Un alsace grand cru kaefferkopf, ou plus simplement un kaefferkopf, est un vin blanc français produit sur le lieu-dit le Kaefferkopf et d'autres lieux-dits l'avoisinant, situés sur la commune d'Ammerschwihr, dans le département du Haut-Rhin, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est.

Il s'agit d'un des cinquante-et-un grands crus du vignoble d'Alsace, bénéficiant chacun d'une appellation mais partageant le même cahier des charges alsace grand cru (avec des contraintes plus rigoureuses que pour l'appellation alsace). Le Kaefferkopf est le dernier à avoir rejoint les grands crus d'Alsace, en 2007.

L'aire d'appellation, particulièrement vaste pour un grand cru d'Alsace, produit principalement du gewurztraminer, complété par du riesling et un peu de pinot gris. De façon originale, une petite partie des raisins vendangés est utilisée pour produire un vin d'assemblage (de gewurztraminer Rs, riesling B et pinot gris G) ce qui constitue une exception au sein des grands crus alsaciens (l'autre étant l'altenberg-de-bergheim), pour lesquels seul l'assemblage avec le muscat B est généralement autorisé.

Histoire La première citation du terroir « Kaefferkopf » remonte à 1338, dans le registre cadastral de l'abbaye de Pairis (cette abbaye cistercienne se trouvant à Orbey était le propriétaire du village de Katzenthal), sous la forme zem Kefersberg.

Selon un rapport d'expert de Louis Rieder à Colmar, en date du , les propriétaires de vignes sur la commune d'Ammerschwihr ont le droit à l'appellation « Kaefferkopf », à condition de répondre à certaines normes. Ce rapport est officialisé par un jugement de justice prononcé le Article sur le Kaefferkopf, sur le site cooking2000.com.. À cette époque, sont délimités, ce qui permet actuellement aux vignerons d'Ammerschwihr d'insister sur le fait que le Kaefferkopf est la plus vieille appellation du vignoble d'Alsace.

Mais le lieu-dit ne fait pas partie des crus sélectionnés par les décrets du (les vingt-quatre premiers sélectionnés), publié au JORF du , . et du (les vingt-cinq suivants), publié au JORF du . pour constituer l'appellation alsace grand cru. Finalement, par le décret du , le Kaefferkopf rejoint les cinquante autres crus publié au JORF du ..

En , tous les grands crus d'Alsace passent du statut de dénominations géographiques au sein d'une même appellation à celle d'autant d'appellations partageant le même cahier des charges (), homologué par le décret du publié au JORF du . ; en , nouvelle réduction du rendement (à ), publié au JORF du . ; en , autorisation des bouteilles de 300, 150, 100, 50 et ), modifié par l'arrêté du , publié au JORF du et au BO Agri du ..

Étymologie Le nom signifie la « tête de coléoptère », de , le coléoptère, et de , la tête. Ce terme se rapporte à la forme du sommet de côte.

Vignoble Aire d'appellation Le Kaefferkopf se situe en France, dans la collectivité européenne d'Alsace, au sein de la région Grand Est, plus précisément dans le département du Haut-Rhin, sur la commune d'Ammerschwihr à au nord-ouest de Colmar.

vignette|Carte du vignoble d'Alsace, avec l'indication des grands crus. Sur la route des vins d'Alsace, le Kaefferkopf se trouve entre le Schlossberg au nord et le Wineck-Schlossberg le jouxtant à l'est.

Les parcelles de vigne sont à flanc de coteau, entre 240 et 350 mètres d'altitude, sur des pentes fortes (record à 35 %) exposées plein est ou au sud-est, au-dessus du village d'Ammerschwihr et jusqu'à la limite avec Katzenthal plus au sud. Si la superficie de l'appellation est de , seulement de 44 à ont été déclarés pour la production du grand cru dans les années récentes.

