Les Filles de Caleb, ou Émilie, la passion d'une vie (en France), est un téléroman québécois en vingt épisodes de réalisé par Jean Beaudin d'après le roman d'Arlette Cousture Les Filles de Caleb: Le Chant du coq, diffusé entre le et le à la Télévision de Radio-Canada.

En France, le feuilleton a été diffusé entre le et le sur France 3, en heure de grande écoute.

Synopsis L'action se déroule à Saint-Tite, en Mauricie, à la fin du et au début du . La fille de Caleb Bordeleau, Émilie, au caractère bien trempé, poursuit ses études et devient maîtresse d’école. Déchirée entre sa vocation d’institutrice et son amour pour Ovila, son élève de deux ans plus jeune qu'elle, la vie d'Émilie sera marquée de choix et de passion.

Fiche technique Réalisation : Jean Beaudin Scénario : Fernand Dansereau Musique : Richard Grégoire Société de production : Cité Amérique

Distribution Marina Orsini : Émilie Bordeleau Roy Dupuis : Ovila (prénom de baptême : Charles) Pronovost Vincent Bolduc : Napoléon Bordeleau Germain Houde : Caleb Bordeleau Johanne Marie Tremblay : Célina Bordeleau Pierre Curzi : Dosithé Pronovost Véronique Le Flaguais : Félicité Pronovost Jessica Barker : Charlotte Baumier Geneviève Langlois : Année Bordeleau Richard Blaimert : Edmond Pronovost Hugo Dubé : Joachim Crête Michel Goyette : Lazare Pronovost Patrick Goyette : Ovide Pronovost Ariane Frédérique : Éva Pronovost Lucie Laurier : Émilie (enfant) Sophie Léger : Antoinette Arcand Jacques Lussier : Henri Douville Nathalie Mallette : Berthe Auclair Jean-Pierre Bergeron : Monsieur Lebrun (« gros gras ») Marie-Renée Patry : Madame Lebrun Suzanne Gingras : Marie Lebrun Karine Pelletier : Rose Pronovost Ysabelle Rosa : Rosée Pronovost Patrick Labbé : Télesphore Pronovost Catherine Tranchemontagne : Henriette Vallée Pierre Germain : Curé St-Stanislas Gabriel Duchesneau(-Poellhuber) : Paul-Ovide Pronovost Daniel Laflamme : Émile Pronovost Yvon Roy : Émile Pronovost Philippe Ross : Émile Pronovost Francis Renaud : Télésphore Pronovost David Chouinard-Lavoie : Télésphore Pronovost Marie-Ève Ferland-Miron : Léda Bordeleau Alexandre Pilon : Émilien Bordeleau Jod Léveillé-Bernard : Émilien Pronovost Maxime Collin : Honoré Bordeleau Reynald Bouchard : Curé Grenier Fabien Dupuis : Arthur Veillette Jonathan Mérineau-Gosselin : Oscar Pronovost Alexandre Bergeron : Oscar Pronovost Étienne de Passillé : Oscar Pronovost Catherine Tranchemontagne : Henriette Vallée Eric Mckay : Edwige Bordeleau Jean-François Vermette : Edwige Bordeleau Pierre-Paul Donais : Pierre-Joseph Alarie Mathieu Lachapelle : Le petit François Annie Major-Matte : Marie-Ange Pronovost Karine Poellhuber : Marie-Ange Pronovost (2 à ) Adèle Pilote : Jeanne Pronovost David Cromp : Clément Pronovost Annabelle Lamontagne : Alice Pronovost () Léa Guimond : Alice Pronovost Renée Girard : Madame Clouatre Guy Robitaille : Chantre Paul Dion : Elzéar Veillette Alain Gélinas : Le docteur Sabin Thivierge : Pierre Eustache Réjean Gauvin : Buveur #1 Jean-François Pichette : Buveur #2 Marc Legault : Buveur #3 Caroline Stephenson : Philomène Michel Edmond Robert : Monsieur Baumier, père de Charlotte Michel Thériault : Gaspard Périgny

