Michel Clemenceau, né le à La Réorthe (Vendée) et mort le à Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne), est un homme politique français.

Fils de Georges Clemenceau, il est notamment député entre 1945 et 1951.

Biographie Famille et carrière

Fils de Georges Clemenceau et de l'Américaine Mary Plummer, Michel Clemenceau passe une partie de son enfance auprès de son grand-père paternel Benjamin dans le manoir familial de l'Aubraie, située à Féole de La Réorthe (Vendée).

Indiscipliné, renvoyé de plusieurs établissements, dont l'école Monge de Paris, vers 1888 il est finalement envoyé par son père à Zurich afin d'y suivre les cours d'un professeur particulier, puis ceux de l'Institut agronomique, dont il sort diplômé ingénieur agronome en 1894.

De retour en France en 1905, il prend part à des affaires« AVIATION La Société de navigation aérienne, fondée par Weiller (père de Paul-Louis Weiller) pour l'exploitation des brevets des frères Wright vient de concéder à Clemenceau la vente exclusive de tous ses appareils », Le Figaro, 6 janvier 1909. plus ou moins régulières qui portent préjudice à son père et qui l'associent à un certain Le François, condamné pour escroquerie en 1910. Brouillés en raison de ces mauvais choix, « le Tigre » et son fils ne se réconcilient définitivement qu'en 1914, au moment où Michel part pour la Première Guerre mondiale.

Travaillant en Hongrie, il y épouse en 1901 Ida Michnay (1882-1983), ils auront deux fils. En secondes noces à Paris le , il épouse Augusta de Clynsen (1897-1972) ; puis en troisièmes noces à Paris le Anette Smith (1887-1964) et enfin en 1963 à Paris en quatrièmes noces Madeleine Marcelle Blanche Durand (1909-2004)[https://deces.matchid.io/id/VvAo-tdCjQoj Fiche « Madeleine Marcelle Blanche Durand » dans le fichier Insee des décès en France depuis 1970.Généalogie de la famille Clemenceau. :

Guerres mondiales Lieutenant interprète au corps colonial de la , Michel Clemenceau est blessé le lors d'un affrontement avec un uhlan. Remis de sa blessure, il rejoint l'état-major de son corps d'armée avec le grade de capitaine.

En , il fait partie du premier bataillon à entrer dans Saint-MihielLe Journal des Débats, 15 septembre 1918, .. À la fin de la guerre, il est promu commandant et nommé officier de la Légion d'honneur.

Grâce à un ami de son père, Nicolas Pietri, il trouve une place d'agent dans la firme britannique d'armement Vickers, alors contrôlée par le marchand d'armes millionnaire Basil Zaharoff, qui en 1917 avait offert à son père, « ès-qualités » de président du Conseil, une Rolls-Royce… que le gouvernement français voulut récupérer lorsque celui-ci quitta le pouvoir en 1920. Mais Michel Clemenceau conserva cette voiture après la mort de son père.

« À mon fils, qui aura des devoirs après ma mort. » (dédicace de Georges Clemenceau à son fils sur un de ses ouvrages, Démosthène, publié en 1925).

De 1927 à 1929, Michel Clemenceau fait construire la maison dite « la Grange-Batelière » à Moret-sur-Loing en Seine-et-Marne, en bord de rivière, au toit recouvert de chaume comme les bourrines des marais vendéens, qu'il destine à la retraite à son père, qui, ayant vendu sa maison de Bernouville (Eure) et n'ayant pas voulu occuper un meublé resta et jusqu'à sa mort () locataire du petit appartement parisien de la rue Franklin, puis de la petite maison de Belébat à Saint-Vincent-sur-Jard en Vendée.

Il meuble et décore cette demeure avec des meubles, objets d'art et divers souvenirs personnels de lui, ce qui permet à sa quatrième épouse, Madeleine Durand (1909-2004) avec qui il se marie en à la mairie du de Paris, d'y créer un musée Clemenceau, qui fut dispersé en lots à Fontainebleau le .

