thumb|right|Carte de l'. L (en croate : Operacija Bljesak, en serbe : Операција Бљесак), était une brève offensive menée par l'armée croate contre les forces de la république serbe autoproclamée de Krajina (RSK), entre le et le . L'offensive se déroula dans les derniers mois de la guerre de Croatie, et constitua les premiers affrontements d'ampleur depuis le cessez-le-feu et la conclusion d'accords économiques entre la Croatie et la RSK en 1994. La dernière résistance structurée de la RSK fut éliminée le , et la majorité des troupes restantes se rendirent le lendemain près de Pakrac, bien que des escarmouches eurent lieu pendant encore deux semaines.
L' constitua une victoire stratégique pour la Croatie, qui recaptura un saillant de contrôlé par la RSK et formé autour de la ville de Okučani. La ville, située sur l'autoroute reliant Zagreb à Belgrade, coupait la région de la Slavonie du reste de la Croatie. La zone était sous la surveillance du secteur ouest de l'opération des Nations unies pour le rétablissement de la confiance en Croatie (ONURC), sous le mandat de maintien de la paix du Conseil de sécurité de l'ONU. La force attaquante consistait en 7 200 soldats croates, soutenue par la police secrète croate, combattant approximativement 3 500 soldats de la RSK. En réponse à l'opération, la RSK bombarda Zagreb et d'autres centres civils, faisant 7 morts et 205 blessés.
42 soldats et policiers croates furent tués dans l'attaque et 162 blessés. Les pertes de la RSK sont floues - les autorités croates communiquent la mort de 188 soldats et civils serbes pour une estimation de 1 000 à 1 200 blessés. Les sources serbes mentionnent la mort de 283 civils serbes, le comité croate d'Helsinki mentionnat pour sa part 83 morts. Il est estimé que les deux-tiers des 14 000 Serbes vivant dans la région ont immédiatement fuis, et une augmentation du nombre dans les semaines suivantes est constatée. À la fin du mois de juin, il est estimé que seuls 1 500 Serbes sont restés. Par la suite, le représentant personnel du secrétaire-général des Nations unies Yasushi Akashi accusa la Croatie de « violations massives » des droits de l'homme, mais ses déclarations ont été réfutées par l'organisation Human Rights Watch et par le rapporteur de la commission des Nations unies sur les droits de l'homme Tadeusz Mazowiecki.
Origines
Contexte La révolution des Rondins de 1990 menée par les Serbes de Croatie était centrée sur les zones à populations serbes dominantes dans l'arrière-pays dalmate, autour de Knin, des parties de la Lika, la Kordun, la Banovina et les localités de Croatie orientale avec d'importantes populations serbes, ainsi que des parties de la Slavonie occidentale centrées sur Pakrac et Okučani.... Dans les premiers stades de la révolution des Rondins, des dizaines de milliers de Serbes ont fui les zones contrôlées par l'armée croate, conduisant à la formation d'une entité politique connue sous le nom de république serbe de Krajina (RSK). La volonté affichée de la RSK de s'intégrer politiquement à la Serbie fut perçue par le gouvernement croate comme un acte de rébellion.. À partir de , le conflit dégénère en guerre — la guerre de Croatie.. En , pendant l'éclatement de la Yougoslavie, la Croatie proclame son indépendance, qui prend effet le de la même année après un moratoire de trois mois.... De fin octobre jusqu'à fin , l'armée croate mena les opérations Otkos 10 et Orkan 91, permettant de recaptuer 60 % du territoire de la Slavonie occidentale contrôlée par les forces de la RSK, résultant en la fuite de Serbes de la région et en la mort d'un certain nombre dans un camp de la mort à Pakračka Poljana. Une campagne de nettoyage ethnique fut entreprise par la RSK envers les civils croates et de nombreux non-Serbes furent expulsés début 1993.. Après la guerre, des milliers de civils massacrés par les forces serbes ont été déterrés des fosses communes.
