José Luis Rodríguez Zapatero ( ) est un homme d'État espagnol né le à Valladolid, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Il a été président du gouvernement entre 2004 et 2011.
Il est élu député de la circonscription de León en 1986 et entre à la direction du PSOE en 1997. Trois ans plus tard, à la suite de la défaite aux élections générales, il devient secrétaire général du parti et le conduit à la victoire aux élections générales de 2004, puis de 2008.
Au cours de ses deux mandats, il procède au retrait des troupes déployées en Irak, promeut l'Alliance des civilisations, fait voter la légalisation du mariage des couples homosexuels et la réforme de nombreux statuts d'autonomie, dont celui de la Catalogne.
Il annonce, en , sa volonté de ne pas être candidat à un troisième mandat, puis convoque des élections générales anticipées le 20 novembre. Le scrutin étant remporté par le Parti populaire (PP), il cède le pouvoir, un mois plus tard, à Mariano Rajoy.
Origine familiale Un grand-père républicain José Luis Rodríguez Zapatero est né à Valladolid (Castille-et-León) le . Ses parents sont originaires de la ville de León , où il passe les premières années de son enfance. Son frère Juan a quatre ans de plus que lui, il est le cadet du mariage de son père, Juan Rodríguez García-Lozano, avocat et de sa mère, Purificación Zapatero, morte au mois d'. Son grand-père paternel est Juan Rodríguez Lozano, capitaine de l'Armée de terre fusillé le .
Éducation et formation Après une scolarité dans des centres religieux (Collège des Disciples de Jesús de León, puis au Colegio Leonés), il rentre à l'université de León pour suivre des études de droit suivant la tradition familiale (son père, doyen du collège des avocats de Valladolid, gère avec son autre fils un cabinet de droit administratif).
Il a effectué ses études en compagnie de José Antonio Alonso, qui devint son premier ministre de l'Intérieur en 2004.
En 1983, José Luis Rodríguez Zapatero est diplômé en droit, avec un mémoire de fin d'études consacré au statut de la communauté autonome de Castille-et-León (dernière région espagnole à se constituer comme autonome cette même année). Il est engagé comme professeur attaché en droit constitutionnel, et resta en contact avec l'enseignement universitaire jusqu'en 1986, année où il se consacre à sa carrière politique.
Nom et surnoms Comme tout le monde en Espagne et dans la plupart des pays d'Amérique hispanique, José Luis Rodríguez Zapatero a deux noms de famille : celui de son père, suivi de celui de sa mère. Cependant, dans la vie courante et dans les médias, il est coutume d'omettre celui des deux noms le plus courant ; ainsi, on le désigne régulièrement par son seul second nom, Zapatero. En revanche, si on emploie le prénom, on doit employer son prénom composé suivi de ses deux noms de famille : José Luis Rodríguez Zapatero, et non simplement « José Luis Zapatero », erreur commise dans les médias et relayée dans les pays non hispanophones.
Il est surnommé « Bambi » par certains de ses amis politiques. Un autre de ses surnoms habituels est « ZP », en rapport avec le sigle signifiant « Zapatero Presidente » choisi pour ses campagnes électorales. Il est quelquefois représenté de façon humoristique comme un justicier masqué signant avec un « ZP », rappelant le « Z » de Zorro.
Parcours politique Débuts Issu d'une famille de gauche, il se sent d'abord proche du Parti communiste d'Espagne (PCE). Il assiste pourtant en à un meeting du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Gijón et participe deux ans plus tard à des collages d'affiche pour ces deux partis. Il adhère au PSOE en .
Député au Congrès Pour les élections législatives anticipées du , il est investi en deuxième position sur la liste du PSOE dans la circonscription électorale de León, où cinq sièges sont à pourvoir. À , il est élu au Congrès des députés, dont il est alors le plus jeune membre. Il appartient initialement à la commission constitutionnelle et à la commission du Défenseur du peuple. Il rejoint en outre la commission de la Justice et de l'Intérieur en . Il est élu le suivant secrétaire général du Parti socialiste de León-PSOE (PSL-PSOE).
Dans la perspective des élections législatives anticipées du , il succède à José Álvarez de Paz comme tête de liste socialiste dans la circonscription de León. Après avoir été réélu, il est confirmé dans les trois commissions parlementaires dont il était déjà membre. Réélu secrétaire général du PSL-PSOE avec 98 % des voix le , il est désigné membre suppléant de la députation permanente en .
Après avoir remporté un troisième mandat au cours des élections législatives anticipées du , il continue de participer aux travaux de la commission de la Justice et de l'Intérieur, rejoint la commission du Règlement et la commission bicamérale pour l'Étude du problème des drogues, et se trouve confirmé comme suppléant à la députation permanente. Il est élu membre du comité fédéral du PSOE au congrès de .
Les élections législatives anticipées du lui permettent à d'obtenir son quatrième mandat parlementaire consécutif. Toujours suppléant de la députation permanente, il appartient désormais à la commission du Régime des administrations publiques. Il est choisi en suivant pour faire partie du groupe de travail entre le PSOE et la Gauche unie (IU) pour l'étude du financement des communautés autonomes.
À la suite du congrès fédéral socialiste de , il devient membre de la commission exécutive fédérale (CEF), sans responsabilités particulières. Il est nommé porte-parole du groupe socialiste au sein de la commission du Régime des administrations publiques en . Au mois de suivant, l'Association des journalistes parlementaires (APP) salue son travail, le désignant comme l'un des députés les plus actifs du PSOE.
