Le pays d'Oz est un pays imaginaire, inventé, en 1900, par l'écrivain américain Lyman Frank Baum, pour être le lieu d'action de son roman Le Magicien d'Oz. Il est le cadre de quatorze romans pour enfants et six livres courts (Little Wizard Stories of Oz) pour très jeunes lecteurs, écrits par Baum. Après la mort de ce dernier, en 1921, une série de livres de Ruth Plumly Thompson et d'autres écrivains utilisent le même décor.

La naissance du pays d'Oz

Le pays d'Oz fait son apparition dans Le magicien d'Oz (1900), de L. Frank Baum, un des multiples pays imaginaires qu'il crée pour ses livres. Les protagonistes accèdent au pays d'Oz par le biais d'une tornade. Ce livre gagne une popularité qu'aucune autre des œuvres de son auteur n'obtient. Baum y revient quatre ans plus tard. Le pays est décrit de façon de plus en plus détaillée dans la série des Livres d'OzRobert H. Boyer, Kenneth J. Zahorski, Fantasists on Fantasy, éd. Avon, New York, 1984, .. Une tentative est faite pour mettre fin à la série, avec The Emerald City of Oz, dans lequel Oz est isolé du reste du monde. C'est un échec, à cause des réactions des lecteurs et de la nécessité financière, pour Baum, d'écrire des livres à succès.

L'univers d'Oz

Dans les livres, le pays d'Oz est présenté comme réel, à la différence de l'adaptation cinématographique de 1939, où il est conçu comme un rêve de DorothyL. Frank Baum, The Annotated Wizard of Oz, éd. Crown, New York, 1976, .. À l'époque de Baum, il était fréquent que les auteurs présentent leurs œuvres de fiction comme des récits authentiques (voir, par exemple, Sherlock Holmes, le Fantôme de l'Opéra ou Tarzan). Alors que Baum décrit Oz comme un pays fictif dans certaines de ses postfaces, comme celle du premier livre, dans d'autres volumes, il prétend qu'il s'agit d'une histoire véridique qui lui a été relatée par ceux qui en ont été partie prenante. Tout particulièrement, dans The Emerald City of Oz, il tente de mettre fin à la série en s'appuyant sur une lettre qu'il dit avoir reçue de Dorothy Gale, le personnage principal. Dans le livre suivant, The Patchwork Girl of Oz, il explique qu'après quelques difficultés, il a de nouveau rétabli la communication avec les personnages par télégraphie sans fil. Baum commence également à se désigner comme « historien royal d'Oz », un titre que plusieurs autres auteurs de la série ont pris après sa mort.

Parce que Baum lui-même écrit à partir d'un point de vue situé dans l'univers d'Oz, de nombreux fans de la série considèrent les livres comme s'ils étaient vrais, ce qu'on appelle, parmi les fans, le point de vue « Oz en tant qu'histoire ». Toute confusion ou de contradiction entre les différentes versions de leurs histoires est supposée venir de l'historien, qui a fait une erreur en toute bonne foi, des éditeurs, qui enlèvent des parties qu'ils jugent inappropriés au public des enfants, des personnages impliqués, qui ont relaté les évènements en question à l'historien, ou expliquée par le concept que beaucoup de versions d'Oz coexistent simultanément.

Il y a beaucoup de discussions fondées sur des indices de la série dans le groupe de fans d'Oz Regalia. (et précédemment Nonestica et le Ozzy Digest.) sur la taille d'Oz, sa population, et beaucoup d'autres détails pas explicitement abordées dans les livres eux-mêmes. Des articles sur ce genre de sujets paraissent également fréquemment dans The Baum Bugle.

Alors que certains fans s'amusent à essayer d'expliquer les diverses incohérences dans les livres, d'autres préfèrent les ignorer, puisque, apparemment, les incohérences ne sont pas importantes pour Baum lui-même. Ces fans préfèrent considérer Oz du point de vue opposé, mais plus traditionnel, d'« Oz en tant que littérature ». Beaucoup de fans apprécient les deux points de vue simultanément, et il n'est pas rare que de nouvelles idées sur Oz soient considérées à partir des deux points de vue par les mêmes personnes.