L'aire d'appellation du kaefferkopf s'étend sur une série lieux-dits non-contigus de la commune d'Ammerschwihr: Kaefferkopf proprement dit (en quasi-totalité), Buckenbaum (partie ouest), Froehn (en quasi-totalité), Hahnen, Hebsack, Katzelberg, Kerker (une partie de parcelle au nord, le reste appartenant au wineck-schlossberg), Klotzen (quelques parcelles au sud-ouest), Krettenrueck (partie sud-est), Meywihr (sauf la partie nord), Neutal (partie nord-est), Pfulben (sauf quelques parcelles au sud), Probstgart (partie centrale), Purberg, Sittweg (partie est), Stichreben (en quasi-totalité), Stichlen (deux parcelles au centre, le sud appartenant au wineck-schlossberg) et Wolfloch (trois parcelles au sud).

Cette délimitation ne correspond pas tout à fait à celle datant de 1932, d'où une mesure transitoire jusqu'à la vendange 2031 permettant à des parcelles exclues de l'aire délimitée (environ ) de pouvoir bénéficier du droit à l'appellation..

Géologie et orographie Les collines sous-vosgiennes correspondent à une série de failles formant la transition entre les Vosges cristallines et la plaine du Rhin sédimentaire sous forme d'un escarpement.

En sommet, couvert par les bois, le sous-sol est composé de gneiss. Les vignes commencent en dessous à l'étage du granite porphyroblastiquesUne texture porphyroblastique décrit la forme d'un type de roche métamorphique, marqué par de gros cristaux entourés de petits, « porphyro » signifiant « deux tailles ». (granite de Kaysersberg), qui laisse la place au sud vers Katzenthal au granite à deux micas (granite de Turckheim).

En dessous se trouvent des couches datant du Trias, d'abord du grès vosgien du Buntsandstein moyen (de couleur rose à rouge, formé de grains de quartz réunis par un ciment silico-ferrugineux), puis du grès bigarré du Buntsandstein supérieur (avec lentilles d'argile dessus et galet à la base), et enfin au sud d'Ammerschwihr une zone étroite avec des dolomies et des marnes du LettenkohleLe Lettenkohle (de Letten, l'argile, et de Kohle, le charbon) est une partie du Trias correspondant en partie au Ladinien, soit -235 à -232 millions d'années. Les Allemands divisent le Trias en trois périodes (d'où le nom de Trias) portant les noms de Buntsandstein (grès vosgien, poudingue de Sainte-Odile et grès à Voltzia), Muschelkalk (dolomites, argiles salées, calcaires à entroques et à cératites) et Keuper (dit aussi Salzkeuper, argiles bariolées gypseuses) ; ces trois périodes correspondent à peu près pour les auteurs français au Trias inférieur (Induen et Olénékien), moyen (Anisien et Ladinien) et supérieur (Carnien, Norien et Rhétien) ; la différence est que les Allemands mettent le Lettenkohle (argiles dolomitiques à lentilles de lignite) comme début du Keuper, tandis que les Français le mettent à la fin du Trias moyen (partie du Ladinien). Pour les correspondances, voir le tableau de la commission de stratigraphie allemande, sur le site stratigraphie.de..

Au pied du coteau se trouvent des colluvions composées d'arènes et de sables limoneux, qui font la liaison avec les alluvions caillouteuses des terrasses supérieures de la plaine d'AlsaceNotice de la carte du BRGM 342 (Colmar-Artolsheim), disponible sur le site infoterre.brgm.fr.. La vigne pousse sur des sols bruns qui comprennent des débris issus des roches citées. Ces sols sont saturés en calcium et en magnésium, éléments qui contribuent fortement à la perception de la minéralité des vins. Ils sont lourds et profonds, avec un taux d'éléments fins élevés (argiles et limons), qui amènent de la structure et de la complexité.

Climatologie L'Alsace a un climat tempéré de type semi-continental d'abri, avec des printemps doux, des étés chauds, secs et ensoleillés, de longs automnes et des hivers froids. À l'ouest, le massif des Vosges protège un peu le coteau du vent et de la pluie : les vents d'ouest dominants perdent leur humidité sur le versant occidental et parviennent en Alsace sous forme de foehn, plus secs et chauds. Les précipitations sont donc moindres et les températures un peu plus hautes (moyenne annuelle plus haute de ) que ce qui serait attendu à cette latitude.

