France Régions 3, généralement plus connue sous le sigle FR3, est une société nationale de programme de télévision opérant une chaîne de télévision généraliste française de service public du même nom à vocation régionale. Elle est lancée le , succédant directement à la Troisième chaîne couleur de l'ORTF créée le .

FR3 est diffusée jusqu'au date à laquelle elle devient France 3, en intégrant le nouveau groupe audiovisuel public France Télévisions.

Histoire de la chaîne 1974-1975 : La création de FR3

En 1974, le nouveau président de la République Valéry Giscard d'Estaing demande à son Premier ministre de présenter une communication sur l’Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) au Conseil des ministres du . Jacques Chirac assure alors que . La loi du Loi n° 74-696 du 7 août 1974 relative à la radiodiffusion et télévision française, Journal officiel, 8 août 1974. supprime l'ORTF et crée sept organismes autonomes, dont trois sociétés nationales de programme de télévision, une société nationale de radiodiffusion sonore, deux établissements publics à caractère industriel et commercial chargés de la production et de la diffusion et un institut national de l'audiovisuel. Le monopole d'État est maintenu et chacune des sociétés est placée sous la tutelle du Premier ministre. Le directeur de la télévision de l'Office, Claude Contamine, est nommé en conseil des ministres président de la future société nationale de programme de télévision devant succéder à la troisième chaîne de l'ORTF. Le choix d'un gestionnaire issu du sérail vient répondre au visage déjà bien prédéfini de la future troisième chaîne dans la loi du dont l'article 10 précise que Gilbert Grégoire, Notre cher cinéma, L'Harmattan, 2008.. Ce point est d'ailleurs clairement inscrit dans le cahier des charges de la société nationale de programme France Régions 3, ce qui en fait non seulement la chaîne des régions, mais surtout la chaîne du cinéma et de la fiction au sens large, FR3 devant consacrer plus de la moitié de ses soirées à la diffusion de films et téléfilms. Cette nouvelle société nationale de programme de télévision est aussi chargée par la réforme de gérer et développer les centres régionaux de radio et de télévision issus de l'Office (22 stations régionales et 29 centres radiophoniques régis par 11 directions métropolitaines et une direction DOM-TOM gérant 9 stations dans l'Outre-mer français). On compte alors sur les productions des 22 stations régionales, équivalentes alors à 35 minutes de télévision régionale par jour.

1975-1982 : La chaîne régionale et du cinéma La loi du entre en application le avec la naissance officielle des trois sociétés nationales de programme de télévision Télévision française 1 (TF1), Antenne 2 (A2) et France Régions 3 (FR3), de la société nationale de radiodiffusion sonore Radio France, de la Société française de production (SFP), de Télédiffusion de France (TDF) et de l’Institut national de l'audiovisuel (INA).

Le lundi à , France Régions 3 ouvre son antenne avec une grille de programme en tout point semblable à celle de l'ancienne troisième chaîne. La chaîne ne diffuse que quatre heures de programmes par jour et ne consacre que cinq minutes à son émission d'inauguration ce soir du pour laisser place au film Peau d'âne de Jacques Demy.

TDF active les émetteurs de FR3 à , fait paradoxal car la chaine diffuse alors autant la mire que de programmes propres. Jusqu'à l'arrivée d'une émission sur 24, TDF va diffuser FIP comme fond sonore de 1975 à 2000 sur le réseau 3, puis France Info jusqu'en 2002.

Les programmes de FR3 sont essentiellement consacrés au cinéma, aux débats et aux décrochages régionaux. Chaîne du cinéma, FR3 participe en tant que coproducteur et pour une somme de francs au développement du Compte-rendu intégral de la du Sénat du mardi 9 décembre 1975, Journal officiel, 10 décembre 1975.. À la suite de plaintes des propriétaires de salle de cinéma, qui s'inquiètent d'une concurrence déloyale, Claude Contamine négocie avec le Bureau de liaison de l'industrie cinématographique (BLIC) la suppression de la diffusion du film du vendredi, du samedi et du dimanche soir, ainsi que douze diffusions de film le mercredi soir tout en créant en contrepartie une case ciné-club le dimanche soir en seconde partie de soirée. L'accord est finalisé le et le Cinéma de minuit est à l'antenne deux mois après.

