Marie-Anne de Bovet, aussi connue sous le nom de plume Mab, née Anne Marie Bovet à Metz le et morte à Villejuif le , est une femme de lettres française, féministe et patriote.

Biographie

Jeunesse et famille Fille de François Antoine Gabriel Bovet, capitaine et futur général, et de Françoise Louise Anne Audebert, son épouse, Anne Marie Bovet naît à Metz en 1855Acte de naissance , , Metz, Archives municipales de Metz (vue 331/362).. Sa ville natale est rattachée à l’Empire allemand en 1871 par le traité de Francfort, après la guerre franco-prussienne. Elle a alors .

En , alors âgée de 45 ans, elle épouse à Siemiechów, dans le diocèse de Tarnów, Paul Sébastien Guy Jean Deschamps de Bois Hébert, son cadet de près de dix ansTranscription de l'acte de mariage contracté le à Siemiechów, , Paris , Archives de Paris.Mariage La famille des Champs de Boishébert sur archive.org.. Elle prend le titre de marquise de Bois-Hébert.

Pilote de la Première Guerre mondiale (brevet ), son mari meurt en 1920 à l'hôpital de Dijon, après le crash de son avion à LongvicActe de décès , , Dijon, Archives départementales de Côte-d'Or (vue 138/264).Le Petit Parisen 1920 sur Gallica BnF ( Citation à l'ordre de la nation (1925).. Il est inhumé dans le cimetière des Péjoces.. Jusqu'en 1939, un hommage annuel lui est rendu par les associations Les Amis de Guy de Boishébert et Le Souvenir français.. En 1950, son nom figure sur une liste de concessions arrivées à expiration, publiée par le maire de Dijon..

Carrière Dès 1888, Anne Marie Bovet fréquente le salon de Juliette Adam et entre ainsi à La Nouvelle Revue où elle s’exerce à la critique littéraire. Elle voyage ensuite en Irlande pour le compte de La République française, journal de Léon Gambetta, un proche de Juliette Adam, et tire de ses voyages un récit paru en 1889. Elle adopte alors le nom de plume Marie-Anne de Bovet, ainsi que le pseudonyme de Mab, formé par ses initiales..

Parfaitement bilingue, elle participe à plusieurs revues et journaux, français et anglais, et donne des traductions d’ouvrages anglais. Elle écrit également beaucoup pour La Vie parisienne, qui se fait une spécialité des tableaux de mœurs et des différentes modes en cours à Paris et ailleurs.

On peut noter sa participation au journal féministe La FrondeMary Louise Roberts, « Le journalisme féministe en France à la fin du siècle dernier », dans Clio, n° 6, 1997., dès 1897, année de sa fondation par Marguerite Durand : Anna Marie Bovet y publie régulièrement des articles, parmi lesquels « Ménagère ou courtisane » du , où elle s’en prend à Maupassant et Proudhon pour leurs discours sur les femmes. Elle écrit : Marie-Anne de Bovet, « Ménagères ou courtisanes ? », La Fronde, . Dans l'article « L’Éternel féminin » du , Marie-Anne de Bovet rejette la catégorisation des femmes. Elle proteste ainsi contre les préjugés misogynes et défend l’intelligence féminine.

Intéressée par l'occultisme, elle fréquente Gérard Encausse, qui l'initie au martinismeRichard Raczynski, Un dictionnaire du martinisme, Paris, Dualpha éd., 2009, p. 113..

Durant l’affaire Dreyfus, elle se positionne au côté des nationalistes et écrit le dans La Libre Parole, journal fortement antisémite, un article intitulé « Aux braves gens » en soutien à la veuve du lieutenant-colonel Henry, auteur des faux. Elle y lance un appel pour une souscription qui doit permettre à cette veuve de poursuivre en diffamation les accusateurs de son mari. Elle écrit : Marie-Anne de Bovet, « Aux braves gens », dans La Libre Parole, . Marie-Anne de Bovet se montre très prompte à défendre le sentiment patriotique et surtout la grandeur de l’armée.

Grande voyageuse, elle écrit essentiellement sur l’Irlande et sur l’Algérie à la fin de sa vie, mais elle visite également l’Écosse, la Grèce et la Pologne.

Sa renommée est importante, elle fait partie du monde des salons, de la vie mondaine et de la littérature populaire de la fin du et du début du . De 1893 à 1930, elle a publié pas moins de , sans compter ses autres ouvrages.

En 1935, elle est établie à Alger, où elle écrit ses souvenirs..

En , les journaux relatent la vente du mobilier et de la bibliothèque de sa maison de Gien, contenant de nombreux ouvrages dédicacés, vente qu'elle organise elle-même « Marie-Anne de Bovet », Le Nouvelliste d'Indochine, , p.2 .. Elle continue d'apparaître, jusqu'en , dans la rubrique mondaine de L'Écho d'Alger, sous le nom de marquise de Bois-Hébert... Elle meurt à l'asile de Villejuif le Transcription de l'acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Villejuif, à la mairie de Neuilly-sur-Seine, n° 21, cote 1E_NUM_NEU_D1943_1, vue 4/22..

