Dominique Natanson, né le à CherbourgCherbourg-Octeville en 2000, puis commune déléguée dans Cherbourg-en-Cotentin depuis 2016., est un pédagogue, un écrivain et un militant antiraciste français.

Biographie Dominique Natanson est le fils du professeur Jacques Natanson et de la psychanalyste Madeleine Natanson, et le neveu du poète Daniel Lefèvre.

Il est né après la guerre dans une famille marquée par la déportation et le génocide des Juifs par l'Allemagne nazie.. Son grand-père, Aron Natanson, juif roumain arrivé en France dans les années 1920, était libraire à ParisVoir Autour de la librairie d’Aron Natanson : Étude de la vie intellectuelle autour d'une librairie du Quartier latin, à travers les Carnets et la correspondance d'Armand Petitjean(1932-1938).. Sa tante âgée de 13 ans, Miryam (Mireille) Natanson a été arrêtée en même temps qu’Aron Natanson, le . Ils ont été déportés deux jours plus tard par le convoi n°37 et assassinés à Auschwitz. D’autres membres de la famille Natanson ont été victimes, à la fin de la guerre, de la barbarie nazie (fusillés, suicidés).. Durant cette période, Jacques Natanson, son père, est caché par des moines dominicains..

Cette histoire marque Dominique Natanson qui devient l'un des pédagogues de la Shoah en France. et dont le ressort de l’activité politique est l’antiracismeVoir ses déclarations dans le clip 1 de Paroles juives contre le racisme : 4’47’’..

Enseignant et pédagogue Enseigner la Shoah Professeur d’histoire, il enseigne à Cuffies dans un collège de l’Aisne qui porte, à son initiative, le nom d’un enfant juif déporté et assassiné à Auschwitz, Maurice Wajsfelner ; puis au lycée Gérard de Nerval de Soissons. Il devient formateur d’enseignants dans l’Académie d’Amiens et formateur de formateursVoir ses propositions de dispositif de stage dans la revue Les Cahiers pédagogiques, n°23, décembre 2011.. Il forme des enseignants à l’enseignement de la Shoah, amène des groupes de lycéens à Auschwitz et mène une réflexion sur les conditions pour rendre utile une telle démarche.. Selon Le Café pédagogique, il a une vision constructiviste du travail de mémoire, terme qu'il préfère à celui de devoir de mémoireLe Café pédagogique évoque la parution d'un travail réalisé avec ses élèves qui ont écrit à partir des dessins de l'ancien déporté d'Auschwitz-Monowitz, Serge Smulevic, voir : .. Sa démarche mémorielle est évoquée par André Weill dans Le Marchant de bonheur à pied d'Auschwitz à Jérusalem, en 2008.

En 1992, il publie La Mémoire juive en Soissonnais, écrit avec ses élèvesPatrick Petit-Ohayon, Transmettre l'histoire de la Shoah ( Biblieurope éditeur, 2000, page 64) évoque ce travail réalisé « avec participation de la classe de du Collège Maurice Wajsfelner de Cuffies (Aisne), nom d'un enfant juif de 10 ans, déporté depuis Soissons et disparu à Auschwitz. Ce travail retrace les douloureux évènements et les déportations de Juifs qui vivaient encore dans le Soissonnais à la veille de la Seconde guerre mondiale, grâce à des témoignages et à des documents d'archive. », et reçoit le Prix Corrin contre l’oubli et la banalisation de la ShoahDiscours du récipiendaire : .Anonymes, Justes et persécutés durant la période nazie : .Attribution du Prix Corrin contre l'oubli et la banalisation de la Shoah, dans Le Monde juif, n°149, 1993 et dans Le Monde de l'éducation, 1993.. vignette|alt=Remise du Prix Corrin à Dominique Natanson.|Remise du Prix Corrin à Dominique Natanson, dans l'amphithéâtre de la Sorbonne, Paris, janvier 1993.

