Il pleut, il pleut, bergère est une chanson française tirée de l'opéra-comique en un acte Laure et Pétrarque, écrit en 1780 par Fabre d'Églantine. La musique est de Louis-Victor Simon..
Il pleut, il pleut, bergère aurait été chantée au lendemain de la prise de la Bastille en , lors de la création de la garde nationale ; la bergère serait la reine Marie-Antoinette d'Autriche et l'orage dont il est question dès la première strophe renverrait aux troubles révolutionnaires. Son auteur l'aurait fredonnée quelques années plus tard en montant à l'échafaud.
Elle s'est d'abord fait connaître sous le titre Le Retour aux champs avant de s'imposer sous son titre actuel vers 1787. Elle est donc populaire au commencement de la Révolution française (1789). Elle est encore connue sous d'autres noms : , mais aussi L'Hospitalité.
Paroles À l'époque moderne, Il pleut, il pleut, bergère est popularisé au Québec par Ovila Légaré en 1930. Cette version omet la dernière strophe, qu'elle soit jugée trop grivoise, ou qu'il ne s'agisse que de raccourcir un chant jugé trop répétitif.
Voici le texte complet : vignette|250px|Il pleut, il pleut, bergère, illustration par Ferdinand Raffin dans Le Petit Français illustré du 13 juin 1903
Il pleut, il pleut, bergère, Presse tes blancs moutons ; Allons sous ma chaumière, Bergère, vite, allons : J'entends sur le feuillage, L'eau qui tombe à grand bruit ; Voici, voici l'orage ; Voilà l'éclair qui luit.
Entends-tu le tonnerre ? Il roule en approchant ; Prends un abri, bergère, À ma droite, en marchant : Je vois notre cabane… Et, tiens, voici venir Ma mère et ma sœur Anne, Qui vont l'étable ouvrir.
Bon soir, bon soir, ma mère ; Ma sœur Anne, bon soir ; J'amène ma bergère, Près de vous pour ce soir. Vas te sécher, ma mie, Auprès de nos tisons ; Sœur, fais-lui compagnie. Entrez, petits moutons.
Soignons-bien, ô ma mère ! Sont tant joli troupeau ; Donnez plus de litière À son petit agneau. C'est fait : allons près d'elle. Eh bien ! donc, te voilà ? En corset, qu'elle est belle ! Ma mère, voyez-là.
Soupons : prends cette chaise ; Tu seras près de moi ; Ce flambeau de mélèze Brûlera devant toi : Goûte de ce laitage ; Mais tu ne manges pas ? Tu te sens de l'orage ; Il a lassé tes pas.
Eh bien ! voilà ta couche, Dors-y jusques au jour ; Laisse-moi sur ta bouche Prendre un baiser d'amour. Ne rougis pas, bergère, Ma mère, et moi, demain, Nous irons chez ton père Lui demander ta main.
Musique
Citations
Dans le final de l'acte I de son Barbe-Bleue (1866), Jacques Offenbach cite les premières notes de la chanson Il pleut, il pleut, bergère alors que Barbe-Bleue désigne la bergère Boulotte comme sa prochaine épouse. Edmond Rostand introduit cette chanson à la fin de son drame L'Aiglon (1900). On peut l'entendre en situation dans l'opéra qu'Arthur Honegger et Jacques Ibert ont tiré de cette pièce de théâtre en 1937Musique et société : La chanson populaire au cœur de l´opéra.
Interprètes
1930 : Ovila Légaré 1958 : Les Quatre Barbus 1976 : Mady Mesplé 1976 : Radiah Frye 1977 : Nino Ferrer 1983 : Dorothée, 45T Le Jardin des Chansons volume 6 1988 : Catherine Ribeiro 1989 : Marc Ogeret, album Chante la Révolution sous le titre L'Orage 1996 : Serge Kerval
Reprise du titre dans la fiction
Il pleut bergère, roman de Simenon. Il pleut bergère, pièce de théâtre de René Wheeler.
Références
Liens externes
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