est un genre fossile de mosasauridés ayant vécu durant l'étage Campanien du Crétacé supérieur. Il appartient à la sous-famille des Tylosaurinae, une lignée de mosasaures caractérisée par un long rostre édenté de forme conique. Deux espèces valides sont rattachées au genre, T. oweni et T. antarcticus, connues respectivement des registres fossiles des actuels Nouvelle-Zélande et Antarctique. Deux autres espèces ont été classées au sein du genre, à savoir T. capensis et T. mikasaensis, dont les restes ont été retrouvés dans les actuels Afrique du Sud et Japon, mais leur attribution reste problématique en raison de l'état fragmentaire de leurs fossiles. Le nom du genre Taniwhasaurus veut littéralement dire « lézard de Taniwha », en référence à une créature aquatique surnaturelle de la mythologie maorie.

Ayant une taille maximale estimée de de long, Taniwhasaurus est un représentant de taille moyenne pour un mosasauridé. Les fossiles du squelette axial indiquent que l'animal aurait eu une grande mobilité au niveau de la colonne vertébrale, mais que la queue générerait le principal mouvement propulsif, une méthode de nage proposée pour les autres mosasaures. La constitution du membre antérieur en forme de pagaie chez Taniwhasaurus indique qu'il aurait eu de puissantes palettes natatoires pour nager. Les analyses tomodensitométriques effectuées sur les foramens du museau de T. antarcticus montrent que Taniwhasaurus, à la manière de divers prédateurs aquatiques de nos jours, aurait probablement eu un organe électrosensible capable de détecter les mouvements d'une proie sous l'eau.

Les archives fossiles montrent que les deux espèces officiellement reconnues de Taniwhasaurus furent endémiques des mers de l'ancien supercontinent Gondwana, vivant néanmoins dans différents types de plans d'eau. Les formations géologiques concernées montrent que le genre partageait son habitat avec des invertébrés, des poissons osseux, poissons cartilagineux et d'autres reptiles marins, incluant notamment des plésiosaures et d'autres mosasaures.

Historique des recherches Espèce reconnues Taniwhasaurus oweni thumb|left|upright=0.8|alt=Croquis des divers fossiles du squelette de Taniwhasaurus oweni.|Éléments crâniens du spécimen catalogué NMNZ R1536, le lectotype de T. oweni, avec une vertèbre et des phalanges associées.

La première espèce connue, Taniwhasaurus oweni, fut découverte durant les années 1860 dans les falaises d', situées dans la , dans l'est de la Nouvelle-Zélande.. Cette formation est datée du Crétacé supérieur, et plus précisément du Campanien inférieur et moyen.. Les premiers fossiles formellement attribués à ce taxon furent décrits par le naturaliste écossais James Hector en 1874. Le matériel squelettique de T. oweni se composait d'un crâne, de vertèbres et de palettes natatoires, répartis en trois sections distinctes. En 1888, constatant que les fossiles sont incomplets, Richard Lydekker place de manière incertaine T. oweni au sein du genre Platecarpus, étant renommé Platecarpus oweni.. En 1897, dans sa révision de la distribution des mosasaures, Samuel Wendell Williston remet Taniwhasaurus comme un genre distinct, mais le considère comme étant toujours proche de Platecarpus. Hector n'ayant pas désigné de fossile holotype pour ce taxon, Samuel Paul Welles et D. R. Gregg désignent le spécimen NMNZ R1536, un crâne fragmenté constitué d'un os frontal et pariétal accompagné d'un os dentaire partiel, comme lectotype de T. oweni en 1971.. Le nom de genre Taniwhasaurus est composé du mot en Māori , et du mot en grec ancien , « lézard », le tout voulant littéralement dire « lézard de Taniwha », en référence à une créature aquatique surnaturelle de la mythologie maorie. L'épithète spécifique oweni est nommé en l'honneur du célèbre paléontologue anglais Richard Owen, qui fut le premier à décrire les reptiles marins du Mésozoïque de la Nouvelle-Zélande..

