Philippine Wolff-Arndt, née le à Francfort-sur-le-Main et morte le à ParisActe de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 835, vue 24/31., est une artiste peintre allemande. Elle exercera ce métier toute sa vie.

Philippine Wolff-Arndt soutient les artistes féminines à Leipzig vers 1900. Elle se bat pour que la Hochschule für Grafik und Buchkunst Leipzig admette les femmes étudiantes ; elle cofonde l'« Association des femmes artistes de Leipzig » (Künstlerinnenvereins Leipzig).

Elle se joint au mouvement féministe et, avant 1914, est présidente de la branche de Leipzig du Deutscher Verband für Frauenstimmrecht (« Association allemande pour le droit de vote des femmes »).

Biographie Jeunesse et formation Philippine Arndt est née à Francfort-sur-le-Main le , dans une famille aisée . De 1865 à 1875, elle suit les cours de dessin auprès de la peintre Caroline Ziefraß.

Après quelques années, elle cherche un enseignement plus poussé et demande à ses parents de l'aider à entrer au Städelsche Zeicheninstitut de Francfort-sur-le-Main. Ses parents la soutiennent. Philippine Arndt étudie pendant un an au Göbelschen Dameninstitut (Institut des femmes de Göbel) et suit les cours du peintre Angilbert Göbel.

Elle est admise au Städelsche Zeicheninstitut et y poursuit ses études. Les étudiants des deux sexes sont séparés. Les femmes n'ont pas les mêmes cours que les étudiants masculins. Elles n'ont pas le droit de dessiner de nus, et organisent des séances de pose en secret. Les natures mortes et les paysages deviennent donc des spécialités de l'« art féminin ».

Philippine Arndt s'intéresse au portrait. En 1874, elle passe un printemps à la campagne dans la région de Francfort-sur-le-Main ; elle peint des femmes d'agriculteurs et des personnes vivant dans des conditions difficiles. L'année suivante, elle entre en contact avec le peintre Anton Burger ; elle décrit : . Il lui déconseille aussi de se marier et de faire ses valises immédiatement si elle en avait l'intention.

Après le « Städelsche Zeicheninstitut », elle poursuit ses études artistiques à Munich. Les académie et les écoles d'arts n’acceptent pas les femmes ; elle suit des cours à l'Alte Pinakothek auprès de Franz von Lenbach qui lui fait faire des copies de maîtres anciens.

À l'hiver 1877-1878, elle fait un séjour en Italie de 1877 à 1879. Elle visite le Vatican, des monastères et des villas, et rejoint le cercle de dessin romain Circolo Chigi. Durant cette période, elle réalise de nombreuses études de têtes. Les femmes ne sont pas autorisées à dessiner des nus, elles ne peuvent participer qu'au cours de peinture de costumes.

Carrière à Leipzig Vers 1880, à l'âge de 32 ans, elle épouse Anton Heinrich Wolff (1854-1917 ?) à Francfort-sur-le-Main et s'installe avec lui à Leipzig où le jeune homme d'affaires prend la direction d'une entreprise. Heinrich Wolff est également un violoniste de talent. Leurs trois enfants : Constanze, Erich et Oscar, naissent à Leipzig.

Elle y travaille comme peintre et fait de nombreux portraits de personnalités, comme Henriette Goldschmidt. Ses œuvres sont appréciées, sauf quand il s'avère qu'elles sont l'œuvre d'une femme.

Elle participe à des expositions : en 1892 à l'« Exposition de peintures d'artistes saxons » au Palais Brühlschen à Dresde. La critique remarque ses portraits du géographe Julius Löwenberg, de l'actrice Borchardt et de la violoniste Edith Robinson.

En 1894, elle participe à l'exposition des femmes artistes de Leipzig ; Lina Burger écrit : . En 1897, elle est présente à la Kunstschau der Sächsisch-Thüringischen Industrie- und Gewerbe-Ausstellung (STIGA).

