Les élections législatives arméniennes de 2021 ont lieu le afin de renouveler les de l'Assemblée nationale.
Initialement prévues pour 2023, elles sont convoquées de manière anticipée à la suite des tensions causées par la défaite arménienne dans la guerre de 2020 au Haut-Karabagh, qui voit le gouvernement du Premier ministre Nikol Pachinian fortement remis en cause.
Malgré toute attente, le parti Contrat civil de Pachinian, bien qu'en recul en termes de suffrages, remporte largement les élections au détriment de l'Alliance arménienne, jusqu'alors donnée favorite du scrutin.
Contexte Scrutin précédent vignette|gauche|140px|Nikol Pashinian en 2018
Les élections législatives de décembre 2018 ont lieu de manière anticipée à la suite de la révolution arménienne de 2018 ayant provoqué la chute du Premier ministre Serge Sarkissian le .
Le scrutin a pour résultat une large victoire de l'Alliance « Mon pas » du meneur de la révolution et nouveau Premier ministre Nikol Pachinian, qui réunit à elle seule plus des deux tiers des suffrages... Le succès du mouvement est tel qu'il déclenche la mise en application pour la première fois d'une clause de la loi électorale empêchant l'hégémonie d'un seul parti au parlement. L'alliance ayant obtenu plus de deux tiers des voix, le poids de ses est en effet contrebalancé par l'attribution de sièges supplémentaires aux autres partis, de telle sorte que sa part en sièges est abaissée aux deux tiers du total ainsi obtenus, qui passe de ..
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Nikol Pachinian réussit de fait son pari d'une organisation anticipée du scrutin. En plus de légitimer son accession au pouvoir neuf mois après la révolution dont il avait pris la tête, les élections dotent le Premier ministre de centre gauche d'une solide majorité au parlement, qu'il qualifie de , et qu'il entend utiliser pour mettre en œuvre son programme de lutte contre la corruption et de réforme de l'économie..
Conflit au Haut-Karabagh et crise politique En septembre 2020, cependant, une guerre éclate entre l'Azerbaïdjan et la République d'Artsakh, ou Haut-Karabagh, une république non reconnue soutenue par l'Arménie, réveillant un conflit gelé depuis la chute de l'URSS. La cuisante défaite de l'allié historique amène à des appels de plus en plus pressant à la démission de Pachinian et l'organisation d'élections anticipées.. Conjuguée aux effets de la pandémie de Covid-19, la défaite voit l’économie arménienne connaitre une récession de 7,6 % en 2020, tandis que la poussée du chômage et de l'inflation accélèrent l’émigration vers la Russie Le Premier ministre réagit en proposant en retour la formation d'un gouvernement d'union nationale dont il garderait la tête avant la tenue d'élections en 2021. Bien qu'ayant une fonction essentiellement honorifique, le président Armen Sarkissian, hospitalisé pour cause de Covid-19, se déclare également en faveur d'un scrutin anticipé.. Courant février, les réticences du parti au pouvoir ralentissent néanmoins la tenue d'un tel scrutin., le gouvernement essayant en parallèle d'amender la Constitution de façon à permettre la dissolution du Parlement sans que le Premier ministre ne soit contraint à démissionner et à se cantonner aux affaires courantes, comme l'exige la constitution en vigueur. La défection de cinq députés lui fait cependant perdre la majorité des deux tiers nécessaire pour une révision de la constitution, rendant caduc le projet..
Le , le chef d'état-major de l'armée Onik Gasparian et plusieurs généraux se joignent aux appels à la démission de Pachinian. Celui-ci réagit en appelant ses partisans à se rassembler dans les rues de la capitale pour afficher leur soutien, avant de limoger Gasparian et de condamner ce qu'il qualifie de . Le gouvernement russe annonce suivre la situation et invite les parties au calme. Les États-Unis, indiquant également , appellent à . Malgré le soutien affiché de l'armée à l'opposition, cette dernière peine à mobiliser, Pachinian prenant la tête d'un cortège de dans les rues de la capitale, tandis que l'opposition en rassemble entre le même jour, puis ceux suivants.... La démission du chef d'état-major est cependant refusée deux jours plus tard par le président Armen Sarkissian dans ce qui est alors perçu comme un soutien symbolique aux appels à un scrutin anticipé, les pouvoirs du président arménien ne lui permettant pas de s'y opposer dans la durée..
Nikol Pachinian finit le mars par proposer des législatives anticipées, à la condition que celles ci soient soutenues avant le 18 mars par l'opposition parlementaire présente à l'Assemblée nationale, pour un scrutin fixé au 20 juin suivant... Pachinian annonce fin mars sa démission , de manière à provoquer la convocation du scrutin via un échec répété à investir un successeur, le Premier ministre et son gouvernement étant alors chargés des affaires courantes... Les 3 et 10 mai, le gouvernement et l'opposition organisent l'échec d'un vote de ré-investiture de Pachinian par l'assemblée, réunissant ainsi les conditions pour une dissolution anticipée.Armenia's Parliament Takes Step to Trigger Snap Election - Report.
Système électoral En vigueur vignette|Le siège de l'Assemblée nationale à Erevan. L'Assemblée nationale est le parlement unicaméral de l'Arménie. Elle est composée d'un minimum de pourvus pour cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal, avec un seuil électoral de 5 % pour les partis et 7 % pour les alliances de partis. Un minimum de trois partis sont cependant représentés au parlement, ce qui permet aux trois partis ou alliances arrivés en tête d'avoir des sièges même si l'un ou plusieurs d'entre eux n'atteignent pas les seuils électoraux..
