La est la dernière dynastie royale du Royaume de Ryūkyū, qui a régné pendant quatre cent dix ans, de 1469 (An 6 de l’ère Chenghua) avec l’avènement de Shō En à 1879 (An 5 de l’ère Guangxu) lorsque de Royaume de Ryūkyū a été annexé par le Japon. Elle a fourni dix-neuf rois de Ryūkyū (officiellement « rois de Chūzan »). La lignée se poursuit encore ininterrompue actuellement .
Histoire Jusqu’à l’accession au trône de Ryūkyū , le fondateur de la seconde dynastie Shō, était connu avant son accession au trône sous le nom de . La tradition veut qu’il soit un paysan originaire de l’île d’Izena mais les détails sont obscurs.
Le Chūzan Seikan (compilé en 1650) mentionne la possibilité que le père de Shō En, ait été un descendant du roi Gihon, le dernier roi de la dynastie Shunten du début du . Le Chūzan Seifu (compilé en 1725) reprend cette idée de manière plus catégorique. D’autres sources font de Shō Shoku un descendant de la lignée mythique .
En pratique, des études génétiques menées sur les os de quatre urnes funéraires de la tombe du roi Shō Nei dans le yōdore d’Urasoe, analysant l’ADN mitochondrial, ont montré des similarités génétiques avec les populations du sud de la Chine au sud-est de l’Asie (haplogroupe F) .
Kanamaru quitte Izena et tente de s’installer dans plusieurs villages sur Okinawa avant d’entrer au service du Prince de Goeku, le septième fils du roi Shō Hashi, de la première dynastie Shō en 1441. En 1454, à la suite du « conflit de succession Shiro/Furi », le Prince de Goeku accède au trône sous le nom de Shō Taikyū et Kanamaru se trouve dans une position de force au gouvernement, dirigeant le commerce sous le titre de . En 1460, à la mort de Shō Taikyū et l’avènement de son fils Shō Toku, Kanamaru perd les faveurs royales et se retire de la vie politique à Uchima Udun. Cependant, en 1469, lorsqu'à la mort prématurée de Shō Toku un coup d’état renverse la première dynastie Shō, Kanamaru monte sur le trône sous le nom de Shō En, débutant ainsi la seconde dynastie Shō. Accession au trône Les circonstances du coup d’état ne sont pas claires et il y a de nombreuses théories : il a été orchestré par des seigneurs qui ont ensuite offert le trône à Kanamaru car il était le plus méritant des administrateurs du royaume, il a été organisé par Kanamaru lui-même, Shō Toku est mort de maladie, Shō Toku s’est suicidé, Shō Toku n’est pas mort, il s’est enfui sur l’île de Kikai. Bien que les sources officielles impliquent toutes que la succession s’est faite sans heurts, les traditions locales affirment que la résistance au coup d’état de Shō En et à la création de la seconde dynastie Shō se serait organisé dans le sud de l’île autour du château de Nakaema, alors tenu par le quatrième fils de Shō Taikyū, Hachiman-ganashi.
La destruction du château aurait eu lieu sous le règne de Shō Shin, troisième roi de la seconde dynastie Shō, ce qui laisse supposer que les conflits n’ont pas été calmés rapidement.
La tombe à Nakijin est dite être celles des nombreux ajis (mumujana, lit. « les cent ajis ») fidèles à la première dynastie Shō morts en combattant les partisans du coup d’état dans le nord de l’île.