Oz n'est pas le Kansas

Dans le premier livre, Le magicien d'Oz, Oz se distingue du Kansas natal de Dorothy en ce qu'il n'est pas civilisé, ce qui explique pourquoi le Kansas n'a ni sorciers, ni sorcières, alors qu'Oz en a. Dans le troisième livre, Ozma, la princesse d'Oz, Oz est décrit comme un « pays fantastique », une nouvelle terminologie qui sert à expliquer ses merveillesMichael O. Riley, Oz and Beyond: The Fantasy World of L. Frank Baum, éd. Presses universitaires du Kansas, Lawrence, Kansas, 1997, ..

Géographie

Le pays d'Oz

Le pays d'Oz est de forme approximativement rectangulaire et divisé par ses diagonales en quatre régions : le pays Munchkin (couramment appelé Munchkinland dans les adaptations) à l'est, le pays Winkie (appelé le Vinkus dans Wicked, de Gregory Maguire et sa suite Le fils de la sorcière) à l'ouest, le pays Gillikin au nord, et le pays Quadling au sud. Au centre d'Oz, à la croisée des diagonales, se trouve la capitale, la Cité d'Émeraude, où siège le monarque d'Oz, la princesse Ozma. Sur certaines cartes d'Oz, l'Occident et l'Orient sont inversés (voir Ouest et Est, ci-dessous)John Grant, John Clute, The Encyclopedia of Fantasy, éd. St. Martin's Griffin, New York, 1999, ..

Les régions obéissent à un système de couleur : bleu pour les Munchkins, jaune pour les Winkies, rouge pour les Quadlings, vert pour la cité d'Émeraude, et, dans les livres succédant au premier, violet pour les Gillikins, dont la région n'est pas mentionnée dans le premier ouvrage. Ceci contraste avec le Kansas : le décrivant, Baum utilise l'adjectif « gris » neuf fois en quatre paragraphes. Dans Le magicien d'Oz, ces couleurs sont seulement des couleurs favorites, utilisées pour les vêtements et autres objets manufacturés, et ayant une certaine influence sur le choix de cultures agricoles, mais les couleurs de base du monde sont des couleurs naturelles. L'effet est moins constant dans les œuvres ultérieures. Dans Le Merveilleux Pays d'Oz, le livre explique que tout, dans le pays Gillikins est pourpre, y compris les plantes et la boue, et un personnage peut s'apercevoir qu'il le quitte quand l'herbe passe du violet au vert. Cependant, les citrouilles sont orange et le maïs vert dans ce pays. Baum n'a, en effet, jamais utilisé le schéma de couleur de façon uniforme. Dans de nombreux ouvrages, il fait allusion aux couleurs pour donner aux personnages et aux lecteurs une indication sur leur emplacement, puis ne s'y réfère plus par la suite. Sa technique la plus courante consiste à attribuer aux objets manufacturés et aux fleurs la couleur du pays, laissant aux feuilles, à l'herbe et aux fruits leurs couleurs naturelles. Le pays Quadling abrite une forêt d'arbres combattants, une cité de porcelaine et une colline de têtes de marteaux'’ qui interdit tout passage.

La plupart de ces régions sont habitées de gens prospères et satisfaits. Toutefois, ceci est naturellement défavorable à une intrigue. De nombreuses poches, dans tout le pays d'Oz, sont coupées de la culture principale pour des raisons géographiques ou culturelles. Beaucoup n'ont jamais entendu parler d'Ozma, rendant impossible pour eux de la reconnaître comme leur reine légitime. Ces régions sont concentrées sur les bords du pays et constituent les principaux décors pour les livres qui se passent entièrement à Oz. The Lost Princess of Oz, par exemple, se déroule entièrement dans une région sauvage du pays Winkie, entre deux zones habitées. Dans Glinda of Oz, Ozma parle de son devoir de découvrir tous ces coins ignorés d'Oz.

Dans Le Magicien d'Oz, une route de brique jaune traverse le pays des Munchkins jusqu'à la capitale, la Cité d'Émeraude. D'autres routes de ce type sont aussi présentes dans d'autres ouvrages : une vient du pays Gillikin, dans Le Merveilleux Pays d'Oz, et une deuxième du pays Munchkin dans The Patchwork Girl of Oz. Le film de 1939 de la Metro-Goldwyn-Mayer présente une route en brique rouge, dont la destination n'est pas précisée. C'est la route par laquelle l'armée Munchkin rentre dans la Cité d'Emeraude. Cette incertitude sur son tracé est la base d'une nouvelle de Frederick E. OttoFrederick E. Otto, « Follow the Other Brick Road », dans Oziana, 1989..

