Le (en occitan : baloard Lazare Carnot) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description Le boulevard Lazare-Carnot est une voie publique. Il se situe à l'est du centre historique, à la limite des quartiers Saint-Georges et Saint-Aubin - Dupuy.

Il naît au carrefour de la rue de Metz, à l'ouest, et de la rue des Frères-Lion, à l'est, dans l'axe des larges allées Forain-François-Verdier qui descendent du Boulingrin. Le boulevard Lazare-Carnot se termine au carrefour des allées du Président-Franklin-Roosevelt et des allées Jean-Jaurès. Il est prolongé au nord-ouest par le boulevard de Strasbourg et, au-delà, par le boulevard d'Arcole et le boulevard Lascrosses, qui aboutit au canal de Brienne.

La chaussée compte deux voies de circulation automobile dans chaque sens, mais les voies latérales sont réservées à la circulation des transports en commun. Il existe également, sur plusieurs parties et de chaque côté, une voie de circulation en contre-allée dévolue au stationnement. Le boulevard appartient sur toute sa longueur à une zone 30 et la vitesse y est limitée à 30 km/h.

Voies rencontrées Le boulevard Lazare-Carnot rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Rue de Metz (g) Rue des Frères-Lion (d) Rue Idrac (d) Rue Jacques-Matthieu-Delpech (g) Rue Jean-Rancy (g) Rue de l'Étoile (d) Rue Caraman (g) Place Roland (d) Rue du Rempart-Saint-Étienne (g) Rue Maurice-Fonvieille Rue d'Aubuisson (d) Rue Pierre-Baudis (g) Rue Labéda (g) Rue de la Colombette (d) Rue Castellane (d) Rue des Trois-Journées (g) Rue Gabriel-Péri (d) Allées du Président-Franklin-Roosevelt (g) Allées Jean-Jaurès (d)

Transports Le boulevard Lazare-Carnot est largement desservi par les transports en commun Tisséo. Il est parcouru et desservi, sur toute sa longueur par les lignes de Linéo . De plus, au carrefour des allées Jean-Jaurès se trouve la station du même nom, au croisement des lignes de métro , et, au sud, au carrefour de la rue de Metz, la station François-Verdier, sur la seule ligne de métro .

Plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse se trouvent sur le boulevard Lazare-Carnot : les stations (62 boulevard Lazare-Carnot), (69 boulevard Lazare-Carnot), (63 boulevard Lazare-Carnot), (24 boulevard Lazare-Carnot) et (6 boulevard Lazare-Carnot).

Odonymie vignette|redresse|gauche|Portrait de Lazare Carnot, par Louis-Léopold Boilly (1813). Le nom du boulevard rend hommage à Lazare Carnot, général et homme politique de la Révolution française, membre de la Convention nationale et du Comité de salut public, surnommé « l'Organisateur de la Victoire » ou « le Grand Carnot ». Le nom, choisi par la municipalité radicale de Camille Ournac, est officialisé le , lors de la visite à Toulouse du président de la République, le républicain Sadi Carnot, petit-fils de Lazare.

Le tracé du boulevard a fait disparaître une rue plus ancienne, qui allait de l'ancienne porte Saint-Étienne à la porte Neuve. Elle portait, au , le nom de rue Saint-Aubin ou, à la fin de ce siècle, des Fossés-Saint-Aubin. On lui trouvait également le nom de rue de la Bole. En 1794, pendant la Révolution française, ce fut la rue l'Attention, mais ce nom ne subsista pas. Lorsque le boulevard fut tracé, au début du , on lui donna naturellement le nom de Saint-Aubin, que portait la rue disparue, et vol. 2, ..

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, l'actuel boulevard Lazare-Carnot n'existe pas. Il n'y a qu'un chemin, qui longe le rempart entre la porte Saint-Étienne (emplacement de l'actuel allées Forain-François-Verdier) et la porte Neuve (emplacement des actuels et 29), puis qui oblique à l'ouest jusqu'à la porte Villeneuve (emplacement des actuels et 22 rue Lafayette). Il traverse des champs et des jardins de maraîchers – c'est à proximité que se trouve probablement le jardin ou verger des Augustines dans lequel, à la Toussaint 1323, sept troubadours fondent le consistori del Gay Saber qui organisent les concours des Jeux floraux.

