La Société archéologique de Namur (SAN) est fondée en 1845. Elle est la quatrième société savante créée en Belgique après Mons (1835), Bruges (1839) et Tournai (1845). Elle voue son activité à la sauvegarde du patrimoine namurois, à son étude et à sa diffusion.

Les missions de la SAN, revues et adaptées dans ses nouveaux statuts publiés le , consistent à « rechercher, préserver et acquérir des objets patrimoniaux ; publier des documents et des études scientifiques et de vulgarisation ; constituer et gérer une bibliothèque ; promouvoir et diffuser la recherche scientifique par des expositions et des publications »Statuts de la Société archéologique de Namur adoptés en assemblée générale le 23 décembre 1845 . Un Conseil d’administration veille au respect de ses statuts et à l’accomplissement de son objet social. La SAN est promue Société royale en 1994.

La SAN est active dans la gestion de musées namurois (Musée archéologique, TreM.a et Musée des Arts décoratifs-Hôtel de Groesbeeck-de Croix), dans la conception d'expositions temporaires et dans l'édition d'ouvrages scientifiques et de vulgarisation. La SAN a également mis en place un service de médiation afin de développer ses actions envers les publics. Elle programme régulièrement des conférences et colloques ainsi que des excursions et voyages culturels.

Historique gauche|vignette|Frontispice des premières Annales de la Société archéologique de Namur vignette|Jules Borgnet (1817-1872), fondateur de la Société archéologique de Namur vignette|Statuts adoptés le 28 décembre 1845 et publiés en 1846 Le , Jules Borgnet (Namur, -Namur, ), jeune licencié en droit et archiviste, décide de fonder une société archéologique à Namur, dans une ville qu’il considérait « dans toute la sincérité de son (mon) âme » comme « la ville la moins archéologique du monde (…) »Jules Borgnet, « Les Grands-Malades », Annales de la Société archéologique de Namur (ASAN), t. I, 1849, p. 417 . En s’associant avec quelques personnalités du monde culturel namurois (le baron Francis de Gerlache, Alphonse Balat, le curé Vanderesse, Ferdinand Marinus, le baron De Pitteurs de Budingen, le comte de Romrée, Théodore Dandoy, Henri Lambotte, le juge d’instruction Dupré, Eugène Del Marmol et Félix Eloin), il veut rappeler à ses concitoyens « les traditions d’un passé glorieux trop longtemps oublié » et leur montrer « ce qu’on peut attendre du génie national »Introduction des Statuts de la Société archéologique de Namur adoptés en assemblée générale le 23 décembre 1845.. La Société archéologique de Namur voit le jour sous ces « bons auspices » en prenant pour exemple les cercles déjà établis dans quelques villes belges et dont les objectifs visent « la recherche et la publication des documents de notre histoire et (…) la conservation des monuments qui s’y rattachent ».

Dès sa création, la Société archéologique de Namur obtient le soutien des pouvoirs publics (Gouvernement, Province et Ville de Namur). Ils lui cèdent notamment, à plusieurs moments de son histoire, la jouissance de plusieurs lieux destinés à préserver et exposer sa collection d'antiquités et à effectuer un travail de recherche scientifique.

Les collections s'enrichissent grâce à des dons, achats, legs et dépôts émanant de familles namuroises. Un appel d'une transparence avait été lancé en 1849 en ces termes : « Nous faisons donc appel à tous nos concitoyens, aussi bien à nos associés qu'aux personnes étrangères. (...) Nous les prions (...) dans l'intérêt de la science, de se dessaisir en faveur de la Société, soit à titre de don ou d'échange, soit à prix d'argent, d'une partie des objets dont ils seraient devenus possesseurs. (...) Aidés ainsi par nos concitoyens, nous atteindrons bientôt le but désintéressée et tout patriotique qui a présidé à l'établissement de la Société archéologique ».

