L'environnement en Sierra Leone désigne l'ensemble des composantes naturelles, physiques et biologiques du territoire de la Sierra Leone, ainsi que les interactions entre les sociétés humaines et leur milieu.
Le pays possède des écosystèmes variés, mais est exposé à plusieurs risques naturels, notamment aux inondations et à la submersion marine. Ces risques sont susceptibles d'être aggravés par les effets du changement climatique, en particulier l'élévation du niveau de la mer et l'intensification de certains phénomènes météorologiques extrêmes.
Biodiversité Milieux naturels vignette|En 2019, la Sierra Leone avait un score moyen de l'indice d'intégrité du paysage forestier de 2,76.|220x220px
La Sierra Leone présente quatre grandes régions écologiques : les mangroves côtières, les régions de collines boisées, les plateaux d'altitude et les montagnes orientales.
Le littoral, long d'environ , comprend notamment des plages, des falaises, des lagunes, des estuaires, des vasières et des zones de mangrove. La péninsule de Freetown, où se trouve la capitale Freetown, se distingue par son relief montagneux. L'intérieur du pays est constitué de plaines, de plateaux et de collines boisées, tandis que l'est est marqué par les reliefs montagneux. Le mont Bintumani, également appelé Loma Mansa, constitue le point culminant du pays avec d'altitude.
Le climat de la Sierra Leone est de type climat tropical, caractérisé par une saison des pluies généralement comprise entre mai et novembre et une saison sèche de décembre à avril.
Faune et flore vignette|Chimpanzés d'Afrique de l'Ouest dans la Western Area Forest Reserve en Sierra Leone. La Sierra Leone possède une biodiversité importante, notamment dans les forêts tropicales de la région de la Haute-Guinée, les mangroves et les zones humides. Sa faune comprend notamment le chimpanzé de l'Ouest, l'hippopotame nain, l'éléphant de forêt d'Afrique et de nombreuses espèces de primates et d'oiseaux. Le parc national de Gola Rainforest et le sanctuaire de faune de l' constituent notamment des refuges importants pour plusieurs espèces menacées.
La flore est caractérisée par les forêts tropicales humides, les forêts-galeries, les savanes boisées et les mangroves littorales. La forêt de Gola dans la province de l'Est constitue l'un des derniers grands ensembles de forêt tropicale de Haute-Guinée, tandis que les mangroves jouent un rôle important dans les écosystèmes côtiers. La conservation de ces milieux constitue un enjeu majeur face à la déforestation, à l'exploitation des ressources naturelles et à la perte d'habitats.
Dans la forêt de Gola, le financement carbone contribue à la conservation de la biodiversité en apportant des ressources supplémentaires à la protection des forêts et des espèces menacées. Ce mécanisme permet notamment de soutenir les communautés locales et de développer des activités destinées à réduire la pression exercée sur les ressources forestières.
Espaces protégés
vignette|Picatharte chauve (Picathartes gymnocephalus), dans la , en Sierra Leone. La Sierra Leone dispose d'un réseau d'aires protégées destiné à préserver ses forêts, sa faune, ses zones humides et ses écosystèmes côtiers. Le réseau comprend notamment des parcs nationaux, des réserves forestières, des réserves de faune, des sanctuaires et des aires marines protégées.
Parmi les principaux espaces protégés figurent le parc national de la forêt de Gola, le , le et le Western Area Forest Reserve, ainsi que le sanctuaire de faune de l'île de Tiwai et la réserve forestière de Collines de Kangari. Ces espaces jouent un rôle important dans la conservation de la biodiversité et la protection des habitats naturels.
Impacts sur les milieux naturels
Activités humaines Agriculture vignette|Rizières dans les mangroves autour de Rokupr, en Sierra Leone. Dans la ville de Kenema, les changements dans le régime des précipitations, les périodes de sécheresse et les fortes pluies affectent les activités agricoles, notamment en compliquant la planification des semis et des récoltes. Les inondations peuvent également endommager les cultures et perturber leur transport vers les marchés. Des initiatives locales encouragent ainsi les agriculteurs à diversifier leurs cultures et à recourir à l'agroforesterie afin de mieux s'adapter aux conditions climatiques changeantes.
La promotion de l'agriculture durable en Sierra Leone vise notamment à préserver la qualité des sols, à économiser les ressources en eau et à protéger la biodiversité, tout en améliorant la productivité agricole. Des programmes de formation encouragent des pratiques telles que la rotation des cultures, l'agroforesterie et l'agriculture biologique. Leur adoption reste toutefois limitée par l'accès insuffisant aux ressources et aux connaissances, les contraintes économiques et les effets du changement climatique sur la production agricole.
Chasse, pêche et braconnage vignette|Bateaux de pêche au quai de Goderich, en Sierra Leone. La chasse constitue une pression sur la faune sauvage, notamment dans les forêts de la Haute-Guinée. Dans le parc national de la forêt de Gola, le braconnage demeure une menace pour certaines espèces, parmi lesquelles le perroquet timneh et le chimpanzé d'Afrique de l'Ouest. Des patrouilles de gardes forestiers sont organisées afin de surveiller les zones protégées et de lutter contre les activités illégales, avec la participation des autorités locales et des communautés riveraines. Dans le complexe Gola-Tiwai, la chasse, autrefois largement pratiquée, est aujourd'hui à un niveau beaucoup plus faible, tandis que la participation des populations locales contribue à la protection des espèces et des habitats.
