Saint-Jean-de-Passy est un établissement d'enseignement privé catholique sous contrat d'association avec l'État dans le de Paris.
Réputé pour son excellence académique, notamment pour ses résultats au baccalauréat et aux concours d'entrée aux grandes écoles, l'établissement accueille des élèves des classes maternelles, élémentaires, du collège, du lycée général et des classes préparatoires économiques et commerciales.
Créé en 1839 par les Frères des écoles chrétiennes, l'établissement est initialement, à la suite de la suppression des écoles congréganistes, baptisé « Pensionnat de Passy ». Confié à la tutelle du diocèse de Paris en 1911, l'établissement adopte en 1934 le patronage de saint Jean l'Évangéliste, en l'honneur du cardinal Verdier, bienfaiteur et protecteur de l'école..
La devise de l'école, « Labor et dilectio », est formulée par l'abbé Linder, directeur du pensionnat de Passy entre 1919 et 1926.
Histoire
Le Pensionnat de Passy (1839-1905)
Créés par saint Jean-Baptiste de La Salle au , les Frères des écoles chrétiennes, supprimés par la Révolution française, sont rétablis en 1803 et se consacrent alors principalement à l'enseignement primaire. Bénéficiant de la liberté d'enseignement garantie par la Charte constitutionnelle de 1830, les frères développent leur apostolat d'enseignement. Béziers voit s'ouvrir un premier pensionnat en 1831, puis à Paris, en 1835, au 165, rue du Faubourg-Saint-Martin. Devant la demande croissante de familles parisiennes et la nécessité de trouver de nouveaux locaux, la Congrégation acquiert une partie du sud de l'hôtel de Valentinois en 1838 et y ouvre, le , le « Pensionnat de Passy » sous la direction du frère Théotique.
La « Société anonyme d'enseignement libre » (1905-1911) La loi de séparation des Églises et de l'État, promulguée en 1905, occasionne l'exil des frères en Belgique et le déplacement de leur pensionnat à Froyennes. Une association de familles, sous l'impulsion de Gabriel Jossier, décide d'assurer la pérennité de l'enseignement religieux sous une forme laïque. La « Société anonyme d'enseignement libre - Association des pères de famille » assure, dans l'exil des frères, la continuité de l'enseignement dispensé dans le pensionnat de Passy.
Le « Pensionnat diocésain de Passy » (1911-1933) En 1911, le Conseil d'administration décide une réforme importante. Les liens avec les frères en exil en Belgique s'étant affaiblis et des investissements importants s'avérant nécessaire, ils confient à l'archevêque de Paris Léon Adolphe Amette la tutelle de l'établissement, qui changea de nom pour s'appeler désormais le « pensionnat diocésain de Passy ».
La Première Guerre mondiale surprend le pensionnat à nouveau en plein essor, qui paiera aussi, par ses anciens élèves et ses professeurs, son tribut de « morts pour la France » (près de 400 anciens et 7 professeurs).. L'abbé Linder, directeur de l'établissement de 1919 à 1926, contribue fortement au développement de l'école.
Saint-Jean-de-Passy (depuis 1933) Le bail des bâtiments qui accueillent l'école expirant, l'archevêque de Paris Jean Verdier, décide de se montrer garant du futur de l'école. Sous son impulsion, le diocèse est représenté au conseil d'administration. Pour manifester ce nouvel élan et à la demande du cardinal, le pensionnat est désormais rebaptisé « de Passy »..
Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les effectifs restent stables, autour de 500 élèves dont 130 internes.
Durant l'été 1943, l'archevêque de Paris, Emmanuel Suhard, nomme l'abbé Jean Brault, directeur de l'établissement, à charge pour lui de faire fonctionner l'école malgré les difficultés constantes de l'Occupation. Plusieurs anciens élèves paieront de leur vie la campagne de Libération du pays. Une plaque inaugurée en 1948 rappelle les noms des 36 morts pour la France, dont André Zirnheld, auteur de la Prière du para.
La période de l'après guerre voit le nombre des élèves tripler, pour atteindre presque 1500 en 1960. C'est à cette époque d'André Revaux, professeur de musique de l'école, fonde en 1957 la manécanterie des Petits chanteurs de Passy. L'année suivante, en 1958, le curé de Notre-Dame d'Auteuil est désireux d'ouvrir une école primaire sur le site de l'hôtel Puscher et demande au chanoine Brault d'en prendre la direction. À la rentrée 1958, quatre classes ouvrent au « Petit Saint-Jean d'Auteuil ». La proportion croissante du nombre de Parisiens parmi les élèves conduit à la fermeture de l'internat en 1959.
À partir des années 1980, l'école connaît plusieurs évolutions importantes : l'ouverture à la mixité au primaire en 1981 et la création de classes préparatoires économique (voie scientifique) en 1989, sous l'impulsion du nouveau supérieur, l'abbé Ponsard. En 1993, la direction de l'école devient totalement laïque, partagée alors entre Jean-Marie Plaud, directeur coordonnateur et Régis de la Rivière, qui assure la direction du collège et du lycée.
En 2001, la mixité monte au collège. Le mouvement, initié par le supérieur de l'époque, l'abbé Patrick Chauvet, prévoit une mixité partielle : des classes non-mixtes au collège, et à partir de 2006, des classes mixtes au lycée.
Amorcé dès les années 1990, le projet de fusion avec le collège Notre-Dame-de-Grâce est effectif à la rentrée 2011. Une pédagogie différente est alors mise en place pour ce collège, qui accueille des élèves nécessitant un accompagnement renforcé dans les études.
À la rentrée 2024, en association avec l'Institut catholique de Paris et la prépa de Stanislas, l'établissement propose un bachelor en sciences politiques.
