La protection auditive a pour rôle la réduction du niveau sonore perçu à l'oreille soit dans le but de protéger contre les risques de surdité soit pour améliorer le confort (sommeil, concentration).. Elle peut également être utilisée pour empêcher l'eau de pénétrer dans le conduit auditif ou pour rééquilibrer la pression entre l'oreille moyenne et l'extérieur lors de voyages en avion.

Les chercheurs ont découvert que l'utilisation d'équipements de protection n'entraînait pas de réduction significative du risque de perte auditive...

Histoire vignette|redresse|Protection auditive de KL Wade 1939. vignette|redresse|Bouchon de type non linéaire inventé par JS Knighf en 1954.

La première utilisation de bouchons d'oreilles en cire est mentionnée dans l’OdysséeHomère, L’Odyssée - Chant XII, , lorsque l'équipage d’Ulysse utilise ce procédé pour éviter d'être distrait par le chant des Sirènes. En 1921 est créée l'entreprise Quies, qui fabrique les boules éponymes. La première demande de dépôt de brevet pour un protecteur auditif remonte à 1939 : Kenneth L. Wade, citoyen américain, a mis au point un bouchon composé d'un corps poreux en latex Kenneth L. Wade, Ear protector, United State Patent Office, 2262568, 1939., pour éviter de créer une pression d'air excessive dans le canal auditif ou sur le tympan. Ce cylindre était imprégné d'une cire amorphe et d'une gelée de pétrole, pour permettre une insertion et un retrait du protecteur plus aisés qu'avec un bouchon de cire classique.

En 1954, John S. Knighf développa John S. Knighf and all, Cushion mounting for mass impedance resonnance, United Patent Office, 2717596, 1954. un bouchon de type préformé destiné à réduire les bruits violents de type explosion. Maurice C. Rosenblatt mit au point en , un système Maurice C. Rosenblatt, Device for protecting ears from hight intensity noise, United State Patent Office, 3016054, 1959. destiné aux personnes exposées à des intensités sonores intenses, le protecteur était composé d'un serre-tête avec des bouchons en caoutchouc destinés à être introduits dans l'oreille. Raymond et Cecilia Benner ont inventéMack's History. les premiers bouchons moulés en silicone en 1962.

Les matières utilisées pour la fabrication des bouchons à façonner en mousse ont été découvertes au Conseil national de la recherche des États-Unis, par Ross Gardner et son équipe. Dans le cadre d'un projet sur les joints d'étanchéité, ils ont mis au point une résine avec des propriétés d'absorption d'énergie. Un brevet Ross Gardner, Earplugs, United State Patent Office, RE29487, 1976. a été déposé en 1976 par Ross Gardner. Ce matériau a été développé ultérieurement et commercialisé sous forme de bouchon d’oreilles en mousse à mémoire de forme.

Classification La protection auditive utilisée principalement pour la protection contre le bruit peut avoir plusieurs appellations : « Protection auditive contre le bruit » ; « Protecteur individuel contre le bruit » (PICB) dénomination utilisée par l'ensemble des normes (EN 458Norme EN458 - Protecteurs individuels contre le bruit - Recommandations relatives à la sélection, à l'utilisation, aux précautions d'emploi et à l'entretien., EN352Norme EN 352-1:2002 – Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 1 : serre-tête (casque antibruit).Norme EN 352-2:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 2 : bouchons d'oreille.Norme EN 352-3:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 3 : serre-tête (casque antibruit) monté sur casque de protection pour l’industrie.Norme EN 352-4:2002 - Protecteurs individuels contre le bruit - Exigences générales - Partie 4 : serre-tête à atténuation dépendante du niveau., EN 13819Norme EN 13819-1:2003 – Protecteurs individuels contre le bruit — Essais — Partie 1 : méthodes d'essai physique.Norme EN 13819-2:2003, Protecteurs individuels contre le bruit — Essais — Partie 2 : méthodes d'essai acoustique....)

Les protections contre le bruit sont de deux types« Les protecteurs individuels contre le bruit (PICB) », Officiel Prévention. : le serre-tête à coquilles, et le bouchon d'oreilles.

Serre-tête à coquilles vignette|redresse|Serre-tête à coquille.

Le serre-tête à coquilles appelé également casque antibruit est composé de deux coquilles qui recouvrent totalement l’oreille, reliées entre elles par un arceau central ajustable en métal ou en plastique qui passe sur le dessus de la tête pour assurer le maintien et appliquer une pression. Les deux coquilles contiennent de la mousse ou un liquide et sont recouvertes d’un revêtement en plastique souple pour la partie en contact avec l’oreille et d’une coque plastique rigide pour la partie externe. Certains systèmes avec coquilles sont montés directement sur des casques de sécurité. Il est réutilisable, mais il est conseillé de changer les coussinets sur les oreillettes tous les six mois Ear Muffs - Instruction for use, 2, 2, . pour conserver une bonne étanchéité.

Les niveaux d'affaiblissement certifiés CE selon les modèles vont de à de SNR (Single Number Rating).

Bouchon d'oreille

Le bouchon d'oreille est un élément qui est introduit dans le conduit auditif qui peut être jetable ou réutilisable, standard ou sur mesure. Il existe quatre types de bouchon : le bouchon standard à façonner, le bouchon standard préformé, le bouchon standard avec arceau, et le bouchon sur mesure.

