Les Misérables, également nommé Les Misérables du Bertrand Tessier, Belmondo, l'incorrigible, est un film français réalisé par Claude Lelouch et sorti en 1995. C'est une adaptation libre du roman éponyme de Victor Hugo.

Synopsis En 1900, le père d'Henri, un chauffeur également nommé Henri, est faussement accusé d’avoir assassiné son patron, le comte de Villeneuve, qui s'est suicidé. Il est condamné au bagne; quant à sa femme, elle trouve un emploi dans une taverne sur une plage de Normandie. Elle sera obligée de se prostituer pour trouver de l'argent dans l'espoir de payer un avocat pour son époux. Après quelques tentatives d'évasion qui échouent, le père d’Henri meurt en tentant une énième sortie et en apprenant la nouvelle, la mère d’Henri se suicide. Henri grandit en étant recueilli par le tavernier qui lui apprend la boxe à défaut d'aller à l'école. Lorsque sonne la fin de la Première Guerre mondiale, Henri est sacré champion de boxe française.

Des années plus tard, Élisa, une ballerine, et André Ziman, un jeune journaliste juif et étudiant en droit, se rencontrent à la suite d'une représentation d’un ballet basé sur Les Misérables au palais Garnier. Plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, André et Élisa, maintenant mariés et leur fille Salomé tentent de traverser la frontière suisse pour échapper aux nazis. Ils rencontrent Henri, propriétaire d’une entreprise de déménagement. Ce dernier accepte de leur venir en aide s'ils lui lisent le célèbre roman de Victor Hugo. Afin de la protéger davantage, les Ziman confient leur fille à Henri, qui la fait inscrire dans un couvent catholique pour jeunes filles. Croyant avoir trouvé un passeur, André et Élisa ainsi que d'autres sont pris en embuscade alors qu’ils tentent de traverser la frontière. Élisa est arrêtée et André blessé, laissé pour mort avant d'être récupéré par un couple d'agriculteurs, qui vont le mettre à l'abri. Leur expliquant, qu'il veut les dédommager André leur explique qu'il peut les payer avec des chèques à récupérer dans une banque suisse. Très vite la femme de l'agriculteur va essayer d'avoir une relation avec lui mais sans succès, faisant croire à son mari qu'il est trompé.

Repéré et torturé par la Milice de Vichy pour avoir aidé des juifs, Henri rejoint ensuite les membres d'un gang de bandits qui rejoignent la Résistance française. Henri s'aperçoit vite que leur mission consiste plus à profiter des attaques aériennes pour piller les maisons vides que d'attaquer sérieusement l'occupant nazi. De son côté Élisa et d’autres femmes sont obligées de divertir les occupants nazis au Palais Garnier mais elle finit par être envoyée dans un camp de concentration pour avoir été provocante. Après avoir organisé une attaque contre un train transportant des fonds pour le gouvernement de Vichy, Henri et ses compagnons se rendent en Normandie pour visiter la taverne où il a vécu enfant. L’invasion du jour J est lancée le lendemain et Henri soutient les forces alliées lorsqu’elles conquièrent la plage. Dans la bataille, l'établissement est touché par une bombe et Marius, son frère de cœur, meurt tout en sauvant la vie du fils du propriétaire de la taverne.

Pendant ce temps, André est coincé chez les agriculteurs qui empochent pour lui des chèques dans une banque suisse mais ils lui mentent en affirmant que les Allemands ont repris l'avantage et qu'ils vont bientôt remporter la guerre. Ils iront jusqu'à lui faire croire que Salomé est morte à cause des lettres qu'il lui écrivait. À la fin de la guerre, Henri accepte une offre de gérer un camp de loisirs à l'Île-Adam ( à 33km de Paris). Il y reçoit une lettre de Salomé, qui n'a aucun moyen de contacter sa famille. Il l’emmène avec lui à la station, qu’il nomme Chez Jean Valjean. Un jour, Élisa, ayant survécu à un camp de concentration en Pologne, finit par les retrouver.

