Les élections régionales françaises de 2004 ont lieu les et .

de conseillers régionaux sont à pourvoir dans 26 régions (22 en métropole, 4 dans les départements d'Outre-mer) dont la population varie de (Guyane) à d'habitants (Île-de-France). Elles ont lieu en même temps que les élections cantonales.

En définitive, 24 régions sont remportées par la gauche (en 1986 et 1992, la droite en avait remporté 20 sur 22, alors qu'en 1998, elle n'en avait concédé que 7 à la gauche en métropole).

Mode de scrutin

Le mode de scrutin a été défini par la loi du . Il s'agit d'un scrutin proportionnel à deux tours avec prime majoritaire.

Contrairement aux élections de 1998, c'est désormais la région et non plus le département qui conduit une liste. Toutefois, afin de permettre aux électeurs d'identifier facilement les candidats de leur département, les listes comporteront des « sections départementales ».

Les principales dispositions du mode de scrutin sont :

Les citoyens élisent les conseillers régionaux : pour six ans, au scrutin de liste, selon un système mixte combinant les règles des scrutins majoritaire et proportionnel, en un ou deux tours, sans panachage ou vote préférentiel, tout bulletin modifié en quoi que ce soit par un électeur étant déclaré nul. Les listes sont déposées au niveau régional, mais les candidats sont répartis entre les départements (on parle de sections départementales) constituant la région. Le nombre de sièges à attribuer pour chaque liste est calculé globalement au niveau régional, puis réparti entre les sections départementales en fonction du nombre de suffrages obtenus dans chaque section. Lors du premier tour de scrutin, si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, elle obtient le quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages. sinon, il est procédé à un second tour la semaine suivante. Seules les listes ayant obtenu plus de 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent se maintenir au second tour de scrutin et éventuellement fusionner avec les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages. Au second tour, la liste qui arrive en tête obtient un quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au second tour.

Contexte

Pour la première fois depuis 2002, les Français sont appelés aux urnes. Après le séisme électoral du 21 avril 2002 et la large victoire de la droite aux élections législatives, ce scrutin revêt trois enjeux importants. Le premier est de savoir si la politique menée par le gouvernement Raffarin séduit les Français. Ensuite, la capacité de la gauche, grande perdante des scrutins de 2002, à se relever. Enfin, la capacité d'arbitrage du FN, renforcé par ses scores récents.

L'exécutif se présente aux élections dans une situation difficile. Le Président Jacques Chirac et le Premier ministre sont fortement impopulaires depuis plusieurs moisPopularité de Jacques Chirac sur le site de TNS SofresPopularité de Jean-Pierre Raffarin sur le site de TNS Sofres. La gauche, revenue dans l'opposition, a retenu les leçons du et se présente unie. Le PS s'est allié dès le premier tour avec les Verts dans 14 régions, idem avec le Parti communiste français. La droite est plus divisée, notamment à cause de l'éloignement de l'UDF qui ne s'allie au premier tour avec l'UMP que dans six régions.

Quant au Front national, il souhaite confirmer un peu plus son enracinement local. Même si le nouveau mode de scrutin ne le favorise pas, à cause de la prime majoritaire, le parti de Jean-Marie Le Pen espère jouer les arbitres.

Résultats nationaux et analyse

+ Résultats des élections régionales des 21 et Nuances de listeComposantesPremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%LGAListes de gauchePS - PCF - LVDans le cadre de listes de l'union de la gauche - PRG - MRC 36,8649,91 LDRListes de droiteUMP - UDF - MPF - FRS33,7336,84522LFNListes du Front nationalFN 14,7012,38156LXGListes d'extrême gaucheLO - LCR 4,95LVEListes des VertsLVHors listes d'union de la gauche2,25LCPListes Chasse, pêche, nature et traditionsCPNT1,64LECListes écologistesMÉI - GÉ - Cap21 - - LT-LNÉ1,59LXDListes d’extrême droiteMNR - - ADA1,44LDGListes divers gaucheVariables1,040,4336LDDListes divers droiteVariables0,740,044LRGListes régionalistesUN, MIM et autres0,390,3936LDVListes "divers"PF, et autres0,68 Exprimés 95,28 96,03Votes blancs & nuls 4,72 3,97 Total 100 100 Abstension 39,16 34,34 Inscrits / participation 60,84 65,66

Premier tour

Démentant les craintes d'abstention record, le taux de participation est de 60,84 %.

