Les textes du bouddhisme zen sont principalement constitués de sutras et de recueil de dialogues. En effet, bien que le zen se réclame d’une « transmission spéciale en dehors des écritures » qui « ne repose pas sur des mots», la tradition zen a un riche fond doctrinal et textuel. Elle a été influencée par de nombreux sutras tels que le Lankavatara Sutra (« Sutra de l’entrée à Lanka »), le Sutra de Vimalakirti , lAvatamsaka Sutra (« Sutra de l’Ornementation fleurie ») et le Sutra du Lotus.

De plus, la tradition zen a produit un riche corpus de littérature écrite qui est devenu une partie de sa pratique et de son enseignement, y compris le Sutra de l’Estrade, les lignées, les paroles recueillies des maîtres zen et la littérature portant sur les koan.

Le rôle de l'écrit dans le zen Contrairement à l'image populaire, la littérature joue un rôle dans la formation zen. Un examen des premiers documents historiques et de la littérature des premiers maîtres zen révèle clairement qu'ils étudiaient bien de nombreux sūtras bouddhistes du Mahāyāna.

« Ne pas se baser sur les mots et de lettres » Le zen est souvent décrit comme anti-intellectuel. Cette image du zen a émergé pendant la dynastie Song (960–1297), quand le Chán est devenu la forme dominante du bouddhisme en Chine, en particulier parmi les classes instruites et littéraires de la société chinoise.

Au siècle, pendant la tourmente de la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes, des écoles régionales se sont développées avec des opinions divergentes sur ce qu’est le Chán. Un point de vue était celui du jiaowai biechuan (教 外 別 傳), « une transmission spéciale en dehors des enseignements ». Le point de vue opposé était jiaochan yizhi (教 禪 一致), « l'harmonie entre Chán et les enseignements». L’idée de l'harmonie entre Chán et les enseignements était dominante dans la lignée de Fa-ten Wen-i (885-958) et a prévalu dans les royaumes du sud au dixième siècle. Par la suite, la notion de « transmission spéciale en dehors des enseignements » est devenue dominante.

Ceci est notoirement formulé dans une stance du attribuée à Bodhidharma:Une transmission spéciale en dehors des Écritures,

Que l’on ne trouve pas dans les mots et les lettres.

En pointant directement vers l’esprit,

On peut voir sa nature et ainsi atteindre la bouddhéité».

Le célèbre dicton « Ne pas se baser sur les mots et de lettres» , attribué à cette période à Bodhidharma, «…a été adopté non pas comme un refus des paroles recueillies du Bouddha ou des élaborations doctrinales apprises par les moines, mais comme un avertissement à ceux qui prennent les enseignements bouddhiques, qui ne sont qu’un guide vers la vérité, pour la vérité elle-même». Un exemple de cette indépendance vis-à-vis des mots et des Écritures dans la Chine du est Teshan (Tokusan 780-865). Il est devenu célèbre pour avoir brûlé ses commentaires sur le Sutra du diamant quand il s'est rendu compte que son attachement à ces commentaires était devenu une pierre d'achoppement sur son chemin vers l’illumination.

Mais pas d’anti-intellectualisme Le Chán de la dynastie Tang, en particulier celui de Mazu et Linji avec son accent sur les « techniques choc », a été rétrospectivement considéré comme un âge d'or du Chán. Cette image a gagné une grande popularité en Occident au , surtout en raison de l'influence de D.T. Suzuki, mais dès les années 1970, la recherche scientifique sur le zen a remis en question et modifié cette représentation.