Dans son article, Hector décrit plusieurs restes squelettiques qu'il attribue à un autre mosasaure, qu'il nomme Leiodon haumuriensis. En 1897, Williston suggère de transférer ce taxon au sein du genre Tylosaurus, une proposition qui sera effectuée en 1971, étant renommé pour le coup Tylosaurus haumuriensis. Welles et Gregg désignent également le spécimen NMNZ R1532 comme lectotype de Tylosaurus haumuriensis dans l'article. Bien que la plupart de ces restes ont été perdus depuis les années 1890, c'est en 1999 que des nouveaux matériels crâniens et postcrâniens ont été découverts dans les falaises d'Haumuri Bluff, et que ces trouvailles sont officialisées par Michael W. Caldwell et ses collègues en 2005. Sur la base d'analyses approfondies de ces fossiles, les chercheurs découvrent qu'il y a en fait peu de divergences morphologiques entre les deux taxons de mosasaures de cette localité, les différences étant principalement dues à la taille plus imposante du spécimen NMNZ R1532, faisant de Tylosaurus haumuriensis un synonyme junior de T. oweni.

Taniwhasaurus antarcticus vignette|upright=0.95|alt=Crânes fossiles de Taniwhasaurus oweni (A ; en haut) et de Taniwhasaurus antarcticus (B ; en bas).|Matériel crâniens du spécimen attribuée à T. oweni (A) et de l'holotype de T. antarcticus (B).

En , le paléontologue Juan M. Lirio découvre un spécimen remarquablement bien préservé d'un mosasaure dans le membre Gamma de la formation de l'île Snow Hill, situé sur l'île James Ross en Antarctique. À l'origine, ce membre géologique fut identifié à tort comme appartenant à la formation voisine de Santa Marta. Le membre Gamma de la formation de l'île Snow Hill est daté dans les stades Campanien supérieur au Maastrichtien inférieur. Cette découverte concerne un spécimen de tylosauriné ayant été découvert dans les archives fossiles du Campanien supérieur, catalogué IAA 2000-JR-FSM-1, contenant un crâne de de long, des dents, quelques vertèbres et des fragments de côtes. Contrairement à la majorité des autres mosasaures d'Antarctique, qui sont principalement connus à partir de dents et de restes postcrâniens, le crâne de ce spécimen est presque complet et articulé. Après analyse du matériel, Fernando E. Novas et ses collègues le nomment Lakumasaurus antarcticus. Le nom de genre Lakumasaurus vient du Lakuma, un esprit des mers de la mythologie du peuple Yagans, et du terme en grec ancien , « lézard », pour donner littéralement « lézard de Lakuma ». L'épithète spécifique antarcticus fait référence à l'Antarctique, lieu où a vécu l'animal..

Dès 2006, James E. Martin remet en question la validité de Lakumasaurus en tant que genre distinct, notant que les caractéristiques crâniennes sont assez infimes pour justifier une telle proposition. Cependant, il affirme qu'il y a suffisamment de différences pour classer Lakumasaurus antarcticus en tant que deuxième espèce du genre Taniwhasaurus, étant renommé T. antarcticus, une proposition qu'il confirmera l'année suivante avec sa collègue Marta Fernández.. La même année, Martin et ses collègues annoncent la découverte d'un crâne juvénile considéré comme appartenant à la même espèce et datant du Maastrichtien., cependant, des études ultérieures se montrent sceptiques quant à cette affirmation.. Moins de deux ans plus tard, en 2009, les mêmes auteurs publient un article qui décrit plus en détail le matériel fossile et les relations phylogénétiques entre les espèces T. antarcticus et T. oweni., une relation qui s'avère être encore reconnue actuellement.

