Le Nord Stream est un ensemble de deux gazoducs reliant la Russie à l'Allemagne en empruntant la mer Baltique.

Les travaux du gazoduc Nord Stream 1 (anciens noms : North Transgas et North European Gas Pipeline : NEGP), issus d’un projet lancé en 1997, ont démarré fin 2005 pour se terminer en 2011 avec une mise en service effective en 2012.

Les travaux du gazoduc Nord Stream 2, destinés à doubler la capacité de transport de gaz, ont commencé en . Ils ont ensuite été interrompus en du fait de l’opposition et des sanctions des États-Unis contre la Russie, mais reprennent en 2021 et sont terminés en .

Le , à la suite de la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de deux républiques autoproclamées en Ukraine, le chancelier Olaf Scholz suspend le processus de certification du projet de gazoduc. Le , la société Nord Stream 2 SA dépose son bilan, à la suite des sanctions décidées par l'Allemagne, l'Union européenne et les États-Unis en réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le , Gazprom annonce, après plusieurs réductions et interruptions du transit pendant l'été, le report sine die du redémarrage du gazoduc Nord Stream 1.

Le sabotage des gazoducs Nord Stream a lieu le en mer Baltique.

Nord Stream 1 Dispositif technique Section terrestre en Russie La construction de la section terrestre russe commence le dans la ville de Babaïevo (à environ à l’est de Saint-Pétersbourg, dans l’oblast de Vologda). La section terrestre en Russie fonctionne de Griazovets (à environ à l’est de Saint-Pétersbourg et au nord de Moscou, dans l'oblast de Vologda) à la station côtière de compression de Vyborg. La longueur de cette section est de , le diamètre de la canalisation est de avec une pression d'utilisation d'environ , qui est régulée par six stations de compression. La section terrestre russe fournit également le gaz à la région nord-ouest de la Russie (Saint-Pétersbourg et oblast de Léningrad). Elle est construite et gérée par la société russe Gazprom.

Section de la mer Baltique La section en mer de la canalisation fonctionne de la station de compression de Vyborg au compartiment de Portovaïa au fond de la mer Baltique vers Lubmin (près de Greifswald) en Allemagne, et a une longueur totale de . De ceux-ci, fonctionnent dans les eaux territoriales russes, dans la zone russe, dans la zone finlandaise., dans la zone suédoise, dans la zone danoise, dans la zone allemande et dans les eaux territoriales allemandes. Le projet est d'établir deux gazoducs parallèles d'une capacité de de mètres cubes par an.

Le diamètre du gazoduc est de , l'épaisseur de la paroi de et la pression d'utilisation de . Il y a une plateforme de service dans la zone suédoise, à au nord-est de l'île de Gotland. La construction du gazoduc a coûté environ six milliards d'euros, la section en mer est construite et maintenue par Nord Stream AG, une compagnie commune de Gazprom russe (51 %), et des sociétés allemandes BASF et E.ON (chacun à hauteur de 24,5 %).

Le groupe Nord Stream maintient (fin ) qu'il est le meilleur du point de vue économique, environnemental et technique. Selon lui, le fond de la Baltique de la zone suédoise économique a été étudié « en détail », et il n'y aurait pas d'indices de présence de munitions immergées sur le tracé. Selon le ministre suédois de l'Environnement, un tracé plus à l'est serait plus « sûr » pour l'environnement. Il craint notamment que les travaux sous-marins ne se heurtent à un des nombreux dépôts de « mines, armes chimiques et déchets chimiques » ou de munitions conventionnelles. Des décharges sous-marines de ce type sont nombreuses en mer Baltique où l'environnement s'est fortement dégradé, avec l'apparition notamment de zones mortesBip (Bulletin de l'Industrie pétrolière ) 10 964 du 5 novembre 2007 (page 2)..

