Michel Quévit, né le à Rebecq-Rognon et mort le à Louvain-la-Neuve, est un politologue et sociologue belge et militant wallon.

Il est connu en tant qu'observateur de la Wallonie et de son économie. Il est entre autres l'auteur du livre Les causes du déclin wallon.

Biographie

Il commence sa carrière professionnelle comme . Durant cette période, il . Après son service militaire, il décide notamment sur le conseil de mais aussi du directeur de l'Imprimerie du Marais où il travaillait, Marcel Van Massenhove, futur Président du groupe Almanijn de la Kredietbank, de se lancer dans des études universitaires. Au terme de celles-ci, il obtient les grades de bachelier en philosophie de l'Institut Supérieur de Philosophie de l'Université catholique de Louvain, de licencié en science politique (relations internationales) de la même université et de diplômé de l'International Teacher Program (ITP) de la Harvard Business School.

À la fin de ses études en sciences politiques, et sous la direction du Professeur Jean Ladrière, Michel Quévit rédige un mémoire consacré à la « phénoménologie des relations Est-Ouest ». Le Jean Ladrière fut aussi pour lui un tuteur, qui lui permit d'affronter les difficultés inhérentes au fossé qui séparait son premier bagage intellectuel et la formation philosophique.

Durant ses études universitaires de 1964 à 1968, il est un notamment lors de la question du transfert de la section francophone de l'UCL vers la Wallonie dont il fut un fervent partisan. Il est élu et ensuite . Ce mouvement réunit les associations des étudiants de toutes les universités et les grandes écoles de la partie francophone du pays. Ce dernier prit, lors de son congrès de 1966, une position ferme en faveur du transfert de l'UCL. .

Michel Quévit s'oriente ensuite vers la carrière universitaire comme chercheur au Centre de perfectionnement des entreprises (CPDE) créé par le professeur Michel Woitrin et dirigé par le professeur Philippe de Woot. Il y décroche une bourse d'études doctorales du Collège Inter universitaire des Sciences en Management (CIM) qui lui permet de perfectionner ses connaissances en sociologie des organisations à l'université du Wisconsin et en méthodologie en sciences politiques à l'université du Michigan. Il acquiert au terme de cette formation, . L'objet de sa thèse doctorale dirigée par le professeur Michael Aiken de l'université du Wisconsin, porte sur les déséquilibres régionaux en Belgique de 1830 à 1973. Celle-ci sera publiée en 1978 sous le titre Les causes du déclin wallon (EVO, Bruxelles, 1978) et est actualisée jusqu'en 1980 dans l'ouvrage La Wallonie, l'indispensable autonomie, (Éditions Entente, Paris, 1982). .

Dès le début de sa carrière universitaire, il enseigne le cours de Développement régional à la Faculté Ouverte de Politique Économique et Sociale (FOPES) et ensuite à la Faculté des sciences économiques et sociales de l'UCL, enseignement qu'il assurera pendant plus de deux décennies. Il sera aussi chargé du cours consacré à la stratégie de l'entreprise enseigné aux classes terminales des ingénieurs au département des sciences et du séminaire relatif aux questions européennes au département des sciences politiques et sociales.

Ses activités ne se sont pas limitées au domaine académique mais vu son itinéraire personnel, elles se sont naturellement orientées vers la sphère du politique. Membre du groupe Bastin-Yerna, il participe aux travaux préparatoires de l'ouvrage : Quelle Wallonie ? Quel socialisme ? publié en 1971 ainsi qu'à la créé en France par Robert Buron et animé en Belgique par François Martou qui a assuré la coprésidence du Groupe B/Y au décès de Max Bastin. Ensemble, ils participent en 1970 à la première rencontre de la gauche européenne qui s'est tenue à Rome.

Il devient à cette époque membre du Comité de rédaction de la Revue Nouvelle. Un de ses tout premiers articles, dans le numéro spécial de la Revue Nouvelle : Faire un pays: l'Europe traite du bilan des politiques régionales de l'UE. Il y défend deux réformes institutionnelles : la .

En 1978, il accepte où il prend dans l'élaboration d'une politique de restructuration de l'économie wallonne marquée par le déclin de la sidérurgie ainsi que dans la mise en place des premières institutions régionales. , par ailleurs, la mission de négocier avec le français Edgar Faure la création du Conseil des Régions d'Europe et aux travaux relatifs à la convocation de son assemblée constitutive qui s'est tenue à Louvain-la-Neuve en 1980 et qui sera co-présidée par Edgar Faure et Jean-Maurice Dehousse. Cette initiative préfigure l'actuel Comité des Régions mis en place sous la Présidence de la Commission européenne de Jacques Delors. Il devient (CEDRE) mis en place à Strasbourg afin de servir d'appui intellectuel aux travaux du Conseil des Régions d'Europe.

En 1983, il participera au séminaire organisé par l'université internationale Menendez Pelayo sur le thème de la (Santander, 18 au ) au cours duquel il donnera une communication sur le thème de la .

En 1983, il est

En 1984, dans le cadre de ses activités scientifiques, il s'intéresse à nouveau aux problèmes institutionnels belges et publiera avec les professeurs Robert Tollet de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) et Robert Deschamps des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix (FUNDP) de Namur un mémorandum intitulé : Vers une réforme de type confédéral de l'État belge dans le cadre du maintien de l'unité monétaire qui (CESRW) et .

