En , on ne connaissait pas de traitement spécifique ou de cure efficace à la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), causée par le virus SARS-CoV-2. Ainsi, la pierre angulaire de la gestion de la Covid-19 consistait en des soins de soutien, qui comprenaient le soulagement des symptômes, l'hydratation, l'oxygénothérapie au besoin, et des médicaments ou des dispositifs pour soutenir d'autres organes vitaux affectés.. Les anticorps monoclonaux ont aussi montré une certaine efficacité dans le traitement de cette maladie, tant en curatif qu’en préventif.
Gestion générale La plupart des cas de Covid-19 étaient légers. Dans ces cas, les soins de soutien comprenaient des médicaments tels que le paracétamol ou les AINS pour soulager les symptômes (fièvre, douleurs musculaires, toux), un apport adéquat en liquides et le repos. Une bonne hygiène personnelle et une alimentation saine étaient également recommandées. Le CDC américain recommandait à ceux qui soupçonnent être porteurs du virus de s'isoler à la maison et de porter un masque facial.
Les personnes atteintes plus sévèrement peuvent nécessiter une hospitalisation. Chez les personnes ayant de faibles niveaux d'oxygène, l'utilisation de la dexaméthasone en combinaison avec un inhibiteur de l'interleukine-6 (Tocilizumab ou Sarilumab) était fortement recommandée par l'OMS, car elle peut réduire le risque de décès. Une ventilation non invasive et, finalement, une admission dans une unité de soins intensifs pour une ventilation mécanique peuvent être nécessaires pour soutenir la respiration. Les avantages de l'oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) a été étudiée pour traiter l'insuffisance respiratoire.
Plusieurs traitements expérimentaux étaient activement étudiés dans le cadre d'essais cliniques. D'autres ont été jugés prometteurs au début de la pandémie, comme l'hydroxychloroquine et le lopinavir/ritonavir, mais des recherches ultérieures ont révélé qu'ils étaient inefficaces, voire nocifs. Malgré les recherches, il n'y a toujours pas suffisamment de preuves de haute qualité pour recommander un traitement dit précoce. Néanmoins, aux États-Unis, une thérapie à base d'anticorps monoclonaux est disponible pour une utilisation précoce dans les cas à risque élevé d'évolution vers une maladie grave/. L'antiviral remdesivir est disponible aux États-Unis, au Canada, en Australie et dans plusieurs autres pays avec des restrictions variables ; cependant, il n'est pas recommandé pour les personnes ayant besoin d'une ventilation mécanique. Son utilisation est découragée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en raison des preuves limitées de son efficacité.
Certaines personnes peuvent éprouver des symptômes persistants ou des séquelles après la guérison de l'infection ; ceci est connu sous le nom de Covid long. Les informations sur la meilleure prise en charge et la meilleure réadaptation pour cette condition sont encore limitées.
L'OMS, la Commission nationale chinoise de la santé, le National Institute for Health and Care Excellence du Royaume-Uni et les National Institutes of Health des États-Unis, parmi d'autres organismes et agences du monde entier, ont tous publié des recommandations et des lignes directrices pour traiter des personnes atteintes de Covid-19.
Médicaments droite|vignette|220x220px|Un médecin anesthésiste épuisé à Pesaro, Italie, mars 2020.
En date de , aux États-Unis, le remdesivir est approuvé par le NIH pour certains patients atteints de Covid-19 et il existe des autorisations d'utilisation d'urgence pour le baricitinib, le bamlanivimab, le bamlanivimab / étesevimab et le casirivimab/imdevimab. Dans l'Union européenne, l'utilisation de la dexaméthasone et du remdesivir sont approuvés.