Fonctionnement La majorité des protections a un fonctionnement dit « passif », elles bloquent en partie le son avant qu'il n'entre dans le conduit auditif. Certaines protections apportent des fonctionnalités supplémentaires : dans le traitement du bruit, elles sont, en règle générale, équipées d’électronique et définies comme « actives ».

Affaiblissement passif Cette catégorie regroupe la majorité des protecteurs utilisés, l’affaiblissement dépend essentiellement de leur conception, des matériaux utilisés et de leur capacité à « fermer » l'oreille ou le conduit auditif de manière étanche. Certains modèles essentiellement sur mesure permettent d'adapter le niveau d'affaiblissement au besoin du porteur à l'aide de filtres passifs.

Moniteurs intra-auriculaire L’objectif des moniteurs intra-auriculaires est de faciliter l’écoute des artistes sur scène malgré la présence de diverses sources sonores telles que le bruit de la foule et les haut-parleurs sur la scène. Les moniteurs intra-auriculaires facilitent l’écoute de leur propre voix et leur instrument. L'intensité sonore générée par les haut-parleurs est souvent très élevée, exposant ainsi les artistes à des niveaux de bruit potentiellement dangereux. Pour pallier cela, les moniteurs intra-auriculaires sont privilégiés pour le renforcement sonore. En effet, ces écouteurs transmettent directement au musicien tout ce qu'il souhaite entendre, grâce à une gamme d'équipements dédiés. Des microphones sont positionnés devant les amplificateurs et les instruments pour capter le son. Ensuite, le signal est acheminé vers une table de mixage où les préférences sonores individuelles de chaque artiste sont ajustées. Une fois le signal traité, il est transmis à l'amplificateur du musicien, soit par un émetteur câblé ou sans fil, pour finalement être diffusé par les moniteurs intra-auriculaires. De plus, les bouchons d'oreilles moulés sur mesure permettent aux musiciens de contrôler précisément le mixage et le volume de leur propre voix et de leur instrument. Cette approche leur offre la possibilité d'équilibrer efficacement ces niveaux sonores par rapport au reste des musiciens, assurant ainsi un meilleur confort auditif et une protection contre les dommages auditifs potentiels..

Avec électronique vignette|Bouchons sur mesure équipés d'écouteurs pour la musique.

Ils peuvent apporter un affaiblissement plus ou moins important selon le niveau sonore. Il pourra s'agir de protecteurs à atténuation dépendante du niveau de bruit ()A. Damongeot, « Les protecteurs individuels contre le bruit (PICB) : performances, choix, utilisation », Acoustique et Techniques, 12, 31, 27., ces systèmes restituant le son extérieur, en l’amplifiant quand il est faible et en le compressant quand il est fort. La restitution cesse dès que les son extérieur dépasse un certain seuil (82dB(A) pour un bruit rose). D’autres protecteurs avec électronique traitent le signal et le restituent sous le ptotecteur selon la technologie dite « ANR »Technofirst, Présentation de la technologie ANR.G. Malmanche, R. Parmentier, B. Rives, « L'antibruit actif », 2005, 15, 9.Rémi Langlet, « Casques antibruit : la high-tech au service du silence », 01Net, 2009. () qui permet, grâce à l'envoi d'un signal en opposition de phase, d'annuler une partie du son indésirable, augmentant sensiblement l’affaiblissement sur les basses fréquences notamment. Enfin, certaines protections auditives peuvent être équipées de systèmes de communication ou de divertissement.

Plages d'affaiblissement vignette|Graphique des valeurs d'affaiblissements d'un protecteur individuel contre le bruit avec les minima requis par la norme EN352. vignette|Plages d'affaiblissements des différents modèles de PICB selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.

Chaque protecteur est testé et certifié par un laboratoire spécialisé et reconnu, les spécifications lui permettant d'obtenir le label CE sont décrites dans la norme EN352. À chaque protecteur correspond une valeur d'affaiblissement exprimée sous la forme de SNR. Les affaiblissements vont de à de SNR. Les valeurs d’affaiblissement d'un protecteur peuvent varier selon son type et ses caractéristiques.

Exemple d'un tableau d'affaiblissement d'un protecteur individuel contre le bruit présenté selon la norme EN352

Le tableau ci-dessus est un exemple des données d'affaiblissement affichées par le fabricant de protections auditives.Ces données proviennent des résultats de la certification du protecteur réalisée par l'organisme certificateur agréé. La première ligne « Fréquences » reprend les huit fréquences testées, l'affichage de la fréquence est facultatif. Les données de la deuxième ligne « Mf » sont les affaiblissements moyens sur chacune des fréquences, la mesure est réalisée par l'organisme certificateur sur d'essais entraînés, selon la norme EN 13819-2:2002. Sur la troisième ligne « Sf » apparaissent les écarts-types calculés sur les affaiblissements des . La quatrième ligne donne la valeur « APV » () qui correspond à l'affaiblissement minimal du protecteur, celui-ci est calculé en retranchant un écart-type « Sf » à la moyenne « Mf ». Les minima d'affaiblissement par fréquence requis par la norme EN352 sur la cinquième ligne déterminent la limite sous laquelle un protecteur individuel contre le bruit ne devra pas se trouver. Un protecteur auditif dont l'affaiblissement sur une fréquence se situerait sous ce niveau ne sera pas labellisé « CE » et ne pourra être commercialisé en tant qu'équipement de protection individuelle. La sixième ligne donne les affaiblissements moyens pour le protecteur (voir définitions du SNR et du HML).