Action en faveur des femmes artistes En 1896, Philippine Wolff-Arndt fonde avec Charlotte Windscheid, la Künstlerinnenverein Leipzig, (« Association des femmes artistes de Leipzig ») ; son objectif est de favoriser l'entraide et le réseautage. L'association propose, entre autres, des cours donnés par des artistes renommés et des expositions et la vente d'œuvres dans sa boutique. Philippine Wolff-Arndt en est la vice-présidente, puis la présidente.

En 1901, elle réussit à convaincre le nouveau directeur de la Königliche Akademie für Grafik und Buchgewerbe de Leipzig (Académie royale du graphisme et du livre), Max Seliger, d'admettre des femmes dans son école ; ce sera la première en Allemagne. En 1913, plus de femmes que d’hommes y étudient.

Action pour les droits des femmes Pendant la Première Guerre mondiale, elle est une des cofondatrices du Wirtschaftlichen Vereinigung Bildender Künstler (Association économique des artistes visuels) et siège dans son conseil d'administration. Elle assiste aux premières réunions de l'« Association générale des femmes allemandes », créée en 1865 par Louise Otto-Peters et Auguste Schmidt ; elle plaide, à plusieurs reprises, en faveur de l’égalité politique des femmes. Elle est présidente d'honneur de la branche de Leipzig du Deutscher Verband für Frauenstimmrecht (« Association allemande pour le droit de vote des femmes »).

En 1919, après la mort de son mari, Philippine Wolff-Arndt s'installe à Munich avec sa fille, Constanze Hallgarten. Celle-ci est militante féministe et pacifiste, dirige le groupe de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (IFF) et est une des dirigeantes du mouvement pacifiste allemand. Les deux femmes font partie de la délégation allemande à la Congrès international des femmes de La Haye en 1915, sans mentionner ce fait dans leur autobiographie.

Philippine Wolff-Arndt a son atelier à Munich et continue de peindre. Elle réalise surtout des natures mortes et des autoportraits. Elle ne cherche plus à exposer : la critique continue à être féroce envers les femmes artistes.

En 1929, elle publie son autobiographie « Wir Frauen von Einst. Erinnerungen einer Malerin » (Nous, les femmes d'antan. Souvenirs d’une peintre). Elle y raconte les luttes et les accomplissements des femmes artistes de sa génération.

Fin de vie Après la prise du pouvoir par les nazis en 1933, Constanze Hallgarten et Philippine Wolff-Arndt émigrent en Suisse puis en France. Philippine Wolff-Arndt meurt, peut-être dans un attentat à la bombe, à Paris, le , à l'âge de 91 ans.

Œuvre vignette| Philippine Wolff-Arndt, portrait de dame : portrait en pied d'une dame en robe noire, huile sur toile, signée et indistinctement datée en haut à gauche « Ph. Wolff-Arndt 1900” Philippine Wolff-Arndt s'intéresse très tôt aux portraits. Une critique parue dans un journal de Francfort vers 1870 rapporte : En 1878, pendant son séjour en Italie, elle réalise Porteuse d'eau dans la campagne, peinture à l'huile grandeur nature. À Leipzig, elle peint plusieurs portraits de personnalités, notamment Otto von Corbin et d'. Ce dernier est accroché à l'école Henriette Goldschmidt de Leipzig. Plus tard, elle vend des autoportraits et des natures mortes.

Elle expose à plusieurs reprises dans le bâtiment de l'Association des Arts de Leipzig. Le peintre Hans Thoma lui suggère de s'essayer à la lithographie et elle réalise quelques portraits avec cette technique.

L'influence de Franz von Lenbach, son professeur à la Pinacothèque, est visible dans ses portraits : sujets représentés éclairés sur fond sombre, et généralement vêtus de vêtements sombres.

Certaines de ses œuvres sont représentées dans son autobiographie ; elle ne signait généralement pas ses œuvres ; le portrait d'Henriette Goldschmidt et deux portraits à l'huile du musée d'histoire de la ville de Leipzig sont reconnus comme étant de sa main.

En 2022, Philippine Wolff-Arndt figure dans l'exposition Unterschätzt. Künstlerinnen in Leipzig um 1900 au Musée des Beaux-Arts de Leipzig.

Reconnaissance Une rue de Leipzig porte le nom de Philippine-Arndt-Weg.

Publication

Bibliographie

Références

Liens externes

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