Au soir du premier tour, la gauche parlementaire arrive en tête avec 39 % des suffrages. Net revers pour la majorité qui totalise moins de 34 % des voix. Le FN est en léger recul mais se maintient à près de 15 %. Dans toutes les régions, la gauche est en ballotage favorable, à l'exception de l'Alsace, de l'Auvergne et de la Corse, où le second tour s'annonçait serré. Si aucune région n'est emportée dès le premier tour, le score le plus retentissant est à mettre à l'actif de Ségolène Royal qui rassemble 46,29 % des voix en Poitou-Charentes. Cette région ayant été dirigée par Jean-Pierre Raffarin jusqu'en 2002, le résultat est d'autant plus symbolique. La droite parle d'un « à l'envers », tandis que la gauche fait état d'un « vote sanction » à l'encontre du gouvernement.

Le Front national réussit son pari et se maintient au second tour dans 17 régions, où le seuil des 10 % est atteint par les listes d'extrême droite. À droite et à gauche, l'heure est aux alliances. La droite porte ses espoirs sur l'Île-de-France, où la fusion des listes de Jean-François Copé et d'André Santini pouvait permettre un succès. Le parti majoritaire ne conclut en revanche aucune alliance avec le FN, contrairement à 1998. Les listes de la gauche parlementaire fusionnent dans les régions où elle n'était pas encore unie (et légalement possible) sauf dans deux régions où les candidats PS refusent l'apport des Verts. Si les alliés du PS échouent dans leur entreprise de mettre à mal son hégémonie au sein de la gauche, ils réalisent localement quelques succès notables. Les listes conduites par le Parti communiste français en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais, et la liste des Verts en région Rhône-Alpes atteignent toutes le seuil des 10 %. Avec un score moyen proche des 5 %, les listes d'union LO-LCR échouent à faire percer l'extrême gauche.

Avant le second tour, et ce malgré la fusion des listes UMP et UDF, tous les bastions détenus par la droite sont menacés, à l'exception de l'Alsace.

Second tour

Grosse surprise avec une France rose : vingt régions sur les vingt-deux dont les résultats sont connus (21 de métropole et La Réunion) passent ou restent à gauche, l'Alsace étant la seule à rester à droite. Le taux de participation, en baisse de à la mi-journée, a finalement atteint 65,66 %, améliorant ainsi le score du premier tour. Estimations à 20 heures pour les élections régionales : Selon TNS-Sofres pour TF1 : 49,8 % pour la gauche, 37 % pour la droite, 13,2 % pour le FN. Selon Ipsos pour France 2 : 48,7 % pour la gauche, 35,6 % pour la droite, 15,7 % pour le FN. Selon l'Institut CSA pour France 3 : 49,9 % pour la gauche, 37,2 % pour la droite, 12,9 % pour le FN.

La vague rose du premier tour s'est donc nettement amplifiée. La gauche progresse de onze points et frôle la majorité absolue des suffrages (49,9 %). La droite progresse de 3 % mais n'inverse pas la tendance et perd même largement l'Île-de-France puis l'Auvergne, détenue par Valéry Giscard d'Estaing depuis . Le Front national enregistre 12,4 % des voix, moins qu'au premier tour mais il faut signaler qu'il était éliminé dans 5 régions.

La droite minimise l'ampleur de la défaite par la voix de François Baroin, avançant comme argument le fait que la présence du FN au second tour a favorisé la gauche. Ce à quoi la gauche répliquera en notant que dans les régions où le Front national était éliminé, la droite s'incline malgré tout. Le report des voix et la participation à gauche ont été excellents. Par exemple, Ségolène Royal et Jacques Auxiette progressent entre les deux tours de plus de dix points alors qu'ils ne disposait que de 4,5 % à 6 % de réserve de voix à l'extrême gauche.