Le , un accord est passé entre les deux sociétés nationales de programme FR3 et TF1 afin de permettre à cette dernière, qui a hérité du premier réseau VHF noir et blanc en 819 lignes, de pouvoir diffuser ses programmes en couleur. FR3 accepte de mettre à la disposition de TF1 le réseau de diffusion en couleur qui lui est réservé pour des transmissions régulières l'après-midi jusqu’au démarrage de ses propres programmes à . L'accord prévoit en contrepartie que TF1 fasse travailler les centres régionaux de production de FR3. La station ultra-marine FR3-Comores devient FR3 Mayotte le à la suite de la déclaration d'indépendance de la république fédérale islamique des Comores. Avec l'apparition progressive d’un contenu télévisuel plus spécifiquement régional en 1976, l’État entreprend très lentement la régionalisation administrative et économique du territoire français où les stations régionales entrent progressivement dans ce nouveau cadre.

FR3 doit se séparer de sa station de radiodiffusion ultra-marine du territoire français des Afars et des Issas le à la suite de la déclaration d'indépendance de la république de Djibouti et bien que celle-ci apparaisse toujours au générique d'ouverture d'antenne de la chaîne.

Le , le débat opposant Valéry Giscard d'Estaing à François Mitterrand pour le deuxième tour de l’élection présidentielle, arbitré par Jean Boissonnat et Michèle Cotta est diffusé simultanément sur TF1, Antenne 2 et FR3.

Bien qu'ayant longtemps dénoncé la mainmise du pouvoir sur la télévision, la gauche, qui accède au pouvoir le , use à son tour de cette habitude d'interventionnisme pour nommer en conseil des ministres de nouveaux présidents à la tête des sociétés nationales de programme de télévision plus acquis à ses idées et qui sont eux-mêmes chargés de nettoyer leur chaîne des émissions, journalistes et animateurs suspectés d'accointances avec l'ancienne majorité. Ainsi, le journaliste Guy Thomas est nommé président de FR3 le . Celui-ci nomme Serge Moati à la direction des programmes avec l'idée de renforcer le caractère culturel et régional de l'antenne.

