vignette|L'abbé Pierre donnant une conférence à Amsterdam en 1965.

Les abus sexuels de l'abbé Pierre concernent des faits d'agressions sexuelles et de viols commis par l'abbé Pierre sur des majeures et des mineurs, filles et garçons. Ils ont été révélés par quatre rapports commandés au cabinet Egaé par Emmaüs International qui ont été publiés en et , ainsi qu'en et .

ont été identifiées, dont 12 mineurs, mais les rapports en laissent présager beaucoup d'autres. Une commission indépendante a été mandatée par le mouvement Emmaüs pour apporter un éclairage historique sur ces abus s'étalant sur plusieurs décennies. Emmaüs et l’Église catholique en France s'associent pour indemniser les victimes par l'intermédiaire de la Commission reconnaissance et réparation (CRR) et de l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (Inirr).

Rapport de juillet 2024 Le Emmaüs International publie un rapport de huit pages. commandé au cabinet Egaé, dont la rédaction est assurée par sa créatrice, la militante féministe Caroline De Haas. Ce rapport fait suite au témoignage d'une femme, fille d'un couple proche de l'abbé Pierre, venue rencontrer dans un premier temps Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, en . Elle dénonce des commis à son encontre au début des années 1980 alors qu'elle avait seize ou dix-sept ans. Emmaüs France, averti en juin, la rencontre en et décide avec Emmaüs International et la Fondation Abbé-Pierre de poursuivre l'enquête en la confiant dans le plus grand secret au cabinet Egaé, alors que le biopic L'Abbé Pierre : Une vie de combats, qui exalte la figure du fondateur, est en préparation....

Le rapport présente les témoignages de sept femmes relatant des de la part de l'abbé Pierre entre la fin des années 1970 et 2005, l'une d'entre elles étant mineure au moment des premiers faits... Deux témoignages mentionnés dans le rapport font état de signalements aux dirigeants d'Emmaüs en 1992 et en 1995 auxquels l'association n'a pas donné suite.. Le rapport relève . Les témoignages recueillis présentent des similitudes. Ils décrivent notamment des attouchements répétés sur la poitrine, généralement commis lorsque l'abbé Pierre est seul avec ses victimes sur lesquelles il semble exercer une emprise psychologique..

Selon le quotidien La Croix Pour le magazine Le Pèlerin, il en raison des controverses qui entourent le cabinet Egaé et sa directrice Caroline De Haas.. L'enquête du magazine La Vie, sortie le jour de la parution du rapport, fait état de faits connus anciens remontant aux années 1950 et 1960.

Le , une source proche du dossier fait savoir que la plateforme Egaé a recueilli une dizaine de nouveaux témoignages..

Tribune de quatre chercheurs de la Ciase Le , à la suite de la parution du rapport, le quotidien Le Monde publie la tribune de quatre chercheursPhilippe Portier, qui a présidé les travaux historiques de la Ciase, la politologue Anne Lancien et les historiens Paul Airiau et Thomas Boulu. qui ont collaboré de 2019 à 2021 à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase). Ils déclarent ne pas être surpris par les révélations du rapport commandé par Emmaüs et la Fondation Abbé-Pierre. En effet, parmi les adressés à la Ciase qu'ils ont eu à traiter, trois mettaient en cause l'abbé Pierre. Ces trois témoignages signés ont été jugés cohérents et écrits sans concertation entre leurs auteures. L'un d'eux se retrouve dans le rapport publié par Egaé.Dans une interview publiée par le quotidien La Croix le , Jean-Marc Sauvé juge regrettable que la Ciase ait communiqué des informations sur ces trois victimes de l'abbé Pierre malgré le principe de confidentialité qui a guidé ses travaux. Cf. ..

Les chercheurs estiment que . Ils mettent aussi en cause le silence volontaire de la hiérarchie catholique et de l'œuvre fondée par l'abbé Pierre :

Réactions de l’Église catholique vignette|L'abbé Pierre et Albert Decourtray, primat des Gaules, en 1987 Dans une tribune parue dans Le Figaro le , Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, estime que le texte des quatre chercheurs . Il juge qu'..

