François Antoine Louis Bourcier, né le à La Petite-Pierre en Alsace et mort le à Ville-au-Val dans la Meurthe, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Officier de cavalerie au moment où éclate la Révolution française, il est promu au grade de général de division en 1794 et combat en Allemagne, en Suisse et à Naples, essentiellement comme inspecteur général de cavalerie. Durant les guerres napoléoniennes, il participe aux campagnes sur le Danube contre l'Autriche et la Russie, notamment aux batailles d'Elchingen et d'Austerlitz. Il sert également pendant la campagne de Prusse, où il supervise la remonte de la cavalerie française, puis séjourne brièvement dans la péninsule Ibérique avant de prendre part à la campagne de Russie en 1812.

Après la défaite de Napoléon en 1815, la Seconde Restauration lui conserve ses titres et ses honneurs. Élu à la Chambre des députés, Bourcier n'occupe plus que des fonctions secondaires jusqu'à sa mort en 1828.

Biographie

Du simple cavalier au général de division François Antoine Louis Bourcier naît le à La Petite-Pierre, près de Phalsbourg, dans le district du Bas-Rhin.. Fils de Jean-François Bourcier., ancien brigadier des gardes du corps du roi Stanislas Leszczyński. devenu officier dans un corps d'invalides à Strasbourg, et de Marie-Françoise Garanger, il est éduqué au collège des jésuites à Nancy et reçoit une assez bonne instruction.. Il entre comme dragon à la Légion royale le , avant d'être transféré au régiment des chasseurs de Picardie. Il y est successivement promu brigadier le , fourrier le , adjudant le de la même année, sous-lieutenant le et enfin quartier-maître le .

Sous la Révolution française, Bourcier est nommé aide de camp du duc d’Aiguillon le et passe le à l'état-major du général Custine. Selon Robert et Cougny, sa nomination comme aide de camp auprès du duc d'Aiguillon intervient le et son transfert auprès de Custine la même année. Il participe au siège de Mayence puis devient adjudant-général chef de bataillon le . Devenu général de brigade le (confirmé le de l'année suivante), il est nommé deux jours plus tard chef d'état-major de l'armée du Rhin et élevé au grade de général de division le . Il est toutefois suspendu de ces fonctions le par les représentants du peuple à l'armée du Rhin et arrêté le ; relâché le même jour, il est finalement réintégré dans ses fonctions le et confirmé dans son grade de général de division le . Employé à l'armée de Rhin-et-Moselle, il en commande la division à partir du puis est transféré à celui de la le .

Chargé le de la conduite de la réserve de cavalerie sous les ordres du général Moreau, Bourcier se distingue à Rastatt le , au combat d'Ingolstadt et au siège de Kehl en . Nommé inspecteur général de la cavalerie de l'armée de Rhin-et-Moselle le , il fait la campagne de Suisse avec les armées de Mayence et d'Helvétie en . Il sert également à Naples où il commande une colonne de cavalerie qui taille en pièces les insurgés qui se sont rassemblés à Andria.. Passé à l'armée du Rhin, il est inspecteur général de l'aile droite de la cavalerie de à 1800, puis de toute la cavalerie de cette armée de 1800 à 1802. Le de cette année, en récompense de ses services, il est fait conseiller d’État et membre du conseil d’administration de la Guerre par le Premier consul. Il commande par la suite la cavalerie légère du camp de Saint-Omer à partir du et est fait grand officier de la Légion d'honneur le .

Au service de l'Empire vignette|Maréchal des logis-chef porte-aigle du en 1805, par Job. Le régiment est à la division Bourcier pendant la campagne de 1805.

Le , Bourcier est nommé commandant de la division de dragons de la Grande Armée. Cette dernière, forte de dix-huit escadrons pour un total de cavaliers, aligne trois brigades sous les généraux Laplanche, Sahuc et Collin de Verdière et fait partie de la réserve de cavalerie du maréchal Murat. Au début de la campagne de 1805, la division Bourcier est placée sous les ordres du maréchal Ney et est dirigée le du côté de Guntzbourg afin de marcher en direction d'Ulm. De son côté, la brigade Sahuc ( et dragons) accompagne la division d'infanterie du général Dupont et participe à ce titre à la bataille de Haslach-Jungingen, où elle essuie des pertes sévères face à la cavalerie autrichienne. Bourcier se distingue à nouveau le à la bataille d'Elchingen, en renforçant les troupes du maréchal Ney. Alors que ses dragons harcèlent l'infanterie autrichienne en retraite, cinq escadrons de cuirassiers autrichiens contre-attaquent et bousculent les cavaliers français, mais ils sont arrêtés par un feu de mousqueterie puis encerclés et taillés en pièce par un retour offensif des dragons de Bourcier. Ceux-ci se joignent ensuite à la poursuite des ennemis vaincus et enfoncent un régiment d'infanterie formé en carré.

Après la capitulation de la principale armée autrichienne à Ulm, la division de dragons est affectée à la surveillance des lignes de communication. Cependant, le , alors qu'un affrontement de grande ampleur avec les Austro-Russes se précise, Bourcier reçoit l'ordre de rallier le gros des forces françaises avec sa division. Arrivée le à l'abbaye de Raygern avec la division Friant, sa cavalerie débouche sur le champ de bataille d'Austerlitz à du matin. À ce moment, l'infanterie française vient d'être expulsée du village de Telnitz par un assaut vigoureux des troupes coalisées. Bourcier s'avance alors avec trois régiments de dragons, laissant en retrait le reste de sa division pour garder ses lignes de communication à Raygern. Voyant l'infanterie maltraitée par la cavalerie autrichienne, il mène ses hommes à la charge. Ses dragons sont accueillis par des décharges de mitrailles qui tuent ou blessent plusieurs cavaliers avec leurs chevaux, mais selon les propres mots du général .. Cette attaque repousse brièvement les assaillants et donne le temps à l'infanterie française de se reformer.

vignette|gauche|Des chevaux effectuant leur examen de passage devant le général Bourcier.