Rois de Ryūkyū thumb|Portrait de Shō En Shō En (r. 1470 – 1476), devenu le premier roi de la seconde dynastie Shō, est intronisé par l’émissaire de l’empereur chinois Xianzong (憲宗) de la dynastie Ming en 1472. Il est souvent avancé que Shō En a pris le nom de « Shō » et prétendu être le prince héritier de Shō Toku pour duper les émissaires chinois chargés de son investiture mais il est peu probable que les émissaires chinois aient pu penser qu’un homme de 57 ans puisse être le fils du jeune roi de 23 ans qu’ils avaient investi huit ans plus tôt. À la mort de Shō En, son jeune frère Shō Sen'i (r. 1477), qui avait fui Izena avec lui, lui succède. De son vivant, Shō En avait donné à son frère la responsabilité du gusuku de Goeku, qui avait été le château du roi Shō Taikyū de la première dynastie Shō avant son accession au trône, une place forte symbolique de la première dynastie Shō, et il est probable que Shō En lui-même ait désiré que son frère lui succède, au moins jusqu’à ce que son fils Shō Shin, qui avait 13 ans lorsque Shō En meurt, soit en âge de gouverner. Cependant, lors du couronnement de Shō Sen’i, la prêtresse en charge des cérémonies, Utuchitunumuigani, fille de Shō En, annonce que les dieux sont opposés à cette succession et qu’ils préfèrent voir Shō Shin monter sur le trône. L’organisation de ce coup d’état religieux est souvent attribué à la reine de Shō En, Ogiyaka. Shō Sen’i abdique en faveur de son neveu et le pouvoir passe aux mains d’Ogiyaka pour plusieurs années. thumb|Portrait de Shō Shin Le troisième roi de la dynastie, Shō Shin (r. 1477 – 1526) est à l’origine du système de hiérarchie dit des « six couleurs de coiffe » et de la division de la société entre les castes de haute noblesse, petite noblesse et paysans. Au début du il rassemble tous les seigneurs territoriaux (ajis) dans la capitale du royaume, Shuri, afin de renforcer la centralisation de l’administration et l’unification du royaume. Il développe également les relations commerciales avec la Chine des Ming, augmentant la fréquence des tributs, le Japon médiéval et l’Asie du sud-est, engendrant ce qui est considéré comme un âge d’or pour le royaume.
Les enfants de Shō Shin qu’il a eu avec , la fille de Shō Sen’i, et sont écartés du pouvoir, probablement à la suite de conflits et rumeurs orchestrés par Ogiyaka également. thumb|Portrait de Shō Sei Le quatrième roi Shō Sei (r. 1526 – 1555) est confronté en 1537 à une révolte sur l’île d’Amami pour laquelle il blâme et punit à tort . Lorsqu’il est prouvé que Yuwan Ufūya est innocent, son petit-fils reçoit le nom honorifique de et sa maison est élevée au rang d’Udun, un terme généralement réservé aux maisons des enfants du roi. Il est également nommé tuteur du prince héritier Shō Gen. Shō Sei prend également plusieurs mesures pour améliorer les défenses contre les pirates wakō, notamment avec la construction dans le port de Naha de la forteresse de en 1553. thumb|Portrait de Shō Gen À la mort de Shō Sei, il y a un conflit de succession entre ses fils, et c’est finalement son deuxième fils, Shō Gen (r. 1556 – 1572), qui monte sur le trône. En raison de sa santé précaire, pendant son règne les organismes gouvernementaux, et notamment le Sanshikan, gagnent du pouvoir, au point que Shō Gen est surnommé . Des émissaires du clan japonais Shimazu visitent le royaume en 1570 et 1572, désirant en faire un état vassal, mais Shō Gen refuse leurs propositions et les deux pouvoirs s’affrontent dans un conflit armé à Amami. thumb|Portrait de Shō Nei Le sixième roi de la dynastie, Shō Ei (r. 1573 – 1588), monte sur le trône à 15 ans. Il meurt à 30 ans sans héritier et le trône revient à Shō Nei (r. 1589 – 1620), descendant direct de Shō Ikō, le fils aîné de Shō Shin qui avait été écarté du pouvoir. En 1609, le royaume subit l’invasion du clan Shimazu de la province de Satsuma, qui attaque avec une force d’environ trois mille hommes. Le royaume se soumet à Satsuma.
Shō Nei est fait prisonnier et envoyé au Japon pour être exhibé devant Tokugawa Ieyasu au château de Sunpu et Tokugawa Hidetada à Edo avant d’être renvoyé à Shuri.
Bien que sous une étroite domination du clan Shimazu, le royaume de Ryūkyū reste indépendant. Il est fort probable que l’annexion par le Japon ait été empêchée par le désir du Japon de bénéficier du commerce florissant de Ryūkyū avec la Chine, qui aurait été interrompu en cas d’annexion. Le clan Shimazu était très désireux de cacher sa domination sur le royaume à la Chine, et les émissaires de Satsuma installés dans le royaume tentaient de cacher leur présence lors des envois d’ambassadeurs chinois.