Épisodes

Distinctions 1991 : Prix Gémeaux de la meilleure série dramatique Prix Gémeaux du meilleur premier rôle féminin dramatique : Marina Orsini Prix Gémeaux du meilleur premier rôle masculin dramatique : Roy Dupuis Prix Gémeaux du meilleur rôle de soutien féminin dramatique : Véronique Le Flaguais Prix Gémeaux du meilleur rôle de soutien masculin dramatique : Germain Houde Prix Gémeaux de la meilleure réalisation dramatique : Jean Beaudin Prix Gémeaux du meilleur texte dramatique : Fernand Dansereau Prix Gémeaux pour direction photographique, meilleur montage, meilleur son d'ensemble, meilleurs décors, meilleurs costumes et meilleure musique originale

Commentaires Succès Ce téléroman est l'un des plus grands succès de l’histoire de la télévision québécoise. Le , le téléroman a attiré , ce qui constituait un record qui n'a été surpassé que par La Petite Vie en 1995. Il y a eu des rediffusions dans les années qui ont suivi. De nos jours, ce feuilleton est resté l'un des plus marquants et populaires de l'histoire de la télévision québécoise. En France, de téléspectateurs ont suivi la série en moyenne.

Doublage français Pour la diffusion française, les acteurs ont été doublés afin de gommer l'accent québécois, et certains dialogues et certaines expressions ont été réécrits pour être compris par les téléspectateurs de France.

Références historiques Même si le téléroman est une fiction romanesque, se déroulant entre 1892 et 1917, la trame narrative s’appuie sur une période historique importante du Québec et fournit une représentation des familles préindustrielles.

Dans les petites communautés rurales de l’époque, la lutte pour la survie des familles québécoises était particulièrement difficile. L’instruction était rare. Pour toute une génération de Québécoises, c’était un exploit de devenir maîtresse d’école laïque. Elles devaient d’abord avoir fréquenté les pensionnats ou les écoles religieuses. Ces femmes ont permis aux enfants des villes et des villages du Québec de faire leurs études de niveau primaire. Cela leur permet d'apprendre à lire et à compter.

Dans une culture catholique très croyante, les religieuses demeuraient nombreuses à assumer cette fonction, mais le téléroman relate l’époque où les premières femmes laïques sont devenues institutrices. Une étude expose d’ailleurs le peu d’instruction et d’expérience de ces femmes souvent engagées très jeunes dans le métier. Leur vocation se conciliait difficilement avec un projet familial c’est pourquoi, c’était surtout des femmes célibataires qui occupaient ses fonctions qu’elles quittaient au moment de leur mariage. Le récit évoque bien les rôles traditionnels des parents dans la famille québécoise d'alors, avec la mère seule au foyer et le père agriculteur en été et coureur des bois en hiver.

Les composantes de la famille traditionnelle La famille traditionnelle du est caractérisée par un nombre élevé d’enfants. La taille des familles au cours du siècle reste élevée et ce en raison de l’influence de la religion sur la vie familiale. La famille, dans Les filles de Caleb, représente bien les familles nucléaires et élargie d’époque. La série illustre les mécanismes de transmission du patrimoine, la redistribution des terres, l’importance des familles nombreuses malgré un taux de mortalité infantile élevé, la place du catholicisme et la dévotion qui l’accompagne. Au , le nombre d’enfants est un facteur essentiel pour l’expansion agraire, ce qui oblige l’enfant d’occuper un rôle de soutien monétaire, que ce soit en travaillant ou en aidant sur la terre.. En d'autres mots, ils ne profitent pas de leur jeunesse, ils sont donc des « adultes en réduction ».

