Athéna est une figure souvent représentée dans l’art de la Grèce antique.

thumb|Athéna à la ciste, détail du visage. Copie romaine d'une statue grecque, peut-être la statue d'Athéna Héphaïstia par Alcamène. Musée du Louvre.

Elle a stimulé l'inspiration des artistes grecs au moins autant qu'elle l'a fait pour les écrivains. Elle est représentée dans les différentes formes d'art connues de l'Antiquité gréco-romaine : statues, statuettes, sculpture sur pierre en bas- et haut-relief, figurines et plaques en terre cuite, céramique peinte, monnaies, monnaies, sceaux, intailles, etc. Parmi ce corpus, il est possible de distinguer les représentations isolées de la déesse, notamment dans la statuaire, et celles où elle apparaît dans des scènes narratives, notamment mythologiques, en compagnie d'autres divinités et de héros.

On sait par les textes antiques qu'elle était également représentée sur des supports périssables comme le bois (notamment pour ses statues de culte) et des étoffes (le péplos). Les textes antiques évoquent en effet les représentations de la déesse jugées importantes et en donnent parfois des descriptions détaillées, notamment pour les statues de culte anciennes ou attribuées à des artistes de grand renom (Endoios, Phidias et ses disciples). On sait qu'ils servent de modèles à des copies et différentes représentations de la déesse, par exemple sur les monnaies.

Étant donné que les originaux ont disparu, il peut être tenté d'en identifier des copies parmi les représentations connues, mais cela reste incertain. Les historiens de l'art ont en tout cas distingué parmi les représentations d'Athéna, principalement les statues, plusieurs « types » iconographiques dont des répliques plus ou moins fidèles sont connues, avant tout par des copies d'époque romaine, en cherchant à les rattacher à des originaux évoqués par des textes. Ces dénominations reposent sur des termes déjà présents dans les textes antiques (Palladion, Promachos, Parthénos, Lemnia) ou bien les collections où elles se trouvent ou bien se sont trouvés depuis leur redécouverte (Médicis, Ludovisi, Rospigliosi, Hope, etc.) ou encore leur lieu de trouvaille (Velletri, Ostie-Cherchel, Arezzo, etc.).

Les représentations antiques d'Athéna ont servi d'inspiration pour celles de sa contrepartie romaine, Minerve, qui ont ensuite inspiré des artistes de l'époque moderne et contemporaine qui ont à leur tour cherché à figurer d'Athéna/Minerve ou s'en sont inspirés pour représenter d'autres figures.

Attributs

Comme la plupart des divinités grecques, Athéna dispose d'attributs qui reflètent ses pouvoirs et domaines d'intervention, aussi certaines de ses caractéristiques telles que sa masculinisation, et permettent de l'identifier dans l'art. Elle est sans doute la déesse qui en a le plus à son actif.

thumb|left|Tétradrachme athénienne du représentant Athéna casquée. Musée de l'Agora antique d'Athènes.

En tant que déesse guerrière, Athéna est une déesse armée, souvent représentée avec son casque, sa lance ou son javelot et son bouclier. La statuette protectrice appelée Palladion (« Petite Pallas ») est censée la représenter en guerrière.

Elle dispose de l'égide, symbole d'invulnérabilité partagée avec Zeus, une peau de chèvre que la déesse peut porter à la manière d'un (sur)vêtement pour se protéger et brandir pour inspirer la terreur à ses adversaires., col. 1. Dans l'art, elle est souvent représentée sous une forme combinant la cuirasse et le manteau, avec des motifs de serpent sur la frange et souvent la tête de la Gorgone.

En effet son autre arme redoutable est le Gorgonéion, masque de méduse souvent porté sur un bouclier ou sur l'égide, pétrifie ceux qui croisent son regard.

Un passage de l'Iliade décrit comment la déesse s'équipe avant de partir au combat, avec l'égide, sa lance, son casque et son char, lui donnant une allure redoutable :

thumb|left|Athéna tenant un casque et une lance, accompagnée d'une chouette. Lécythe attique à figures rouges, vers 490-480 av. J.-C. Metropolitan Museum of Art.

La déesse Athéna est associée à plusieurs animaux.

Son animal-attribut le plus courant est la chouette (chevêche d'Athéna), qui est en quelque sorte son animal de compagnie. Elle est en particulier représentée sur les monnaies athéniennes et les deux sont à plusieurs reprises associées dans l'art.

Sur l'Acropole athénienne, elle est associée au serpent qui garde le rocher.

Parmi les autres animaux qui lui sont associés se trouve le Sphinx, et, en Messénie voire en Béotie, le corbeau.

L'olivier, plus précisément sous sa forme domestique, lui est associé en lien avec le mythe qui lui fait affronter victorieusement Poséidon et en fait la protectrice d'Athènes. Cet olivier primordial est présent sur l'Acropole où il symbolise la permanence de la cité, son ancrage dans son territoire, peut-être aussi la protection de la cité. La statue de la déesse de l'Érechthéion d'Athènes a été sculptée dans du bois d'olivier. La branche d'olivier figure sur les monnaies athéniennes, à côté de la chouette.

Palladion et Promachos

Les plus anciennes représentations d'Athéna identifiées datent de l'époque archaïque (v. 776-480 av. J.-C.), plus précisément de la première moitié du sur des vases de type proto-corinthien, ainsi qu'une statuette crétoise. L'aspect armé de la déesse s'étoffe progressivement et s'affirme au début du avec des images de la déesse casquée, portant une lance puis aussi un bouclier, ainsi que l'égide et le gorgonéion. Les historiens de l'art ont distingué deux types principaux pour ces époques, nommés à partir de représentations de la déesse identifiées dans les textes antiques : Palladion et Promachos.

