Romain le Mélode ou Romanos le Mélode dit l’Hymnographe (en grec : Ῥωμανὸς ὁ Μελωδός), né vers 493 et décédé après 555, fut un moine, hymnographe et poète byzantin. Considéré comme l’un des plus grands hymnographes de son temps, il a été surnommé « le Pindare de la poésie rythmique. ». Les Églises catholique et orthodoxe le considèrent comme saintLe culte de saint Romain le Mélode dans l'Église grecque et l'Église arménienne. R. Bousquet. Revue des études byzantines, Année 1900/3-6, p. 339-342. et le fêtent le .
Biographie
On sait assez peu de choses sur la vie de Romain le Mélode. Certains détails sont fournis par le MenaionEnsemble de douze livres (un par mois), lesquels, dans l’Église orthodoxe, contiennent les offices des fêtes fixes du calendrier liturgique. Saint Romain est fêté le octobre. du mois d’octobre qui rappelle comment il reçut son don pour l’hymnographie.. Il est mentionné par le poète saint Germanos au et on le retrouve dans la Souda sous le nom de « Romanos le Mélode ».
De ces rares informations, on sait qu’il naquit dans une famille juive d’Émèse (aujourd’hui Homs en Syrie) et qu’il fut baptisé alors qu’il était encore enfant (on ignore toutefois si toute la famille se convertit). Il déménagea par la suite à Bérytos (l'actuelle Beyrouth au Liban) où il fut ordonné diacre de l’église de la Résurrection. Peu de temps après, vers 518, il devait s’installer à Constantinople où il occupa le poste de sacristain dans « la Grande Église » (Sainte-Sophie), tout en résidant au monastère de Kyros où il demeura jusqu’à la fin de sa vie et où il fut enterré auprès de son disciple, saint Ananias...
Si les dates de sa naissance et de sa mort sont exactes, il aurait vécu sous les règnes des empereurs Anastase (491–518)Une dispute a fait rage au début du siècle dernier pour savoir s’il s’agissait d’Anastase ou d’Anastase II (713-716). On s’accorde aujourd’hui pour dire qu’il s’agissait bien d’Anastase ... et Justinien (527-565). qui composa lui-même de nombreuses hymnes et aurait été le contemporain de deux autres hymnographes réputés, Anastasios et Kyriakos..
Œuvre thumb|270px|La Vierge et Romain, Ménologe de Basile II.
On dit que Romain composa plus de hymnes ou kontakiaKontakion pour la nativité du Christ, M. Benoit et B. Gagnepain, Norbert Dufourq, Les grandes dates de l'histoire de la musique, Que sais-je?, page 10. devant être chantées à diverses fêtes religieuses ou anniversaires des saints du calendrier liturgique. Seules 85 nous sont parvenues, dont une soixantaine sont probablement authentiques.
Selon la légende, rien ne le prédisposait à cette tâche. Doué d’une mauvaise voix, il n’arrivait pas à lire en public sans déclencher les moqueries de ses confrères. Or, vers 518, alors qu’il était en devoir dans l’église de la Panagia aux Blachernes, il s’endormit durant l'office de la vigile de la Nativité peu avant de faire la lecture du Livre des Psaumes. Pendant son sommeil, la Théotokos (« Mère de Dieu ») lui apparut en songe tenant un rouleau qu’elle lui ordonna de manger. Il se réveilla aussitôt, reçut la bénédiction du patriarche et monta à l’ambon où il improvisa son hymne la plus célèbre, le kontakion de la Nativité, éblouissant l’empereur, le patriarche, le clergé et la foule des fidèles tant par la profondeur des idées théologiques que contenait l’hymne que par la qualité de la voix et du chant de l’interprète.
La tradition veut qu’il s’agisse du premier kontakion (κοντάκιον) jamais chantéAu sens strict du terme, le kontakion désignait le support sur lequel s’entourait un manuscrit.. Jusqu’au , il était chanté chaque année au banquet qu’offrait l’empereur lors de la fête de la Nativité par les chœurs de Sainte-Sophie et des Saints-Apôtres de Constantinople, réunis pour l’occasion. Il se présente sous forme d’un dialogue entre la Mère de Dieu et les Mages venus visiter l’enfant nouvellement né, visite que l’on célèbre selon le rite byzantin le et le selon le rite romain.
Parmi les autres kontakia qui lui sont attribués, les plus connus sont : le martyre de saint ÉtienneKondakion saint Étienne, ton 3. ; la mort d’un moine ; le Jugement dernier ; le Fils prodigue (Dimanche du fils prodigue#Kontakion (Ton 3)) ; la résurrection de LazareLa résurrection du Christ est bien différente de celle de Lazare : le Christ n'a pas ... (Hymne 40 sur la résurrection de saint Romain le Mélode, prêtre (). ; la plainte d’Adam ; la trahison de JudasGrand et Saint Mercredi - Troparion ton 8 & Kontakion ton 2..
Bien que la plupart de ses kontakia portent sur des sujets religieux rappelant des histoires de l’Ancien Testament ou du Nouveau Testament ou ayant rapport à la vie du saint que l’on célébrait ce jour-là, Romain a aussi pris pour thèmes divers sujets contemporains comme la sédition Nika dans l’hymne « Sur le tremblement de terre et le feu » ou la reconstruction de Sainte-Sophie dans « Le nouveau Salomon » (allusion à Justinien ).