Les premières fouilles seront menées par Eugène del Marmol en 1851. À l'instar des sociétés savantes du , la SAN en espérait alors récolter une « moisson d'antiquités » pour développer ses collections. En parallèle avec le développement des méthodes historiques et archéologiques qui se perfectionnent grâce à l'enseignement prodigué dans les universités, la SAN va porter une attention croissante à l'aspect scientifique et au contexte de trouvaille. Mais l'activité archéologique intensive et systématique de la SAN prend fin avec la création, en 1903, du Service des fouilles de l’État. La SAN ne travaillera plus alors que sur des chantiers occasionnels. Sa dernière campagne est menée au château des comtes de Namur entre 1996 et 2005.

La Société archéologique de Namur crée une Fondation d'Utilité publique en 2016 afin de mettre son patrimoine à l'abri.

Liste des présidents

vignette|Alfred Bequet (1826-1912), 3e Président de la Société archéologique de Namur vignette|Ferdinand Courtoy (1880-1970), 6e Président de la Société archéologique de Namur Francis de Gerlache (Differdange, -Bleid, ) : Commissaire d'arrondissement de Namur. Président du au . Eugène del Marmol (Saint-Marc, -Falaën, ) : Secrétaire de la Commission provinciale de statistique et archéologue. Président du au . Alfred Bequet (Namur, -Namur, ) : Archéologue. Président du au . Edouard de Pierpont (Namur, -Rivière, ) : Bourgmestre de Rivière, conseiller provincial, député permanent et archéologue. Président du au . Joseph Balon-Perin (Namur, -Namur, ) : Juge de paix et historien du droit. Président du au . Ferdinand Courtoy (Namur, -Namur, ) : Conservateur honoraire des Archives de l’État à Namur. Président du au . Adolphe Dupont (Namur, -Namur, ) : Professeur à la Faculté de médecine de l'Université catholique de Louvain. Président du au . Eugène Nemery de Bellevaux (Namur, -Revogne, ) : Pharmacien, historien de la Famenne, spécialiste du mobilier namurois. Président du au . Cécile Douxchamps-Lefèvre (Etterbeek, -Ixelles, ) : Chef de département honoraire aux Archives de l'Etat à Namur. Présidente du au . Emma (Maïté) Pacco-Picard (Liège, -...) : Conservatrice de la section Art ancien des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Présidente du au Emmanuel Bodart (Namur, -...) : Chef de service aux Archives de l'État à Namur. Président du au . Cédric Visart de Bocarmé (Schaerbeek, -...) : Directeur du service d’appui du Ministère Public. Président depuis le .

Collection et musées vignette|Scénographie ancienne du Musée archéologique de Namur En 1849, un premier « Musée provincial » est créé par la Société archéologique de Namur qui l'installe dans une salle du rez-de-chaussée du Palais de justiceEugène Del Marmol, Rapport sur la situation de la Société archéologique de Namur, pendant l’année 1849. Présenté par M. le Président, dans la réunion générale du 24 février 1850, 1850 : « Le premier (évènement important), est la concession qui nous est faite, par la députation provinciale, d'un local dont nous sommes venus prendre possession dans le courant du mois d'octobre ».. Face à l'importance des collections, le local devient trop exigu. Le collège communal vote, en 1953, la mise à disposition de la SAN de la Halle al'Chair, ancien siège de la corporation des bouchers édifié au , en échange de la gestion de sa bibliothèque. En 1855, la SAN inaugure le tout premier musée de Namur, le Musée archéologique.

Dans les années 1930, Ferdinand Courtoy, archiviste de l’État et conservateur des collections de la SAN, alerte les autorités de la nécessité de disposer de nouveaux espaces pour l’exposition et la valorisation des collections. L’Hôtel de Groesbeeck - de Croix, acheté par la Ville à la marquise de Keroüartz – grâce à l’intervention de Ferdinand Visart de Bocarmé, Président des amis de l'hôtel de Croix –, est confié en 1934 à la SAN, aux Amis du musée des Beaux-Arts et au jeune cercle Sambre-et-Meuse. Ils ont pour tâche de procéder à la restauration de l'hôtel de maître. Le musée de Groesbeeck-de Croix (aujourd’hui Musée des arts décoratifs) ouvre officiellement ses portes en Ferdinand Courtoy, « L'Hôtel de Groesbeeck-de Croix à Namur », Namurcum, T. 11, 1936, pp. 63-64. Il présente alors une collection d'objets relevant des Arts décoratifs des 17e et 18e siècles au rez-de-chaussée et une galerie de peintures modernes provenant du Gouvernement provincial et de l’Hôtel de Ville au premier étage.

