LÎle-du-Prince-Édouard, en abrégé lÎ.-P.-É. (en anglais : ou PEI), est une province du Canada. Elle est la plus petite province du pays en superficie, mais la plus densément peuplée. D'après Statistique Canada, l'Î.-P.-É. compte en 2022. Elle possède plusieurs surnoms : le « Jardin du Golfe », le « Lieu de naissance de la Confédération » et le « Berceau de la Confédération ». Sa capitale et sa plus grande ville est Charlottetown. Elle est une des trois provinces maritimes, et l'une des quatre de l'Atlantique.
Faisant initialement partie des terres traditionnelles des Micmacs, l'île a été colonisée par les Français en 1604, sous le nom d'île Saint-Jean, comme une partie intégrante de la colonie de l'Acadie. Elle a été cédée aux Britanniques à la fin de la guerre de Sept Ans, en 1763, et est devenue une région de la colonie de Nouvelle-Écosse. En 1769, elle est devenue une colonie britannique à part entière. L'Île-du-Prince-Édouard a accueilli la conférence de Charlottetown en 1864 pour discuter initialement d'une union des provinces maritimes.
Cependant, la conférence est finalement devenue la première d'une série de réunions qui ont conduit à la Confédération canadienne, en 1867. L'Î.-P.-É. a initialement rejeté la Confédération, mais, face à la faillite de la et de la construction d'un , elle est devenue la septième province du Dominion du Canada, en 1873. Comme elle est une des plus anciennes colonies du Canada, sa population actuelle reflète encore les premiers colons, avec des noms de famille principalement français, anglais, écossais et irlandais.
L'épine dorsale de l'économie de l'Î.-P.-É. est l'agriculture, puisqu'elle produit 25 % des pommes de terre du Canada. Les autres industries importantes incluent la pêche, le tourisme, l'aérospatiale, les biotechnologies, la technologie de l'information, et les énergies renouvelables. L'Î.-P.-É. est située dans le golfe du Saint-Laurent, à environ au nord d'Halifax en Nouvelle-Écosse, et à à l'est de la ville de Québec. La province couvre une superficie de , et l'île principale a une superficie de , ce qui en fait la 104 plus grande île du monde, et la 23 plus grande île du Canada.
Étymologie Les Micmacs ont nommé l'île Epekwitk, ce qui signifie « berceau sur les vagues » dans leur langue.. Elle fut renommée isle Saint-Jean vers le , alors qu'elle faisait partie de la Nouvelle-France. Cédée au Royaume-Uni en 1759, elle fut renommée île du Prince-Édouard en 1798, pour la distinguer d'autres lieux du même nom sur la côte atlantique, tels que Saint-Jean (au Nouveau-Brunswick) et Saint-Jean, la capitale de Terre-Neuve-et-Labrador. Son nom honore le fils du roi , le prince Édouard (Édouard-Auguste de Kent) (1767–1820 ; le père de la reine Victoria), qui commandait alors les troupes à Halifax..
Epekwitk, aussi écrit Abegweit par les Anglais, est devenu le nom d'une réserve micmac sur l'île ainsi que de deux anciens traversiers (1947-1982 et 1982-1997), jusqu'au remplacement de cette ligne par le Pont de la Confédération.
Le nom anglais de la province est . En gaélique écossais, son nom est (« île du Prince ») ou (« île de Jean »), en référence à l'ancien nom français.. Selon les règles de la typographie, on écrit « île du Prince-Édouard » pour l'île, et « Île-du-Prince-Édouard » pour la province.
Ses habitants la nomment tout simplement « l'île » mais elle est aussi surnommée le « jardin du Golfe », la « ferme d'un million d'hectares », le « berceau de la Confédération » ou l'« île aux patates ».
Géographie
Topographie La province occupe la totalité de l'île du même nom ainsi que quelques îles mineures. L'Île-du-Prince-Édouard est bordée de tous côtés par le golfe du Saint-Laurent. Au sud-sud-ouest se trouve le détroit de Northumberland (une partie du golfe), ce dernier la séparant des provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. L'île a la forme générale d'un croissant, mesurant de long mais dont la largeur varie entre 4 et . D'une superficie de , la province est la plus petite du Canada ; sa superficie ne représente que 0,056 % de celle du pays.. À titre de comparaison, la province est légèrement plus petite que le Brunei, le 161 plus grand pays du monde.
