vignette|redresse=1.2|alt=Carte de France des autoroutes et routes de type autoroutier mettant en évidence les branches de la RCEA|Tracé des branches de la RCEA en France. La route Centre-Europe Atlantique, ou RCEA, est un itinéraire constitué par un ensemble de routes traversant la France d'est en ouest.
La route est très fréquentée car majoritairement gratuite. Certaines portions à deux voies sont connues pour être deux fois plus accidentogènes qu'une route du même type.
Genèse et histoire Évoquée dès 1954, l'idée d'un axe est-ouest permettant de relier la façade atlantique à l'Europe centrale est rapidement retenue« De l'Atlantique à l'Europe centrale », dans RCEA : la route de la honte, (voir dans la bibliographie). et les premières sections de la RCEA sont ouvertes dans les années 1960..
En 1970, de voie nouvelle sont construits entre Clermain et La Fourche (Vendenesse-lès-Charolles).
En 1971, l'ARCEA (Association pour la route Centre-Europe-Atlantique) obtient l'inscription de son projet de route transversale de dimension européenne, au Schéma directeur routier. Il s'agit alors de construire de voies en France, dont d'autoroutes, et de routes express qui seraient transformées postérieurement en autoroutes..
Au départ, les travaux étaient estimés entre sept et dix milliards de francs (entre 5,7 et valeur 2021Conversion effectuée en tenant compte de l'inflation, entre la valeur en francs de 1974 (année de publication de la source citée pour le montant initial des travaux) et la valeur en euros de 2021, source Insee.).
Les études ont été réalisées par la société Serequip, le taux de rentabilité prévu était entre 11 et 13 %. La proposition de faire de cette route, reliant Genève en Suisse à l'océan Atlantique, une route européenne, a été prise en compte par la Direction des routes du ministère de l'Équipement à Paris et le Conseil de l'Europe et retenue par l'ONU à Genève (schéma directeur routier européen)..
La RCEA présente l'avantage de rester au-dessous des d'altitude, de réduire le trajet Mulhouse-Bordeaux de , et d'être gratuite. L'immense succès de l'itinéraire amène un trafic beaucoup plus important que les estimations de départ, et un flux très important de poids lourds sur cette route construite à l'origine principalement à deux voies. La mise en , rendue indispensable par un taux d'accidents graves beaucoup plus élevé que le reste du réseau français, est débutée dès les années 1990, mais elle bute en Saône-et-Loire et dans l'Allier sur un manque de financements publics. Le coût du chantier avoisine alors les .
En 2011, le département de l'Allier accepte la mise en concession autoroutière de la section de la route qui le traverse, tandis qu'en Saône-et-Loire, le département et les élus locaux refusent, faute d'axe alternatif. Si, dans l'Allier, la transformation de la route nationale en autoroute est terminée (mise en service le ), il est prévu, pour les routes nationales 79 et 70 en Saône-et-Loire, une mise à à l'horizon 2024, sur fonds publics de l'État avec la participation des collectivités locales. Or, fin 2025, même si la majorité des tronçons ont été mis en ou sont en chantier pour l'être sous peu, les travaux sur la portion Col des vaux (Verosvres) - La Fourche (Vendenesse-lès-Charolles) n'ont toujours pas débuté et ne sont pas prévus avant 2029..
Organisation et communication L'association développant cette route se nomme « Association pour la route Centre-Europe Atlantique » (ARCEA). Son but est d'améliorer l’efficacité économique et la sécurité. Pour cela, elle réalise des études techniques et financières, publie des documents de sensibilisation à destination de différents publics, participe aux travaux de nombreux organismes officiels ou associatifs.
L'idée de cette association émerge dès 1954, avec Louis Escande, député-maire de Mâcon, et Georges Rougeron, président du conseil général de l’Allier, et le soutien des chambres de commerce et d'industrie de Bordeaux et de Genève. Après avoir changé deux fois de dénomination, l'association a finalement depuis 1967, conservé son appellation actuelle.