La Pologne et les pays baltes ont également invoqué l'argument écologique et le surcoût de construction sous-marine pour critiquer. le projet, mettant préférentiellement en avant le doublement de la canalisation Yamal-Europe. Derrière cette critique, de nombreux observateurs perçoivent l'inquiétude de la Pologne : d'un point de vue énergétique, ce pays craint d'être écarté des principaux axes énergétiques européens. ; cette crainte serait justifiée par le précédent des conflits gaziers russo-ukrainiens ; d'un point de vue financier, la Pologne craint de subir un manque à gagner important compte tenu de l'absence de redevances dues au passage de l'infrastructure (la hausse de ces redevances ayant déjà été une source de tensions. entre Pologne et Russie) ; d'un point de vue politique, enfin, la Pologne craint d'être marginalisée entre ses deux voisins allemand et russe, ce qui a conduit notamment le ministre de la Défense Radek Sikorski à faire une comparaison entre cette décision d'implantation et le Pacte germano-soviétique..

Le projet de gazoduc reliant la Pologne au gaz de la Norvège en passant par le Danemark et dont la construction débute en et qui devrait être achevé en 2022 pourrait toutefois diminuer les appréhensions polonaises quant aux conséquences géopolitiques de Nord Stream 2..

Section en Europe occidentale La section en Europe occidentale inclut deux gazoducs de transmission en Allemagne. La route sud (gazoduc OPAL) fonctionnera de Greifswald à Olbernhau près de la frontière germano-tchèque. Elle reliera le Nord Stream au gazoduc (relié au gazoduc Yamal-Europe), et au gazoduc (relié à l'itinéraire russe de transport de gaz par l'intermédiaire des républiques tchèques et slovaques). La route occidentale (gazoduc NEL) fonctionnera de Greifswald à Achim, où elle sera reliée au gazoduc Rehden-Hambourg. Le gazoduc sera raccordé à celui de Greifswald-Bunde. La livraison supplémentaire de gaz vers le Royaume-Uni sera effectuée par le raccordement prévu entre Bunde et Den Helder, et de là par l'interconnecteur en mer Balgzand-Bacton ( ou BBL).

Sources de gaz naturel

La source principale de gaz naturel pour le Nord Stream est le , près de , dans l'oblast de Tioumen. Le permis pour exploiter ce gisement a été attribué à Severneftgazprom, filiale de Gazprom (BASF et E.ON en sont des actionnaires minoritaires). Les réserves du gisement sont estimées à de mètres cubes de gaz naturel. La capacité de production prévue est d'environ de mètres cubes par an.

Le Nord Stream peut être alimenté, en outre, par des gisements en péninsule de Yamal, compartiment d'Ob-Taz.

Gazprom indique également que la majorité du gaz produit au gisement de Chtokman serait vendue à l'Europe par l'intermédiaire du Nord Stream.

Histoire vignette|Inauguration de Nord Stream 1 le 8 novembre 2011 à Lubmin. De gauche à droite : Gerhard Schröder, François Fillon, Johannes Teyssen, Angela Merkel, Mark Rutte, Dmitri Medvedev, Alexeï Miller, Günther Oettinger, (alors PDG de BASF), Erwin Sellering. Le projet est lancé en 1997 par Gazprom et la compagnie finlandaise Neste (plus Fortum), constituant la compagnie North Transgas Oy, pour la construction et l'exploitation d'une canalisation de gaz de Russie vers le Nord de l'Allemagne à travers la mer Baltique. L'associé allemand de ce projet est Ruhrgas (devenu E.ON). En , Gazprom, Fortum, Ruhrgas et Wintershall adoptent un rapport sur l'étude de faisabilité commune de la canalisation. Le , le comité de gestion de Gazprom approuve un programme d'exécution du projet. En , Fortum se retire du projet et vend sa participation de 50 % dans North Transgas à Gazprom. Le , Gazprom, BASF et E.ON signent un accord de base sur la construction du gazoduc. Le , Nord Stream AG est constitué à Zoug, en Suisse. Le , Gazprom lance la construction de la section terrestre du gazoduc en Russie.