Les filles se marient avec des bons partis, pouvant aider financièrement et assurer une certaine stabilité économique aux dépens de leurs sentiments. Ce phénomène est illustré dans la scène où Émilie considère sérieusement épouser Henri Douville qui occupe une place enviable dans la société. Caleb, le père d’Émilie, l’invite pourtant à écouter son cœur avant la stabilité matérielle. Par conséquent, Les Filles de Caleb, illustre un père de famille considéré en avance sur son époque.

Les garçons aussi subissent des pressions, celui de reprendre les terres familiales. Ovila, qui ne veut pas de la terre familiale, représente le rôle masculin imposé. Ce refus est expliqué par l’essor de l’industrialisation. Bien qu’il ne soit pas au centre du scénario, cet essor reste tout de même un élément très important qui influence la place des traditions familiales de l’époque. Le parcours d'Ovila à la ville illustre les bouleversements socioéconomiques liés au développement du Québec. Il y a donc à cette époque, une tension entre les villes et la campagne

Formation du couple Le couple au se doit de respecter plusieurs règles selon le modèle prédéfini par les mœurs de la culture québécoise traditionnelle. Le choix du partenaire se fait habituellement au sein d’un petit échantillon de candidats potentiels à l’intérieur du groupe restreint d’individus qui constituent la communauté. Les parents des jeunes célibataires y jouent d’ailleurs un rôle indispensable de conseiller sur le meilleur parti à épouser. Ils jugent les jeunes hommes et femmes selon certaines considérations culturelles. Le couple se concrétise enfin par le mariage, une étape cruciale dans la religion catholique.

Rôles paternels et maternels Dans la société traditionnelle telle que représentée dans Les Filles de Caleb, les rôles familiaux sont divisés et se complètent entre eux. La population rurale représentant 63 % de la population canadienne totale au début du , Les Filles de Caleb expose la réalité historique entourant ces dites fonctions. Le rôle du père type est illustré par les personnages de Caleb et de Dosithé. Ce sont généralement les pères qui dirigent les travaux agricoles et qui détiennent l’autorité quasi-absolue sur les décisions concernant la famille. Les premières minutes de la télésérie permettent de constater rapidement la relation que le père entretient avec ses enfants, Caleb réprimandant fermement sa fille sur son inconduite en lien avec la religion. L'homme est représenté comme le pilier économique qui a comme devoir de subvenir aux besoins de l’entièreté de la famille et d’enseigner les bases de l’agriculture aux fils puisqu’il en va de la survie du groupe.

Pour ce qui est du rôle attendu de la mère, son travail est d’éduquer et de former un lien de confiance avec les enfants. Les travaux ménagers sont au cœur de son quotidien et sont essentiels au bon fonctionnement de la maison. Ce rôle clé de la famille traditionnelle s’illustre par le biais des personnages de Félicité Pronovost et de Célina Bordeleau dans la télésérie. L’autorité de la femme dans la famille traditionnelle est plus importante qu’on ne le croit, car sa position de mère et d’épouse lui confère la possibilité d’influencer les décisions de l’autorité officielle, c’est-à-dire l’homme. Elle est aussi celle qui enseigne les valeurs religieuses, aspect central de la vie en communauté rurale au .

Accueil critique

En , Louise Cousineau de La Presse titrait son article .

Notes et références

Annexes Articles connexes Les Filles de Caleb, le roman Blanche (1993) Téléromans québécois

Liens externes

Catégorie:Série télévisée canadienne créée en 1990 Catégorie:Série télévisée canadienne disparue en 1991 Catégorie:Série télévisée québécoise des années 1990 Catégorie:Série télévisée de Radio-Canada Catégorie:Série télévisée en français québécois Catégorie:Feuilleton télévisé québécois Catégorie:Adaptation d'un roman canadien à la télévision Catégorie:Série télévisée se déroulant au XIXe siècle Catégorie:Série télévisée se déroulant dans les années 1900 Catégorie:Série télévisée se déroulant dans les années 1910 Catégorie:Série télévisée se déroulant en Mauricie Catégorie:Série télévisée sur l'enseignement primaire Catégorie:Mékinac