1982-1989 : L'éclatement des identités La loi -652 du sur la communication audiovisuelle supprime le monopole d'État et recréé par le décret -790 du Décret n° 82-790 du 17 septembre 1982 portant création d'une société nationale de télévision dénommée France Régions 3, Journal officiel, 18 septembre 1982. la société nationale de télévision en couleur France Régions 3 qui est maintenant placée sous la tutelle de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle qui établit le cahier des charges, veille aux règles de concurrence et nomme le président de la chaîne. Guy Thomas n'est pas confirmé dans son poste par la nouvelle instance de tutelle qui nomme André Holleaux à sa place. Parallèlement à la loi de décentralisation administrative, la loi de 1982 prévoit une large décentralisation de la radio et de la télévision. Pour ce faire, FR3 cesse d'être l'opérateur des 29 centres radiophoniques régionaux qui sont transférées à Radio-France et perd également ses activités audiovisuelles ultramarines dans FR3 DOM-TOM au bénéfice de la nouvelle société nationale de programme RFO qui vient d'être créée à cet effet. De même, le texte de loi prévoit la création de douze sociétés régionales de télévision, ayant les mêmes pouvoirs de programmation et de gestion que la société nationale, possédant leur propre conseil d'administration dont le président serait nommé par la Haute Autorité. La loi prévoit aussi l'augmentation de la part des programmes régionaux à l'antenne qui doivent passer de trente-cinq minutes à une heure par jourAndré Holleaux réaffirme la vocation régionale de FR3, Soir 3 du 27 novembre 1982, FR3, ina.fr., ce qui nécessite un accroissement du budget de FR3 d'environ 220 millions de francs qui, selon la direction de la chaîne, pourrait être couvert par l'ouverture de l'antenne à la publicité de marque dont le revenu est estimé à 250 millions de francsRéforme de FR3 et du budget engagé dans l'effort de décentralisation, Midi 2 du 18 novembre 1982, Antenne 2, ina.fr.. Le , la Haute Autorité de la communication audiovisuelle autorise la publicité de marque sur le réseau national de FR3Jingle Régie française de Publicité FR3 en 1983, ina.fr. à hauteur de 250 millions de francs par an (soit 10 % des recettes cumulées de TF1 et Antenne 2), bien que le plan de décentralisation de 1982 soit freiné par le pouvoir en raison notamment des mauvais résultats pour la majorité aux élections municipales de 1983. La publicité apporte un complément de revenu à FR3 qui, compte tenu de ses stations régionales, a le plus gros budget et le plus de personnel des trois chaînes publiques, ce que la redevance seule ne suffit plus à financer. La régionalisation est bien au cœur du cahier des charges fixé par la Haute Autorité à la chaîne en 1984. Il limite ainsi le nombre de diffusions de films par an à 170, à l'identique de TF1 et Antenne 2, ce qui fait perdre à FR3 sa spécificité de chaîne du cinéma au profit de la future nouvelle chaîne privée Canal+ pour ne lui laisser que sa spécificité régionale, et autorise la publicité de marque sur les antennes régionales de FR3.

Le , FR3 change d'habillage et révolutionne sa grille de programme en ouvrant son antenne à , au lieu de jusque-là, et en mettant à l'antenne un nouveau rendez-vous d’information locale, nationale et internationale baptisé 19/20 créé et présenté par Henri Sannier avec Ghislaine Ottenheimer. Les speakerines font également leur apparition la même année.

En 1986, le gouvernement de Jacques Chirac propose la privatisation d'une des trois chaînes de télévision publique. Initialement pressentie, le choix de FR3 est finalement abandonné, à cause de sa structure régionale, pour se reporter sur TF1. La CNCL nomme René Han à la direction de la chaîne en décembre, qui réoriente les programmes nationaux vers une mission plus culturelle.

1989-1992 : La refonte du service public Dans un souci de renforcement de l’audiovisuel public face à la concurrence privée, le Conseil supérieur de l'audiovisuel réunit, par la loi des 2 et , Antenne 2 et FR3 sous une présidence commune en la personne de Philippe GuilhaumeCSA - Communiqué de presse - Bilan 1989 d’Antenne 2 et FR3. Des synergies entre les deux chaînes apparaissent, comme des bandes-annonces groupéesFR3 annonce le programme d'A2, FR3, 1990, ina.fr. et l'harmonisation des programmes du vendredi soir.

Malgré un bilan honorable sur FR3, Philippe Guilhaume est contraint à la démission le par le ministre de la Culture Catherine Tasca et remplacé par Hervé BourgesCSA - Communiqué de presse - Hervé Bourges nommé président des sociétés Antenne 2 et FR3.

La chaîne voit un redressement de son audience en 1990 mais connait des pertes financières importantes. Hervé Bourges s'en inquiète et déclare vouloir commander un audit financier début 1991. L'audit, complété au printemps 1991, identifie un déficit de 103 millions de francs en 1990. Le budget pour 1991, adopté le , prévoit un déficit de 255 millions de francs. Le déficit 1990 est finalement annoncé à 179,8 millions de francs par le ministre délégué à la Communication Georges Kiejman à l'Assemblée nationale le alors qu'un plan de rationalisation des dépenses est en cours d'élaboration. Les syndicats de FR3 appellent à une grève pour le demandant l'arrêt immédiat des .