Le point culminant de l'Île est une butte sans nom du comté de Queens, à d'altitude. Le relief est plat à l'est mais vallonné au centre et même d'aspect montagneux à l'ouest. Le littoral est fortement influencé par les marées. Sur la côte nord, les longues dunes de sable attirent les touristes tout en rendant parfois difficile l'accès aux ports de pêche.
Sol Le sol est composé de sable et d'argile, avec quelques affleurements de roches sédimentaires, en général du grès ou du schiste argileux. Le sol de l'île a une couleur brun-rouge caractéristique, due à sa forte concentration en oxyde de fer. Si le sable est de couleur rouge/brun vers le sud-ouest (car il contient beaucoup de grains de grès rouge), il est blanc vers le nord-est.
On retrouve aussi du grès rouge dans le sable des Îles-de-la-Madeleine (Québec), mais sa concentration est moins élevée que dans certaines parties de l'Île-du-Prince-Édouard, où certaines routes asphaltées ont une teinte remarquablement rouge à cause de la forte teneur en grès rouge du sable utilisé.
Climat Le climat de l'Île-du-Prince-Édouard est continental humide c'est-à-dire qu'il y a une grande différence de température entre les mois froids et les mois chauds. Pendant l'hiver, la température peut descendre jusqu'à .
Faune et flore La forêt recouvre 50 % de la superficie de la province, mais la forêt primaire, surtout constituée d'épinette, de sapin baumier et d'érable rouge, occupe seulement . Trois siècles de colonisation, auxquels s'ajoutent les maladies et les feux de forêt, ont presque fait disparaître la forêt originale qui était constituée de hêtre, de bouleau jaune, d'érable, de chêne et de pin blanc d'Amérique.
L'île du Prince-Édouard a une faune très variée comprenant, entre autres, les castors, rats musqués, visons d'Amérique, renards roux, écureuils, lièvres d'Amérique, moufettes rayées et coyotes. Le territoire est également riche en espèces marines.
La préservation de l'environnement est devenue un enjeu important dans l'île. L'enlèvement des haies, le recours aux engrais chimiques, la mécanisation et la surproduction agricole en général causent une érosion importante des terres arables menant à l'ensablement des ports et cours d'eau. Quelques reboisements ont toutefois été effectués.
La Commission forestière de l’Île-du-Prince-Édouard recommande des mesures pour renforcer la résilience des forêts face aux tempêtes, notamment en diversifiant les espèces d’arbres et en améliorant la gestion des ressources forestières, après les dommages causés par les tempêtes Fiona et Dorian..
Les baleines franches de l'Atlantique nord, l'une des espèces de baleines les plus rares, étaient considérées comme de rares visiteurs du Saint-Laurent jusqu'en 1994. On note depuis une augmentation spectaculaire de leur nombre : au large de Percé en 1995, augmentation progressive dans toutes les régions depuis 1998., autour du Cap-Breton. depuis 2014 et à l'Île-du-Prince-Édouard, de 35 à 40 baleines ont été observées en 2015..
Histoire
L'île est habitée pour la première fois il y a environ . Ces pionniers seraient venus par un isthme aujourd'hui recouvert par le détroit de Northumberland. Il semble que l'île fut ensuite constamment habitée et que la chasse et la pêche donnaient lieu à des migrations saisonnières. Les Micmacs arrivèrent sur l'île il y a environ .
En 1534, Jacques Cartier est le premier explorateur européen à annoncer l'existence de l'île, qu'il décrit comme . Par la suite, les pêcheurs français et basques fréquentent l'île pendant près de , mais ne s'y établissent pas de façon permanente. Aucune trace ne subsiste de leur présence.
