Les Grands Lacs d'Amérique du Nord forment un groupe de cinq vastes lacs frontaliers entre le Canada et les États-Unis en Amérique du Nord. Ils constituent le groupe de lacs d'eau douce le plus étendu au monde avec une superficie de et un volume de . Associé au fleuve Saint-Laurent, émissaire du lac Ontario, le complexe constitue le deuxième plus important système d'eau douce de surface du monde, après le lac Baïkal en Russie, avec approximativement 21 % des réserves mondiales Great Lakes Facts and Figures.

Description Quatre des Grands Lacs chevauchent la frontière canado-américaine. Seul le lac Michigan se situe entièrement sur le territoire des États-Unis.

Un sixième, le lac Sainte-Claire, se trouve entre les lacs Huron et Érié et est relié à chacun d'eux. Ce plus petit lac fait également partie du système mais n'est pas compté officiellement parmi les Grands Lacs. Il existe des milliers de petits lacs dans cette région.

Les Grands Lacs se jettent dans le fleuve Saint-Laurent. Ils contiennent environ 18 % de l'eau douce liquide de la surface de la Terre : Cela représente assez d'eau pour couvrir les 48 États contigus des États-Unis à une profondeur uniforme de . .

La surface cumulée des lacs est de , environ la même taille que le Royaume-Uni. Les côtes des Grands Lacs mesurent approximativement . Toutefois, la longueur des berges est impossible à mesurer exactement et ne constitue pas une mesure bien définie.

Toponymie vignette|Carte de la Nouvelle-France par Nicolas Sanson (1650).|alt= vignette|Carte de Vincenzo Coronelli, Partie occidentale du Canada... (1688). vignette|Carte de Bellin (1755).. Encore au , les Grands Lacs ne portent pas leurs noms définitifs. Lac Supérieur : lac de Condé, lac Almepigoucarte du Mississipi de 1679, H. Harisse, Notes pour servir à l'histoire, p. 198., lac Tracy ; Lac Michigan : lac des Illinois, lac Michigami, lac Dauphin, lac des Puans ; Lac Huron : lac des Hurons, lac Karegnondi, lac des Algonkins, lac Michigange, lac d'Orléans ; Lac Érié : lac Téjocharontiong, lac de Conty, lac du Chat, lac Orswego, lac Okswego ; Lac Ontario : lac Frontenac, lac Skaniadorio, lac Saint-Louis, lac Cataraqui ou Katarakui.

Caractéristiques thumb|upright=2|390px|Profil en long du réseau hydrographique des Grands Lacs. + CaractéristiquesLac Superficie (km) Altitude (m) Profondeurmaximale (m) Profondeurmoyenne (m) Volume (km) Durée de rétention (an) Lac Supérieur18340614712 201191 Lac Huron177230593 51622 Lac Michigan177281854 91399 Lac Érié17565194922,6 Lac Ontario752448616136

Le lac Michigan et le lac Huron ont atteint des records de bas niveau en 2013 Lakes Michigan, Huron hit record low water level, 5 février 2013.

Formation et géomorphologie thumb|Les Grands Lacs ont une origine glaciaire. Les Grands Lacs se sont formés à la fin de la dernière ère glaciaire (glaciation du Wisconsin), il y a environ , quand l'inlandsis laurentidien recula en laissant de grandes quantités d'eau de fonte.

La région des Grands Lacs fait partie de la grande dépression centrale d'Amérique du Nord s'étendant vers le sud en direction de la plaine du Mississippi.

Climat thumb|left|upright=2.5|Diagrammes climatologiques de la région.

Le bassin des Grands Lacs est influencé par quatre facteurs météorologiques principaux : les masses d'air provenant d'autres régions, la situation à l'intérieur du continent et l'influence modératrice de la masse d'eau qu'ils représentent . La circulation des systèmes météorologiques est en général est-ouest mais les vents en surface varient selon la position de ces systèmes et font alterner des apports de chaleurs et d'humidité venant du golfe du Mexique et de l'air sec et froid de l'Arctique ce qui donne une grande variabilité quotidienne et mensuelle.

