Sienne (Siena en italien) est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom, dans la région de Toscane. Elle compte en 2017.
La ville est célèbre pour son patrimoine artistique et pour la course du Palio delle Contrade, souvent abrégé en Palio, une spectaculaire course de chevaux qui voit s'affronter les contrade (paroisses et quartiers) de la ville deux fois par an, le et le . Son centre historique figure dans la liste du patrimoine mondial établie par l'UNESCO sous le nom de centre historique de Sienne.
Géographie Situation vignette|Le centre historique de la ville de Sienne vu depuis le haut du facciatone, mur inachevé du Duomo. vignette|Sienne, vue de San Clemente in Santa Maria dei Servi. Sienne se situe au centre d'une zone collinaire, entre les vallons de l' au sud, de la au sud-ouest et de l'Elsa au nord, avec les collines du Chianti au nord-est, la Montagnola Senese à l'ouest et les Crete senesi au sud-est. Le site en « coquillage » est le point d'intersection des trois collines sur lesquelles Sienne est située.
Sismicité La ville est classée en zone 3, de sismicité basse.
Frazione Les principaux hameaux de la commune sont Costalpino, Isola d'Arbia, Ruffolo, San Miniato, Taverne d'Arbia et Vignano.
Communes limitrophes
Histoire
vignette|Façade de la cathédrale de Sienne, le Duomo.
Antiquité Selon la légende, Sienne fut fondée par Senius et Aschius, fils de Rémus, lui-même frère de Romulus (fondateurs de Rome). Ils fuirent la ville de Rome, sur deux chevaux donnés par Apollon et Diane, l'un blanc et l'autre noir, pour échapper à la fureur de leur oncle Romulus. Ils s'arrêtèrent dans la vallée du Tressa et fondèrent une ville qu'ils baptisèrent du nom de l'aîné, Sienne (en latin Sena Julia). Le blanc et le noir devinrent alors les couleurs de la ville.
Sienne fut une colonie romaine fondée par Auguste, mais le premier document connu référençant le lieu date de l'an 70. Cependant dans le centre historique de la ville furent trouvées des preuves archéologiques d'une installation étrusque antérieure.
Moyen Âge Au , elle devint siège épiscopal. La ville se développe dès le à l'époque des rois lombards. Devenue cité libre et indépendante au , elle fut la rivale de Florence, d'autant plus que gibeline, c'est-à-dire partisane de l'empereur, elle s'opposait à la politique guelfe – favorable au pape – de sa voisine qu'elle tint longtemps en respect avant de lui infliger une cinglante défaite en 1260, à la bataille de Montaperti.
Dès le , les nobles propriétaires de castellari, palais urbains munis d'une tour carrée, contrôlaient un réseau de rues privées qui les reliaient à leurs alliés mais aussi aux marchés et à des portes de sortie sur la campagne qui leur permettaient de fuir vers leurs fiefs. Au lendemain des batailles du , les factions victorieuses s'appliquaient à piller les vaincus et à incendier leurs palais. Ces lieux, tel Carthage dans l'Antiquité, étaient réputés maudits et on interdisait, en guise de punition, de reconstruire par-dessus. Laissés à l'abandon, ils devenaient ainsi des cloaques alors que la municipalité développait de grands soins à décorer et embellir la ville. Dans certains cas, les maisons n'étaient pas détruites mais confisquées par la municipalité, qui les rasait pour élargir les rues ou les places ; c'est ainsi que fut construite la Via Supra Posteria, aujourd'hui la Costa larga : tracée dès 1290, la municipalité attendit que Gabrielle Speranza, dont le palais se trouvait malencontreusement sur le chemin, soit déclarée traître et qu'un autre patricien meure, mais il a fallu attendre 1360 pour que cette voie soit ouverte.
