Ischy ou EschyÉgalement connu sous le nom de Eschi. (en syriaque : ܐܫܝ, en Également connu sous le nom kurde de İşşi ou Şi., et en ) est un ancien village assyro-chaldéen situé dans le district d'Uludere de la province de Şırnak (aujourd'hui en Turquie).

Avant sa disparition, il était l'un des derniers villages assyriens du pays (il en existait neuf dans la région). Il est représentatif de l'exode des Assyro-Chaldéens vivant dans la région au cours du Comment la Turquie a éradiqué ses minorités chrétiennes.

Localisation Le village, à flanc de montagne et entouré de forêts, est situé le long de la rivière Eneid ChiteidazzoUn village chaldéen: Ischy — ischy.fr dans le piémont du Hakkiari, région montagneuse aujourd'hui turque de l'Anatolie du Sud-Est. Il est à à l'ouest d'Uludere, chef-lieu de l'arrondissement dont dépend le village, à environ au nord à vol d'oiseau de la frontière irakienne, et à environ au nord-est à vol d'oiseau de la frontière syrienne.

Le village est atteignable grâce à une seule et unique route que l'on peut prendre depuis le village kurde voisin de Şenoba (ancien village assyrien auparavant appelé Ségueirik) au sud-ouest.

Histoire Antiquité La région d'Ischy, peuplée de hourrites puis d'araméens, appartient tout d'abord au royaume de Mittani entre le et le avant notre ère.

Le roi d'Assyrie Sennachérib conquiert la région en 697 av. J.-C., alors aux mains des urartiens Macht op de kale berg — www.shlama.be (ancêtres des actuels arméniens). Puis, selon l'historien grec Hérodote, Cyaxare, le roi des Mèdes, fait ensuite passer la région sous sa coupe à la fin du av. J.-C. M. Liverani, « The Rise and Fall of Media », dans .. Vers le milieu du av. J.-C., la zone devient perse, dominée par l'empire achéménide de Cyrus le Grand.

En 331 av. J.-C., la région d'Ischy est conquise par les armées d'Alexandre le GrandCarte: Les étapes de la conquête d'Alexandre le Grand — www.lhistoire.fr, avant de passer aux mains des parthes.

Durant la période romaine, la région se retrouve intégrée à la province d'Assyrie, avant de repasser sous domination perse avec les Sassanides.

Ischy chrétienne Le village (autrefois nestorien puis devenu catholique), qui existe depuis plus de 1000 ans, est bâti autour de l'église catholique chaldéenne édifiée au de Mar Yawsep HazzayaOu Mar Yossep Hazzaya. (en ), saint patron local ayant vécu au . Une deuxième église, Mart Maryam QarayaOu Mat Miryam'd Qaraya. (en ), construite entre et , était située dans la partie en aval de la rivière du village appelée Qarayé. Les églises locales étaient reliées au diocèse de Gazarta (en ). Le prêtre est alors le chef du village

Les habitants se répartissaient en sept clans (qui fondèrent le village) : Beth Avdo Beth Koma Beth Sappanes  Beth Danno Beth Yonané Yomo Beth Poles Hanna  Beth Bichaqqe

Lors des invasions mongoles en Anatolie de 1241-1243, le village est rasé par les troupes de Baïdju.

On pense que beaucoup d'assyriens seraient venus se réfugier dans la région au tout début du pour fuir les massacres des troupes de Tamerlan dans les plaines mésopotamiennes.

Durant la période ottomane, les villageois d'Ischy étaient des Rayats de la principauté du Botan soumis à l'autorité de l'agha kurde local (quasi-indépendant du pouvoir central turc à Constantinople à cause de l'isolement et de l'inaccessibilité des montagnes), qui leur devait théoriquement protection en échange de la moitié du produit de leur travailJoseph Alichoran, Les Assyro-Chaldéens d'Ile-de-France, une intégration réussie, Bulletin de l'Œuvre d'Orient , 2016. Administrativement, le village était situé dans le sandjak de Mardin de l'ancienne province de la Vilayet de Diyarbekir.