Bourcier, rappelé à Paris le , doit remettre le commandement de sa division au général Sahuc le . Il revient toutefois à l'armée le suivant et assiste à la bataille d'Iéna. Après la prise de Berlin, il est nommé inspecteur général de la cavalerie de la Grande Armée le , assurant en outre la direction du dépôt de cavalerie de Potsdam et de la division de dragons à pied. Il s'attelle notamment à transformer cette dernière en une formation de cavalerie adéquate. À partir de 1808, les honneurs se multiplient : bénéficiaire d'une rente annuelle de francs sur la Westphalie et d'une autre du même montant sur le Hanovre le , il est fait comte de l'Empire le de la même année. Le , il prend le commandement des dépôts de cavalerie de l'armée d'Espagne. Il est ensuite rappelé en Europe centrale pour prendre la tête de ceux de l'armée d'Allemagne le et celui de Passau au mois de mai, fonction qu'il conserve jusqu'en novembre. À la même période, il acquiert le château de Ville-au-Val, en Meurthe-et-Moselle, ainsi que les terres avoisinantes qui lui rapportent un total de francs et lui permettent de constituer un majorat de francs. Il repart en pour Bayonne où il commande une nouvelle fois le dépôt de cavalerie de l'armée d'Espagne, mais cet emploi ne dure pas car il le quitte dès le pour siéger au Conseil d'État. Il est finalement mis en disponibilité le .

Il reprend du service le en étant chargé de commander le dépôt de cavalerie de Hanovre. Pendant la retraite de Russie, il se trouve à Vilna et traverse la Bérézina aux côtés de l'Empereur. Le suivant, il dirige le dépôt de cavalerie de Königsberg, puis ceux de Hanovre et de Brunswick en . Il est alors chargé de réorganiser à Berlin toute la cavalerie française. Il est placé à la tête des dépôts de Magdebourg le ; bloqué par le siège de cette ville, il ne rentre en France qu'en . La Première Restauration lui octroie le 19 de ce mois la croix de chevalier de l'ordre de Saint-Louis et l'inspection générale du arrondissement de cavalerie le . Lors des Cent-Jours, le général Bourcier est nommé le à la tête du dépôt des remontes de Versailles, où il remplace le général Préval : à ce titre, il est chargé de sélectionner des destriers pour l'armée française. Napoléon, qui doit absolument recueillir des montures en quantité suffisante pour sa cavalerie, est déçu par le travail de l'officier français qui rejette de nombreux chevaux car il suit des critères de sélection relativement stricts..

Sous la Restauration Il est mis à la retraite le , ce qui ne l'empêche pas d'être élu à la Chambre des députés le par le département de la Meurthe ; il siège alors au centre et vote avec la majorité. Rappelé au conseil d'État en 1817, il est employé à partir du en qualité de commissaire du roi près la régie générale des subsistances militaires. Le collège électoral, qui n'a pas renouvelé son mandat en 1820, le réélit le et il conserve cette position jusqu'au . Il devient parallèlement conseiller d'État honoraire en 1821.

Il meurt le à Ville-au-Val et est inhumé dans la chapelle du château.. Ses biens sont transmis à sa fille unique, la comtesse de Frégeville. Selon Bégin, Bourcier . L'historien Henry Houssaye critique sévèrement sa prestation de 1815 à la tête du dépôt de Versailles, le décrivant comme . Le colonel américain John Elting, tout en reconnaissant le caractère « perfectionniste » de Bourcier, voit cependant en lui « un cavalier émérite, énergique, efficace et infatigable, réputé pour sa très bonne connaissance du service de la cavalerie en général mais redouté à juste titre pour sa froideur et ses paroles acerbes ».. Un autre historien, Fernand Beaucour, dit de lui qu'il est un homme intègre et aimable ayant largement contribué à la bonne tenue de la cavalerie française sous l'Empire.. Le nom de Bourcier figure sur le côté Est de l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

Vie familiale Le , il épouse à Hoorn, en Hollande, Marie Élisabeth de Oldennel, né le dans cette même ville. Selon une autre source, le mariage s'est déroulé à Pont-à-Mousson.. De leur union naît le Ernestine Adélaïde Joséphine qui se marie le , en l'église Saint-Martin de Pont-à-Mousson avec Louis Hortensius Henry, né le , fils de Charles Louis Joseph de Gau de Frégeville..

Décorations Officier par décret du 10 vendémiaire an XII () Grand officier de la Légion d'honneur par décret impérial du 25 prairial an XII () Chevalier de Saint-Louis par ordonnance du .

Titres Comte de l'Empire par lettres patentes du .

Hommage, honneurs, mentions… vignette|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, et .

Le nom de BOURCIER est gravé au côté Est () de l’Arc de Triomphe de l’Étoile, à Paris. On peut remarquer une erreur sur l'Arc de Triomphe : le nom de Bourcier est souligné, alors qu'il n'est pas mort au combat.

Règlement d'armoiries

Annexes

Articles connexes Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile

Liens externes

Archives nationales (CARAN) – Service Historique de l’Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 7 Yd 201.

Bibliographie

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Notes et références

Catégorie:Naissance dans la province d'Alsace Catégorie:Naissance en février 1760 Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Conseiller d'État français Catégorie:Député de la Meurthe Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1793 Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Décès dans la Meurthe Catégorie:Décès en mai 1828 Catégorie:Décès à 68 ans Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française