Ces kontakia sont écrits dans la koinè atticisante, c’est-à-dire dans une langue populaire mais de niveau élevé où abondent les expressions sémitisantes, ce qui confirmerait les origines juives du compositeur. Des images choisies avec soin, des métaphores frappantes, des comparaisons fortes, des antithèses saisissantes, la création de nouvelles expressions et une dramatisation vivante des sujets caractérisent son styleLiturgie et Hymnographie: Kontakion et Canon. José Grosdidier de Matons. Papiers de Dumbarton Oaks, Vol. 34/35 (1980/1981), p. 31-43..
Kontakion
Les années qui suivirent le Concile de Chalcédoine virent se développer ce genre littéraire qu’étaient les hymnes religieux, lequel atteint son âge d’or au . Les compositeurs cessèrent progressivement d’imiter le mètre classique en faveur d’une nouvelle forme basée sur un schéma de syllabes accentuées se répétant de vers en vers.
Le kontakion se présentait sous forme d’un sermon composé de 18 à 30 strophes, chacune comprenant un certain nombre de vers. Les strophes étaient elles-mêmes reliées par un refrain et unies par un acrostiche. Chaque kontakion débutait par une strophe modèle (heirmos) qui indiquait la mélodie et le schéma syllabique. Lorsqu’il était chanté sur la mélodie originale, on l’appelait idiomelon...
Romain le Mélode fut le plus grand compositeur de kontakia de son époque. Mais il ne devait pas être imité, le genre disparaissant au milieu du , probablement parce que trop complexe. Il fut remplacé par le Kanon, plus simple, qui fut, dit-on, inventé par André de Crète et illustré par Jean Damascène...
Le nom de Romain le Mélode a été mentionné parmi plusieurs autres comme auteur de l’Acathiste ou Hymne acathiste, un hymne en l’honneur de la Mère de Dieu pour la remercier de la protection qu'elle aurait accordée à la ville de Constantinople lors du siège en 626 ; il est demeuré l’hymne le plus célèbre de la liturgie grecque orthodoxe.
Écrits 240px|vignette|Ordination d'un diacre. Saint Romanos, surnommé le Mélode, était diacre à Constantinople au , c'est le plus grand auteur d'hymnesRomanos Le Mélode. Hymnes. Introduction, texte critique, traduction et notes par José Grosdidier de Matons. Tome I : Ancien Testament (I-VIII), tomes II et III : Nouveau Testament (IX-XX et XXI-XXXI). Persée (portail). de Byzance.
Voici l’Hymne de la Nativité « Aujourd’hui la Vierge met au monde l’Être supra substantiel, et la terre offre une grotte à l’Inaccessible » de Saint Romain le Mélode« Hymne de la Nativité » de Romanos le Mélode.. Voici l’Hymne de la Passion « Le Rocher de la vie est aujourd’hui blessé par les clous » de Saint Romain le Mélode« Hymne de la Passion » de Romanos le Mélode..
Fuir le péché
Commentaire selon Jean (Jn 13, 21-33.36-38) vignette|L'arrestation du Christ (Baiser de Judas), vers 1304/1306, fresque, Église de l'Arena de Padoue, Giotto di BondonePourquoi Judas a-t-il trahi Jésus ?. Aleteia.. Pourquoi, Judas ?
Commentaire selon Matthieu (Mt 25, 1-13)L'année en hymnes avec Romanos le mélode : Un choix de 30 hymnes, des poèmes et des mélodies propres à l'Eglise d'Orient. : vignette|Premier livre contenant le Psaumes de David (Paris : Nicolas Du Chemin, 1549), musique : Clément Janequin. À la porte
Notes et références
Notes
Références
Annexes Bibliographie Sources primaires (reproduction d’un livre imprimé avant 1923). . . Sont parus dans cette collection : 99. Hymnes, tome I : Ancien Testament (I-VIII) ; 110. Hymnes, tome II : Nouveau Testament (IX-XX) ; 114. Hymnes, tome III : Nouveau Testament (XXI-XXXI) ; 128. Hymnes, tome IV. Hymnes XXXII-XLV : Nouveau Testament (XXXII-XLV) ; 283. Hymnes, tome V : Nouveau Testament (XLVI-L) et Hymnes de circonstance (LI-LVI). . Sancti Romani Melodi Cantica, vol. 1 : Cantica Genuina, vol. 2 : Cantica Dubia, éd. par Paul Maas et Constantine A. Trypanis, Oxford, 1963-1970.
Sources secondaires . . . . . . . . . . . . . . . .
Articles connexes Prokeimenon Vêpres#Rite byzantin Hymne religieux Littérature byzantine Kontakion Canon (hymnographie) Joseph l'Hymnographe connu pour ses « canons », forme de poésie religieuse grecque qui succéda au « kontakion ».
Liens externes
Saint Romanos le Mélode, Nominis Catéchèse du pape Benoît XVI sur Romanos le Mélode, théologien, poète et compositeur (21/05/2008). La pensée symbolique de Romanos le Mélode de Christelle Mulard, Université de Strasbourg
Romain Melode Catégorie:Saint catholique et orthodoxe byzantin Romain Melode Catégorie:Poète byzantin Catégorie:Musicien du VIe siècle Catégorie:Personnalité de l'Empire byzantin du VIe siècle Catégorie:Date de naissance non renseignée (Ve siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (VIe siècle) Catégorie:Compositeur de musique sacrée Catégorie:Hymnographe du haut Moyen Âge Catégorie:Poète du haut Moyen Âge Catégorie:Moine du VIe siècle Catégorie:Saint catholique fêté le 1er octobre Catégorie:Liturgie orthodoxe