La destruction du pont B1 de Karadj est la conséquence d'un bombardement aérien américain mené le contre le , un ouvrage alors inachevé situé à Karadj, en Iran, dans le cadre de la guerre américano-israélienne contre le pays. Plusieurs missiles frappent la structure, provoquant son effondrement partiel et faisant treize morts et au moins 95 blessés parmi la population civile. Selon l'agence de presse iranienne Fars News, la deuxième frappe survient une fois les premiers secours arrivés sur place pour porter assistance aux victimes de la première. Le vice-gouverneur de la province d'Alborz précise que les victimes sont des civils venus célébrer le Sizdah bedar dans la zone située sous le pont. L'attaque intervient sur fond de menaces répétées du président américain Donald Trump de détruire les infrastructures civiles iraniennes.

Contexte Les frappes font suite au discours prononcé quelques heures plus tôt par Trump, dans lequel il promet d'intensifier les bombardements contre l'Iran afin de .

Déroulement Abolfazl Rahmani, directeur général de la société chargée de la construction de la et présent sur les lieux le jour de l'attaque, détaille le déroulé des frappes en trois temps : une première frappe survient à (heure locale), lorsqu'un avion de chasse largue plusieurs GBU-31 JDAM sur la partie centrale et la section est du pont, détruisant le chariot de construction et un élément de jonction dans cette zone. Une deuxième frappe a lieu à : des chasseurs et des tirs de missiles de croisière Tomahawk visent les sections est et ouest de l'ouvrage, en trois points distincts, causant des dégâts sévères à la structure. Rahmani estime que ce deuxième assaut, survenu après l'arrivée des secours et alors que des habitants s'étaient rassemblés au pied du pont, a été délibérément programmé pour maximiser le nombre de victimes, la majorité des morts et des blessés étant recensée à ce stade. Vers , un drone frappe une dernière fois la structure et sectionne plusieurs de ses câbles.

Victimes Selon le vice-gouverneur de la province d'Alborz, Ghodratollah Seif, le bilan s'élève initialement à huit morts et 95 blessés, pour la plupart des habitants du village voisin de venus célébrer le Sizdah bedar, dernier jour du Norouz. Il ajoute qu' au moment de l'attaque. D'après l'agence Fars News, la deuxième frappe survient alors que les premiers secours portent assistance aux blessés de la première, faisant deux morts supplémentaires et plusieurs blessés. Le 3 avril, le directeur général de la Fondation des martyrs et des anciens combattants de la province d'Alborz, Amir Hossein Danesh-Kohan, annonce à l'IRNA que .

Réactions Le président américain Donald Trump salue la frappe : il publie une vidéo de l'explosion sur son réseau Truth Social et prévient que , exhortant l'Iran à . Il menace également de s'en prendre à d'autres , .

Le , Abbas Araghtchi, condamne l'attaque comme une violation du droit international, estimant que et que l'attaque . L' auprès des Nations unies, Amir-Saeid Iravani, qualifie quant à lui l'attaque contre ce site civil de et d'.

Aspects juridiques Selon certains experts du droit de la guerre, relayés par le New York Times, les infrastructures d'un pays peuvent être considérées comme des cibles légitimes dès lors qu’elles sont utilisées par ses forces armées ou qu'elles participent à la conduite d'opérations militaires. La licéité de leur ciblage doit néanmoins être appréciée au cas par cas. Pour ce qui est du pont B1, des responsables américains le présentent a posteriori comme une voie d'approvisionnement pour les missiles et drones iraniens. Le vice-gouverneur d'Alborz, Ghodratollah Seif, affirme toutefois qu'« il n'y avait absolument aucune activité militaire sur le pont » au moment de l'attaque. De plus, Brian Finucane, ancien juriste au département d'État américain, relève .

Plusieurs experts estiment ainsi que cette frappe, comme d'autres attaques menées contre des infrastructures civiles, pourrait constituer un crime de guerre. Ils invoquent les Conventions de Genève, qui interdisent la destruction des , ainsi que la mise en accusation, par la Cour pénale internationale (CPI), de quatre responsables militaires russes en 2024 pour avoir systématiquement visé le réseau électrique ukrainien.

Coût et reconstruction Selon Abolfazl Rahmani, directeur général de la société chargée de la construction de la rocade nord de Karadj, le pont B1, achevé à 92 ou 99 % au moment de sa destruction, avait nécessité jusqu'à celle-ci un investissement d'un peu moins de 15 billions de rials (environ 310 millions d'euros). Il chiffre la reconstruction à au moins 35 billions de rials, mais précise qu'une démolition totale suivie d'une reconstruction complète demanderait des études techniques supplémentaires pour en connaître le coût réel. Il indique que les ingénieurs procèdent actuellement à une analyse approfondie du comportement structurel de l'ouvrage, notamment de son tablier et de ses câbles, afin d'évaluer les dommages subis. L'objectif est de privilégier, si l'état du pont le permet, une reconstruction partielle, combinant la démolition des éléments irrémédiablement endommagés et une nouvelle conception des sections à reprendre, de manière à préserver le pont en tant que symbole national. Le , , directeur général de la Société iranienne de construction et de développement des infrastructures de transport, annonce le lancement des travaux de reconstruction du pont B1 par les opérations de déblaiement des gravats, prévues pour durer une semaine. Il estime le coût total des travaux à 37 billions de rials et prévoit leur achèvement en .

Références

Voir aussi Bombardement de l'école de Minab Destruction de la synagogue Rafi-Nia Bombardement du gymnase de Lamerd

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