Masao Abe souligne ainsi que le rôle de l'intellect dans la compréhension du zen ne doit pas être mal compris:« Il est clair que le zen n’est pas une philosophie. Il est au-delà des mots et de l’intellect, et n’est pas, comme c’est le cas de la philosophie, une étude des processus que gouvernent le pensée ou la conduite, ni une théorie des principes ou les lois qui régulent les personnes et l’univers. Pour la réalisation du zen, la pratique est incontournable. Pour autant, le zen n’est ni un anti-intellectualisme, ni un intuitionnisme bas de gamme, ni un encouragement à une spontanéité de type animale. Au contraire, il embrasse une philosophie profonde. Bien que la compréhension intellectuelle ne puisse pas remplacer l’éveil du zen, la pratique sans une forme adéquate et légitime de compréhension intellectuelle est souvent trompeuse Masao Abe, trad. par William R. LaFleur, Zen and Western Thought, trans. Honololu, University of Hawai Press, 1989, 332 p. p. 4.. »L'importance accordée à l’indépendance du zen par rapport aux mots écrits est également souvent comprise comme une opposition à l'étude des textes bouddhistes, ce qui est erroné. Le zen est profondément enraciné dans les enseignements et les doctrines du bouddhisme Mahāyāna et il a progressivement développé sa propre littérature. « Bien qu'il enseigne de "Ne pas dépendre des mots et des lettres", le Chan n’a pas rejeté les Écritures du Canon bouddhique, mais il a simplement prévenu qu'il était futile de s’appuyer sur elles pour atteindre l’éveil. Les textes sacrés — et plus encore l’immense appareil exégétique qui s’est développé autour d’eux dans les anciennes écoles scolastiques — ont été considérés comme de simples panneaux de signalisation pointant vers la voie de la libération. Aussi précieux soient-ils en tant que guides, ils doivent être transcendés si l’on veut s’éveiller à la véritable intention des enseignements de Śākyamuni. »Mais l'intuition directe doit être soutenue par l'étude et la compréhension des enseignements et des textes bouddhiques. Hakuin va jusqu'à affirmer que la voie bouddhique commence par l'étude :  

La compréhension intellectuelle sans pratique est appelée yako-zen, « zen du renard sauvage », mais « celui qui n'a qu'une expérience sans compréhension intellectuelle est un "diable zen" ou zen temma.»

Ancrer le chán dans les écrits Les premières écoles bouddhistes en Chine étaient chacune basées sur un sutra spécifique. Au début de la dynastie Tang, à l'époque du cinquième patriarche Hongren (601–674), l'école zen est devenue une école à part entière du bouddhisme. Il a dû développer sa propre tradition doctrinale pour assurer sa position et fonder ses enseignements sur un sutra spécifique. Divers sutras ont été utilisés pour cela, avant même l'époque de Hongren: le Śrīmālādevī Sūtra (Huike), l’Éveil de la Foi (Daoxin), le Lankavatara Sutra (École de la montagne de l’Est) , le Sutra du Diamant (Shenhui), le Sutra de l’estrade.

D'autres sutras influents sont le Sutra de Vimalakirti, l’Avatamsaka Sutra, le Shurangama Sutra, et le Mahaparinirvana Sutra.

Le Chán en expansion a également été confronté au défi de mettre ses enseignements en mots, de renforcer son identité et de l'appliquer dans le cadre d'enseignement formels, sans perdre la vision centrale de la réalité telle quelle. Une solution à ceci était de déplacer remplacer l'accent mis sur les paroles du Bouddha historique, vers celles des Bouddhas vivants, à savoir les maîtres du Chán. Avec le temps, ces paroles, tirées des "rencontres-dialogues" entre maîtres et étudiants, mais aussi des sermons, sont devenus codifiés et ont formé la base des genres zen typiques, à savoir le "yü-lü "(paroles recueillies) et les collections classiques de koan. Celles-ci se sont également formalisées et sont devenues en tant que telles un sujet de discussions sur la bonne façon d'enseigner le zen et d'éviter la dépendance aux mots.

Principaux sutra

Lankavatara Sûtra À ses débuts en Chine, le zen se référait principalement aux sutra du Mahāyāna, en particulier au Laṅkāvatāra Sūtra . En conséquence, les premiers maîtres de la tradition zen étaient appelés « maîtres du Laṅkāvatāra ». Dans d'autres textes anciens, l'école qui deviendra plus tard connue sous le nom de zen, est parfois même appelée simplement « l'école du Laṅkāvatāra » (Ch. 楞伽 宗, Léngqié Zōng ). Comme le Laṅkāvatāra Sūtra enseigne la doctrine du « véhicule unique » (Skt. Ekayāna), la première école zen était parfois appelée « l'école du véhicule unique ». Des récits relatant l'histoire de cette première période se trouvent dans les Archives des Maîtres du Lakāvatāra (Ch. 楞伽 師資 記, Léngqié Shīzī Jì).