Plusieurs médicaments antiviraux sont à l'étude pour la Covid-19, mais aucun ne s'est encore avéré clairement efficace sur la mortalité dans les essais cliniques randomisés publiés. L'innocuité et l'efficacité du plasma de convalescence en tant qu'option de traitement nécessite des recherches supplémentaires. D'autres essais examinent si des médicaments existants peuvent être utilisés efficacement contre la réaction immunitaire du corps face à l'infection par le SRAS-CoV-2. Les recherches sur les traitements potentiels ont débuté en , et plusieurs médicaments antiviraux sont en cours d'essais cliniques. Bien que la mise au point de nouveaux médicaments s'étale dans le temps, plusieurs des médicaments testés sont déjà approuvés pour d'autres utilisations ou font déjà l'objet de tests avancés. Des médicaments antiviraux peuvent être essayés chez les personnes atteintes d'une maladie grave. Des volontaires suivis par l'OMS participent à des essais sur l'efficacité et l'innocuité de traitements potentiels.
La dexaméthasone démontre des bénéfices cliniques dans le traitement de la Covid-19 chez les patients hospitalisés avec des besoins d'oxygène selon des essais cliniques randomisés. Les inhibiteurs de l'interleukine-6 (Tocilizumab ou Sarilumab) démontrent aussi des bénéfices cliniques chez les patients sévèrement atteints. Les premières recherches suggéraient que le remdesivir raccourcissait la durée de la maladie et diminuait le risque de décès, mais cela n'a pas été confirmé par des études ultérieures.
Il a été démontré que le traitement par anticorps monoclonaux bamlanivimab/étesevimab réduisent le nombre d'hospitalisations, de visites aux urgences ou de décès d'environ 60 à 70%. La combinaison des deux médicaments a une autorisation d'utilisation d'urgence de la FDA aux États-Unis. Le REGN-COV2, un double anticorps monoclonal (casirivimab/imdevimab) bénéficie d'autorisations d'utilisation d'urgence dans de nombreux pays et d'une approbation complète au Japon dans le traitement des formes légère à modérée du Covid-19. L'AZD7442, un autre doublet d'anticorps anticorps monoclonaux est le premier traitement à avoir prouvé une efficacité en prophylaxie chez les sujets immunodéprimés ou ne répondant pas au vaccin dans une étude de phase .
En France le traitement par anticorps monoclonaux est indiqué Traitement par anticorps monoclonaux, solidarires-sante.gouv.fr, 24 février 2021.
La prise de médicaments en vente libre comme le paracétamol ou l'ibuprofèneCovid-19 : non, l’ibuprofène n’aggrave pas l’infection, lepoint et AFP, 8 mai 2021Covid-19 : L’ibuprofène est-il réellement dangereux ?, santemagazine, 5 novembre 2020, la consommation de liquides et le repos peuvent aider à soulager les symptômes . Selon leur gravité, une oxygénothérapie et une perfusion intraveineuse peuvent être nécessaires.
Plusieurs traitements ont été étudiés et se sont avérés inefficaces ou dangereux, et leur utilisation n'est donc pas recommandée. Parmi ceux-ci, on note le baloxavir marboxil, le favipiravir, le lopinavir/ritonavir, le ruxolitinib, la chloroquine, l'hydroxychloroquine, l'interféron β-1a et la colchicine.
En , le laboratoire Merck commence sa production en même temps qu'il prévoit de faire une demande d'autorisation de mise sur le marché à l'autorité américaine du médicament pour le molnupiravir, une pilule qui selon les tests menés par le laboratoire permettrait de réduire par deux le risque d'hospitalisation et de décès.
Assistance respiratoire vignette|Un patient gravement malade recevant une ventilation invasive dans l'unité de soins intensifs de l' Institut de cardiologie de l'Université de São Paulo, pendant la pandémie de Covid-19 au Brésil. En raison d'une pénurie de ventilateurs mécaniques, un ventilateur de pont est utilisé en combinaison avec un masque de valve à poche.