De nombreux liens (mariages, enterrements, fêtes religieuses et échanges commerciaux) existaient entre Ischy et les villages assyriens voisins (notamment Hoz, Meer et Baznayé), tous en autosuffisance alimentaire. Ischy était également entouré de quelques villages kurdes (dont certains d'origine assyrienne ou arménienne remplacés par des populations kurdes à la suite de massacres et spoliations, et dont les noms des villages ont été changés).

Entre et , de nombreux habitants du village sont massacrés par les autorités kurdes de Bedirxan Beg et de Nurullah Beg, avec la permission des pachas de Mossoul successifs (notamment Sherif Pacha et Tayyar Pacha entre autres).

En 1915, Ischy, tout comme les autres villages assyriens de la région, n'échappe pas au génocide assyrien perpétré par l'Empire ottoman sur les populations chrétiennes. Durant ces massacres, de nombreux habitants du village assyrien de Hoz se réfugient à Ischy.

Entre 1923 et 1926, de nombreuses familles fuient le village et les persécutions pour s'installer dans le nord de l'Irak, puis à nouveau après la seconde Guerre mondiale en 1945.

Ischy est officiellement renommée Onbudak en 1958 par le gouvernement turc et sa politique de turquisation.

En 1964 est construite la première école du village par le gouvernement turc (et ce n'est qu'à partir de cette période que les habitants du village se mettent à apprendre le turc en plus de l'araméen, leur langue natale, et du kurde, la langue locale Herbul - een Franse terugblik — www.shlama.be), et en 1975 y sont construites trois fontaines pour approvisionner les habitants en eau.

D'une population de 620 habitants en 1977, la population d'Ischy et des villages assyro-chaldéens de la région émigre massivement de Turquie pour s'installer d'abord à Istanbul à partir de 1972, puis à l'étranger à partir de 1979 et ce durant une décennie, à la suite des différents conflits et exactions touchant la région (guérilla du PKK, discriminations subies par les populations turques et kurdes, etc.). En 1983, les populations kurdes environnantes s'approprient les biens abandonnés du village et l'occupent pendant un temps.

En , le village est bombardé et rasé par le gouvernement turcIsabelle RIGONI: Mobilisations, actions et recompositions. Migrants de Turquie et réseaux associatifs en France, en Allemagne et en Belgique — bnk.institutkurde.org.

Aujourd'hui, la plupart des anciens habitants du village et leurs descendants vivent en région parisienne (les premiers arrivant en 1979), dans le Val-d'Oise notamment (comme à Sarcelles et dans les villes limitrophes..).

Démographie + Évolution de la population Année Habitants 1913 200 1977 620 1985 317 Eine untergegangene Welt: Chaldäerdörfer in der Türkei — www.rbenninghaus.de 1987 0

Économie Les Ischayés étaient connus comme étant principalement agriculteurs (maïs, blé, orge, seigle, mûres, raisins, pommes, poires, prunes, grenades, figues, noix, tomates, concombres, choux et haricots verts), éleveurs (bovins et chevaux), bergers (moutons et chèvres), viticulteurs ou artisans (principalement tailleurs).

Durant la période estivale de transhumance (sur le mont Khanga principalementJacques Rhétoré, Les chrétiens aux bêtes : Souvenirs de la guerre sainte proclamée par les Turcs contre les chrétiens en 1915, Éditions du Cerf, 2005, 397 p. ), les habitants se déplacaient avec leurs troupeaux à 1800 m d'altitude pour profiter d'un temps plus frais. Durant cette même période, les forgerons du village de Hoz se rendaient dans d’autres villages dont celui d’Ischy pour y travailler le fer, et revenaient à Hoz au début de l’hiver.

Le village possédait un moulin à eau pour y transformer les grains blé en farine, et les habitants du village de Baznayé se rendaient à Ischy pour se procurer de la farine.

Annexes Liens internes Chrétiens d'Orient Assyro-Chaldéens Génocide assyrien Kurdistan turc  Baznayé Bespin Gaznakh Harbolé  Hartevin Hassana Hoz Meer

Notes et références

Catégorie:Localité dans la province de Şırnak Catégorie:Village disparu Catégorie:Localité assyrienne Catégorie:Lieu d'exécution du génocide assyrien