Un jour, un ancien agent de la police de Vichy accuse Henri d'avoir encouragé les activités du gang pendant la guerre et d’avoir volé et incendié un train. Il est emprisonné dans l’attente de son procès. Le mari agriculteur décide d'en finir avec André qu'il retient captif depuis des années mais son épouse lui tire dessus avant que ce dernier ne l'étrangle. Trois semaines plus tard, n'ayant plus de leur nouvelle André se décide à sortir pour la première fois de la cave avec sa jambe malade et émerge pour trouver le couple de fermiers morts. Il apprend ensuite que la guerre est terminée. Il rejoint sa femme et sa fille Chez Jean Valjean puis représente Henri à son procès et obtient son acquittement.

À la fin du film, Henri, devenu maire, préside au mariage civil de Salomé et Marius, le fils de son frère de cœur, en présence d'André et Élisa et de la mère supérieure de l’école qui a abrité Salomé. André Ziman cite Victor Hugo : « Le meilleur de notre vie est encore à venir. »

Fiche technique

Réalisation : Claude Lelouch Assistance-réalisation : Simon Lelouch, Daniel Ziskind Scénario : Claude Lelouch, librement adapté du roman de Victor Hugo Musique : Francis Lai, Michel Legrand, Didier Barbelivien, Philippe Servain, Erik Berchot, chanson du générique de fin interprétée par Patricia Kaas Photographie : Claude Lelouch, Philippe Pavans de Ceccatty Montage : Hélène de Luze Décors : Jacques Bufnoir, Laurent Tesseyre Ingénieur du son : Harald Maury Montage son : Jean Gargonne Créatrice de costumes: Dominique Borg Effets spéciaux : Dominique Colladant, Georges Demétrau, Guy Monbillard Cascadeurs : Gilles Conseil, Frédéric Vallet, Daniel Vérité Production : Claude Lelouch, Jean-Paul De Vidas, Tania Zazulinski Distribution : Canal+, Les Films 13, TF1 Pays de production : Langue originale : français Budget : 98 millions de francs. (soit environ en ) Genre : Drame et historique Durée : 174 minutes Date de sortie : France :

Distribution

Jean-Paul Belmondo : Henri Fortin père (1900 à 1902) et fils alias Léopold (1942 à 1952) / Jean Valjean Michel Boujenah : André Ziman Alessandra Martines : Élise Ziman Salomé Lelouch : Salomé Ziman / Cosette Annie Girardot : Madame Thénardier (1942 à 1945) Philippe Léotard : Thénardier (1942 à 1945) Clémentine Célarié : Catherine / Fantine Philippe Khorsand : le policier / Javert Ticky Holgado : « L'Addition » Rufus : Guillaume père (1901 à 1918) et fils (1944) / Thénardier (1830) Nicole Croisille : Madame Guillaume (1901 à 1902) / Madame Thénardier (1830) William Leymergie : Toureiffel Jean Marais : L'évêque (1942) / Monseigneur Bienvenu Myriel, évêque de Digne Micheline Presle : la mère supérieure Daniel Toscan du Plantier : le comte de Villeneuve Michaël Cohen : Marius Jacques Boudet : le médecin de campagne Robert Hossein : le maître de cérémonie Darry Cowl : Le bouquiniste Antoine Duléry : « Toubib » Jacques Gamblin : le bedeau Pierre Vernier : le chef du bagne Cyrielle Clair : la comtesse du bal Paul Belmondo : Léopold alias Henri Fortin fils (1918) Sylvie Joly : l'aubergiste de la plage Margot Abascal : Salomé, à 18 ans Jean-François Dérec : le passeur du Jura Isabelle Sadoyan : Madame Magloire Jacques Bonnot : « Bonnard » Marie Bunel : une jeune femme juive Mickael Bussinger : le jeune fils Thénardier Nathalie Cerda : une jeune femme juive Max Fournel : le maire de L'Isle Adam Valerio Gamberini : le petit ramoneur « Passe ton chemin ! » Pierre-Alexis Hollenbeck : Jeannot Guillaume / Gavroche Thénardier Maurice Mons : le méchant voisin Anne-Marie Pisani : une jeune femme juive Wolfgang Pissors : l'officier du bunker Marie-France Santon : la fidèle voisine Peter Semmler : l'officier allemand Guillaume Souchet : Léopold alias Henri Fortin fils à 9 ans Nicolas Vogel : le général de Verdun Maurice Auzel : un déménageur Jean-Claude Bouillaud : le brigadier 1830 Rémy Carpentier : le garde-chasse Jean-Philippe Chatrier : Jeanjean Michel Deligne : le gendarme 1900 Gilles Détroit : le gendre des fermiers Gilles Dimicelli : le colosse de l'auberge Maryline Even : la femme du passeur Stéphane Ferrara : un flic Aldo Frank : le pianiste de l'auberge Ariane Gardel : la fille des fermiers Allen Hoist : le GI pianiste Henri-Jacques Huet : l'administrateur de l'opéra Bernard Lincot : le bagnard costaud Joseph Malerba : le pompiste 1942 Jacques Marty : le déménageur Hugues Massignat : un flic Olivier Mazoyer : un flic Natty Tardivel : Germaine (créditée « Natty ») Mario Pecqueur : l'officier 1918 Marcel Pigou : un déménageur Sabaya : Cosette à 6 ans Sachka : l'enfant 1942 Richard Sammel : le caporal allemand du Jura Simon Sportich : le voyageur du train Ricardo Stein : le général américain Emmanuel Subes : un flic Arlette Thomas : la concierge Lou Tordjman : la voyageuse du train Thierry Triveillot : Kid Marcel Jean-Michel Verner : l'aide flic Jürgen Zwingel : l'officier allemand du train Rémi Bergman : le reporter américain Didier Barbelivien : le chanteur de Villers libéré

