’un point de vue stratégique, car il permettait de contrôler le bout de la vallée de l’Arno, dans les Apennins, et l’entrée de la plaine qui conduisait à la mer en direction de Pise. Les premières informations précises sur l’implantation datent de 123, année de construction du premier véritable pont sur l’Arno.
Autour du camp militaire romain commençaient alors à apparaître tous les édifices caractéristiques de la ville romaine (un aqueduc partant du Monte Morello, un forum à la place de l’actuelle Piazza della Repubblica, au moins deux thermes, des théâtres et des amphithéâtres), tandis que le territoire alentour était délimité en zones cultivées régulières. Sur les cartes aériennes de zones comme celle autour de Peretola, par exemple, on peut encore apercevoir des traces évidentes de cette activité. Il existait aussi un port fluvial, rendant le commerce possible avec Pise.
Une véritable ville apparut ainsi et, en raison de son origine militaire, elle fut dédiée au dieu Mars qui devint le premier patron de Florentia.
Il est encore possible de distinguer les contours de la cité romaine sur les cartes topographiques de l’actuelle ville de Florence, où apparaît au premier coup d’œil le centre carré original avec ses rues perpendiculaires croisant le cardo et le decumanus – les deux rues principales –, matérialisés aujourd’hui par la Via degli Strozzi, la Via del Corso et la Via degli Speziali, qui coupent le centre d’est en ouest, et par la Via Roma et la Via Calimala, qui le traversent du nord au sud pour aller franchir l’Arno. Le quadrilatère, ceint de remparts fortifiés avec de nombreuses tours, mesurait environ de côté et accueillait, selon les estimations, une population de à . Tant de portes furent créées à l’intérieur de ce centre, que certaines d’entre elles furent utilisées jusqu’à la fin du haut Moyen Âge.
En 285, durant la réorganisation de l’Empire romain, Dioclétien établit à Florence même le siège du corrector (gouverneur) de la Tuscie, consacrant l’importance stratégique de la ville. Les marchands orientaux (dont une importante colonie s’établit sur la rive gauche de l’Arno, juste de l’autre côté du pont) introduisirent d’abord le culte d’Isis, puis le christianisme à partir du .
Il ne reste aucun monument visible de l’époque romaine, car Florence connut un développement rapide durant la période suivante et la ville médiévale fut construite sur la cité romaine avant de s’étendre.
Pourtant, le sous-sol nous livre aujourd’hui encore des constructions comme le complexe thermal de la Piazza della Signoria, découvert juste à côté de la pente qui descend vers la Piazza San Firenze où se trouvait vraisemblablement le théâtre, aujourd’hui recouvert par le palais de la famille Gondi.
Mais le monument le plus reconnaissable est l’amphithéâtre qui, même s’il est envahi par des maisons médiévales d’où pointent des vestiges de la construction primitive en terre cuite (y compris les arcs d’accès), conserve toujours sa forme ovale. Ce n’est donc pas un hasard si la rue qui en fait le tour a été appelée Via Tòrta, autrement dit la « rue tordue. »
Le musée archéologique national et le musée historique et topographique de Florence abritent la plus riche collection de vestiges de Florentia, avec de nombreuses pièces et des départements à but pédagogique.
L'époque paléochrétienne
Les premiers évangélisateurs arrivèrent probablement au cours du IIe siècle de l'Orient avec des marchands syriaques et grecs qui circulaient dans tout l'empire. Traditionnellement, les histoires du et du attribuent l'évangélisation aux disciples de saint Pierre : les obscurs saint Frontino et saint Paolino. Pendant la persécution de Dèce en 250, la décapitation du martyr saint Minias aurait eu lieu sur le site primitif de Florence : il aurait repris sa tête et serait allé à pied vers la colline où s'élève aujourd'hui la basilique qui lui est dédiée.
Si ces légendes ne sont pas étoffées par des indices historiques, d'anciennes pierres tombales confirment la présence chrétienne dans la zone de l'église Santa Felicita (église dédiée au culte de la sainte du même nom, culte très répandu dans la Méditerranée orientale).
Par contre, on a la preuve qu'en 313 le premier évêque de Florence (Felice) s'est rendu à une réunion du pape Miltiade. En 393, saint Aimbroise visite la ville et fonde l'église San Lorenzo, qui était - à l'époque - située en dehors de la ville (peut-être sur le site d'une nécropole chrétienne, comme cela se faisait à cette époque pour les premières basiliques romaines).
Une dizaine d'années après, Florence eut un premier pater patriae en la personne de l'évêque saint Zanobi. Celui-ci organisa le diocèse et mit en place la résistance des Florentins à l'invasion des Ostrogoths de Radagaise, lesquels assiégèrent la ville mais furent providentiellement défaits par l'arrivée de Stilicon, le grand général de l'empereur Flavius Honorius. Le jour de la victoire (selon la tradition) rappelle sainte Réparate. L'église Sainte-Réparate (proche de la porte Aquilonia, au nord) fut dédiée à cette martyre, église qui devint une cathédrale quand la dépouille de l'évêque Zanobi y fut transférée (à la place du baptistère Saint-Jean, alors simple église).
Selon des spécialistes tels que Lopes Segna, la ville voit sa population diminuer à cette période : la villa romaine mise au jour sous l'actuelle place du Dôme avait déjà été divisée en habitations plus modestes quand elle fut détruite pour faire de la place à la platea episcopis. L'hypothèse avancée est que les latifundistes préférèrent quitter Florence pour se soustraire non seulement aux impôts trop lourds, mais aussi pour ne pas se voir imposer des charges administratives comme la perception des taxes.
C'est à cette époque que l'intégralité de la population se convertit au christianisme (en particulier après la victoire de Radagaise que beaucoup attribuaient aux prières de Zanobi). Pour confirmer ce fait, l'ancien temple du dieu Mars fut progressivement converti en une église dédiée à Jean le Baptiste, l'actuel patron de la ville. Cependant, la dédicace au saint est peut-être postérieure à cette époque et certains la considèrent comme un héritage de la domination lombarde à venir. En tout cas, à cette époque, Florence avait au moins trois églises (San Lorenzo, Santa Felicita, et Saint-Jean) situées à peine en dehors de l'enceinte défensive. Les fouilles de 1971-72 ont clairement montré que la partie nord de la muraille (vers le dôme et San Lorenzo) avait déjà été détruite entre le et . Ceci indique que de nouvelles et plus grandes fortifications furent réalisées dans la seconde partie du (alors que les attaques de barbares étaient menaçantes) pour protéger les nouveaux édifices religieux qui devaient rester à l'abri des dangers extérieurs.
Dans le baptistère, considéré comme l'édifice le plus vieux de Florence ayant conservé sa structure originelle et dont la création remonte à cette époque, on peut voir que des matériaux d'origine romaine ont été utilisés pour la rénovation extérieure. À ce sujet, on peut citer une plaque de marbre (près de la porte sud) représentant une naumachie et deux sarcophages du qui - jusqu'en 1966 - étaient à l'intérieur. Aujourd'hui on peut les voir au musée du dôme.