Selon l'un des chercheurs de la Ciase signataire de la tribune, le diocèse de Grenoble, dont dépendait l’abbé Pierre, , ce qu'affirme également la chercheuse Axelle Brodiez-Dolino interrogée par le magazine La Vie : . En réponse à la tribune, le responsable du service communication du diocèse de Grenoble dément le : ...

Réactions du mouvement Emmaüs et de « compagnons de route » Emmaüs et la Fondation Abbé-Pierre Dans un communiqué., Emmaüs International, Emmaüs France et la Fondation Abbé-Pierre .. Le communiqué annonce la mise en place immédiate d' confié au cabinet Egaé. Il est destiné à rester actif jusqu'au ...

Le délégué général de la Fondation, Christophe Robert, se dit sous le choc de la découverte de tels actes et :

Proches de l'abbé Pierre Ancien président des communautés Emmaüs et ensuite d'Emmaüs France entre 1995 et 2007, Martin Hirsch dit avoir eu connaissance par des membres historiques du mouvement de ce qui lui avait été présenté comme les « pulsions » et la « maladie » de l'abbé Pierre. Selon lui, . Il fait valoir que Selon son avis, qu'il attribue aussi aux responsables du mouvement Emmaüs, ..

Biographe et ami intime de l'abbé Pierre, Pierre Lunel, sans mettre , affirme ne jamais avoir eu connaissance d'agressions sexuelles. Selon lui, . Membre du mouvement depuis 1982 et confesseur de l'abbé Pierre, Jean-Marie Viennet indique qu'il connaissait , mais déclare n'avoir . Autre proche de l'abbé Pierre, Bernard Kouchner, interrogé le par le quotidien Le Monde, qualifie les accusations de :

Nouvelles accusations dans le second rapport (septembre 2024) Le , le cabinet Egaé publie un second rapport. faisant état de dix-sept nouveaux témoignages, dont douze sont directs et cinq indirects.. Ils évoquent des propos à caractère sexuel, des baisers forcés, des agressions sexuelles sur une personne vulnérable et sur plusieurs mineures, ainsi que des fellations imposées, qui peuvent être qualifiées de viols. Les accusations concernent la période comprise entre les années 1950 et 2000 et émanent de différents pays qui comprennent, en plus de la France, les États-Unis, le Maroc et la Suisse.. Outre ces dix-sept nouveaux témoignages circonstanciés, plusieurs personnes entendues par Egaé disent avoir été informées des cas de six autres femmes identifiées qui auraient été victimes d'abus sexuels, y compris des mineures, qui n'ont pu être contactées.

Dans un communiqué commun. avec Emmaüs France et Emmaüs International, la Fondation Abbé-Pierre annonce le changement de son nom et de son logo, la fermeture du lieu de mémoire d'Esteville dédié au fondateur et la mise en place d'une commission indépendante d'historiens chargée d'enquêter sur les dysfonctionnements qui ont permis à l'abbé Pierre de commettre des abus pendant plus de ... La commission pourra accéder à l'ensemble des archives d'Emmaüs.. Selon le quotidien La Croix, .

Dans un entretien accordé au Parisien le , Véronique Margron demande à Emmaüs la mise en place d'une instance de réparation destinée aux victimes de l'abbé Pierre, sur le modèle de l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (Inirr) et de la Commission reconnaissance et réparation (CRR). Elle fait valoir que la responsabilité . Selon elle, les accusations portées contre le prêtre évoquent un comparable à Jean Vanier ou aux frères Thomas et Marie-Dominique Philippe... Interrogé sur RTL le , Adrien Chaboche, directeur général d'Emmaüs international, déclare que le mouvement réfléchit et travaille à la question de l'indemnisation.. L'Inirr se dit prête à indemniser les victimes de l'abbé Pierre qui étaient alors mineures..

