La famille Martenet est une famille subsistante du patriciat de Neuchâtel, citée comme bourgeoise de la ville dès L.M. Jéquier, Armorial Neuchatelois, Neuchâtel, 1939-1944, t.2, pp. 52-53..
Patronyme Selon l'historien Alfred Schnegg, archiviste de l'État de Neuchâtel, le patronyme Martenet semble dériver de la dévotion à saint Martin, très ancrée en pays romand, comme en témoigne la fête de saint Martin.
Cette hypothèse pourrait expliquer que ce patronyme connaît des variations graphiques dès le , avec le premier « e » cédant parfois sa place au « i », avant de se fixer définitivement à la fin du F. Eidelgiger, Des pierres dans mon jardin, les années neuchâteloises de J.J. Rousseau et la crise de 1765, Suisse, Ed. Sladtkine, 1992, p. 132..
Famille Martenet
Origines Initialement originaire du village de Fiez, près de Grandson, son premier membre connu est Perroud Martenet (c.1290-c.1360), époux d'Alexie de Buttes, fille des nobles Girard et Damette de ButtesL. Fuhrer, B. Gavillet, J.-D. Morerod, R. Scheurer, « Documents en langue française antérieurs à la fin du XIVe siècle conservés dans le canton de Neuchâtel », in : Documents linguistiques de la Suisse romande, volume II, éditions Alphil - Presses universitaires Suisses, 2022, p. 179. – Girard de Buttes, donzel, de Fiez, sa femme et leur fille Agnelette nomment pour héritiers universels Alexie, leur autre fille, Perroud Martenet son mari et leurs enfants, sous certaines réserves..
En vertu de sa présence ancienne, attestée dans les archives seigneuriales dès , cette famille a participé à l'histoire de la ville et du canton, en lui donnant des militaires, des juristes, des industriels et des hauts fonctionnaires – Perroud Martenet de Fiez vend à Jean dit Gorge, de Bullet, 14 coupes de froment de cens pour 14 livres lausannois..
Activités industrielles
À Serrières Résidente de Serrières à la fin du , la famille constitue, selon l'historien Jean-Pierre Jelmini, « une véritable dynastie industrielle locale ».
Sur la base d'un ancien atelier de taillanderie et d'aiguisage (une molière – meule – attestée en ), les Martenet créent, en , une forge à martinets mécaniques et, moins d'un siècle plus tard, une scierie. Peu à peu, par héritage ou par achat, en , ils se retrouvent à la tête d'un véritable consortium industriel dont l'activité se prolongera jusque dans la seconde moitié du .
La famille participera également à l'essor du futur empire chocolatier Suchard : Aimé Martenet ayant été le premier associé de Philippe Suchard, en .
Ces diverses entreprises étant concentrées sur le bas du vallon de la Serrière, en aval du moulin de la voûte, la Ville de Neuchâtel a perpétué le souvenir de cette famille en donnant son nom, le , à la rue en corniche qui a supplanté le Chemin-Vieux depuis .
Implantations hors Neuchâtel Cette famille s'est scindée en plusieurs rameaux toujours existants : possiblement à Dole (au premier tiers du ), à Serrières (à la fin du ), à Boudry (au début du ), à Baltimore (en ), à Paris (en ).
Héraldique Les armes de la famille se blasonnent ainsi : d'azur à une marte d'or, issant d'un mont de trois coupeaux de sinople, accompagné, en chef, de deux étoiles d'or. L'Armorial général précédé d'un dictionnaire des termes du blason () indique d'azur à un renard d'or, issant d'un mont de trois coupeaux de sinople, accompagné, en chef, de deux étoiles d'or..
Les armes de la famille sont dites parlantes puisque leur meuble principal est une « marte ».