Jusqu'à quatre sièges réservés aux minorités (Yézidis, Russes, Assyriens, Kurdes) peuvent s'ajouter aux de base. Les listes nationales présentées par les partis comportent ainsi une section distincte pour chacune de ces minorités, comportant jusqu'à quatre candidats. Si la liste ayant obtenu le plus de voix ne comporte pas de candidats d'une minorité, le siège est attribué à la liste suivante en comportant un. Les listes présentées par les partis sont fermées, sans possibilité d'effectuer un vote préférentiel. Elles ne peuvent inclure plus de 70 % de l'un ou l'autre sexe, et doivent alterner au minimum tous les quatre noms le sexe des candidats.
Plusieurs éléments de la loi électorale visent à assurer à la fois une majorité gouvernementale stable et une représentation proportionnelle représentatives des différents courants politiques du pays. Ainsi, un parti ou une coalition ayant obtenu la majorité absolue des voix mais moins de 54 % des sièges se verra attribuer des sièges supplémentaires pour atteindre ce seuil. Inversement, si au cours du premier tour un parti ou une alliance remporte seul plus de deux tiers des suffrages, le seuil électoral est abaissé à 2 % de manière à faire entrer davantage de partis au parlement, de telle sorte qu'un tiers des sièges de l'assemblée peuvent finalement être acquis à d'autres partis que celui majoritaire.
La possibilité d'un second tour est prévue. Celui-ci n'a lieu que si aucun parti ne remporte une en atteignant un seuil de 54 % des sièges. Dans ce cas, si aucune coalition composée au maximum de trois partis ou alliances n'est formée de manière à atteindre ce seuil dans les six jours suivant l'élection, il est procédé dans un délai de à un second tour entre les deux partis ou alliances arrivés en tête lors du premier tour. Des alliances sont permises avec les partis exclus du ballotage. Les auparavant répartis ne sont pas remis en cause, le parti arrivé en tête du second tour recevant des sièges supplémentaires de manière à atteindre le seuil de 54 % du total des sièges.. Le vote n'est pas obligatoire.
Changements récents La loi électorale fait l'objet de changements courant 2021. Opposé à une modification du texte si proche de l'échéance électorale, le président de la République Armen Sarkissian annonce le 17 avril son intention de ne pas signer la loi. Il ne renvoie cependant pas le texte devant la Cour constitutionnelle dans les suivant son adoption, permettant au président de l'Assemblée nationale de le signer une fois passé ce délai, comme l'y autorise la Constitution....
Auparavant, sur le total de sièges, la moitié était attribuée selon les résultats des listes au niveau d'une unique circonscription nationale, tandis que la moitié restante était attribuée selon leurs résultats dans treize circonscriptions. Les électeurs votaient sur un bulletin à double colonne, l'une nationale à liste fermée et l'autre pour les circonscriptions à liste ouverte avec possibilité d'effectuer un vote préférentiel, dit , pour l'un des candidats de la liste. La réforme met fin à ce système, longtemps accusé de favoriser le clientélisme et l'achat de voix au niveau local, et y substitue la proportionnelle intégrale avec listes fermées au niveau national.
Également, si au cours du premier tour un parti ou une alliance remportait seul plus de deux tiers des suffrages, des sièges supplémentaires étaient répartis aux autres partis de manière qu'au moins un tiers des sièges de l'assemblée soient acquis à d'autres partis que celui majoritaire. La nouvelle loi y substitue un abaissement de seuil électoral à 2 %.
Ce dernier est par ailleurs modifié, mais pour une entrée en vigueur seulement au scrutin suivant les législatives de 2021. Le seuil électoral pour les partis passera ainsi de 5 à 4 %, celui pour les alliances de trois partis ou moins de 7 à 8 %, et un nouveau seuil est instauré pour les alliances de plus de trois partis, qui s'établit à 10 %. La nouvelle loi électorale autorise ainsi les alliances de plus de trois partis, auparavant interdites, une modification qui prend effet dès le scrutin de 2021.
Campagne Accroissement de l'offre politique vignette|redresse|Robert Kotcharian Un total de 22 partis et 4 alliances prennent part au scrutin, ces dernières étant soumises aux seuil électoral relevé à 7 %, contre 5 % pour les premiers. Il s'agit d'une nette hausse du nombre de formations en lice, seuls 9 partis et 2 alliances ayant concourues lors des élections législatives organisées deux ans plus tôt.. Bien que multipartite avec un total de candidats dont ., la campagne est dominée par un duel entre Contrat civil et l'Alliance arménienne..
Le parti Contrat civil de Nikol Pachinian connait un fort recul dans les sondages par rapport aux résultats en 2018 de l'Alliance « Mon pas » conclue avec le parti de la mission, qui n'est pas renouvelée à l’occasion du scrutin de 2021. Contrat civil fait notamment l'objet de critique au cours de la campagne pour l'inclusion dans ses listes de deux riches entrepreneurs, Gurgen Arsenyan et Khachatur Sukiasyan, ce qui amène l'opposition à l'accuser de renier ses promesses passées de séparer les mondes des affaires et de la politique.. Pachinian fait cependant surtout l'objet de critiques très dures quant à son rôle dans l'échec catastrophique de la guerre en Artsakh, qui voit une importante partie de l'opposition appelant collectivement à sa démission faire voix commune au sein du Mouvement pour le salut de la mère patrie, une alliance informelle.