Oz est complètement entourée sur ses quatre côtés par un désert, ce qui isole les citoyens d'Oz de la découverte et l'invasion. Dans les deux premiers livres, il s'agit simplement d'un désert, avec seulement son étendue pour le rendre dangereux au voyageur. En effet, dans Le Merveilleux Pays d'Oz, Mombi tente de s'échapper à travers lui et Glinda la poursuit à travers les sables. Pourtant, c'est la zone de démarcation entre la magie d'Oz et le monde extérieur, et les singes ailés ne peuvent pas obéir à l'ordre de Dorothy de la ramener chez elle, parce que cela les conduirait en dehors des terres d'Oz. Dans Ozma, la princesse d'Oz, c'est devenu un désert magique, le Désert mortel avec ses sables qui détruisent la vie (aucune destruction n'est décrite dans les livres d'Oz, à l'inverse du film Return to Oz), une fonctionnalité qui reste constante dans le reste de la série. Le désert est néanmoins traversé à de nombreuses reprises, tant par les enfants de notre monde (la plupart du temps inoffensifs) que par le Magicien d'Oz lui-même et de plus sinistres personnages, comme le roi des Nomes, qui tente de conquérir Oz. Après cette tentative, dans The Emerald City d'Oz, le livre se termine par la création par Glinda d'une barrière d'invisibilité autour du pays d'Oz, pour améliorer sa protection. C'est, en fait, une tentative sérieuse, de la part de Baum, pour échapper à la série, mais l'insistance des lecteurs aboutit à la poursuite de celle-ci, et donc à la découverte de nombreuses façons pour les gens de passer à travers cette barrière, ainsi que sur le sable. En dépit de cette évasion continue, la barrière elle-même demeure. Nulle part, dans aucun des livres d'Oz, Baum ne suggère que les habitants envisagent de supprimer la barrière magique.

Autour de ce désert se trouvent d'autres pays imaginaires comme le royaume d'Ev, voisin du pays des Nomes, où arrivent Dorothy Gale et la poule Billina, ainsi qu'Ix, Mo, la Nolande ou la Bobolande. Dans son quatrième livre, l'auteur présente une série de mondes souterrains : le Royaume des Végétaux, la Terre des Mouches, avec ses dangereux ours invisibles, où le monde des Gargouilles, habité par des êtres en bois.

Ouest et Est

La première carte connue d'Oz est une plaque de verre utilisée par Baum pour son exposition itinérante Fairylogue and Radio-Play, montrant le pays bleu des Munchkins à l'est et le pays jaune des Winkies à l'ouest. Ces orientations sont confirmées par le texte de tous les livres d'Oz de Baum, surtout le premier, dans lequel la Méchante Sorcière de l'Est règne sur les Munchkins, et la Méchante Sorcière de l'Ouest sur les Winkies.

Comme les cartes occidentales traditionnelles, la carte du Fairylogue and Radio-Play plaçait l'ouest à gauche, et l'est à droite. Toutefois, la première carte d'Oz à paraître dans un livre d'Oz montrait des sens inversés, et une rose des vents ajustée en conséquence. On pense que cela résulte d'une erreur de Baum, qui copie de la carte du mauvais côté de la plaque de verre, obtenant, de ce fait, une image spéculaire de la carte recherchée. Quand Baum se rend compte de l'erreur, il inverse la rose des vents pour la replacer dans le bon sens. Toutefois, un correcteur de Reilly et Lee retourne à nouveau la rose des vents, pensant ainsi rectifier une erreur, mais, de fait, ajoutant encore à la confusion.. En particulier, Ruth Plumly Thompson va souvent se tromper dans les sens, dans ses propres livres d'Oz ultérieurs.

Une autre spéculation découle de la conception originale d'Oz, qui, à première vue, semble être situé dans un désert américain. Si Baum a pensé que le pays Munchkin était le plus proche de lui, il aurait été à l'est alors qu'il vivait à Chicago, mais, quand il a déménagé en Californie, il se serait retrouvé à l'ouest.