En raison du soutien qu'apporte l'armée populaire yougoslave (JNA) à la RSK et de l'incapacité de la police croate à surmonter la situation, la Garde nationale croate (ZNG) fut fondée en . La ZNG devint l'armée croate en novembre de la même année. L'instauration de l'armée en Croatie fut handicapée par un embargo sur les armes lancé par les Nations unies en septembre.. Les derniers mois de 1991 ont vu les affrontements les plus violents de la guerre, culminant lors de la bataille des casernes, le siège de Dubrovnik et la bataille de Vukovar... La Slavonie occidentale fut le théâtre d'une offensive de la JNA en septembre et en octobre, visant à couper les communications entre la capitale croate Zagreb et la Slavonie. Bien que l'armée croate soit parvenue à reprendre la majorité des territoires conquis lors de l'avancée de la JNA, elle échoua à sécuriser l'autoroute Zagreb-Belgrade qui est primordiale dans la défense de la Slavonie.
En , l'accord de Sarajevo fut signé par les représentants de la Croatie, de la JNA et de l'ONU, mettant en place un cessez-le-feu actant l'arrêt des combats.. Une force de protection des Nations unies (UNPROFOR) fut déployée en Croatie pour superviser et maintenir l'accord.. Le conflit est pour l'essentiel passé dans une phase de guerre de positions et la JSA se retira de Croatie vers la Bosnie-Herzégovine, où un nouveau conflit était anticipé, mais la Serbie continua de soutenir la RSK. Des avancées croates permirent la reprise de faibles zones sous contrôle croate, à travers l', et la levée du siège de Dubrovnik... Les villes et villages croates furent attaqués par intermittence à l'artillerie ou par missiles.. Les villes contrôlées par la RSK furent également bombardées par les forces croates. La république serbe de Bosnie, territoire contrôlé par les Serbes situé en Bosnie-Herzégovine, fut impliquée dans la guerre à une échelle réduite, à travers une aide militaire à la RSK, les raids aériens lancés depuis Banja Luka, et des attaques à l'artillerie contre diverses villes... L'armée croate se déploya en Bosnie-Herzégovine, se lançant principalement dans une campagne contre les Bosniaques serbes. L'intervention fut officialisée le , lorsque le président croate Franjo Tuđman et le président bosniaque Alija Izetbegović signèrent l'accord de Split sur la défense mutuelle, permettant le déploiement à grande-échelle de l'armée croate sur le territoire bosnien, qui repousserait les forces serbo-bosniaques et avancerait jusqu'à distance de frappe de Banja Luka.
Prélude L'accord de Washington de met un terme à la guerre croato-bosniaque et créa les conditions pour la mise en place d'une aide militaire américaine à la Croatie.. Le même mois, la Croatie demanda aux conseillers militaires américains de la société de ressources militaires professionnelles (MPRI) d'assurer la formation des relations civilo-militaires, le programme et les services financiers de l'armée croate, et la formation de la MPRI fut permise par le département d'État par l'accord de Richard Holbrooke en août. La MPRI fut engagée puisque l'embargo des Nations unies sur les armes était toujours en vigueur, possiblement pour préparer l'armée croate au programme de participation du Partenariat pour la paix de l'OTAN. Le personnel et les officiers croates furent entraînés pendant 14 semaines, de janvier à . Il fut spéculé que la MPRI apporta également une assistance doctrinale, des scénarios de planification et des informations satellitaires du gouvernement américain à la Croatie, ce que démentent les officiers croates et de la MPRI.. En , les États-Unis mirent unilatéralement fin à l'embargo sur les armes contre la Bosnie-Herzégovine, permettant à l'armée croate de s'approvisionner de 30 % des armes et munitions expédiées à travers la Croatie comme transbordement. L'implication américaine reflétait la nouvelle politique militaire endossée par Bill Clinton depuis .
