vignette|upright=1.2|Le stūpa Dhāmek de Sārnāth, en Inde. Un stūpa ou stupa.. ou stoupaDepuis les rectifications orthographiques du français en 1990 cf. notamment le réseau pour la nouvelle orthographe du français (RENOUVO) ( ; translit. IAST : , signifiant « sommet », « tas » ou « mont » et décrivant un tumulus servant de reliquaire, ou « reliquaire ». ; birman : zedi) est une structure architecturale bouddhiste et jaïne que l'on trouve dans le sous-continent indien, dont il est originaire, mais aussi dans le reste de l'Asie, où il a suivi l'expansion du bouddhisme. C'est à la fois une représentation aniconique du Bouddha et un monument commémorant sa mort ou parinirvana.

Selon l'indianiste André Bareau :

Origine Le stūpa trouve son origine dans le tumulus et ne consiste, à ses débuts, qu'en un mausolée, empilement de briques ou de pierres au cœur duquel est enfermée une relique du Bouddha. En effet, d'après la tradition, après la crémation du Bouddha, ses reliques sont partagées en huit parties qui sont distribuées aux huit rois venus lui rendre hommage à cette occasion : Ajatashatru, le roi du Magadha, au Licchavî de Vaishālî, aux Shakya de Kapilavastu, aux Buli d'Allakappa, aux Koliya de Ramagama, au brahmane de Vethadipa, aux de (Pāvā en pāli) et aux Malla de Kusinâgar. Ce sont ces reliques qui vont être enchâssées dans les premiers stūpas.

Cependant, tous les stūpas ne contiennent pas de reliques. On classe généralement les stūpas en trois catégories suivant leur nature : les dhātu-chaitya qui abritent des reliques ; les paribhoga-chaitya qui contiennent des objets ayant appartenu au Bouddha ; les dharma-chaitya qui exposent la doctrine bouddhique.

De la même façon, toutes les reliques ne sont pas enfouies dans un stûpa. Un contre-exemple notable est la fameuse dent de Bouddha, une canine. supposée restée intacte dans le bûcher de sa crémation, qui après être restée en Orissā, à Dantapura, peut-être l'actuelle Purî, fut envoyée à Ceylan par Ashoka, où elle légitimait le pouvoir des rois cinghalais. Elle connut ensuite de nombreuses aventures et se trouve actuellement dans le Dālada Maligawa, le Temple de la Dent à Kandy, qui n'est pas à proprement parler un stûpa.

Les images qui entourent le stupa exposent (en particulier au Gandhara, avant leur dispersion) la doctrine sous forme d'une frise en bas-relief située à la base du stupa, elles accompagnent la circumambulation (parikrama) des croyants, étant ordonnées dans le sens des aiguilles d'une montre.

Évolution et propagation vignette|upright=1.2|Le Grand Stûpa de Sânchî. vignette|Chörten de Vajradhara-Ling.

La structure principale, landa, qui représente le bol à aumône retourné, évolue plus tard en une demi-sphère, parfois avec une base cylindrique comme à Sârnâth, par exemple. L'''anda repose le plus souvent sur un piédestal carré, un groupe de trois marches symbolisant la robe de moine repliée. Le stūpa comporte parfois un ou plusieurs portails d'accès ou torana, une vedikā ou clôture autour du monument délimitant le pradakshinapatha, un chemin circumambulatoire autour de landa qui se parcourt dans le sens dextrogyre. Au sommet de la structure, on trouve une harmikā, sorte de plate-forme entourée d'une balustrade, d'où émerge un mât, le stambha qui porte le chattra, un certain nombre d'ombrelles de tailles décroissantes formant un cône.

Ils connaissent souvent des remaniements, en particulier la pose d'un acchadya destiné à augmenter leurs dimensions afin de les rendre plus majestueux.

L'empereur Ashoka qui régna dans le nord de l'Inde au , est considéré comme le grand propagateur de ce type de construction. La tradition le crédite de , mais il s'agit plus d'un nombre plus symbolique que réel. En effet, selon le sutra Mahaparinibbana Sutta, les cendres du Shakyamuni, le Siddhartha Bouddha historique, sont réparties en huit tas égaux et ramenées par ces huit seigneurs dans leurs royaumes où ils font construire huit stūpas pour abriter ces reliques. Aucun vestige ne subsiste de ces huit reliquaires probablement construits en argile crue, bien que celui de Piprâwâ revendique posséder la part des reliques du Bouddha qui, dans le premier partage, est attribuée au clan des Shakya dont il est issu. Une légende ultérieure veut qu'Ashoka retrouve ces stūpas et répartit les cendres dans , les seuls stūpas datant de l'époque de cet empereur étant ceux de Sanchi et de Bharhut.

La forme du stūpa connaît une forte variation lors de sa dissémination dans le continent asiatique, chaque région développant son style propre. Ainsi, au Tibet et dans ses anciens satellites culturels que sont le Bhoutan et le Sikkim, il devient un chörten, avec sa forme caractéristique de bulbe, tandis qu'à l'inverse, en Birmanie et en Asie du Sud-Est, il adopte une forme typique de cloche.

Les stūpas célèbres vignette|Stūpa de la Pagode du cheval blanc, à Dunhuang (Chine). Les stūpas Sânchî, en Inde, dont le plus grand date probablement du règne d'Ashoka, et qui a connu divers remaniements dont le dernier daterait du . Le stūpa du temple de Borobudur, construit au dans le centre de l'île de Java en Indonésie. Le stūpa de Bodnath à Katmandou du . les quatre stūpas d'Aśoka, à Patan (Népal). Le stūpa (chedi) Phra Pathom Chedi à Nakhon Pathom en Thaïlande, le plus haut du monde, avec ses . Le stūpa de la pagode Shwedagon à Rangoon (Birmanie) avec l'or et les pierreries qui le recouvrent. Le Pha That Luang, stūpa de style laotien, monument national à Vientiane (Laos). Le stūpa d'Amarāvatī, datant du environ, construit dans le village d'Amaravati, district de Guntur, Andhra Pradesh en Inde. Alors que le bouddhisme se répand en Asie, le stūpa se transforme aussi en pagode, un véritable bâtiment dans lequel on peut pénétrer. Les pagodes reprennent souvent les cinq niveaux du stūpa, en particulier au Japon.

Les stūpas jaïna

Comme les bouddhistes, les jaïns ont aussi érigé des stūpas en l'honneur de leurs saints, avec leurs accessoires de clôtures, de portes décorées d'ombrelles en pierre, de piliers finement sculptés et d'abondantes statues. Des restes anciens de stūpas ont été découverts dans le tertre de Kankâlî, près de Mathura, dans l'Uttar Pradesh. On pense qu'ils remontent au avant notre ère.

Propagation et évolution du stūpa

Noms locaux des stūpas

Notes et références

Bibliographie

Pramod Chandra, South Asian arts, Encyclopædia Britannica, 2008, Le Huu Phuoc, Buddhist architecture'', Grafikol, 2009. .

Voir aussi Chörten Pagode Vihara Wat Architecture Trapusa et Bhallika (v. « L'invention du stupa ») Stupa de glace Tissamaharama Raja Maha Vihara

Liens externes

Une page sur les stûpas Le symbolisme des cinq éléments dans le stûpa Le chörten, édifice symbolisant la progression vers l'éveil du Bouddha.