Les batailles de Lexington et de Concord sont les premiers engagements militaires de la guerre d'indépendance des États-Unis Malgré une résolution votée en 1908 par le Sénat des États-Unis, la bataille de Point Pleasant n'est pas considérée par les historiens comme faisant partie de la guerre d'indépendance américaine.. Elles se déroulent le dans le comté de Middlesex de la province de la baie du Massachusetts, plus précisément dans les villes de Lexington, Concord, Lincoln, Menotomy (devenue Arlington de nos jours) et à Cambridge, près de Boston. Ces batailles ont marqué le déclenchement d'un conflit armé ouvert entre le royaume de Grande-Bretagne et ses Treize colonies dans la partie continentale de l'Amérique du Nord britannique.

Environ de l'armée régulière britannique, sous le commandement du lieutenant-colonel Francis Smith, reçoivent des ordres secrets pour capturer et détruire les entrepôts d'armes que détiendrait la milice du Massachusetts établie à Concord. Grâce à des renseignements, les sont avertis plusieurs semaines avant l'expédition anglaise et déplacent la plupart de leurs stocks en des lieux plus sûrs. Ils obtiennent également des informations sur les plans britanniques dans la nuit précédant la bataille et sont alors en mesure d'avertir rapidement les milices de la région des mouvements de l'ennemi. Les premiers coups de feu sont tirés à Lexington alors que le soleil se lève. Les miliciens, moins nombreux, sont rapidement dépassés et l'armée britannique poursuit sa route à Concord en quête des entrepôts d'armes. Au , à Concord, près de combattent et défont trois compagnies des troupes du Roi. Après une bataille rangée, les Britanniques se retrouvent en infériorité numérique face aux Minutemen. Davantage de miliciens arrivent peu après et infligent de lourdes pertes aux militaires lors de leur retraite vers Boston. De retour à Lexington, l'expédition de Smith est secourue par des renforts sous le commandement du brigadier-général Hugh Percy. La force combinée de près de reprend sa marche vers Boston sous un feu nourri et, dans une retraite tactique, finit par atteindre Charlestown. Les multiples milices bloquent alors les minces accès terrestres à Boston et à Charlestown, initiant le siège de Boston.

Les batailles de Lexington et de Concord sont symboliques pour les Américains car elles sont des éléments déclencheurs de la future indépendance des États-Unis et des preuves visibles de leur recherche de liberté. Les explications sur le déroulement de ce ont fluctué au fil du temps et des témoignages, notamment concernant l'identité de l'agresseur et du camp à l'origine du premier tir, jusqu'à en avoir une version mythifiée correspondant à leur recherche d'identité nationale propre, même si elle est parfois éloignée de la vérité.

Contexte historique thumb|left|upright|Portrait de Thomas Gage, gouverneur militaire du Massachusetts, par John Singleton Copley (vers 1768).|alt=Portrait de Thomas Gage, gouverneur militaire du Massachusetts, en habits militaires.

Dans la seconde moitié du , les tensions entre les colons américains et la métropole britannique s’accroissent : Londres entend imposer des taxes et contraindre le commerce. Cette politique heurte les intérêts des marchands en Amérique, notamment à Boston, en Nouvelle-Angleterre, qui se trouve être l'un des principaux points de résistance.. Les marchands estiment de surcroît injuste de ne pas être représentés au parlement du Royaume-Uni et de ne pas bénéficier des mêmes droits que les sujets britanniques.

L'infanterie de l'armée de terre britannique, dont les soldats sont surnommés les (« tuniques rouges ») et parfois les (« diables ») par les colons, occupe Boston depuis 1768 et a été rejointe par des forces de la Royal Navy et des Royal Marines. Elles ont pour objectif de faire respecter les lois intolérables, série de lois adoptée par le Parlement britannique pour punir la province de la baie du Massachusetts de la Boston Tea Party. et d'autres actes de protestation tels que la destruction de la maison du gouverneur civil Thomas Hutchinson par l'organisation des Fils de la Liberté, dirigée par Samuel Adams.. Le général Thomas Gage, gouverneur militaire du Massachusetts et commandant en chef des forces militaires en garnison à Boston (environ britanniques), successeur de Hutchinson, n'a aucun contrôle sur le Massachusetts en dehors de Boston, où l'application des lois a accru les tensions entre la majorité () et la minorité (loyalistes). Le plan de Gage est d'éviter un conflit en prenant le contrôle des entrepôts militaires des milices. Cette lutte pour l'approvisionnement en armes et en munitions conduit à la (« l'alarme de la poudre »), une série d'escarmouches presque sans effusion de sang. Gage se considérant comme un ami de la liberté, il tente de séparer ses fonctions de gouverneur de la colonie et de général d'une force d'occupation. Edmund Burke décrit au parlement la relation conflictuelle qu'entretient Gage à l'encontre du Massachusetts dans les termes suivants : « Un Anglais est la personne la plus inapte au monde lorsqu'il s'agit de réduire un autre Anglais en esclavage » ()..

Les colons se constituent en milices hétérogènes depuis le , dans un premier temps principalement pour la défense contre les attaques des indigènes locaux. Ces forces se rassemblent également à la suite des actions françaises dans la guerre de la Conquête au cours des années 1750 et 1760. Ce sont généralement des milices locales, sous la juridiction du gouvernement provincial.. Lorsque la situation politique commence à se détériorer, en particulier lorsque Gage dissout le gouvernement provincial à la suite de l'Acte de gouvernement du Massachusetts, les ententes existantes entre les milices sont employées par les colons dans le cadre du Congrès provincial du Massachusetts en vue de la résistance à la menace militaire perçue..