Ventilation mécanique La plupart des cas de Covid-19 ne sont pas suffisamment graves pour nécessiter une ventilation mécanique, mais certains cas sévères en ont besoin. Le type d'assistance respiratoire requis pour les personnes atteintes d'insuffisance respiratoire liée au Covid-19 est activement étudié, avec certaines preuves que l'intubation peut être évitée avec une canule nasale à haut débit ou ventilation non-invasive à pression positive (Bi-Pap). On ne sait pas lequel est le plus avantageux pour les personnes gravement malades. Certains médecins préfèrent la ventilation mécanique invasive lorsqu'elle est disponible car cette technique limite la propagation des particules d'aérosol par rapport à une canule nasale à haut débit.
Une ventilation mécanique est pratiquée chez 79% des personnes gravement malades hospitalisées, dont 62% ayant précédemment reçu un autre traitement. Parmi elles, 41% sont mortes, selon une étude américaine.
Les cas graves sont les plus fréquents chez les personnes âgées de plus de , et en particulier de plus de . De nombreux pays développés ne disposent pas de suffisamment de lits d'hôpitaux, ce qui limite la capacité de système de santé à gérer une augmentation soudaine du nombre de cas de Covid-19 devant être hospitalisés. Cette capacité limitée est un facteur important derrière les appels à aplatir la courbe de transmission. Une étude en Chine a révélé que 5% des patents ont été admis dans des unités de soins intensifs, 2,3% avaient besoin d'un soutien mécanique de la ventilation et 1,4% étaient décédés. En Chine, environ 30% des personnes hospitalisées pour la Covid-19 sont admises aux soins intensifs.
L'administration d'oxyde nitrique inhalé aux personnes ventilées n'est pas recommandée, et les preuves autour de cette pratique sont faibles.
Syndrome de détresse respiratoire aiguë La ventilation mécanique devient plus complexe à mesure que le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) se développe dans la Covid-19 car l'oxygénation devient de plus en plus difficile. Des ventilateurs capables de modes de contrôle de pression avec ajustement de la PEP sont nécessaires pour maximiser l'apport d'oxygène tout en minimisant le risque de lésions pulmonaires et de pneumothorax associés au ventilateur par barotraumatisme.
Oxygénation par membrane extracorporelle L'oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) est une technologie pulmonaire artificielle utilisée depuis les années 1980 pour traiter l'insuffisance respiratoire et le syndrome de détresse respiratoire aiguë en cas d'échec de la ventilation mécanique conventionnelle. Dans cette procédure complexe, le sang est retiré du corps via de grandes canules, traverse un oxygénateur à membrane qui agit comme un poumon pour distribuer l'oxygène et éliminer le dioxyde de carbone, puis est renvoyé dans le corps. L'organisation ELSO (Extracorporeal Life Support Organization) tient un registre des résultats de cette technologie. Elle a été utilisée chez plus de patients dans plus de 435 centres ECMO dans le monde. La mortalité est de 40% pour les patients adultes.
L'utilisation initiale de l'ECMO chez les patients avec Covid-19 en Chine au début de la pandémie démontrait des résultats médiocres avec une mortalité de plus de 90%. En , le registre ELSO a commencé à collecter des données sur l'utilisation mondiale de l'ECMO pour les patients atteints de Covid-19 et à les afficher sur le site Web ELSO en temps réel. En , les résultats de 1035 patients atteints de Covid-19 pris en charge par l'ECMO de 213 centres expérimentés dans différents ont été publiés dans The Lancet et ont démontré une mortalité de 38%, ce qui est similaire à de nombreuses autres maladies respiratoires traitées avec l'ECMO. La mortalité est également similaire à la mortalité de 35% observée dans l'essai EOLIA, le plus grand essai contrôlé randomisé pour l'ECMO dans le SDRA. Ces données de plusieurs centres et plusieurs pays fournissent un support provisoire pour l'utilisation de l'ECMO dans l'insuffisance respiratoire hypoxémique aiguë associée à la Covid-19. Étant donné qu'il s'agit d'une technologie complexe qui peut être gourmande en ressources, des lignes directrices existent pour l'utilisation de l'ECMO pendant la pandémie Covid-19.
Prévention de la transmission