En 1997, dans le but de contrer le négationnismeLe site de Dominique Natanson est ainsi évoqué par Gilles Karmasyn, en collaboration avec Gérard Panczer, Michel Fingerhut, Le négationnisme sur Internet - Genèse, stratégies, antidotes, dans Revue d’Histoire de la Shoah, 2000/3 (N° 170).La naissance en 1997 du site Mémoire Juive & Éducation et le fait qu'il ait été un site de référence pour les enseignants est évoquée par Stéphane Amelineau : , il crée le site internet Mémoire Juive & Éducation dans lequel il répond aux questions posées par des adolescents sur la déportation et le génocideSite recommandé par Le Café pédagogique : .. Selon Le Café pédagogique, c'est « un site qui fait référence sur la pédagogie de la Shoah ».Le site est présenté comme un outil pédagogique important par Barbara Lefebvre et Sophie Ferhadjian, Comprendre les génocides du XXe siècle comparer-enseigner, Éditions Bréal, 2007.. Il publie J'enseigne avec l'Internet la Shoah et les crimes nazis, « un ouvrage destiné à présenter aux enseignants la manière d'aborder la question de la Shoah avec internet comme outil de mémoire »Selon L'Union, 18 décembre 2002 : Internet utilisé comme outil de mémoire.. Il souhaite « transmettre par l’école : à la fois, la connaissance précise du génocide, des mécanismes du meurtre de masse, et, en même temps, cette brûlure, cette indicible meurtrissure de tout être humain confronté à la Shoah »Selon Daniel Letouzey, de l'Association des professeurs d'histoire-géographie : ..

Il intervient sur Auschwitz et l’éducation antiraciste, au Colloque « Penser le fait génocidaire : Histoire, Mémoire, Actualité » tenu les 25 et 26 janvier 2025, à l’occasion du 80e anniversaire de la Libération d’Auschwitz. Il y insiste sur la notion de "travail de mémoire" préféré au "devoir de mémoire", dénonce "la chimère de l’enseignement impossible de la Shoah en banlieue" et s'oppose, à propos des Voyages scolaires à Auschwitz, à la « politique du chiffre » qui considérerait le voyage à Auschwitz comme remède miracle contre l’antisémitismeVoir le texte de son intervention dans le site Mémoire Juive & Éducation .

Autres aspects pédagogiques Selon Le Café pédagogique, « Dominique Natanson est connu des enseignants d'histoire. Il est l'auteur du cédérom « J'ai vécu au siècle ». qui permet un véritable apprentissage du métier d'historien dès le collège. ».

Collaborant à la revue Les Cahiers Pédagogiques, il se situe dans le courant de la pédagogie institutionnelle. « Pour évaluer les progrès de ses élèves, Dominique Natanson se sert de "l'évaluation par ceintures" qui vient de Fernand Oury et de la Pédagogie institutionnelle, dans le prolongement de la pédagogie de Célestin Freinet »Fernand Muller, Manuel de survie à l'usage de l'enseignant (même débutant), L'étudiant éditeur, Prix Louis-Cros 2005 de l'Académie des sciences morales et politiques, page 387.Recension de son ouvrage Des ceintures pour évaluer les compétences des élèves par Les Cahiers pédagogiques : .. Il écrit sur le travail de groupe qu’il pratiqueRecension de son ouvrage Oser le travail de groupe par la revue Les Cahiers pédagogiques : ..

Avec Marc Berthou, il réfléchit à la pratique du jeu pédagogique, dans Jouer en classe en collège et en lycéeRecension dans la revue Les cahiers pédagogiques : ., dans l'esprit d'une pédagogie du détourLa pédagogie du détour permet d'apprendre efficacement en contournant les résistances cognitives par des chemins indirects. Voir La pédagogie du détour : une méthode active et engageante : Cette utilisation du jeu pédagogique participe d'une pédagogie du détour, comme l'analyse Julie Poirier dans son travail universitaire intitulé Travailler autrement pour motiver : la pédagogie du détour, sur le site du CNRS : ..

Écrivain Jeune, il publie quelques poèmes et des nouvellesUne de ces nouvelles a paru dans la revue de psychanalyse, Imaginaire et Inconscient, 2001/3, p. 105 à 110 : . sur le thème de la Shoah, ou plus précisément, selon son expression, des « traces qu’elle laisse dans nos vies »Article de L’Union, 26 mars 2002 : La Shoah au cœur des nouvelles de Dominique Natanson.. Il publie un premier roman en 2018, toujours autour de la question de la déportation : On ne sait pas grand-chose de la vie de A.., avant de se lancer dans des romans policiers « décoloniaux » où il traite des réfugiés sans papiers (La cavale de Ferddy Mbemba, 2019)Recension dans L’Anticapitaliste : . et des « bavures policières » (Quand bave la police..., 2020){https://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000587766&titre_livre=Quand_bave_la_police...]..