En 1348, la cité est durement frappée par la peste, arrivée par les routes commerciales venues d'Asie. Les historiens estiment que la ville perd la moitié de ses habitants en moins d'un an, du fait de la haute contagiosité de la bactérie Yersinia pestis, et de l'impuissance des médecins de l'époque face à ce fléau. L'épidémie freine fortement le développement économique et artistique de Sienne, qui se retrouve bientôt surpassée par sa voisine, Florence.
Son saint patron est Ansanus († 304), martyr sous Dioclétien et fêté le . Il est représenté dans un polyptyque de cinq panneaux, réalisé vers 1326 par Simone Martini pour le Palazzo Pubblico. C'est un des trois panneaux conservés aujourd'hui au Metropolitan Museum of Art de New York.
Temps modernes La ville voit naître au l'Académie des sciences ou Accademia dei Fisiocritici.
Époque contemporaine La DIA de l'armée française atteint la ville en . Le général Monsabert qui commande la division répond à un officier subalterne qui lui demande d'approuver un plan de préparation d'artillerie Jacques de Monsabert, cité par . La ville sera finalement prise sans combat.
Politique et administration Administration municipale La ville est administrée par un conseil de 32 membres élus pour cinq ans. Depuis les dernières élections du , la ville est dirigée par une municipalité de centre droit.
Population et société Démographie
Personnalités
Ansanus (284-304), martyr reconnu saint par l'Église catholique, mort à Sienne et patron de la ville. Alexandre III (1105-1181), pape né à Sienne. Giovanni Pisano (1248-1318), architecte et sculpteur mort à Sienne. Duccio di Buoninsegna (vers 1255-vers 1319), peintre de l'École siennoise, né et mort à Sienne. Joachim Piccolomini (1258-1305), servite reconnu bienheureux par l'Église catholique, né et mort à Sienne. François Patrizi (1266-1328), servite reconnu bienheureux par l'Église catholique, né et mort à Sienne. Bernard Tolomei (1272-1348), fondateur de l'ordre du Mont-Olivet reconnu saint par l'Église catholique, né et mort à Sienne. Pietro Lorenzetti (1280-1348), peintre de l'École siennoise, né et mort à Sienne. Simone Martini (1284-1344), peintre et enlumineur de l'École siennoise, né à Sienne. Ambrogio Lorenzetti (1290-1348), peintre de l'École siennoise, né et mort à Sienne. Giannino Baglioni (1316-1363), marchand et prétendant au trône de France. Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine reconnue sainte et docteur de l'Église par l'Église catholique, née à Sienne. Étienne Maconi (1347-1424), secrétaire de Catherine de Sienne puis chartreux, reconnu bienheureux par l'Église catholique, né à Sienne. Bernardin de Sienne (1380-1444), franciscain observant reconnu saint, étudie à Sienne. Girolamo Ghinucci (1480-1581), cardinal né à Sienne. Bernardino Ochino (1487-1564), capucin puis théologien protestant, né à Sienne. Fabio Mignanelli (1496-1557), cardinal et préfet du tribunal suprême de la Signature apostolique, né à Sienne. Le Riccio (1505- vers 1572), peintre, sculpteur et architecte de l'école siennoise, né et mort à Sienne. Ventura Salimbeni (1568-1613), peintre et graveur de l'école siennoise, né et mort à Sienne. Francesco Piccolomini (1582-1651), supérieur général de la Compagnie de Jésus, né à Sienne. Alexandre VII (1599-1667), pape né à Sienne. Caterina Vizzani (1719-1743), femme italienne travestie en homme, y est morte. Paolo Lombardi (1827-1890), photographe né et mort à Sienne. Savina Petrilli (1851-1923), fondatrice des sœurs des pauvres reconnue bienheureuse, née et morte à Sienne. Bianca Piccolomini Clementini (1875-1959), fondatrice reconnue vénérable par l'Église catholique, née et morte à Sienne. Federigo Tozzi (1883-1920), romancier, poète et journaliste né à Sienne. Alfredo Martinelli (1899-1968), acteur de cinéma. Gianna Nannini (1954- ), chanteuse née à Sienne. Alessandro Nannini (1959- ), pilote automobile, vainqueur de Grand-prix en Formule 1, né à Sienne. Margherita Zalaffi (1966- ), championne olympique d'escrime, née à Sienne. Drusilla Foer, présentatrice télévisuelle. Jean Luchaire, fils de l'écrivain italianiste Julien Luchaire y est né en 1901
