Jacques Dognin, né à Paris (16) le et mort le à Vannes, est un résistant et déporté français qui s'est illustré durant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie Famille et enfance Jacques est le treizième des quinze enfants d'Étienne Dognin (fils de Paul Dognin et directeur de la Maison Dognin) et de Marie Préveraud de Laubépierre de Vaumas. Après des études comme interne à Saint-Martin-de-France (Pontoise), il intègre l'École Sudria (Paris).
Seconde Guerre mondiale Entrée dans la Résistance En juillet 1941, Jacques Dognin a dix-neuf ans et rejoint la zone libre pour intégrer l'Armée d'Afrique, mais ses nombreuses connexions familiales en zone occupée lui valent d'y être renvoyé pour intégrer, sous le pseudonyme de Datry, un réseau de renseignement rattaché au Service national Maquis basé en Haute-Normandiein Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, t.4 : 1943-1944, éd. Robert Laffont, Paris, annexe n°IV.
À l'été 1943, plusieurs chantiers de construction d'une structure inhabituelle sont signalés en Haute-Normandie. Jacques Dognin, alors isolé de son groupe par des arrestations, intègre plusieurs réseaux locaux qui cherchent à identifier les sites de lancement des rampes de V1/V2 sur le littoral et à en communiquer la position aux renseignements britanniques. Il rejoint ainsi, à l'automne 1943, le réseau NavarrePour préserver leur identité, chaque membre recevait un matricule en accord avec le MI6. Celui de Jacques Dognin était le 18.455..
Arrestation et déportation
thumb|Fiche individuelle de détenu de Jacques Dognin (Buchenwald, ) Source : Archives Arolsen Dénoncé, avec plusieurs de son réseau, il est arrêté le à Rouen.. Torturé par la Gestapo et condamné à mort par un tribunal militaire allemand le , il est interné à Fresnes. Il y partagera la cellule de Gilbert Gardiol et Michel Hollard. En , après que sa peine a été commuée en déportation, il est transféré sous le matricule 46335 au camp de Royallieu (Compiègne) qu'il quitte le pour Buchenwald (Convoi n° 79)in Banque de données de la Fondation pour la mémoire de la déportation.
Après la quarantaine au camp des tentes du petit camp où il reçoit le n° , il intègre le block 60, toujours dans le petit camps. En effet, face au surpeuplement du camp, Jacques Dognin et nombre des hommes de son convoi ne quitteront cette zone - normalement réservée à la quarantaine des nouveaux arrivants - qu'à la libération de Buchenwald le in Édouard et François Michaut, Esclavage pour une résurrection, éd. du Cep, Bagneux, 1945. Il est affecté au Kommando Invalidenblocks, chargé des petits travaux dans le camp.
Grâce à cette activité et très attaché à sa foi chrétienne, Jacques Dognin s'engage dans la résistance spirituelle organisée à Buchenwald autour des quelques prêtres (dont le Père Leloir), séminaristes et religieux qui ont pu dissimuler leur vocation — tout acte de spiritualité étant puni de mort. Il se voit ainsi confier la responsabilité du petit camp et de l'aide aux malades avec pour mission de « rayonner par son exemple et de distribuer l'Eucharistie » (grâce à une custode dissimulée dans sa ceinture).
Après la Libération vignette|Jacques Dognin et le Père Leloir (Paris, ) À l'issue de la guerre, Jacques Dognin est envoyé par l'armée française en convalescence en Suisse. À son retour, il se marie, fonde une famille et poursuit sa carrière professionnelle comme ingénieur, les séquelles de sa déportation ne lui permettant plus de reprendre une carrière militaireDécret du . Il s'engage alors pour soutenir la mémoire et les familles des Français victimes des divers conflits.
Décorations, affiliations et postérité Décorations (1971in Décret du 23 septembre 1971 portant promotion et nomination) ; chevalier en 1959in Décret du 10 avril 1959 portant promotion et nomination (1999in Décret du 12 mai 1999 portant promotion et nomination pour les Anciens combattants) (1948) (une citation à l'ordre de l'armée et une citation à l'ordre du corps d'armée
50px Chevalier du Saint-Sépulcre de Jérusalem (Vatican)
Affiliations et engagements associatifs Société des membres de la Légion d'honneur (SMLH) Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus (UNADIF) Le Souvenir français Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem
Postérité Au cours de son internement à Buchenwald, Jacques Dognin réalise clandestinement un carnet à partir de matériaux de récupération. Les 214 feuilles qu'il contient regroupent un répertoire d’adresses, un hommage aux morts du camp, des témoignages écrits par des camarades de déportation, des dessins ainsi que des réflexions personnelles décrivant la vie à Buchenwald. Ce carnet est entré dans les archives de la Défense en 2019 et est visible au musée de l'ordre de la Libération (Paris)in site du Musée de l'ordre de la Libération.
La custode, également réalisée à Buchenwald à partir de matériaux de récupération et utilisée pour transporter clandestinement l'Eucharistie dans le camp, a été versée au trésor de la basilique Sainte-Anne d'Auray (Morbihan) avec la tenue rayée portée pour les commémorations de l'après-guerre<ref>in Grand pardon de Sainte Anne : des dons de fidèles à découvrir dans ce sanctuaire du Morbihan', Loïc Tissot, Ouest France, 24 juillet 2025.</ref>.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Articles connexes La Seconde Guerre mondiale La Résistance française Les déportés résistants Le camp de Buchenwald Le convoi n° 79 du 17 août 1944
Bibliographie Olivier Lalieu, Vladimir Trouplin, Marc Paturange, Écrire pour survivre - Le carnet de Jacques Dognin à Buchenwald, conf., Musée de l'ordre de la Libération, Paris, 2019. Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, éd. Robert Laffont, Paris, 1967-1981. . . Édouard et François Michaut, Esclavage pour une résurrection'', éd. du Cep, Bagneux, 1945.
Liens externes Fondation pour la mémoire de la déportation Société des membres de la Légion d'honneur Le Souvenir français Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus
Catégorie:Résistance spirituelle au nazisme Catégorie:Résistant français Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Prisonnier au centre pénitentiaire de Fresnes Catégorie:Camp de Royallieu Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1971 Catégorie:Commandeur de l'ordre national du Mérite Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la croix du combattant Catégorie:Titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance Catégorie:Survivant de Buchenwald Catégorie:Élève de l'École spéciale de mécanique et d'électricité Catégorie:Ingénieur français du XXe siècle Catégorie:Naissance en juillet 1922 Catégorie:Naissance dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en novembre 2005 Catégorie:Décès à Vannes Catégorie:Décès à 83 ans