Dans les années 1930, l'État acquit de son propriétaire, Amédée Luce de Trémont, châtelain à Avrillé (Vendée) la maison paternelle de Bélébat à Saint-Vincent-sur-Jard pour en faire le musée national qu'il est resté.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l'armée, malgré son âge (), en tant qu'officier d'état-major du Deuxième Bureau chargé du renseignement ; après la défaite de 1940, il s'oppose au gouvernement de Vichy et l'exprime entre autres par une lettre de protestation à Philippe Pétain, chef de l'État français, le . Dans une lettre ouverte en date du adressée à Pierre Laval, chef du gouvernement, il écrit : . Il est alors arrêté le et incarcéré à Fresnes puis Romainville, Compiègne et le camp de Royallieu.

Déporté en tant que « personnalité-otage » par le transport du de Paris au château d'EisenbergFondation pour la mémoire de la déportation, Banque de données multimédia, I.128, il est ensuite interné au château d'Itter dans le Tyrol autrichien, et est finalement libéré par les troupes américaines le , ce qui lui permet de revenir en France dès le lendemain de la capitulation allemande.

Carrière politique vignette|redresse|Michel Clemenceau vers 1950. À la Libération, Michel Clemenceau est élu sous les couleurs du « Rassemblement social et antifasciste » puis d'un parti de droite, le Parti républicain de la liberté (PRL), pour représenter la Seine-et-Marne à la première puis à la seconde Assemblée nationale constituante (1945-1946). Il vote contre les projets de nationalisation des entreprises et s'oppose aux différents projets de constitution de la Quatrième République. S'étant présenté à la présidence du Gouvernement provisoire en , il est largement devancé par le socialiste Félix Gouin.

Michel Clemenceau est réélu député de Seine-et-Marne à l'Assemblée nationale lors des élections de novembre 1946. Président du PRL, il est le candidat de cette formation politique à l'élection présidentielle de 1947. Il n'obtient cependant que sur 883.

En , il est nommé juge titulaire à la Haute cour de justice, où il avait témoigné deux ans plus tôt contre le maréchal Pétain.

Candidat sur la liste du CNIP (qui vient d'absorber le PRL), il est battu lors des élections législatives de 1951. Il se retire alors de la vie politique.

Décorations ()Biographie, sur le site de l'Assemblée nationale. () ()

(GB)« Le capitaine Michel Clemenceau, fils du président du Conseil, a reçu avant-hier, en présence de son père, la « Military Cross » (croix militaire britannique) que lui a remise, au nom du roi d'Angleterre, sir Douglas Haig », Le Figaro, 5 avril 1919.

Notes et références Notes

Références

Pour approfondir Bibliographie Jean-Baptiste Duroselle, Clemenceau, Paris, Fayard, 1988, .

Liens externes

Photographie de Michel Clemenceau enfant sur le site du musée Clemenceau de Paris. Photographies de Michel Clemenceau, à côté de ses sœurs (1883), à côté de son père (1918 ?), commémorant la mort de ce dernier dans la maison de la rue Franklin (1949 ?), sur le site des Archives départementales de la Vendée. Photographies de Michel Clemenceau en 1945, lors de sa libération d'Itter par les Américains et lors de son témoignage au procès Pétain, sur le site du fonds de Getty Images. Vidéo d'actualités du site de l'Ina montrant Michel Clemenceau assistant au lancement du porte-avions Clemenceau en 1957.

Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1945 Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1946 Catégorie:Député de la première législature de la Quatrième République Catégorie:Député de Seine-et-Marne Catégorie:Élève du lycée Carnot (Paris) Catégorie:Personnalité du Parti républicain de la liberté Catégorie:Naissance en Vendée Catégorie:Naissance en novembre 1873 Catégorie:Décès en mars 1964 Catégorie:Décès à 90 ans Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Prisonnier au centre pénitentiaire de Fresnes Catégorie:Prisonnier au camp de Royallieu Catégorie:Déporté de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1947 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Candidat à une élection présidentielle en France (Quatrième République) Michel Catégorie:Décès à Moret-Loing-et-Orvanne