Espèces incertaines Taniwhasaurus capensis

Au début du , plusieurs fossiles commencent à être collectés dans la région du Pondoland, en Afrique du Sud. Ces fossiles s'avèrent appartenir à des squamates et tortues marines datant du Santonien. En 1901, l'un des ensembles de fossiles découverts (catalogué SAM-PK-5265), étant quelques morceaux fragmentaires de l'os d'une mâchoire, fut référé comme appartenant à un reptile considéré comme proche du genre Mosasaurus. Cette collection de fossiles fut plus tard donnée au paléontologue écossais Robert Broom, qui publie en 1912 un article décrivant les mêmes os, accompagné d'une vertèbre attribuée à ce spécimen. Il en conclut que les fossiles appartiendraient à un grand représentant sud-africain du genre Tylosaurus, le nommant Tylosaurus capensis..

vignette|upright=1.2|alt=Divers fossiles fragmentaires de mosasaures du groupe des tylosaurinés, le spécimen A (montré en haut à gauche) étant attribué à Taniwhasaurus mikasaenis, le spécimen B (montré à droite) étant attribué à Taniwhasaurus capensis.|Restes fossiles fragmentaires de divers tylosaurinés, les spécimens A et B étant attribués à T. mikasaensis et à T. capensis.

Pendant tout le reste du , Tylosaurus capensis fut généralement perçu comme une espèce valide au sein du genre, étant principalement identifiée grâce à la taille du foramen pariétal et de la suture entre l'os frontal et pariétal.. Cependant, les deux caractéristiques sont très variables au sein du genre Tylosaurus et ne sont pas considérées comme diagnostiques au niveau de l'espèce.. En 2016, Paulina Jimenez-Huidobro publie une thèse qui analyse les relations approfondies entre les divers tylosaurinés. Sur la base des observations du spécimen SAM-PK-5265, elle propose de déplacer cette espèce vers Taniwhasaurus, affirmant que les caractéristiques trouvables s'y rapprochent plus de ce dernier que de Tylosaurus. En 2019, Jimenez-Huidobro et Caldwell réaffirment cette proposition, mais constatent également que les fossiles sont trop mal conservés pour être identifiés de manière définitive au genre. En 2022, une révision anatomique des mosasaures d'Afrique du Sud rapproche le spécimen à T. mikasaensis sur la base d'analyses dentaires, mais les auteurs se montrent dubitatifs concernant son attribution au genre..

Taniwhasaurus mikasaensis

En , une grande partie avant du crâne d'un mosasaure fut découverte sur une rive de la rivière Ikushumbetsu à Hokkaidō, au Japon. Ce spécimen a été trouvé dans une concrétion flottante, et sa formation d'origine a été identifiée à la formation de Kashima, située dans le , la localité étant la zone exposée de ce même lieu. Tout comme les sites précédemment mentionnés, la formation d'où fut trouvé cet animal est datée du Santonien-Campanien. Le spécimen, catalogué MCM.M0009, fut nommé Yezosaurus mikasaensis dans un communiqué de presse publié par Kikuwo Muramoto et Ikuwo Obata le ., avant d'être classé à tort comme un dinosaure du groupe des tyrannosauroïdes dans un article publié par Muramoto en décembre de la même année.. Le nom de genre Yezosaurus vient de Yezo, le groupe contenant la formation de Kashima d'où le taxon a été découvert, et du grec ancien , « lézard », le tout voulant littéralement dire « lézard du Yezo ». L'épithète spécifique mikasaensis est nommé d'après la ville de Mikasa, lieu situé à proximité du site de la découverte. Bien que ces deux publications ne peuvent pas être considérées comme valides du point de vue de la CINZ, Obata et Muramoto étaient effectivement perçus comme les auteurs de la description originale de Y. mikasaensis. Toujours la même année, et ce avant même que le spécimen soit nommé, le ministère japonais de l'éducation décide de considérer le fossile comme trésor national du pays. Le spécimen sera plus tard connu sous le nom de .