Fin , la Russie confirme renoncer à faire passer la seconde tranche du gazoduc Iamal-Europe par la BiélorussieAnnonce de Viktor Khristenko, ministre russe de l'Industrie et de l'Énergie, rapportée par Ria-Novosti et relayée par le Bip du 5 novembre 2007..

Le gouvernement de Gerhard Schröder se porte garant d'un crédit d'un milliard d'euros proposé par les banques Deutsche Bank et KfW à Gazprom pour la construction de ce gazoduc germano-russe en mer Baltique.

Peu après avoir cédé le pouvoir à Angela Merkel, l'ancien chancelier Gerhard Schröder est engagé par Gazprom pour présider le conseil de surveillance du consortium germano-russe chargé de construire ce gazoduc, dont Gazprom détient 51 %.. Fin 2009, les autorités allemandes compétentes approuvent la construction du gazoduc. L'administration minière de la ville de Stralsund (port balte) donne son accord, ainsi que l’Agence fédérale maritime et hydrographique allemande Deutschland genehmigt Nord Stream-Pipeline (L'Allemagne autorise le gazoduc Nord-Stream), Nord Steam, 28 décembre 2009..

Le tronçon sous-marin est achevé en , RIA Novosti, 26 avril 2011.. Il est inauguré le en présence de Vladimir Poutine, alors Premier ministre. Sa mise en service est effective en 2012.

Afin de réaliser le projet, les actionnaires ont fondé la compagnie Nord Stream AG. Son capital est modifié pour finalement être réparti entre le Russe Gazprom (51 %, sans changement), et les Allemands Wintershall Holding et E.ON Ruhrgas (15,5 % chacun), le Néerlandais Gasunie et le Français GDF Suez (9 % chacun), RIA Novosti, 26 avril 2011..

Nord Stream 2 Technique et financement

Sur le plan technique et financier : le projet Nord Stream 2 consiste en deux lignes de gazoduc longeant le premier existant, Nord Stream, et reliant la Russie à l'Allemagne via la mer Baltique, après un trajet sous l'eau de .

En mer, de tuyaux ont été posés dans les eaux territoriales allemandes ; à l'autre bout, depuis le port de Oust-Louga en Russie, ont été posés en 2019, et les travaux en mer avancent à raison de trois kilomètres par jour.

Cette nouvelle conduite sous-marine va disposer d'une capacité de de mètres cubes pour un coût estimé à huit milliards d'euros, financés pour moitié par Gazprom et par cinq compagnies européennes, chacune apportant d'euros ; à son arrivée, le gaz devra être comprimé à 200 bars avant son acheminement vers le marché européen.

Gazprom pourrait ainsi répondre à la demande croissante de gaz en Europe, évaluée à de mètres cubes supplémentaires en 2035..

Historique Genèse du projet d'extension Nord Stream AG lance en des investigations pour évaluer la faisabilité de la construction d'une troisième, voire d'une quatrième ligne du gazoduc, et dépose pour cela des demandes d'autorisation auprès de la Finlande et de l'Estonie Nord Stream seeks to study Estonian economic zone in Baltic until 2015, Kyiv Post (journal ukrainien), 27 août 2012..

En , Gazprom conclut dans une étude préliminaire que son projet d'extension de Nord Stream est économiquement et techniquement faisable, avec deux lignes dont l'une irait directement alimenter le Royaume-Uni ; la capacité annuelle totale serait de de mètres cubes.

En 2014, Gazprom annonce une révision du projet du fait de la baisse des prix du gaz, puis en , la suspension du projet d'extension, la capacité existante de Nord Stream s'avérant suffisante pour un marché déprimé ; une situation politique « compliquée » est également évoquée , Reuters, 28 janvier 2015..

En , Gazprom conclut une alliance stratégique avec Shell, E.ON et OMV pour construire deux nouveaux gazoducs Nord Stream sous la Baltique vers l'Allemagne, d'une capacité de de mètres cubes. L'accord avec Shell prévoit également des échanges d'actifs et la construction d'une extension du terminal LNG de Sakhaline , Reuters, 19 juin 2015..

Premiers obstacles européens