Sutra du Diamant Pendant la dynastie Tang, le texte central de l'école zen est devenue le Sūtra du Diamant. Par la suite, on a souvent vu dans ce sutra ainsi que dans le Lankavatara les textes essentiels de l'école zen. Mais on ne voit pas clairement pourquoi le Sūtra du Diamant est devenu le texte prédominant. Ainsi, pour Whalen,« Jusqu’à ce moment [Shenhui (670–762)], cette école ne s’appelait pas elle-même «Chan» (méditation), un nom plutôt sans relief. En réalité, elle était toujours à la recherche d’un nom, et on avait alors pour habitude de lier un nouvel enseignement à un sutra. Huike a utilisé le Sutra de Srimala, mais Daoxin ensuite a été inspiré par L’Éveil de la Foi. Des membres de l'École de la Montagne de l’Est, réalisant que l’Éveil de la Foi était un sashtra [un traité], trouvèrent la meilleure solution ; ils créèent une lignée de maitres du Sutra de Lankavatara, qui est le Sutra qui a inspiré l’Éveil de la Foi. Shenhui a ensuite répandu le mythe que Huineng avait préféré le Sutra du Diamant. En fait, aucune de ces étiquettes n’identifie vraiment l'affiliation idéologique de l’école, car cette tradition n’a apparemment jamais utilisé un sutra unique pour se légitimer. » Sutra de Vimalakirti Le Sutra de Vimalakirti est un ancien sutra du Mahayana datant du deuxième siècle de notre ère, fondé sur les enseignements de la grande sagesse (prajnaparamita) sur la vacuité. Il s’agit d’un dialogue entre le maître de maison laïc Vimalakirti qui est malade, et plusieurs bodhisattvas qui viennent, à tour de rôle, lui rendre visite. Les discussions roulent sur la non-dualité. En discutant de ce sujet, les bodhisattvas donnent une variété de réponses. Manjushri est le dernier à répondre, et il déclare que « en donnant une explication, ils sont déjà tombés dans le dualisme ». À quoi, à son tour, Vimalakirti répond par le silence.

Ce silence est dès lors devenu un paradigme pour la tradition Chán :« C'est ainsi que tous les maitres zen sont réticents à exprimer l’éveil, l’état de non-dualité, par des mots ou des signes. »

Avatamsaka Sutra L'Avatamsaka Sutra (« Sutra de la guirlande de fleurs ») est une compilation de sutras de différentes longueurs. L'idée essentielle de cet ensemble est l'unité de l'absolu et du relatif. Chaque partie du monde reflète la totalité du cosmos. Tous les niveaux de réalité sont liés et interpénétrés. Cela est représenté par l'image du filet d'Indra.

L'école Huayan, basée sur ce sutra, a constamment influencé le Chán. Tsung-mi, son cinquième patriarche, occupe également une place de choix dans l'histoire du Chán. Pendant les Song, la métaphysique de Huayan a été complètement assimilée par l'école Chán.

Le Sutra de l’Avatamsaka est mentionné, directement ou indirectement, dans les écrits du Chán. Le poème Shin Jin Mei (« La foi dans l’esprit ») de Sengcan est « dans de nombreux passages [...] apparenté au sutra de l'Avatamsaka, en particulier les strophes de clôture». Les écrits de Tsung-mi reflètent ses influences Huayan.

Littérature zen La tradition zen a développé une riche tradition textuelle, basée sur l'interprétation des enseignements bouddhistes et les paroles collectées des maîtres zen.

Textes chinois

Sutra de l’estrade de Hui-neng (Enô) Parmi les plus anciens textes spécifiquement zen, datant au moins du , figure le Sūtra de l’estrade du sixième patriarche, attribué à Huineng. En réalité, il s'est développé sur une plus longue période de temps et contient différentes couches d'écriture.