La Chine, cependant, réduit la fréquence des tributs du Royaume de Ryūkyū d’une fois tous les deux ans à une fois tous les dix ans, officiellement sous le prétexte que l’invasion de Satsuma a dû entraîner de graves dommages dans le pays, alors que loin d’appauvrir le royaume, les tributs en Chine sont sa principale source d’enrichissement. thumb|Portrait de Shō Hō Shō Nei meurt également sans héritier et le trône passe à Shō Hō (r. 1621 – 1640), descendant direct de Shō Gen par son troisième fils Shō Kyū. Cette succession a été organisée du vivant de Shō Nei, qui accorde à Shō Hō le titre de Prince de Nakagusuku (généralement réservé au prince héritier) en 1619. Il est associé au plus haut niveau dans les affaires de l’état dès 1616 quand il reçoit la fonction de .
En 1623, lors de l’envoi de la mission en Chine pour demander que des ambassadeurs viennent introniser le nouveau roi Shō Hō, les représentants du royaume obtiennent que la fréquence des tributs soit relevée à une fois tous les cinq ans.
À partir de 1635 et jusqu’en 1712, le clan Shimazu impose aux rois de la seconde dynastie Shō d’utiliser le titre de au lieu du titre de roi et le titre est effectivement utilisé dans toutes les correspondances entre le royaume et le domaine Satsuma pendant cette période.
Dans tous les autres documents officiels, ils conservent le titre de rois de Chūzan.
Shō Ken (r. 1641 – 1647), le troisième fils de Shō Hō, lui succède en 1640 et devient le neuvième roi de la dynastie. Il a été élevé à Satsuma jusqu’à son accession au trône à 17 ans. Il est à l’origine de la plupart des tours de guet et feux d’alerte disséminés dans tout le royaume et qui préviennent de l’arrivée des bateaux en provenance de Chine ou du Japon. Il développe également la culture de la canne à sucre et du curcuma, qui deviennent d’importantes sources de revenu pour le royaume.
La dynastie Ming tombe en 1644 et est remplacée par la dynastie Qing. De nombreuses années de conflits à l’issue incertaine s’ensuivent entre les représentants des deux dynasties. La mission diplomatique Ming pour l’intronisation de Shō Ken, planifiée pour 1645, n’a pas lieu.
Il meurt en 1647 sans héritier et son frère Shō Shitsu (r. 1648 – 1668) lui succède en tant que dixième roi de la dynastie. D’abord incertain sur la marche à tenir concernant les guerres de successions en Chine, le roi Shō Shitsu finit par envoyer son fils, le futur roi Shō Tei à la cour des Qing pour rendre le sceau qui avait été accordé au royaume par les Ming et recevoir un nouveau sceau de la part des Qing. En 1663 la dynastie Qing envoie à Ryūkyū son premier émissaire pour l’intronisation du roi Shō Shitsu.
Des réformes administratives visant à améliorer les finances du royaume en coupant les dépenses sont entreprises, notamment sous l’égide du premier ministre Shō Shōken Haneji Wōji Chōshū, auquel Shō Shitsu demande également de compiler le Chūzan Seikan, première histoire officielle du royaume.
À la suite de l’incendie du château de Shuri en 1660, la maison royale s’installe temporairement à Ufumi Udun. thumb|Portrait de Shō Tei La reconstruction du château de Shuri se termine en 1671 et la famille royale quitte Ufumi Udun lors du règne du onzième roi de la dynastie, Shō Tei (r. 1669 – 1709) . Shō Tei est également à l’origine de la construction de l’, résidence secondaire pour les réceptions officielles située à l’est du château de Shuri.
Il crée en 1689 le qui rassemble toutes les généalogies personnelles des différentes familles nobles du royaume et renforce le système hierarchique. En 1691, il décrète que toutes les branches mineures de la famille royale devront porter le nom de Shō.
Il commande le Chūzan Seifu, une traduction en chinois du Chūzan Seikan, à Sai Taku en 1697.
Après les quarante ans de règne de Shō Tei, son petit-fils, Shō Eki (r. 1710 – 1712) hérite du trône. Son règne ne dure que deux ans et il est essentiellement célèbre pour avoir bénéficié en 1689, alors âgé de 10 ans, d’une opération réussie du bec-de-lièvre sous anesthésie générale effectuée par . thumb|Portrait de Shō Kei