Organisation L'établissement a un statut de société de gestion avec conseil d'administration (SIREN : ). Depuis le , par délégation de la SA, l'enseignement s'organise dans un cadre associatif, celui de l'association Saint-Jean-de-Passy.
Il enseigne la méthode mathématique de Singapour pour les classes de maternelle et primaire, propose des ateliers théâtre à partir de la maternelle, des cours de culture humaniste au début du collège et un concours d'éloquence au lycée« Collèges et lycées privés sous contrat », Paris 16 Le Mag, magazine d'information de la mairie du 16 arrondissement, n°5, avril 2021, p. 20-21..
Direction
Directeurs du pensionnat de Passy (1839-1905)
Frère Théotique : 1839-1855 Frère Libanos : 1855-1883 Frère Albert-Marie : 1883-1894 Frère Auguste-Hubert : 1894-1905
Directeurs de la SAEL - Association des pères de famille (1905-1911)
Jean-Jacques Reinert : 1905-1911
Supérieurs du pensionnat (1911-1933)
Gustave JeanJean : 1911-1919 Eugène Linder : 1919-1926 Louis Guedon : 1927-1933
Supérieurs de Saint-Jean de Passy (1933-1992)
Louis Guedon : 1933-1943 Jean Brault : 1943-1961 Marcel Nibault 1961-1979 Philippe Breton : 1979-1987 Daniel Ponsard : 1987-1991 Jean-Marc Vaillant : 1991-1992
Chefs d'établissement coordinateur de Saint-Jean de Passy (depuis 1993) Jean-Marie Plaud : 1993-1999 Patrick Chauvet : 1999-2002 Jean-Marie Plaud : 2002-2004 Régis de la Rivière : 2004-2009 Marie-Odile Idrac : 2009-2015 François-Xavier Clément : 2015-2020 Daniel Chapellier : 2020-2021 Nathalie Doucet Ferrant (intérim) : avril- et avril- Alexandrine Lionet : depuis
Effectifs vignette|Rue d'Auteuil (n°16 : école Saint-Jean-de-Passy). vignette|Le site du 62 rue Raynouard. En 2015, l'établissement comptait élèves répartis sur quatre sites (le « Petit Saint-Jean » au numéro 16 de la rue d'Auteuil, le « Grand Saint-Jean » au numéro 72 de la rue Raynouard, l'« implantation Raynouard » de l'école maternelle et primaire et Notre-Dame-de-Grâce au numéro 62, et le site du cycle terminal au numéro 63 de la même voie), dont :
(dont 262 à Notre-Dame-de-Grâce) ;
de classes préparatoires.
Cela représente environ mille neuf cents familles.
L'établissement compte environ et cadres éducatifs. L'effectif administratif est de l'ordre de cent cinquante.
Classements En 2015, le lycée fut classé du département (sur 109) et de France par L'Express., en proportion du taux de réussite de ses élèves au baccalauréat, du nombre d'élèves de première l'ayant obtenu en ayant été scolarisés dans l'établissement au cours des deux dernières années, et d'une « valeur ajoutée » tenant compte de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet..
En 2016, le lycée fut classé de France par Le Figaro Étudiant à raison du nombre de mentions « Très bien » obtenues par ses élèves à l'examen du baccalauréat.. En 2017, 98 % des élèves du lycée obtiennent une mention au baccalauréat, selon ce critère Saint-Jean-de-Passy est alors classé meilleur lycée de France devant notamment Henri-IV ou Louis-le-Grand, l'établissement est cependant devancé par son éternel rival : le lycée Saint-Louis de Gonzague qui obtient un taux de mentions de 100 %..
En 2017, L'Étudiant classe l'établissement de France par le taux d'admission de ses élèves aux concours d'entrée à l'École des hautes études commerciales de Paris, l'ESCP et l'ESSEC de 2016, de 23.4 %..
En 2019, Le Figaro Étudiant classe le lycée de France en fonction du taux de réussite au bac 2018, de la structure des mentions au bac et de la capacité à faire progresser les élèves..
En 2020, Le Figaro classe le l'établissement de France pour les classes préparatoires aux grandes écoles ECS, avec un taux d'admission de ses élèves au « Top 5 » (HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, EM Lyon) de 67,2 %..
En 2023, à la suite de la fusion des ECS et ECE en une seule filière ECG, les nouveaux classements de cette année là sont :
L'Étudiant classe l'établissement pour l'intégration dans le « Top3 ». et pour l'intégration à HEC..
Ainsi que Le Figaro, qui le classe aussi des prépas ECGhttps://etudiant.lefigaro.fr/college-lycee/lycee/classement-prepas/prepa-ecg/.
Personnalités liées à l'établissement
Chorale
André Revaux, surveillant et professeur de musique au sein du collège, y créa en 1956 une manécanterie, les Petits Chanteurs de Saint-Jean-de-Passy. Constituée en association dans les années 1970, elle est depuis 2008 indépendante de l'établissement et s'appelle désormais « Les Petits Chanteurs de Passy ».
Polémique
Tensions dans la communauté éducative (2018) En 2018, deux tiers des professeurs des classes préparatoires adressent une lettre à la direction diocésaine de l’enseignement catholique de Paris après la procédure de licenciement engagée contre un membre du corps enseignant. La polémique s'inscrit dans un climat de remous devant les initiatives du directeur et la crainte d'une « inflexion de l'esprit d'ouverture » de l'école.
Affaires judiciaires Agressions sexuelles (2008) En 2009, le chef de chœur de la chorale des Petits Chanteurs de Passy, Emmanuel Marchand, est condamné à cinq ans de prison ferme pour agressions sexuelles commises sur quatre de ses élèves.
Allégations de harcèlement moral (2020)