vignette| Gravure de 1680 accompagnée d'une description par Erasmo Francisci d'une bataille entre navires dans le ciel. La Magonie est un royaume céleste imaginaire, mentionné dans , un traité qui avait pour but de combattre les superstitions dans le domaine météorologique. Ce traité a été écrit en 815 par l'évêque Agobard de Lyon. La est, à l'époque carolingienne et selon la croyance d'habitants du Lyonnais, la depuis laquelle les équipages de navires de transport aérien de marchandises, voyageant sur une mer de nuages, viennent s'approvisionner en récoltes ; celles-ci correspondent à des pertes agricoles causées par des calamités dont la survenance est imputée aux () ; ceux-ci ont pour commanditaires les marins aériens qui les rémunèrent en leur payant le prix de celles des récoltes qu'ils embarquent avant de s'en retourner, avec leur cargaison, en ou direction de celle-ci.
La croyance dans l'aptitude d'êtres humains à déplacer des moissons par des incantations est ancienne. En effet, Pline l'Ancien, dans son , témoigne de ce que les évoquaient celui qui déplace dans son champ les moissons d'autrui par le chant de formules magiques. Sénèque, dans ses , confirme le témoignage de Pline et le relie à la croyance que les tempêtes peuvent être attirées ou chassées par de telles incantations.
Les tempestaires utilisaient la magie météorologique pour créer des tempêtes avec lesquelles ils volaient les récoltes des champs. Des , et () sont attestés dans la de Riquier, dans le de Pirmin ainsi que dans l', un sermon anonyme.
Évocation Agobard est évêque de Lyon de à puis de à sa mort en . Il évoque la Magonie dans son qui, tel qu'il nous est parvenu, consiste en un court traité. Son authenticité n'a jamais été contestée. Agobard l'aurait élaboré en au moins deux étapes, sur la base d'un sermon qu'il aurait retravaillé et enrichi des références bibliques. Sa composition est datée de - et ainsi, du début de l'épiscopat d'Agobard voire de la fin de la période antérieure où il exerçait la fonction de chorévêque auprès de son prédécesseur Leidrade. Pour Jean Jolivet (-), il s'agit d'une et il .
Le est une des vingt-six œuvres conservées d'Agobard. Il nous est parvenu à travers un seul manuscrit trouvé à Lyon. Il s'agit du manuscrit conservé au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France sous la cote BNF lat. 2853. Ce manuscrit a été écrit à Lyon et est daté, pour partie, du et, pour partie, du . À une date inconnue, il passe à l'abbaye de Cluny dans la bibliothèque de laquelle il est signalé au . À une date inconnue, il s'en revient à Lyon. Au début du , vers , un érudit, Jean Papire Masson (-), l'y découvre chez un relieur qui s'apprête à le dépecer pour en faire des couvertures de livres. En l'achetant au relieur, Masson le sauve de la destruction. En , Jean-Baptiste Masson, frère du précédent, en fait don à la bibliothèque du roi.
Considéré comme , l'extrait du dans lequel Agobard évoque la Magonie est le suivant :
Il est important de noter qu'Agobard qualifie la Magonie de région (). Il n'indique pas que les () viendraient de Magonie.
Pour Jean-Pierre Devroey, Agobard a construit sa narration comme une et l'a : après avoir été détruites par la grêle et les intempéries, celles-ci sont emportées vers une région mystérieuse au moyen d'un bateau naviguant sur les nuages, après avoir été cédées contre de l'argent par des tempestaires qui les avaient accaparées par des maléfices.
Étymologie Le toponyme () est un hapax dont l'étymologie est discutée.
Interprétation dominante D'ordinaire, il est présenté comme une déformation de (). Dès , Jacob Grimm (-) relie à de sorte que la Magonie serait un (). En , Pierre Chevallard (-) reprend l'interprétation de Grimm et définit la Magonie comme le . La même interprétation se retrouve, aux , chez de nombreux auteurs, par exemple : en , chez Jean-Claude Schmitt ; en , chez Marina Montesano ; et en , chez Paola Caruso et Juan Antonio Jiménez Sánchez.
Interprétations alternatives En , Felix Liebrecht (-) relie au vieux haut allemand ().
Magonia figure dans l'ouvrage de Jacques Vallée Passport to Magonia, 1969 (Chroniques des apparitions extra-terrestres, du folklore aux soucoupes volantes dans l'édition française de 1972), qui explore le lien entre les visites d'ovnis modernes et les récits antiques de contacts avec ces « êtres de l'espace » — l'auteur y cite notamment la description faite par Agobard.
L'ancienne revue britannique Magonia était consacrée aux ovnis et à d'autres phénomènes relevant du domaine du Réalisme fantastique.
En , Jean-Louis Brodu a émis l'hypothèse que la Magonie doit s'entendre davantage comme une direction que comme une localisation.
En , a recensé d'autres toponymes auxquels pourrait être relié : la terre de Magog, évoquée par le ; le toponyme (, ), attesté dans le sens de et désignant le port d'Ascalon, de Tyr, d'Alexandrie et surtout de Gaza ; le toponyme () ou (), l'actuelle Port Mahon, dans l'île de Minorque, et dont le nom évoque le séjour (-) de Magon Barca ; En , Jiménez Sánchez relie à (), un ancien nom de la Thessalie dont le héros éponyme est Hémon, fils de Pélasge et père de Thessale.
En , Henri Platelle (-) définit la Magonie comme . Il s'appuie sur une hypothèse de Du Cange (-) citée dans le d'Antoine Furetière (-), le et le d'Émile Littré (-), reprise en par Jean-Pierre Tusseau.
En , Paul E. Dutton propose de relier à , variante de dont le sens premier est mais qui acquis le sens de .
Selon Pierre Chambert-Protat, est dérivé de (), fondateur du manichéisme. Chambert-Protat s'appuie sur une note marginale du diacre Florus de Lyon qu'il a découverte dans un manuscrit du () d'Augustin d'Hippone conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon. Michel Rubellin relie à Makhon (), le sixième des de la tradition cosmologique juive.
Postérité L'évocation la plus connue de la Magonie est celle d'Henri de Montfaucon, abbé de Villars, dans paru en . C'est celle-ci qui a inspiré et inspire toujours de nombreux ufologuesLe premier en fut Jacques Vallée dans (1969). qui voient dans le récit l'ancienne observation d'un vaisseau spatial piloté par des extraterrestres. La tradition ufologique remonte au livre sur les soucoupes volantes de (-) et George Adamski (-) paru en .
À Lyon, depuis , Magonia est un lieu culturel, galerie d'exposition d'art urbain, situé dans le , au 14, rue Gorge de Loup....
La Magonie a donné son nom à , un film néerlandais réalisé par Ineke Smits et sorti en .
et l'interlude , deux des titres de l'album de SosMula, sorti en , font référence à la Magonie..
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie . . .
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Vidéographie
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Articles connexes Tempestaire
Liens externes
[IMDb] .
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