D'autres associations s'intéressant à cette route ont été créées par la suiteExemples d'associations liées à la RCEA, d'après http://www.journal-officiel.gouv.fr/association Association de défense de la route Centre-Europe Atlantique en Saône-et-Loire (ADRCEA 71) Tiers central, route Centre-Europe Atlantique, comité pour son équipement (TRACE) Association de défense route Centre-Europe Atlantique, Vendenesse-les-Charolles, Viry-et-Charolles Comité de développement des cantons charolais de la route Centre-Europe Atlantique.
Tracé vignette|redresse=3|centre|alt=Carte détaillée du tracé de la route Centre-Europe Atlantique|Tracé détaillé de la route Centre-Europe Atlantique.L'A79 parcourt la section entre Montluçon et Paray-le-Monial (depuis 2022).
Routes européennes La route européenne 62, avec le tronçon Nantes - Genève (Suisse), forme une grande partie de la RCEA.
À l'ouest, les connexions à La Rochelle, Angoulême et Bordeaux correspondent aux routes européennes 602, 603 et 606.
Au nord-est, la connexion entre Digoin et Chalon-sur-Saône correspond à la route européenne 607 ; la connexion entre Chalon-sur-Saône et Beaune correspond à la route européenne 15/E21 ; la connexion entre Beaune et Mulhouse correspond à la route européenne 60.
Dans la partie orientale, le tunnel du Mont-Blanc est relié à Genève par la route européenne 25.
Tronçon central
Son tronçon central relie La Souterraine (La Croisière, jonction avec l'autoroute A20) (Nouvelle-Aquitaine) à Paray-le-Monial (Bourgogne-Franche-Comté). Il est constitué de la route nationale 145 (), des autoroutes A714, A71 et A79 et de la route nationale 79 (). Ces routes font partie de l'itinéraire E62.
En 2010, le contournement nord de Montluçon et la mise à de la bretelle A714 vers l' sont réalisésMagazine Route Actualité 185, page 65, juillet-août 2010..
Le , la est intégralement à entre les autoroutes A20 (La Croisière) et l'A714 au nord de Montluçon, avec l'inauguration du dernier tronçon du contournement de Montluçon de de long..
À l'est de l'autoroute A71, la route nationale 79, alors peu aménagée en 2010, et qui constituait un goulet d'étranglement particulièrement meurtrier., a été transformée en autoroute A79 en 2022.
Ouvrages d'art Viaduc de l'Allier () traversant la réserve naturelle nationale du val d'Allier. Viaduc de Digoin () enjambant la Loire, entre les départements de l'Allier et de Saône-et-Loire.
Branches ouest
À l'ouest, à Bellac, la route se sépare en deux branches : une branche au nord-ouest vers Poitiers et Nantes (Pays de la Loire), constituée par la route nationale 147 et la route nationale 249 (itinéraire E62) ; une branche au sud-ouest vers Angoulême puis Saintes/La Rochelle ou Bordeaux (Nouvelle-Aquitaine).
Initialement, cette dernière branche empruntait la route nationale 145 jusqu'à Bellac puis la D951 via Confolens jusqu'à Chasseneuil-sur-Bonnieure où elle rejoint la route nationale 141. Néanmoins, la D951 est un ancien tronçon de la route nationale 151bis qui a été déclassée en 1972 car elle était considérée comme ayant uniquement une portée régionale. Si cet aspect était raisonnable à l'époque, le développement de la RCEA a attiré un trafic de plus en plus important sur ce tronçon, en particulier pour les poids-lourds. Les élus locaux, considérant qu'ils n'ont pas à supporter un trafic national voire international, ont demandé et obtenu en 2006 le retrait de la D951 de la RCEA. Celle-ci est déviée par Limoges (échangeur de la Croisière) par l'autoroute A20 (route européenne 9) (section gratuite), puis la route nationale 141 (route européenne 603) de Limoges à Chasseneuil-sur-Bonnieure en cours de passage en .