Nicolas Denys obtient la concession de l'île, appelée Isle Saint-Jean à l'époque, vers 1653 mais il s’occupe uniquement des pêcheries et ne laisse après lui aucun établissement dans l’île. La France ne la colonise qu’après les traités d'Utrecht (1713). En 1719, une nouvelle concession de l’île et celle de Miscou sont faites à un comte nommé Saint-Pierre qui y envoie un groupe de colons l’année suivante. Un recensement en 1735 donne un total de établies dans l’île. La colonie dépendait de l'Île-Royale (Cap-Breton).
En 1748, il y avait . Avant la déportation des Acadiens en 1755, l'île comptait quelque The Canadian Enclyclopedia, Hurtig Publishers Ltd., Edmonton, Alberta, (1988) .. Plusieurs furent déportés en 1758 par le Colonel Andrew Rollo, sous les ordres du Général anglais Jeffery Amherst. Trois cent soixante déportés moururent lorsque le Duke William coula avec deux autres navires, le Violet () et le Ruby (), le , en route de l'île Saint-Jean vers la France.
La colonie est rebaptisée Island of Saint John. La population grossit de en 1798 à en 1850. En 1799, la colonie prit le nom de l'Île-du-Prince-Édouard, en honneur du fils du Roi George III, qui évoluait pour l'armée anglaise à Halifax à l'époque. vignette|upright|C'est sous le mandat du Premier ministre canadien John A. Macdonald que l'Île-du-Prince-Édouard se joint au Canada en 1873. vignette|Le pont de la Confédération a été inauguré en 1997. Sur fond de colère des céréaliers contre les Corn Laws anglaises, limitant l'exportation, une révolte des céréaliers de l'Île-du-Prince-Édouard a lieu dans les années 1820 et 1839. L’Île-du-Prince-Édouard a en effet un excédent agricole, qui permet à partir de 1831 à l'Île-du-Prince-Édouard d'exporter du blé en Angleterre.
La conférence de Charlottetown en 1864 fut le début des pourparlers pour l'union des colonies. Les gens de l'île n’étaient guère intéressés à en faire partie. Mais une dette massive causée par la construction d'un chemin de fer d'un bout à l'autre de la colonie les força à se joindre au Canada en 1873The Canadian Enclyclopedia, Hurtig Publishers Ltd., Edmonton, Alberta, (1988) ..
En 1987, une centaine de personnes tombent malades et deux meurent après avoir consommé des mollusques et crustacés contaminés à l'acide domoïque provenant de l'île. L'industrie de la pêche s'effondre. De plus, la morue n'est plus pêchée depuis le moratoire de 1992.
En 1987, le débat sur la construction d'un lien fixe, un pont ou un tunnel, avec le continent refait surface. L'année suivante, le Premier ministre Joe Ghiz organise un référendum, où 59 % de la population se montre favorable à un pont. Le pont de la Confédération, dont les travaux ont débuté en 1994, est inauguré en 1997. Le Canadien National cesse quant à lui l'exploitation du chemin de fer en 1990, malgré les vives protestations des agriculteurs.
Démographie
Ethnies +Appartenances ethniques en 2016. Recensement de 2016 Population % de la population totaleMinorités visiblesChinois 920Noirs825 Autre minorité visible Total de la population des minorités visiblesAutochtonesPremières Nations Métis 710 Inuits 75 Total population autochtoneCanadiens européensTotal population100,00
Les Micmacs sont toujours présents, au nombre de 841 en 1992, à l'île Lennox et à Scotchfort. L'Île-du-Prince-Édouard est la province la plus homogène, la plupart des habitants étant canadiens anglais, autrement dit des personnes d'origine anglaise, écossaise ou irlandaise. Les Acadiens sont le second groupe ethnique en importance, au nombre de . On retrouve aussi d'autres groupes ethniques provenant d'une immigration plus récente, particulièrement des Néerlandais et des Libanais.
Langues thumb|Langue maternelle sur l'Île-du-Prince-Édouard.
+Langues maternelles à l'Île-du-Prince-Édouard en 2016LangueNombre % de la populationAnglaisFrançaisMandarinAnglais et français485Anglais et une langue tierce460
La population de la province est très majoritairement anglophone. Néanmoins, il y existe une communauté francophone, majoritaire dans le canton du Lot 15 dans le comté de Prince.
Religions