Préparations britanniques thumb|upright|left|Portrait de Francis Smith, commandant de l'expédition britannique, par Francis Cotes (1763).|alt=Portrait de Francis Smith, commandant de l'expédition britannique, également en habits militaires.

Le , Thomas Gage reçoit des instructions du secrétaire d'État William Legge, de Dartmouth, pour désarmer les rebelles et emprisonner les dirigeants de la rébellion, en particulier Samuel Adams et John Hancock.. Legge donne un pouvoir discrétionnaire considérable à Gage...

Dans la matinée du , Gage ordonne qu'une patrouille montée d'environ 20 hommes, sous le commandement du major Mitchell du d'infanterie, se place dans la campagne environnante pour intercepter les messagers rebelles qui pourraient être envoyés à cheval.. Cette patrouille, au comportement particulier (présence après le coucher du soleil, question sur Adams et Hancock aux voyageurs), semble avoir attiré involontairement la suspicion des habitants et accéléré la préparation des miliciens. La milice de Lexington en particulier semble avoir commencé à se rassembler tôt dans la soirée, avant même de recevoir un message de Boston.

Le lieutenant-colonel Francis Smith reçoit des ordres de Gage dans l'après-midi du avec pour instruction de ne pas les lire avant que ses troupes ne soient en route. Il doit se rendre depuis Boston vers Concord avec la plus grande discrétion en vue de saisir et détruire les stocks militaires, tout en prenant soin que les soldats ne pillent pas les habitants et respectent la propriété privée. Gage utilise son pouvoir discrétionnaire et ne donne pas d'ordres écrits sur l'arrestation des chefs rebelles, craignant de déclencher un soulèvement..

Préparations coloniales thumb|upright|left|Portrait de Margaret Kemble Gage, femme du gouverneur Thomas Gage, par John Singleton Copley (vers 1771).|alt=Portrait de Margaret Kemble Gage, femme du gouverneur Thomas Gage.

Les meneurs de la rébellion, à l'exception de Paul Revere et de Joseph Warren, avaient tous quitté Boston dès le . Ils avaient eu connaissance des instructions secrètes envoyées par Legge à Gage à partir de sources situées à Londres, avant même que ces dernières n'arrivent à Gage lui-mêmeLes colons sont avertis fin mars () tandis que Gage reçoit les instructions le 16 avril ().. Adams et Hancock s'étaient eux réfugiés dans la maison de l'un des parents de Hancock, à Lexington, où ils pensaient être à l'abri de la menace d'une arrestation..

Les milices du Massachusetts rassemblaient alors en effet un stock d'armes, de poudre et de matériel à Concord, ainsi qu'une plus grande quantité plus à l'ouest, à Worcester, mais les chefs rebelles sont avertis que les officiers britanniques observent les routes menant à Concord.. Le , Paul Revere se rend à cheval à Concord pour avertir les habitants que les Britanniques semblent planifier une expédition. Les habitants décident de vider leurs entrepôts et de les répartir entre plusieurs autres situés dans des villes à proximité.. Les colons sont également au courant de l'expédition à venir le , bien qu'elle soit ignorée des officiers britanniques eux-mêmes. Il y a des spéculations persistantes, bien que non prouvées, selon lesquelles la source de ce renseignement aurait été Margaret Kemble Gage, l'épouse du général Gage qui de par sa naissance dans la province du New Jersey a des sympathies pour la cause coloniale, ainsi qu'une relation amicale avec Joseph Warren..

Entre 9 et , la nuit du , Warren explique à William Dawes et Paul Revere que les troupes du Roi sont sur le point d'embarquer sur des bateaux en provenance de Boston à destination de Cambridge pour faire route vers Lexington et Concord. Les renseignements de Warren suggèrent que les objectifs les plus probables de cette action tardive dans la nuit sont la capture d'Adams et Hancock. Il n'y a pas à s'inquiéter de la possibilité que des militaires arrivent à Concord depuis le retrait des stocks d'armes, mais les dirigeants rebelles de Lexington pourraient ne pas être au courant du danger d'une attaque de nuit. Revere et Dawes sont donc envoyés pour les avertir et alerter les milices coloniales dans les villes voisines..

Forces des milices patriotes thumb|upright|left|Portrait de Paul Revere par John Singleton Copley (vers 1768-1770). Revere est un artisan franc-maçon..|alt=Portrait de Paul Revere gravant une théière

William Dawes part à cheval vers le sud à travers le Boston Neck puis il emprunte un pont à Cambridge pour rejoindre Lexington.. Paul Revere reçoit lui la consigne de prévenir les rebelles de Charlestown, avant de rejoindre Lexington. Il traverse donc la rivière Charles par bateau, évitant le navire de guerre britannique ancré à proximité, puisque les traversées sont interdites à cette heure tardive. Revere atteint Charlestown et fait route vers Lexington en esquivant une patrouille britannique et alertant presque toutes les maisons le long de sa route. Les colons de Charlestown envoient alors des messagers supplémentaires vers le nord..

Après leur arrivée à Lexington, Revere, Dawes, Hancock et Adams discutent de la situation en rassemblant la milice. Estimant que l'importance de la force déployée par les Britanniques est trop grande pour la seule mission d'arrestation de ces deux derniers, ils comprennent que Concord est la cible principale. Les rebelles de Lexington envoient également des messagers aux villes environnantes tandis que Revere et Dawes continuent le long de la route vers Concord, accompagnés par Samuel Prescott. À Lincoln, ils rencontrent la patrouille britannique dirigée par le major Mitchell. Revere est capturé, Dawes tombe de son cheval et seul Prescott parvient à s'échapper pour atteindre Concord.. Des messagers supplémentaires sont alors envoyés à partir de Concord.