En , il publie un roman uchronique, Mutineries de l'imaginaire, dans lequel il imagine la survie d'une famille de Juifs déportés en 1942, l'imagination leur prêtant évasions, caches et retrouvailles, contre toute vraisemblanceL'Union, 30 septembre 2023, Le Soissonnais Dominique Natanson signe un roman uchronique..

Parallèlement, il fonde une maison d'édition sans but lucratif, « L'Échelle du temple »Denis Mahaffey, « Une nouvelle maison d'édition associative à Soissons », levase.fr, 30 octobre 2020..

Militant antiraciste

Il préside le comité de Soissons du MRAP de 1985 à 1995Différences, périodique du MRAP, n°138, février 1993, page 10.L'Aisne nouvelle, 14 décembre 1993, Le M.R.A.P. en assemblée, Dossiers locaux et lois Pasqua, Les anti-racistes veillent.. À partir de 2006, il est l'un des porte-parole du Collectif de défense des sans papiers de l'Aisne, appartenant au Réseau éducation sans frontièresVoir Le Vase communicant, n°287, 3 au 16 février 2020, page 10.. Le journal L'Union rapporte qu'il est à l'initiative du Manifeste des enfants cachés, signé par des personnes juives qui ont été cachées sous l'Occupation nazie ou par leurs descendants, « en signe de solidarité à ceux qui aident les migrants, en dépit des risques pris »L'Union, 13 avril 2017..

Co-président de l’UJFP en 2016-2017, il sillonne les banlieues pour des interventions antiracistes : il affirme dans une interview au Muslim Post : « En tant que juifs, dans les quartiers populaires, nous sommes extraordinairement accueillis »Interview dans le Muslim Post : « En tant que juifs, dans les quartiers populaires, nous sommes extraordinairement accueillis ».. Il est qualifié d'antisioniste« Le professeur d’histoire (...), Dominique Natanson, juif antisioniste, défend l’idée que toutes les manifestations du racisme doivent être combattues, pas seulement l’antisémitisme. » selon L'Union, 21 février 2019 : .Sa position antisioniste est rapportée par Hassina Mechaï, Middle East Eye, 9 octobre 2018 : .. Lui-même se réclame de l’héritage du Voir son article : ‘’Après la déclaration Balfour, l’antisionisme du Bund polonais dans l’Entre-deux-guerres’’ : ..

Dominique Natanson dirige, avec André Rosevègue, la publication de Une parole juive contre le racisme.

Il se définit comme antiraciste « politique et décolonial » et vient publiquement en soutien à la militante antiraciste Houria Bouteldja lorsqu’elle est accusée d’antisémitisme, signant plusieurs tribunesEn 2017, dans Le Monde : et en 2021 : ., et hébergeant sur son blog Mediapart la réponse de la militante à ses détracteursClavreul, Césaire et moi. De l’Innocence des uns et de la Conscience des autres. ..

Il publie, en 2020, un Guide du Soissons colonial qui critique l’omniprésence des noms de militaires colonialistes dans l’odonymie soissonnaiseVoir L’Union : Les hommes qui ont des rues à leur nom à Soissons le méritent-ils vraiment ? ..

En 2021, il dépose plainte après la publication de son nom dans une liste intitulée « islamo-gauchistes », téléchargeable sur le site d'extrême droite Fdesouche....

En , il figure parmi les signataires d'une tribune parue dans Libération : Frappes sur Gaza : « Vous n’aurez pas le silence des juifs de France »..

Publications Mémoire La Mémoire juive en Soissonnais, Mémoires, 1990 (Prix Corrin contre l’oubli et la banalisation de la Shoah). Le Coup de sifflet du couvreur, Mémoires de jeunesse de Robert Carré de 1923 à 1946, Mémoires, 1994 (Préface et présentation). Guide du Soissons colonial, Éditions Syllepse et éditions de l’échelle du temple, 2020. Pédagogie J’ai vécu au XVIIIe siècle, cédérom, CNDP, 2001. J'enseigne, avec l'Internet, la Shoah et les crimes nazis, CRDP de Bretagne, 2002. Oser le travail de groupe, avec Jacques Natanson et Isabelle Andriot, Les clefs du quotidien, CRDP de Bourgogne, 2008.