Production

Le tournage se déroule à Paris, Pontarlier, Villers-sur-Mer, Baume-les-Messieurs, Montbenoît, Lons-le-Saunier, Fort de Joux, Frémécourt, Marines, Us et L'Isle-Adam.

Autour du film Selon son habitude, Lelouch brasse les époques en s'inspirant librement du drame de Victor Hugo qu'il transpose dans la France de la collaboration, en 1942. Jean Valjean, joué par Belmondo, devient Henri Fortin tandis que Jean Marais dans une courte apparition très remarquée, interprète le rôle de Monseigneur Myriel, un évêque confronté à la Gestapo Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 236 .

Sortie et accueil Box-office

Le film, distribué dans , prend la première place du box-office français avec lors de sa première semaine d'exploitation.. Si le démarrage est assez similaire au précédent film de Claude Lelouch, Tout ça… pour ça ! ( sur en 1993.), il est en deçà de celui de la précédente collaboration de Lelouch avec Jean-Paul Belmondo, Itinéraire d'un enfant gâté (plus de pour sa première semaine en salles en 1988.).

La semaine suivante, le long métrage obtient trente-huit salles supplémentaires et reste en tête du box-office avec , soit une baisse de fréquentation de près de 19 %, pour un cumul de . Le film totalise ., dont rien que pour l'année de sa sortie. et en fin d'exploitation.

Accueil critique En tant qu’adaptation libre des Misérables, le film divise le public. Un article de Libération intitulé « Les Misérables, quelle misère ! » le décrit comme superficiel et très éloigné du roman.

En 2025, un article du webzine Revue de la Toile questionne la pertinence d’utiliser Javert pour parler de la police de Vichy. La comparaison serait inadéquate car elle explique les crimes du policier vichyste par l’aveuglement, ce qui revient à minimiser sa responsabilité. Un second article de la même revue ajoute que Claude Lelouch a fortement sous-estimé l'attachement du public à ce personnage.

Du reste, le film omet des personnages importants, comme Éponine et Enjolras.

Anachronismes

Claude Lelouch met dans la bouche du petit ramoneur des Misérables la chanson écrite par Henri Fortin au bagne. Or la scène des Misérables a lieu en 1815, et le gaz de butane dont parle la chanson n'est pas encore utilisé (contrairement au gaz de ville, utilisé à partir de 1812) ; de même, le terme poubelle ne sera inventé qu'en 1884. Il est possible que ce soit une projection de l'esprit de Henri fils, liant ainsi sa vie familiale à celle de Jean Valjean. Les images du parachutage le jour du débarquement montrent un avion largueur quadrimoteurs alors qu'étaient utilisés des Douglas DC-3 C47 « Dakota » bimoteurs. Il s'agit d’un Lockheed C-130 Hercules qui évidemment n’existait pas encore puisque sorti en 1954.

Distinctions

Golden Globe 1996 du meilleur film étranger aux États-Unis César de la meilleure actrice dans un second rôle 1996 pour Annie Girardot

Notes et références

Article connexe

Filmographie sur la Seconde Guerre mondiale