En été, les dépressions ont tendance à passer au nord de la région ce qui permet à l'air chaud et humide du golfe du Mexique de dominer. Cette situation est propice à la formation de smog et les vents généralement du sud-ouest peuvent également en apporter du bassin industriel du Midwest. Le passage de fronts froids qui amènent de l'air plus froid en altitude rend la masse d'air instable et déclenche des orages parfois violents. L'ensoleillement réchauffe également la couche d'eau superficielle des lacs et une thermocline se forme entre la surface et les couches inférieures. Les eaux moins profondes du lac Érié sont particulièrement affectées par ce phénomène.

En hiver, la région est caractérisée par le passage de plus en plus au sud des dépressions provenant de l'ouest ou du sud-ouest. Ceci donne des tempêtes de neige qui peuvent se changer en pluie verglaçante ou même en pluie sur les secteurs sud. Dans les anticyclones qui dominent les mois les plus froids, l'air arctique passant au-dessus des lacs non gelés va donner des bourrasques de neige dans les zones côtières sous le vent dominant appelées « Snow Belt » par les anglophones. Les averses associées à ces bourrasques peuvent laisser de très grandes quantités de neige le long d'une bande étroite de la côte comme dans le cas de la tempête de neige Aphid du 12-13 octobre 2006.

La libération de la chaleur emmagasinée par les lacs tempère le climat près du rivage ; des parties du sud de l'Ontario, du Michigan et de l'ouest de l'État de New York connaissent des hivers plus cléments que des régions continentales situées plus loin des rives. Malgré tout la température de surface des lacs diminue graduellement et un couvert de glace se forme généralement sur le lac Érié au cours de l'hiver, situation amplifiée par sa plus faible profondeur. Les autres lacs gardent le plus souvent certaines zones sans glace. Les bourrasques diminuent donc d'intensité plus tard en saison à mesure que la glace recouvrent les lacs.

Le printemps et l'automne sont caractérisés par un temps variable lorsque les dépressions passent rapidement sur la région. Le ciel est plutôt nuageux, les orages occasionnels et les vents violents fréquents. La tempête de 1913 sur les Grands Lacs est un tel exemple de très forte tempête automnale.

Au début du printemps, l'air plus chaud et l'ensoleillement qui augmente commencent à faire fondre la neige et la glace lacustre. Comme l'eau prend plus de temps à se réchauffer que l'air, la température des lacs augmente plus lentement que les terres. Les brises des lacs rafraîchissent donc le climat durant cette période. L'effet inverse se produit à l'automne. Ce phénomène retarde le bourgeonnement des feuilles et la floraison des plantes au printemps mais protège du gel les arbres fruitiers à l'automne. Ceci permet une zone végétative près des rives ouest des lacs de même que plus au sud, favorisant en particulier l'exploitation de vignobles.

Région des Grands Lacs et géographie humaine thumb|Carte de l'Ontario et des huit États américains bordant les Grands Lacs. Huit États américains et une province canadienne (Ontario) bordent les Grands Lacs :

État/ProvincePopulation2019Superficie(km)Total

Environ 30 millions de personnes Statistique habitent dans le bassin des Grands Lacs. Plusieurs métropoles se situent sur les rives de ces lacs : les plus peuplées sont Chicago, Toronto, Détroit, Milwaukee et Cleveland rassemblées dans un espace transfrontalier appelé Main Street America. La région des Grands Lacs est également un bassin industriel important.

Utilisation et gestion de l'eau Les grands lacs contiennent d'eau doucePhysical Features of the Great Lakes sur epa.gov, consulté le 13/09/2018, ce qui compte pour 84 % de l'eau douce de surface de l'Amérique du Nord et environ 21 % de l'eau douce de surface mondiale.