Personnalités Jonas Martenet (1667-1747), maître des clefs de la ville de Neuchâtel, membre du Grand Conseil au moment du Procès de 1707, père de Jonas (1701-1741)Archives d'État de Neuchâtel, Archives Merveilleux, Dossier C-65.10 : Inventaire et partage des biens de Jonas Martenet, ancien maître des Clefs, époux de Suzanne-Marie Chaillet, dressés pour Marie Martenet, femme de Samuel Poncier, fille du défunt, et pour ses neveux Jean-Henri et Marie-Elisabeth, 1748-1749.. Jacques Martenet (), bourgeois de Neuchâtel et marchand d'étoffes et d'ouvrages en métaux précieux, jugé en , père d'Abraham (1677-1750). Abraham Martinet ou Martenet (1677-1750), magistrat et homme d'État, docteur en « l'un et l'autre droit » de l'Université de Bâle (), banneret et maître-bourgeois de la ville de Neuchâtel, membre des Quatre-Ministraux (1705-1747), membre du Petit Conseil au moment du Procès de 1707, père de Jacques-Frédéric (1713-1789). Jacques-Frédéric Martinet ou Martenet (1713-1789), fils d'Abraham et de Marie Marguerite Sandoz, procureur de Valangin (dès ), châtelain du Val-de-Travers (1758-1789), conseiller d'État par brevet royal du , interprète du roi de Prusse. Jonas (ou Jean-Henri) Martenet (1701-1741), cadet () puis officier au 13e régiment d'infanterie vieux-prussien (dit de Donhoff, puis d'Iltenpliz), assassiné par des recrues en , après la bataille de MollwitzArchives de l'État de Neuchâtel, Archives Merveilleux, Dossier C-65.9 : Engagement de Jonas Martenet (1701-1741) comme cadet au régiment de Dohnhoff au service de Prusse, 1726.. Jean-Jacques Martenet (c.1740-c.1830), justicier de Boudry (1776-c.1820). Léon Martenet (1861-1931), industriel et homme politique, fondateur de la Section de Gymnastique de Serrières, membre de la Noble Compagnie des Mousquetaires de Neuchâtel, membre du Conseil Général du canton de Neuchâtel et du Grand Conseil (Parti Libéral-Radical). Louis Martenet (1874-1961), ingénieur en chef d'Électricité Neuchâteloise (), membre du comité de direction de l'Union des Centrales Suisses d'Électricité, pionnier dans le domaine de la distribution en énergie électrique en Suisse, concepteur de l'usine à vapeur de Champ-Bougin (), de l'usine hydraulique du Chanet (), du compteur à tarif multiple, et de l'usine thermique de Champ-Bougin (), la première de son genre. Paul-Eddy Martenet (1916-1998), juriste et homme politique, capitaine dans l'Armée suisse, licencié en droit de l'Université de Neuchâtel (), juriste dans l'administration fédérale (1942-1945), avocat (1946-1960), juge suppléant du district du Val-de-Travers (), membre du Conseil Général du canton de Neuchâtel () (Parti Libéral-Radical), membre du Grand Conseil (), membre puis président du Conseil Communal (1960-1976), président administrateur des Transports publics du Littoral neuchâtelois (1976-1986), directeur des Services Industriels de la ville de Neuchâtel. Anne-Catherine Martenet (1930-2015), ophtalmologiste et l'une des premières professeures de médecine de l'Université de Zurich. Vincent Martenet (né en ), petit-fils de Paul-Eddy, juriste, licencié en droit de l'Université de Neuchâtel (), docteur en droit de l'Université de Genève (), LL.M de la Faculté de droit de Yale (), avocat au barreau de Neuchâtel (), puis admis aux barreaux de Zurich () et de Genève (), professeur ordinaire et vice-doyen, puis doyen de la Faculté de droit, des sciences criminelles et d'administration publique (depuis , 2020-2021, 2021-2024), directeur de l'École de droit (2020-2021), membre, puis vice-président, puis président de la Commission fédérale de la Concurrence (2005-2017, 2008-2010, 2010-2017), juge suppléant au Tribunal fédéral (depuis ).
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Armorial neuchâtelois
Liens externes
– Serrières, Neuchâtel.
Notes et références
Martenet Catégorie:Personnalité liée au canton de Neuchâtel Catégorie:Canton de Neuchâtel Catégorie:Blason à uniformiser