Enquêtes journalistiques Le , Laetitia Cherel, journaliste de la Cellule investigation de Radio France publie une enquête documentée qui reproduit différentes archives sur les abus de l'abbé Pierre dans les années 1950-1960. Dans l'article, la Conférence des évêques de France répond indirectement aux chercheurs de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église qui accusaient dans la tribune du Monde Emmaüs et la hiérarchie catholique d'avoir à l'époque cherché à dissimuler les agissements de l'abbé Pierre : L'enquête aborde également la question de ce que savaient les responsables d'Emmaüs, dont les témoignages sur ce point sont contradictoires.

La Radio télévision suisse (RTS) diffuse le une enquête qui dévoile la double vie du prêtre lors de ses fréquents séjours à Genève dans un hôtel situé à proximité du quartier chaud des Pâquis. Elle cite notamment le témoignage que Grisélidis Réal, écrivaine et ancienne prostituée, avait livré lors de l'émission Ciel, mon mardi ! sur TF1 le , sur la présence de l'abbé Pierre dans une maison de passe à Genève, essuyant par la suite menaces et insultes. Contrairement aux journaux suisses qui en avaient parlé abondamment, la presse française avait alors passé le fait sous silence.. Selon un autre témoignage, l'abbé Pierre entretenait une liaison avec une femme de la communauté Emmaüs de Genève en parallèle avec des relations avec d'autres femmes. Celles qui l'approchaient étaient mises en garde contre le prêtre pour prévenir de . Selon Laetitia Cherel, auteure de l'enquête de Radio France, interrogée par la RTS, qui avait recueilli sept ans auparavant des témoignages sur l'abbé Pierre, . La communauté Emmaüs de Genève conteste avoir eu connaissance des faits rapportés par l'enquête...

Le , le quotidien 20 Minutes révèle l'existence d'un court passage d'une biographie consacrée à Saul Alinsky parue en 2010. Militant contre la pauvreté, Alinsky avait mis en place aux États-Unis des collectifs en faveur des démunis, dont l'un situé à Chicago, avait reçu l'abbé Pierre en -. L'auteur de la biographie fait allusion à l'épisode américain qui avait fait scandale en ces termes : Cette information a été portée à la connaissance du cabinet Egaé..

Troisième rapport du cabinet Egaé (janvier 2025) Le , le mouvement Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre rendent public un recueil de neuf nouveaux témoignages et une synthèse du cabinet Egaé.. L'abbé Pierre est notamment accusé d'un viol sur un garçon âgé de neuf ans. Deux autres récits concernent également des mineurs âgés de 8 à 10 ans.. Il aurait aussi commis des abus à caractère incestueux sur deux membres de sa famille. À ce stade, au moins ont été identifiées, dont certaines auraient été menacées par le prêtre pour les réduire au silence.... Trois personnes font allusion à des clichés Polaroid que l'abbé Pierre aurait pris des personnes agressées, ce qui évoque à une expert judiciaire des , conservée pour satisfaire . Selon des informations parvenues au journal Libération, le nombre d'affaires recensées par les rapports . Le cabinet Egaé lui-même insiste sur le fait que ces nouveaux témoignages .

Le , Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, annonce sur RMC avoir demandé au lendemain de la parution du rapport l'ouverture d'une enquête judiciaire auprès du Parquet de Paris ... La gravité des faits révélés et la diffusion concomitante de deux documentaires à la télévision.. sont à l'origine de cette action judiciaire dont les chances d'aboutir sont nulles compte-tenu de la prescription.. Lors de son assemblée générale extraordinaire du , le mouvement Emmaüs décide de retirer de son logo la mention de son fondateur.. La Fondation Abbé-Pierre devient quant à elle la Fondation pour le logement des défavorisés.. Après analyse des trois rapports du cabinet Egaé, le parquet de Paris annonce le qu'aucune enquête ne sera ouverte, l'action publique étant éteinte par le décès de l'abbé Pierre, et les éventuels délits de non-dénonciation prescrits..

Quatrième rapport Egaé (juillet 2025)