Postérité Metz, sa ville natale, a rendu hommage à son talent en nommant une rue du quartier du Sablon en son honneur.

Œuvre Récits de voyage Lettres d’Irlande, Paris, Guillaumin et Cie, 1889. Trois mois en Irlande, article illustré extrait du Tour du Monde, Hachette, 1891Jules Verne qui la cite dans son roman P'tit-Bonhomme (partie 1, chapitre 1) a utilisé cet ouvrage pour sourcer son roman (cf. Alexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 1 : A-E, éditions Paganel, 2019, ).. La Jeune Grèce, Société française d’édition d’art L.-H. May, 1897. Prix Kastner-Boursault de l'Académie française. Texte en ligne L’Écosse. Souvenirs et impressions de voyage, Hachette, 1898. Cracovie, H. Laurens, Paris, 1910. L’Algérie, E. de Boccard, Paris, 1920. Prix Montyon de l'Académie française. Alger-Djelfa, Laghouat-Ghardaïa et l’Heptapole de M’Zab, Imprimerie algérienne, 1924. De Paris aux dunes du Souf et retour en vingt-et-un jours, Georges Lacan, 1924. Une femme sur la route, F. Rouff, 1929. Monographie du tapis algérien, édité par le Gouvernement général de l’Algérie, 1930. Le Désert apprivoisé, randonnées au Sahara, Nouvelles Éditions Argo, Paris, 1933. Prix Montyon de l'Académie française. La Grande Pitié du Sahara, Plon, 1935. Notice sur les tapis algériens et autres industries indigènes, Imprimerie E. Pfister, avant 1937.. Romans Terre d’Émeraude, Ollendorff, 1893, publié sous forme de roman-feuilleton dans Le Temps du au Confessions d’une fille de trente ans, Lemerre, 1895 Roman de femmes, Lemerre, 1896 Confessions conjugales, Lemerre, 1896 Partie du pied gauche, Lemerre, 1897 Parole jurée, Lemerre, 1897 Par orgueil, Lemerre, 1898 (En ligne Petites rosseries, Lemerre, 1898 Pris sur le vif, Lemerre, 1899 Marionnettes, Lemerre, 1899 Courte folie, Lemerre, 1901 Monsieur Victor, roman publié par Le Monde moderne, Albert Quantin, Paris, 1901 Maîtresse royale, Lemerre, 1901 La Cadette, Armand Colin, 1901 La Belle Sabine, Lemerre, 1902 Ballons rouges, Lemerre, 1903 Autour de l’étendard, Lemerre, 1904 Texte en ligne Ame d’Argile, Lemerre, 1904 Contre l’impossible, Lemerre, 1905 Plus fort que la Vie, Lemerre, 1905 Noces blanches, Lemerre, 1906 Le Beau Fernand, Hachette, 1906. Prix Montyon de l'Académie française. La repentie, Lemerre, 1907 Et l’Amour triomphe, Nilsson, 1907 Après le divorce, Lemerre, 1908 La Jolie Princesse, Lemerre, 1908 La Folle Passion, Lemerre, 1909 Défends ta femme contre la tentation, Nilsson, 1910 La Dame à l'oreille de velours, Lemerre, 1911 La Terre refleurira, Lemerre, 1913 Le Fils de l'autre, Lemerre, 1914 La Dernière de sa Race, Lemerre, 1924 La Dame d’Antibes, Lemerre, 1927 Veuvage blanc, éditions de la Mode nationale, 1930 Bérengère, éditions de la Mode nationale, 1931

Varia Le Général Gordon, Paris, Firmin Didot, 1890 Charles C. F. Gréville, Les Quinze premières années du règne de la reine Victoria. Souvenirs d’un témoin oculaire, Firmin Didot, 1888, traduit et annoté par Marie-Anne de Bovet Charles C. F. Gréville, La Cour de et de . Souvenirs d’un témoin oculaire, Firmin Didot, 1888, traduit et annoté par Marie-Anne de Bovet (extrait du journal de Charles C. F. Gréville, secrétaire du conseil privé) Marguerite de Lostanges, comtesse de Béduer, Les Chanoinesses de Remiremont pendant douze siècles : 620 à 1792, introduction de Marie-Anne de Bovet, Tequi, 1900 « L'Homme rouge » (nouvelle), Je sais tout no 10, La petite chatte blanche, F. Rouff, 1931

Distinctions De l'Académie française. 1898 - Prix Montyon pour Le Beau Fernand 1899 - Prix Kastner-Boursault pour La Jeune Grèce 1911 - Prix Xavier Marmier 1921 - Prix Montyon pour L’Algérie 1934 - Prix Montyon pour Le Désert apprivoisé

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie Marie Anne de Bovet, petite notice biographique, sans nom d’auteur, date et éditeur, numéro de notice : 107502526 à la BNUS Han Ryner, Le Massacre des Amazones : études critiques sur deux cents bas-bleus contemporains : Mesdames Adam, Sarah Bernhardt, Marie-Anne de Bovet, Bradamante, Jeanne Chauvin, Alphonse Daudet…, Paris, Chamuel, 19--?, 300 p.

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