Il se fait élire député de León une cinquième fois lors des élections législatives du . Il quitte peu après la CEF, dissoute au profit d'une direction provisoire en raison de la démission irrévocable et immédiate du secrétaire général du Parti socialiste Joaquín Almunia. Confirmé comme porte-parole au sein de la commission du Régime des administrations publiques, il est désigné membre de la commission des Budgets.
Direction du PSOE et de l'opposition (2000-2004) Il annonce le qu'il postule au poste de secrétaire général du PSOE dans le cadre du fédéral convoqué le mois suivant à Madrid. Il appuie alors sa candidature sur un groupe qui se baptise Nueva Vía. Partisan d'une ligne sociale-libérale, ce courant rassemble alors de jeunes députés et élus locaux comme Trinidad Jiménez, Juan Fernando López Aguilar, José Blanco, Carme Chacón ou encore Jesús Caldera.
Il doit affronter trois autres candidat, dont le José Bono, président de la Junte des communautés de Castille-La Manche depuis , qui bénéficie du soutien de l'appareil du parti. Après avoir refusé une offre de ce dernier d'occuper les postes de vice-secrétaire général et porte-parole du groupe parlementaire, Zapatero l'emporte par contre 405 à Bono, soit à peine neuf voix d'avance sur exprimés. Il constitue une nouvelle commission exécutive fédérale entièrement renouvelée, confiant le poste honorifique de président à Manuel Chaves, président de la Junte d'Andalousie, les fonctions stratégiques de secrétaire à l'Organisation à José Blanco, et le poste majeur de porte-parole parlementaire à Jesús Caldera.
Les élections municipales convoquées le constituent pour le PSOE sa première victoire nationale sur le Parti populaire (PP) depuis les législatives de . Avec 34,8 % des voix, les socialistes contrôlent désormais de plus de sur 218, soit onze de plus qu'en . Le résultat est plus mitigé dans les communes de plus de : s'il reprend Saragosse au PP, il lui abandonne Grenade, Almería, Burgos ou encore Móstoles. Aux élections autonomiques, les socialistes confirment leur domination dans leurs fiefs des Asturies, de Castille-La Manche et d'Estrémadure, perdent le pouvoir dans les Îles Baléares, échouent à le retrouver dans la communauté de Madrid à cause d'un scandale politique, et intègre la majorité parlementaire en Cantabrie.
Après les élections autonomiques du suivant en Catalogne, le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), qui bénéficie d'une autonomie complète pour négocier des alliances, passe un accord historique avec la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative (ICV-EUiA). Pasqual Maragall, ancien maire de Barcelone, est ainsi investi le président de la Généralité, mettant fin à au pouvoir de la fédération politique nationaliste de centre droit Convergence et Union (CiU).
Élections législatives de 2004 José Luis Rodríguez Zapatero est le candidat du PSOE à la présidence du gouvernement lors des élections générales du . Il est donné perdant par les sondages dans la plupart des médias, lorsque les attentats à Madrid du 11 mars 2004 surviennent, trois jours avant les élections.
Pour certains analystes, c'est principalement la manipulation de l'information pendant la crise par le gouvernement de José María Aznar, qui accuse alors l'ETA des attentats, qui va mobiliser militants et sympathisants de gauche contre le parti au pouvoir, et faire basculer les indécis.
D'autres analystes soulignent que Zapatero reçoit également le soutien d'un électorat mécontent de la guerre en Irak et de l'alignement avec les politiques du président George W. Bush, du contrôle gouvernemental de la radio-télévision publique, ainsi que de la gestion par le gouvernement du naufrage du pétrolier Prestige, qualifié de la plus grande « catastrophe » environnementale de l'histoire du pays par l'ensemble des médias. D'autres critères ont également participé à la mobilisation de l'électorat de gauche : la polémique autour des familles des militaires morts lors de l'écrasement d'un avion militaire Yak-43, l'opposition à la réforme du marché de travail, la montée des prix des logements ou encore l'affrontement avec les gouvernements des régions à forte personnalité comme la Catalogne et le Pays-Basque.
Dans ce contexte électoral, le candidat Mariano Rajoy voit passer le Parti populaire de la majorité absolue à l'opposition, de nombreux membres de son parti expriment leurs doutes sur la légitimité démocratique du nouveau gouvernement et favorisent dès lors un climat de dure confrontation entre les deux partis plus importants du pays.
Sans obtenir la majorité absolue, Zapatero doit compter au Parlement sur l'appui des autres deux partis qui composaient déjà avec les socialistes le gouvernement catalan : Izquierda Unida (IU, « Gauche unie », fédération des formations communiste et écologiste) et Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, « Gauche républicaine de Catalogne », indépendantiste).
Le premier gouvernement Zapatero (2004-2008) vignette|Premier cabinet Zapatero, en 2004.
Les deux premières années du gouvernement Zapatero ont été marquées par le retrait des troupes espagnoles d'Irak, la légalisation du mariage entre personnes de même sexe avec droit à l'adoption, une nouvelle régularisation massive d'immigrés sans-papiers, la réduction dans les écoles du poids de la religion, l'offre d'un dialogue visant à en finir avec le terrorisme basque de l'ETA, un projet d'« Alliance des civilisations » à l'ONU, l'appui au néonationalisme catalan dans un projet fédéraliste de refonte des autonomies régionales et la création d'une commission interministérielle pour élaborer, par respect à la « mémoire historique », un projet de loi rendant justice aux victimes du franquisme (ouverture de fosses communes de la Guerre civile, révision des procès de républicains condamnés, indemnisation des familles de fusillés, blessés et emprisonnés).
Premières décisions (2004) Politique étrangère vignette|José Luis Rodríguez Zapatero et le président George W. Bush lors de la réunion du G20 à Washington le .