Culture et patrimoine
Monuments vignette|Le Palazzo Pubblico et la Torre del Mangia. Religieux La Cathédrale Santa Maria Assunta L'ancien hôpital Santa Maria della Scala en face de la cathédrale. Il comporte plusieurs étages, sous le niveau de la place, comportant de nombreux oratoires. Les oratoires du sanctuaire Sainte-Catherine-de-Sienne La basilique Saint-François La basilique San Domenico La Basilica di San Clemente in Santa Maria dei Servi L'église Saint-Gaëtan L'église Saint-Georges L'église Saint-Martin La basilique de l'Observance L'église Saint-Augustin L'église du Saint-Esprit La synagogue de Sienne
vignette|Le centre historique dominé par la Torre del Mangia, le Duomo... Civils la Piazza del Campo (il Campo), place centrale de la ville ; Le Palazzo Pubblico, Palazzo Comunale, siège du gouvernement municipal, le Cortile del Podestà et la Torre del Mangia de 102 m ; il héberge le Museo Civico. La fontaine dite Fonte Gaia, originellement sculptée par Jacopo della Quercia entre 1409 et 1419. Refaite librement, en 1868, en marbre par Tito Sarrocchi. Le Palazzo Chigi Saracini (tour du , parties Renaissance, façade gothique, salle de concert rococo), siège de l'Académie musicale Chigiana de Sienne, fondée en 1932 par le comte Guido Chigi Saracini. La Loggia della Mercanzia Le Palazzo delle Papesse, qui accueillait auparavant un centre d'art contemporain. Les maisons-tours : Torre dei Forteguerri Torre dei Montanini Torre degli Incontri La Forteresse Médicis, Les Murailles de Sienne, ses remparts et ses portes : Porta di Fontebranda, Porta Ovile, Porta all'Arco, … Les Bottini de Sienne, l'aqueduc médiéval souterrain long de 25 kilomètres.
Musées vignette|Giovanni di Paolo, La Vierge de l'humilité (v. 1450), école siennoise. La ville de Sienne est connue pour sa tradition picturale qui s'est étendue du , avec l'école siennoise (distincte de l'école florentine) et dont les œuvres sont présentes dans les musées de la ville. Le Museo Civico, au premier étage du Palazzo Pubblico. Le Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo, musée de la cathédrale comportant des sculptures originales de la façade ; s'y tient une exposition permanente sur le peintre Duccio. Le complexe muséal dans l'hôpital Santa Maria della Scala en face du Duomo. Il comporte plusieurs étages, et depuis quelques années, le Musée archéologique national ; le centre d'art contemporain, anciennement au Palazzo delle Papesse. La pinacothèque nationale de Sienne. Le musée diocésain dans l'oratoire de la Compagnie de Saint Bernardin
Le Palio
vignette|Piazza del Campo. La célèbre course de chevaux remonte à la fin du . Le concile de Trente interdisant les manifestations violentes (chasses aux taureaux, joutes collectives, etc.) qui se déroulaient, à Sienne, sur la place centrale (Piazza del Campo), la municipalité choisit alors d'instaurer une course de chevaux dans les rues de la ville.
En 1605, pour améliorer la sécurité des habitants, la course fut déplacée sur le Campo. En même temps, la course se courut désormais non plus entre individus (souvent de riches aristocrates) mais par contrada, à la fois quartier et paroisse de la ville. vignette|260x260px|Contrade de Sienne et leurs drapeaux.