En 1994, les États-Unis, la Russie, l'Union européenne (UE) et l'ONU songèrent à remplacer le plan de paix de 1992 rédigé par Cyrus Vance, envoyé-spécial du secrétaire général de l'ONU ayant servi dans l'UNPROFOR. Ils proposèrent le plan Z-4 qui accordait une autonomie renforcée aux zones de peuplement serbes en Croatie. Après plusieurs et réguliers développements mal coordonnés, incluant la fuite des éléments du plan à la presse en octobre, le plan Z-4 fut présenté le . Ni la Croatie ni la RSK n'accepta le plan. La Croatie s'inquiéta que la RSK puisse l'accepter, mais le président serbe Slobodan Milošević décida de ne pas l'accepter par peur d'un possible accord politique sur le Kosovo, permettant ainsi à la Croatie d'appliquer le plan avec de faibles possibilités qu'il soit implémenté. La RSK le refusa finalement.
En , la Croatie et la RSK conclurent un accord économique restaurant les connexions roulières et ferroviaires, les réserves d'eau et de gaz et l'utilisation d'une partie de l'oléoduc d'Adria. Bien qu'une partie de l'accord ne fût jamais implémentée, l'oléoduc et une section de 23,2 km de l'autoroute Zagreb-Belgrade passant à travers le territoire de la RSK, autour d'Okučani, furent ouverts, raccourcissant le trajet entre la capitale et la Slavonie de plusieurs heures... À partir de son ouverture, la section autoroutière est devenue d'importance stratégique pour la Croatie et la RSK, pour la tenue de prochaines négociations. La section fut fermée par la RSK pendant 24 heures le , en réponse à l'augmentation des contrôles sur le trafic commercial quittant le territoire contrôlée par la RSK en Slavonie orientale — constituant probablement une tentative de la Croatie de reconquérir le territoire à travers des moyens non-militaires. Les contrôles furent mis en place par la résolution 981 du Conseil de sécurité des Nations unies du , instaurant les forces de maintien de la paix de l'Opération des Nations unies pour le rétablissement de la confiance en Croatie (ONURC) à la place de celles de l'UNPROFOR, chargèrent ces dernières de la surveillance des frontières internationales croates séparant le territoire contrôlé par la RSK en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, et facilite la mise en place du cessez-le-feu du et l'accord économique de ..
La situation s'aggrava le , lorsqu'un Serbe fut poignardée par un réfugié croate dans une station-service adjacente à l'autoroute, située en territoire contrôlé par les Croates près de Nova Gradiška.. En réponse, un groupe de Serbes, dont un frère de l'homme tué, incendia des véhicules sur l'autoroute qui fut restée ouverte malgré une demande de l'ONURC formulée à la Croatie suggérant de fermer la route. Trois civils furent tués dans la fusillade et des soldats de la RSK en arrêta cinq. La fusillade s'arrêta à une heure du matin, les cinq civils arrêtés furent relâchés dans la matinée et l'ONURC exigea la réouverture de l'autoroute.. Le corps de la RSK et le chef de la police d'Okučani déclina les demandes des dirigeants de la RSK à Knin, mais acceptèrent plus tard de rouvrir la route le à six heures du matin. Cependant, la décision de rouvrir l'autoroute fut annulée le à 20 heures. La même soirée, trois lance-roquettes furent lancés en direction de la ville de Pakrac dans le territoire contrôlée par la Croatie, et un véhicule fut attaqué sur la route Pakrac-Požega située proche des positions de la RSK, causant la mort et la capture d'un civil. Hrvoje Šarinić, conseiller du président croate Franjo Tuđman, confirma que la Croatie envisageait de simuler un incident qui provoquerait la prise de la zone autour de l'autoroute, mais a jugé que cela n'était pas nécessaire puisque des incidents avaient régulièrement lieu..
Ordre de bataille 300px|thumb|right|