Il s'agit également des premières élections régionales où un nombre significatif (entre 42 et 59 en 2004, entre 5 et 10 en 1998) de candidats d'origine non-européenne (DOM-TOM, Maghreb, Afrique subsaharienne) entrent dans les conseils régionaux. De même l'application de la loi du sur la parité en politique amène des centaines de femmes à siéger au sein des conseils régionaux puisqu'elles en constituent 47,6 % des élusSite du sénat.

Résultats par région

Le premier tour eut lieu le 21 mars. Aucun candidat ne l'emporta et un deuxième tour eut lieu dans chaque région le 28 mars. Le deuxième tour n'est accessible qu'aux candidats ayant dépassé les 10 % au premier tour (en Corse le seuil est de 5 %).

+ Présidents sortants et présidents élus Région Président sortant Parti Président élu Parti Alsace Adrien Zeller UMP Adrien Zeller UMP Aquitaine Alain Rousset PS Alain Rousset PS Auvergne Valéry Giscard d'Estaing UMP Pierre-Joël Bonté PS Basse-Normandie René Garrec UMP Philippe Duron PS Bourgogne Jean-Pierre Soisson UMP François Patriat PS Bretagne Josselin de Rohan UMP Jean-Yves Le Drian PS Centre Alain Rafesthain PS Michel Sapin PS Champagne-Ardenne Jean-Claude Étienne UMP Jean-Paul Bachy PS Corse Assemblée José Rossi UMP Camille de Rocca Serra UMP Conseil exécutif Jean BaggioniUMP Ange Santini UMP Franche-Comté Jean-François Humbert UMP Raymond Forni PS Haute-Normandie Alain Le Vern PS Alain Le Vern PS Île-de-France Jean-Paul Huchon PS Jean-Paul Huchon PS Languedoc-Roussillon Jacques Blanc UMP Georges Frêche PS Limousin Robert Savy PS Jean-Paul Denanot PS Lorraine Gérard Longuet UMP Jean-Pierre Masseret PS Midi-Pyrénées Martin Malvy PS Martin Malvy PS Nord-Pas-de-Calais Daniel Percheron PS Daniel Percheron PS Pays de la Loire Jean-Luc Harousseau UMP Jacques Auxiette PS Picardie Charles Baur UMP Claude Gewerc PS Poitou-Charentes Élisabeth Morin-Chartier UMP Ségolène Royal PS Provence-Alpes-Côte d'Azur Michel Vauzelle PS Michel Vauzelle PS Rhône-Alpes Anne-Marie Comparini UDF Jean-Jack Queyranne PS Guadeloupe Lucette Michaux-Chevry UMP Victorin Lurel PS Guyane Antoine Karam PSG Antoine Karam PSG Martinique Alfred Marie-Jeanne MIM Alfred Marie-Jeanne MIM La Réunion Paul Vergès PCR Paul Vergès PCR </center>

Métropole

Alsace

L'Alsace reste un bastion de la droite. L'extrême droite dans son ensemble y a également réalisé ses meilleurs scores. + Résultats des élections régionales des 21 et 28 mars 2004 en AlsaceTête de listeÉtiquette politique (partis et alliances)Premier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%Nombre%34,0643,562757,4020,1234,441225,5018,5822,00</center>817,009,427,403,733,563,035780,09Inscrits 100,00100,00Abstentions40,5239,09Votants59,4860,91Blancs et nuls5,273,85Exprimés94,7396,15

Aquitaine

+ Résultats des élections régionales des 21 et en AquitaineTêtede listeListePremier tourSecond tourSièges#%#%#%Alain Rousset*PS - Les Verts - PRG38,4254,875767,1Xavier DarcosUMP18,4033,462124,7François BayrouUDF 16,06Jacques ColombierFN 11,4511,67</center>78,2Jean Saint-JosseCPNT7,21Annie GuilhametPCF 4,35Martine MailfertLCR - LO4,11Inscrits 100,0100,0Abstentions33,8831,19Votants66,1268,81Blancs et nuls4,934,63Exprimés95,0795,37 * liste du président sortant Les listes UMP et UDF ont fusionné entre les deux tours.

Auvergne

Président sortant : Valéry Giscard d'Estaing (UMP) Président élu : Pierre-Joël Bonté (PS) 47 sièges à pourvoir au conseil régional (12 dans l'Allier, 5 dans le Cantal, 7 en Haute-Loire et 23 dans le Puy-de-Dôme)