Léontine Suétens, née le à Beauvais et morte le à Saint-Laurent-du-Maroni, est une blanchisseuse et une communarde. Elle est condamnée au procès des « pétroleuses » qui s'ouvre le .

Biographie

Avant la Commune Léontine Suétens est née en 1846 à BeauvaisActe de naissance , , Beauvais, Archives l'Oise), d'un père, Jean Baptiste Suétens, ouvrier tailleur aux idées progressistes qui quitte Beauvais pour Paris en 1848 et d'une mère, Sophie Olympe Doudeuil, issue d'une famille ouvrière .

Elle vit en concubinage avec un ouvrier ciseleur, Aubert, depuis 1864.

Elle est condamnée à un an d'emprisonnement pour vol en 1867.

En 1870, elle suit son compagnon, sergent-major au , et devient cantinière. Elle participe aux combats de Neuilly, Issy, Vanves, et Levallois-Perret où elle est blessée à deux reprises. Elle porte une écharpe rouge, un fusil Chassepot et vient en aide aux blessés.

Procès vignette|Des femmes de la Commune. Prison des Chantiers, le 15 août 1871, Versailles. Photomontage de portraits par Eugène Appert, extrait des Crimes de la Commune. Léontine Suétens est assise au , à la à partir de la droite. Léontine Suétens est jugée au procès des « pétroleuses » qui s'ouvre le , après les incendies de la Commune de Paris. Son avocat étant défaillant, elle est défendue par un militaire, le maréchal des logis Bordelais : celui-ci . Le Conseil de guerre la condamne à mort, ainsi que deux de ses co-accusées, Élisabeth Rétiffe et Joséphine Marchais, le .

Victor Hugo prend alors la défense, d'une part de Théophile Ferré et de Louis Rossel, mais également de trois femmes : Léontine Suétens, Eulalie Papavoine et Joséphine Marchais. Il considère les insurgés comme des combattants révolutionnaires, non comme des criminels de droit commun. Pour les trois femmes de surcroît, il mobilise la question sociale :

Soit que la commission des grâces hésita devant le manque de preuves, soit que l'intervention de Hugo ait été décisive, les sentences de mort des trois femmes sont commuées en travaux forcés en Guyane.

Détention en Guyane En 1875, Léontine Suétens se marie à Saint-Laurent-du-Maroni avec Aïssa (ben Tafaroui) ben Tebra, né à Oran et domicilié à Saint-MauriceActe de mariage , , Saint-Laurent-du-Maroni, Archives nationales d'outre-mer (vue 7/21).

En 1877, le gouverneur de la Guyane se plaint de Suétens et de ses co-détenues, indiquant que ces femmes créent et suscitent des réclamations de la part du personnel pénitencier. Il requiert alors du ministère de la Marine . Cependant, une amnistie partielle est votée en 1879, et l'amnistie totale pour tous les condamnés de la Commune en 1880.

Léontine Suétens s'éteint à l'hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni en 1891, à l'âge de 45 ansActe de décès , , Saint-Laurent-du-Maroni, Archives nationales d'outre-mer (vue 61/172). Son mari meurt l'année suivante à CayenneActe de décès , , Cayenne, Archives nationales d'outre-mer (vue 179/184).

Postérité Édith Thomas, la première historienne à s'intéresser au cas des « pétroleuses », dans son livre Les Pétroleuses, est formelle quant à l'innocence de Léontine Suétens : deux des femmes jugées .

Ludivine Bantigny lui rend hommage dans une correspondance , au chapitre Les Réprouvées, en 2021.

Références

Voir aussi

Bibliographie

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Article connexe

Femmes dans la Commune de Paris Pétroleuse Les Pétroleuses Incendies de Paris pendant la Commune

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