La pêche en Sierra Leone joue un rôle important dans la sécurité alimentaire, les revenus et les moyens de subsistance des populations. Le secteur est toutefois confronté à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), notamment du fait de navires étrangers opérant dans les eaux sierra-léonaises. Pour lutter contre ce phénomène et assurer une exploitation durable des ressources halieutiques, le pays a renforcé la réglementation, la surveillance et le contrôle des activités de pêche, et a adhéré en 2018 à l'.
Pression sur les ressources non renouvelables L'exploitation minière industrielle exerce une pression sur les ressources naturelles et affecte les communautés agricoles de la Sierra Leone. Une étude parue en 2025, consacrée à la ville de Kenema, menée auprès de , met en évidence des effets négatifs de l'activité minière sur plusieurs composantes de leurs moyens de subsistance, malgré certaines retombées positives sur les ressources financières. Les auteurs soulignent notamment l'importance d'une meilleure prise en compte des dimensions environnementales et sociales de l'exploitation minière.
Pollutions Émissions de gaz à effet de serre (GES) Le secteur des transports constitue une source importante d'émissions de gaz à effet de serre et de pollution atmosphérique en Sierra Leone. À Freetown, il représente environ 31 % des émissions municipales de gaz à effet de serre. L'augmentation du nombre de véhicules, la congestion routière et l'utilisation de véhicules anciens contribuent aux émissions polluantes et à leurs effets sur la santé. Les politiques de modernisation des transports publics, notamment le remplacement de nombreux petits véhicules par des autobus de plus grande capacité, visent notamment à réduire la congestion et les émissions.
Pollution de l'air La pollution de l'air constitue un problème environnemental et sanitaire en Sierra Leone, particulièrement dans les zones urbaines. À Freetown, elle est notamment liée aux émissions des véhicules, aux activités industrielles et à la combustion de la biomasse. Le pays ne dispose pas encore d'un système national complet de surveillance de la qualité de l'air, ce qui limite la disponibilité des données permettant d'évaluer précisément la pollution atmosphérique.
La combustion de combustibles solides pour la cuisson contribue également à la pollution de l'air intérieur. Cette situation constitue un enjeu sanitaire, notamment dans les zones où l'accès à des sources d'énergie moins polluantes demeure limité.
Pollution de l'eau La pollution de l'eau constitue un enjeu environnemental et sanitaire en Sierra Leone. Dans le bassin versant du Rokel, une évaluation de la qualité de l'eau a montré que plus de la moitié des tronçons de cours d'eau analysés ne respectaient pas les normes nationales, dans un contexte notamment marqué par les rejets d'eaux usées non traitées et le ruissellement agricole. La qualité de l'eau potable est également affectée par un contrôle insuffisant de la pollution et par le manque de systèmes de traitement et de stockage. Un rapport des Nations unies fait état de la contamination d'une part importante des sources d'eau améliorées par la bactérie Escherichia coli. Une étude menée à Bo sur a par ailleurs constaté que seuls 38,9 % des sources analysées respectaient les critères de sécurité microbiologique de l'OMS, la contamination fécale constituant le principal risque sanitaire identifié.
Face à ces difficultés, les autorités sierra-léonaises ont commencé à renforcer la surveillance de la qualité de l'eau, notamment dans le bassin du Rokel, avec la perspective d'étendre le suivi à d'autres bassins et de renforcer les capacités des laboratoires. Ces mesures visent à améliorer la connaissance de la qualité des ressources en eau et à renforcer la gestion de leur pollution.
Gestion des déchets La gestion des déchets constitue un enjeu environnemental important en Sierra Leone, particulièrement dans les zones urbaines. À Freetown, la croissance rapide de la population entraîne une augmentation de la production de déchets, tandis que la couverture de collecte reste limitée et les services irréguliers. Une partie des déchets est déposée le long des routes ou dans les caniveaux, tandis que leur brûlage, sans contrôle des émissions atmosphériques, contribue également à la pollution.
La question des déchets dangereux revêt également une dimension sanitaire et environnementale. En 2017, un expert des Nations unies a alerté sur l'exposition de populations aux déchets toxiques autour de la principale décharge de Freetown et sur l'insuffisance des données permettant d'évaluer leur présence dans l'air, l'eau et les sols. Le cadre de gestion repose notamment sur la stratégie nationale intégrée de gestion des déchets (Integrated National Waste Management Strategy) et sur des dispositions législatives relatives à la santé publique. Le FMI recommande notamment de renforcer les infrastructures de traitement et de collecte, de développer le recyclage et de mettre en place des mécanismes financiers destinés à réduire les déchets plastiques et à favoriser leur récupération.
Impacts de l'urbanisation vignette|Maison inachevée à Freetown, située à proximité d'un canal d'évacuation des eaux, exposée à l'insalubrité et aux inondations saisonnières.
L'urbanisation rapide de Freetown exerce une forte pression sur les espaces disponibles et favorise l'occupation de secteurs exposés aux risques naturels, notamment les zones côtières et les terrains gagnés sur l'eau. Des quartiers précaires se développent ainsi dans des espaces particulièrement vulnérables aux inondations et à la submersion marine. L'extension de l'habitat sur les versants expose également certaines populations aux glissements de terrain et aux coulées de boue. Huit ans après les coulées de boue meurtrières de 2017, des constructions se poursuivent encore dans certains secteurs à risque.