Branches est
À l'est, la route se sépare en deux branches, en Bourgogne-Franche-Comté : une branche à l'est vers Mâcon, puis vers Genève en Suisse (itinéraire E62) et vers les Alpes françaises du Nord et l'Italie via le tunnel du Mont-Blanc ; une autre branche au nord-est vers Chalon-sur-Saône en direction de l'Est de la France et de l'Allemagne via Besançon et Mulhouse (divers itinéraires européens).
Ouvrages d'art
Viaduc de Volesvres () qui traverse le canal du Centre à l'est de Paray-le-Monial. Pont de Maupré (), au nord de Charolles.
Sécurité et accidents thumb|Trois lignes continues centrales blanche jaune et blanche séparent les deux voies de la RCEA à Verosvres en 2023. Si le taux d'accidents est situé dans la moyenne des routes nationales à double-sens de circulation, il y a deux fois plus d'accidents graves sur la RCEA que sur les routes du même type. Cela est en grande partie dû au fait que cet itinéraire, traversant la France d'est en ouest, est utilisé par les poids lourds et par de nombreux automobilistes vacanciers attirés par sa gratuité, sa fluidité (aucun feu tricolore ni agglomération traversée), son tracé qui permet d'éviter les sinuosités et les déclivités du Massif central et au fait que des tronçons à une voie (double sens) sans mur de séparation central sont fréquents. En effet la plupart des accidents graves ou mortels sont des chocs frontaux entre un véhicule léger et un poids-lourd. Ainsi, les 25 et , deux accidents de ce type ont provoqué la mort de cinq personnes et fait trois blessés graves, le premier à Tronget. et le second à Besson..
Au , 14 des survenus sur les routes du département de l'Allier sont survenus sur la RCEA Carte des accidents survenus sur la RCEA sur lamontagne.fr...
En date du , devant la gravité de la situation, le gouvernement annonce la mise en place de mesures d'urgence pour sécuriser la , avec notamment l'installation de deux nouveaux radars fixes et d'une signalisation spécifique. .
En 2012, des travaux vont davantage sécuriser la pour un coût de : interdiction de dépassement des poids lourds sur les créneaux de dépassements inférieurs à , reprise d'accotements défectueux, panneaux d'annonce des créneaux de dépassement et des aires de repos, bandes visibles de nuit par temps de pluie et pose de feux clignotants orange au-dessus des panneaux indiquant le caractère bidirectionnel de la route, création de parkings pour les voitures (éditions de l'Allier)..
Dans la nuit du 24 au , une collision entre un poids lourd et un fourgon aménagé en minibus (chaises de camping), dont on rapporte qu'il s'est écarté de sa route sur une portion à double sens pour un dépassement., fait 12 morts à Montbeugny (Allier)., tous des ressortissants portugais vivant en Suisse et se rendant au Portugal pour les fêtes de Pâques. Le , une sortie de route d'un autocar, dans une nuit particulièrement froide propice à la formation de verglas, entraîne quatre morts et vingt-cinq blessés près de Charolles (Saône-et-Loire).. Les passagers sont des Portugais retournant en Suisse après avoir passé les fêtes de Noël au Portugal. Ce parcours routier est en effet prisé des Portugais émigrés, qui y trouvent un moyen plus économique et moins complexe que le transport aérien, permettant également le transport de plus lourds bagages, et dépourvu de péage autoroutier. Ces deux accidents, distants de , se sont tous deux produits sur la portion de la RN79 à double sens sans séparation centrale, surnommée « route de la mort » pour son taux de mortalité cinq fois plus élevé que sur les autres routes du même type, et où ont été comptabilisés de 2008 à ..
Statistiques La RN 70 est la première plus accidentogène du département de Saône-et-Loire entre 2006 et 2015 : ceci signifie qu'avec pour de voie, l'accidentalité y est du taux hors norme de par kilomètre, sur cette périodeSaône et Loire (71) : la carte des routes à la mortalité la plus élevée, article du , consulté le .. La RN 79 est la deuxième plus accidentogène du département de Saône-et-Loire entre 2006 et 2015 : ceci signifie qu'avec pour de voie, l'accidentalité y est de par kilomètre, sur cette période.