Le type « Palladion » doit son nom à la statuette d'Athéna évoquée dans l’Iliade, qui confère à la cité qui la possède la protection de la déesse, et que plusieurs localités revendiquent. Sa description est donnée par le Pseudo-Apollodore (Bibliothèque 3, 12, 3) qui indique que le Palladion d'Ilion (Troie) porte une lance dans une main, et une quenouille dans l'autre, symbolisant donc à la fois l'aspect guerrier et l'aspect artisan de la déesse. Dans la terminologie moderne, on désigne par le terme Palladion des représentations de la déesse en position immobile, pieds joints, généralement armée, et aussi des représentations moins rigides annonçant la Promachos. Des statuettes en bronze relèvent de ce type, et on le trouve représenté sur des monnaies, notamment celles d'Ilion, de Pergame et de Rome, ainsi que sur des scènes issues du cycle troyen, à savoir l'enlèvement de la statue par Diomède et le moment où Ajax le Petit arrache Cassandre de l'effigie divine.

Le type « Promachos » doit son nom, signifiant « celle qui combat au premier rang » ou « championne », à la statue monumentale en bronze de Phidias réalisée pour commémorer la victoire des Guerres médiques et placée à l'entrée de l'Acropole d'Athènes. Son aspect exact n'est pas connu. Les historiens de l'art désignent par ce terme des représentations de la déesse dans lesquelles elle est représentée armée et en action, les pieds non joints, une jambe vers l'avant (alors que le Palladion est une représentation plus statique), souvent en train de brandir sa lance. Ce type d'image remonte au début du et apparaît rapidement dans de nombreuses représentations, notamment des statuettes, des frontons de temple (comme celui d'Aphaïa) et des céramiques peintes, notamment les amphores panathénaïques remises aux vainqueurs des concours des Panathénées, ainsi que des monnaies, notamment celles de l'époque hellénistique du type dit « Alkis » ou « Alkidemos ».

Athéna Parthénos thumb|Drachme d'Athènes représentant l'Athéna Parthénos. , Musée Numismatique d’Athènes.

La statue d'Athéna la plus célèbre est l'Athéna Parthénos (« jeune fille ») réalisée par le sculpteur le plus réputé de l'époque classique, Phidias, entre 447/6 et 439/8 av. J.-C. et placée dans le Parthénon. Réalisée au moment de l'apogée de la puissance athénienne dominant la Ligue de Délos, avec les richesses acquises par la cité, elle peut être vue comme une auto-représentation de l'Athènes hégémonique triomphante. Elle représente la déesse portant la Victoire Niké, posture dite « nicéphore », inspirée de la statue de l'Apollon de Délos. C'est une œuvre monumentale, puisqu'elle mesure 12 mètres de haut. Elle est aussi luxueuse, « chryséléphantine », principalement réalisée en or et en ivoire. Son aspect est surtout connu par quelques descriptions textuelles, et des copies en taille réduite de plus ou moins bonne facture, comme l'Athéna du Varvakéion ou l'Athéna Lenormant, ainsi que des représentations sur des petits objets gravés, comme des monnaies et des médaillons.

Pausanias en donne une description où s'entremêlent des explications mythologiques :

Pour prendre une description moderne, Pierre Demargne l'interprète ainsi :

Types classiques et hellénistiques

Le chantier de l'Acropole et les différentes statues d'Athéna réalisées par Phidias et son école durant l'époque classique (480-323 av. J.-C.) posent les bases de l'image de la déesse pour les siècles suivants, puisque les œuvres les plus réputées des principaux artistes de cette période servent de modèles pour des copies commanditées à l'époque romaine. On distingue plusieurs types majeurs nommés par le lieu de trouvaille ou la collection où se trouve un exemplaire similaire à d'autres copies provenant des différentes parties du monde gréco-romain. Comme souvent il reste complexe de relier ces répliques aux originaux mentionnés dans les textes antiques, ce qui suscite des débats parmi les spécialistes. Du reste la notion d'original et de copie est peut-être trop rigide et simpliste, les répliques étant plus ou moins fidèles, plus ou moins bien exécutées, présentant souvent des légères différences par rapport à leur modèle..

Phidias joue un rôle majeur dans l'histoire de l'image d'Athéna, puisqu'en plus des Promachos et Parthénos on lui attribue l'Athéna Lemnia, également sur l'Acropole, dont on a tenté des reconstitutions à partir de fragments de répliques supposées, et l'Athéna de Platées, dont on pourrait trouver une copie en l'Athéna Médicis. L'Athéna d'Elgin, statuette en bronze représentant la déesse le bras droit levé, paume ouverte tenant une chouette, est selon certains un dérivé de la statue d'Athéna Promachos.

Les disciples et émules poursuivent son travail.

La Pallas de Velletri du Louvre est une statue de marbre, copie d'époque romaine à partir d'un original attribué à Crésilas et datée des alentours de 430. La déesse, coiffée du casque corinthien, tient une lance de la main droite, levée, et a la main gauche paume ouverte, pour tenir une coupe ou une statuette de Niké. On lui connaît plusieurs répliques. Un type voisin est l'« Athéna de Cherchell ». Certains y voient des possibles répliques de l'Athéna Héphaïsteia attribuée à Alcamène (v. 430/420), mais l'original pourrait être légèrement plus tardif. D'autres types de la seconde moitié du sont ceux des Athéna/Minerve Ince, Albani, Hope-Farnese, parmi lesquelles se trouve peut-être une copie de l'Athéna Itonia d'Agoracrite, ou l'« Athéna à la ciste » du Louvre, ainsi nommée parce qu'elle porte de la main gauche une ciste (corbeille) d'où s'échappe un serpent.