La station météorologique de Colmar (sur le site de l'INRA, à d'altitude : ). est au pied du coteau viticole, à au sud-est du Kaefferkopf.

Encépagement Les vins correspondant à l'appellation d'origine contrôlée alsace grand cru suivie de la dénomination géographique (nom de lieu-dit) « Kaefferkopf » proviennent soit d'un seul des cépages suivants : gewurztraminer Rs, pinot gris G ou riesling B, soit d'un assemblage. Le gewurztraminer est le principal cépage planté sur le Kaefferkopf avec 55 % de la production déclarée, complété avec 30 % de riesling et 9 % de pinot gris ; le reliquat de 6 % est composé d'assemblage.. L'assemblage des cépages est une originalité du Kaefferkopf parmi les grands crus alsaciens (avec l'altenberg-de-bergheim). Ce peut être du gewurztraminer Rs (dans une proportion comprise entre 60 et 80 % de l'encépagement), du riesling B (dans une proportion comprise entre 10 et 40 %), du pinot gris G (dans une proportion ne dépassant pas 30 %) ou un muscat (muscat ottonel B, muscat blanc à petits grains B ou muscat rose à petits grains Rs, dans une proportion ne dépassant pas ensemble 10 %).

Le gewurztraminer Rs (signifie « traminer aromatique » en allemand) est un cépage rose, aux baies orange ou tirant vers le violet. Ce proche parent du savagnin B et du savagnin rose Rs (appelé en Alsace klevener de Heiligenstein) est plutôt vigoureux, fournit de gros rendements et donne de meilleurs résultats sur des sols marneux ou calcaires que sur des sols granitiques ou schisteux.

Le riesling B donne de meilleurs résultats sur les terrains granitiques, donc il est assez peu planté sur le Kaefferkopf. C'est un cépage au débourrement et à la maturation tardives, nécessitant des coteaux bien exposés au soleil, et dont les vendanges peuvent avoir lieu vers la mi-octobre. Par contre il résiste bien aux gelées d'hiver.

Le pinot gris G (appelé , « bourguignon gris » en allemand, « malvoisie » dans le Valais ou en Italie) est un cépage fragile et de maturité assez précoce. Il est issu d’une mutation du pinot noir et est donc d’origine bourguignonne, où il est appelé « pinot beurot ». Il donne de meilleurs résultats sur des sols composés de cailloutis calcaires, à condition qu'ils soient bien drainés grâce à une exposition en coteau.

Pratiques culturales La densité de plantation est au minimum de par hectare ; l'écartement entre les rangs de vignes ne doit pas dépasser les deux mètres ; l'écartement entre les pieds sur le rang doit être compris entre 0,75 et ; les vignes sont conduites en hautain pour les protéger du gel, avec le feuillage palissé en espalier.

La hauteur de feuillage palissé ne peut être inférieure à 0,675 fois l'écartement entre les rangs ; la taille de la vigne doit se faire en Guyot simple ou double avec un maximum de 18 yeux francs. L'irrigation est interdite. La charge maximale moyenne à la parcelle est fixée à de raisins par hectare.

Rendements

Le rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de par hectare (40 pour une sélection de grains nobles). Chaque année, ce rendement maximum peut être modifié à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de l'appellation, fixés à (48 pour une sélection de grains nobles).

Le rendement réel de l'ensemble de l'appellation (les 51 crus alsaciens) est de par hectare en moyenne pour l'année 2009Le rendement s'obtient en divisant la production par la surface cultivée, soit en 2009 : 43278 / 850 = 50,91 hectolitres par hectare. Source : Le Guide Hachette des vins 2011, éditions Hachette, Paris, 2010 .. Bien que ce soit très en dessous des rendements moyens du vignoble d'Alsace (l'appellation alsace est limitée à un maximum de ), il s'agit d'un rendement dans la moyenne française.

Les grands crus d'Alsace doivent être obligatoirement vendangés manuellement.

Vins Volumes Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont. : Année Superficie (ha) Production (hl) Rendement (hl/ha)2022 51,4 422023 48,6 452024 44,02 43

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