Consommation Bien qu'ils contiennent un grand pourcentage de l'eau douce du globe, les Grands Lacs sont peu exploités pour leur eau. Ils ne sont la source que d'une faible part de l'eau potable consommée en Amérique du Nord (environ 4,2 %). L'eau constitue avant tout, de manière générale, une ressource de proximité qui ne peut être facilement exportée. De plus la quantité d'eau annuelle renouvelable, bien que très importante, n'est pas plus élevée que pour beaucoup de grands fleuves du monde. Le volume renouvelable correspond au débit annuel du fleuve Saint-Laurent, l'émissaire du système, à la sortie du lac Ontario. Une partie importante de l'eau consommée par les villes bordant les lacs provient plutôt des cours d'eau et des nappes qui alimentent les lacs, tandis que les lacs eux-mêmes sont fréquemment le réceptacle final des eaux usées après épuration. Cependant, l'eau usée rejetée par l'agglomération de Chicago alimente le Chicago Sanitary and Ship Canal, navigable, qui la détourne vers le bassin du Mississippi. C'est également le cas d'une partie des villes situées le long du canal Érié, ce qui dirige une petite quantité d'eau vers l'Hudson. La région des Grands Lacs n'ayant pas de surface significative d'agriculture irriguée (avec évapotranspiration de l'eau), la consommation nette (en excluant l'eau qui retourne dans le système) est très faible en comparaison de la ressource.

Navigation Les Grands Lacs constituent depuis le début de la présence humaine une importante voie de communication fluviale. À partir du , de grands ouvrages (canaux, déversoirs, écluses, ports) ont accéléré fortement ce mode de transport. Parallèlement à la construction du réseau ferroviaire, les Grands Lacs ont ainsi été reliés à l'océan Atlantique via le fleuve Saint-Laurent et au Golfe du Mexique via le Mississippi. Ceci permit notamment l'essor de Chicago, devenue une plaque tournante pour les céréales et le bétail, exportés ensuite vers l'Europe.

Ces ouvrages ont été refaits et augmentés durant les années 1950 et constituent maintenant la voie maritime du Saint-Laurent créée en 1959. Celle-ci relie, sur plus de , l'océan Atlantique aux importants ports situés sur les bords des différents lacs et au continent à l'ouest du Lac Supérieur. Elle est donc un débouché économique pour les Grandes Plaines américaines et les Prairies canadiennes grâce au trafic combiné par navire cargo et transport ferroviaire au Canada ou transport ferroviaire aux États-Unis. De grands navires, les vraquiers, ou laquiers, ont été spécialement conçus pour la navigation sur les Grands Lacs.

Gestion internationale Une encadre la gestion de l'eauEntente sur les ressources en eaux durables du bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent sur http://www.mddelcc.gouv.qc.ca.

Une base de données permet de documenter les utilisations annuelles par les États et Provinces riveraineshttps://waterusedata.glc.org Great Lakes Regional Water Use Database] .

Pollution et protection des Grands Lacs thumb|Falaise bordant le lac Supérieur. Malgré leur grande taille, les Grands Lacs connaissent une pollution de l'eau localement alarmante par les métaux lourds et par divers produits chimiques (à partir de Toronto et Hamilton notamment). La gratuité de l'eau et les bas coûts de l'énergie et du bois, ainsi que les facilités de transport par voie d'eau ont attiré autour des Grands Lacs des usines métallurgiques, des papeteries, des usines chimiques, de production d'automobiles et de nombreux autres produits manufacturés qui ont massivement pollué ces lacs durant plus d'un siècle pour certaines. Des produits rémanents métalliques et des POP liposolubles se retrouvent dans toute la chaîne alimentaire, jusque chez les bélugas et baleines de l'estuaire du Saint-Laurent.

Les lacs reçoivent des sels de déglaçage résultant du déneigement des routes. Ils subissent une eutrophisation d'origine agricole et urbaine (eaux usées) qu'ils ne peuvent dégrader. À ceci s'ajoutent des dommages écologiques graves et nouveaux liés aux concentrations croissantes de produits affectant la fertilité ou se comportant comme des leurres hormonaux, ou liés à l'introduction d'espèces invasives (Moule zébrée par exemple).