En 1984, à la demande de Philippe Aydalot, professeur d'économie territoriale à l'université de la Sorbonne, il accepte de participer aux travaux du GREMI (Groupe de Recherche Européen sur les Milieux Innovateurs). Le GREMI rassemblera une quinzaine d'équipe de chercheurs pluridisciplinaires qui se pencheront sur la problématique de l'innovation et du développement territorial en Europe. Au décès prématuré de Philippe Aydalot en 1987, il accepte de faire partie du groupe d'animation du GREMI composé de Roberto Camagni de la Boconi et de la Politechnico de Milan, de Denis Maillat de l'Université de Neuchâtel, d'Andrée Mattéaccioli de l'Université de la Sorbonne et de Jean-Claude Perrin de l'Université d'Aix-en-Provence. Il assurera cette mission jusqu'en 1999. .

En 1986, il, participe dans le cadre d'un projet de coopération scientifique entre la Belgique et le Canada à un stage de recherche auprès l'Institut canadien de recherche sur le développement régional (ICRDR) au Nouveau-Brunswick. De 1985 à 1987, il participera aux travaux du Groupe de travail mis en place par le Conseil de l'Europe sur la . À ce titre, dans l'animation du colloque de Namur de 1985 sur le thème « Interdépendance entre culture et économie au niveau régional » ainsi qu'à la réunion de la conférence organisée à Florence en 1986 à l'invitation de la Région Toscane sur le thème « Action culturelle et espace régional ».

De 1978 à 1987, il participera en qualité d'expert de l'OCDE aux travaux sur le développement rural et plus largement ensuite à ceux consacrés au développement local et régional. Il exécutera à ce titre de nombreuses missions pour le compte de l'OCDE dans des pays membres (Italie, Grèce, Suède, États-Unis, Espagne, Portugal). Ses travaux auprès de l'OCDE donnent naissance à un nouvel ouvrage : Le pari de l'industrialisation rurale qui sera publié aux Éditions Régionales Européennes (ERESA) en 1986.

Dans le prolongement de ses activités auprès de l'OCDE, , antérieurement appelée Fondation du Sud-Est de la Belgique. . À ce titre, il participe aux travaux du Groupe IRMA créé et animé par Georges Christophe, qui sont à l'origine de la première politique de développement rural en Wallonie. Celle-ci se concrétisera par le lancement des opérations pilotes de rénovation rurale sur l'ensemble du territoire wallon.

En 1986, de la préparation et de la rédaction du Rapport national belge dans le cadre du Programme communautaire consacré au lien entre les Objectifs de la Communauté en faveur du développement structurel ou de reconversion des régions et les objectifs de la politique européenne de recherche et de développement technologique (RTD).

De 1990 à 1993, il est sur les problèmes de reconversion régionale dans les pays industrialisés et en 1994, à la suite de la chute des régimes communistes et de l'ouverture des pays de l'Europe de l'Est, pour rédiger une étude sur les problèmes de restructuration régionale dans les Pays d'Europe Centrale et Orientale. Il animera la première rencontre des gouvernements de ces pays qui s'est tenue à Maastricht afin d'examiner les questions relatives aux restructurations économiques et sociales que rencontrent les régions de ces pays.

En 1990, à l'occasion de l'entrée du Portugal dans la Communauté européenne, la mission d'élaborer la méthodologie d’évaluation du Cadre Communautaire d’Appui du Portugal, sorte de Plan Marhall dont l'objectif est de contribuer au rattrapage économique et social du pays. Il réalisera cette mission avec la collaboration du Professeur José-Maria Mella Marquez de l’Université Autonome de Madrid.

De 1987 à 1992, il assure la mission de rapporteur général des Congrès de « La Wallonie au futur » initié par l'Institut Jules Destrée, . Ces différents congrès aborderont les thématiques suivantes : « le nouveau paradigme de son développement économique » (1987), « le défi de l'éducation » (1991), « les stratégies pour l'emploi » (1995) et « les problématiques de l'évaluation et de la prospective territoriale »(1998). À ce titre, chargé de coordonner la programmation de ces différents congrès auquel participe dans une démarche pluraliste des universitaires et des intellectuels issus de la plupart des institutions scientifiques et universitaire de la Communauté française de Belgique.

De 1992 à 2002, dont la mission consiste à former des doctorants en histoire, en science économique, en science politique et en droit issus de tous les pays de l'Union Européenne. .

Dès le début des années 1990, il s'implique dans la mise en œuvre des politiques de développement territorial dans l'Union européenne initiées par la Commission européenne dans le cadre de la mise en œuvre de la Réforme des Fonds structurels lancée par Jacques Delors. En 1989, Il participe à la conception du Programme STRIDE qui est le premier programme européen qui aborde les questions relatives aux politiques de développement scientifique et technologique en faveur des régions en Europe.

Il est aussi chargé avec Jean Houard de l'IRES d'étudier (RETI). Cette même approche est ensuite étendue au et cette étude est réalisée dans le cadre du GREMI.

(Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Développement Régional) dont l'objectif principal est de mener des recherches scientifiques et des expertises dans le domaine du développement régional en Europe (voir en annexe un aperçu des travaux du RIDER). Dans le cadre de ses fonctions de directeur du RIDER, il assurera plusieurs missions auprès de différentes Directions générales de la Commission européenne, notamment auprès de la DG XVI (Politiques Régionales) pour l'élaboration de propositions de création d'emplois dans le cadre des Fonds Structurels (1995), de la DG XII (Science et Technologie) et de la DG XVI (Politique Régionale) pour l’élaboration et l’évaluation du programme communautaire relatif à l’articulation de la Politique de Recherche et de Technologie de la Communauté aux objectifs de reconversion et de développement structurel des Régions, ainsi que de la DG XII - (Science et Technologie) pour l’évaluation des programmes en science et technologie de l'Espagne et de la Grèce dans le cadre du Programme STRIDE 1991)

. Dans ce contexte, il traitera des orientations de la politique régionale européenne au cours de séminaires dans les Universités de Poznań, de Lodz ainsi qu'à l'Université Jagelone de Cracovie et à l'Académie économique de Cracovie.