Presque 30 ans plus tard, c'est au tour d’André Dasnoy, nouveau conservateur des collections, accompagné par Ferdinand Courtoy, de sélectionner, documenter et restaurer les collections du Moyen Âge et de la Renaissance destinées à être présentées dans l’hôtel de Gaiffier d’HestroyA.D. (André Dasnoy), « Accroissement des collections. Aménagements nouveaux », Namurcum, T. 37, 1965, p. 20. Cet hôtel de maître est légué en 1950 par Paule d’Haese-de Gaiffier-d’Hestroy à la Province de Namur dans le but d’y installer un musée d’artJacques Toussaint, « Une façade aveugle pour un espace muséal à voir et à revoir », L’hôtel de Gaiffier d’Hestroy à Namur. Musée du Moyen Âge et de la Renaissance depuis 50 ans. Patrimoine classé depuis 70 ans, coll. Monographies du TreM.a, 65, 2015, pp. 169-209. Le Musée des Arts anciens du Namurois ouvre en . Il abrite des objets d'art du Moyen Âge et de la Renaissance, dont le Trésor d’Oignies, propriété de la Fondation Roi Baudouin et confié en dépôt à la SAN, et conserve la Bibliothèque de la Société.

Outre les collections archéologiques et artistiques exposées au public, la Société archéologique de Namur est également détentrice d'un Cabinet numismatique, second plus important en Belgique, et d'un Cabinet des dessins et des estampes. Ces deux ensembles sont réservés aux chercheurs et conservés au siège social de la société. Ce dernier, baptisé Jardin du cloître, est installé dans l’ancienne cure de l’église Saint-Joseph. Entre 2010 et 2014, la Société archéologique de Namur restaure cet ensemble immobilier laissé à l'abandon depuis le décès, en , de son dernier occupant, l'abbé Robert Barbier.

Recherche et transmission À l'instar des autres sociétés savantes de l'époque, la Société archéologique de Namur voit le jour dans le contexte de l'indépendance de la Belgique marqué par une prise de conscience d'une identité nationale. Les travaux scientifiques et littéraires connaissent alors un essor remarquable. vignette|Pour son fonctionnement, la Société archéologique de Namur compte sur un grand nombre de membres adhérents cotisant. Ceux-ci recevaient une Carte de membre qui leur donnait droit à l'entrée gratuite au musée et aux Annales de la SAN. Si la recherche était déjà au cœur des préoccupations de la jeune Société archéologique, il faut attendre la révision de ses statuts en 1928, au moment de sa constitution en asbl, pour la voir prendre une place fondamentale. C'est au sein de ses membres que la SAN trouvera ses premiers auteurs. Ils publieront régulièrement dans les Annales de la Société archéologique de Namur des articles de fond, des notices, des documents inédits et des bulletins bibliographiques en lien avec l'histoire, l'art et l'archéologie de Namur et de sa région.

Publications La Société archéologique de Namur publie régulièrement des documents inédits et des travaux scientifiques relatifs au passé de la ville et de la province de NamurLe catalogue des publications de la Société archéologique de Namur est disponible en ligne : https://lasan.be/la-recherche/editions-publications . En 1846, les statuts mentionnent la vocation de la SAN de « publier des documents inédits concernant l'histoire de la province », mais aussi « si l'état des fonds le permettait, de publier des mémoires historiques ainsi que des notices sur des monuments et objets d'art ».