À partir du , face à la porte Saint-Étienne, un faubourg se développe hors les murs, le faubourg Saint-Étienne. Il s'organise autour de la rue du Faubourg-Saint-Étienne (actuelle rue des Frères-Lion), qui permet de rejoindre le canal du Midi. Plus au nord, on trouve également quelques maisons, le long de l'ancien chemin de Balma (actuelles rue Labéda et de la Colombette), formant le faubourg Saint-Aubin. Les faubourgs s'urbanisent progressivement et l'ancien chemin des remparts, qui prend le nom de rue Saint-Aubin, se borde de maisons.

Époque contemporaine Au En 1806, la municipalité toulousaine demande à l'empereur Napoléon le déclassement des remparts de la ville et l'autorisation de les démolir. Par décret impérial du , la propriété des terrains et des matériaux des remparts et des fossés est cédée à la ville. En 1815, l'architecte de la ville, Jacques-Pascal Virebent, trace pour la municipalité un vaste projet d'aménagement, autour d'une place nouvelle (actuelle place Wilson) et un boulevard qui rejoint au sud l'allée Saint-Étienne (actuelles allées Forain-François-Verdier) : le boulevard doit faire 60 mètres de large et être planté de quatre rangées d'arbres, de façon à former une grande promenade. Le projet doit permettre de transformer les faubourgs Saint-Étienne et Saint-Aubin, mais il implique la destruction de plusieurs maisons. Finalement, le projet de Jacques-Pascal Virebent est jugé trop couteux et les dimensions du nouveau boulevard sont réduites. On commence par aménager entre 1815 et 1825 la première partie du boulevard entre les allées Lafayette (actuelles allées Jean-Jaurès) et l'ancienne porte Neuve.

C'est sous l'impulsion de Jean-Baptiste Dutemps, adjoint au maire, que le quartier Lafayette, qui se forme autour de la place et des allées du même nom (actuelles place Wilson et allées du Président-Franklin-Roosevelt), se développe. Entre 1831 et 1835, la Maison Modèle est élevée par les frères Virebent à l'angle des allées Lafayette (emplacement de l'actuel ). On leur doit aussi la construction de plusieurs immeubles, en particulier le théâtre des Nouveautés (actuel ). Ce n'est d'ailleurs pas le seul théâtre, puisqu'on y trouve le Cirque Castellane (ancien ), devenu le Grand Cirque français en 1852, une des salles les plus animées de la ville. On y donne des spectacles de cirque, de jeux divers, des représentations de théâtre et même des leçons d'équitation. Entre 1879 et 1881, comme le théâtre du Capitole est reconstruit, il devient le Théâtre du Cirque..

Du côté de l'ancien faubourg Saint-Étienne, la rue Saint-Aubin connaît l'activité des nombreuses diligences et des voitures publiques. Des départs et des arrivées se tiennent chaque jour devant l'hôtel de la Pomme d'Or (emplacement de l'actuel ). Malgré le développement du chemin de fer, à la suite de l'ouverture de la gare Matabiau en 1856, l'activité se maintient jusqu'à la Première Guerre mondiale, et vol. 2, ..

Les boulevards sont surtout un lieu de promenade, dans le prolongement des allées Saint-Étienne, qui aboutissent au Boulingrin. Le boulevard est également le cadre de cérémonies, comme celle du en l'honneur du président de la République, Sadi Carnot, qui visite la ville entre le 19 et le 21 de ce mois. En effet, ce jour-là le nom de Lazare Carnot est attribué au boulevard : c'est l'occasion pour la municipalité républicaine et radicale de Camille Ournac de célébrer la Troisième République, à travers les personnes du président et de son grand-père.

Au Dans les premières années du , le boulevard Lazare-Carnot est un des lieux les plus populaires de la ville. Il compte alors de nombreux grands cafés et bars. On trouve le Grand Café de l'Aviation en 1910 (actuel ), le café Carnot en 1905, devenu le café des Nouveautés vers 1930 (actuel ), le restaurant du Globe (actuel ), le café de l'Hérault (actuel , puis ), le bar Lyonnais, puis le Régent (actuel , puis ) et le café des Grands Boulevards vers 1920 (actuel ), le Sam's Bar (actuel ), l'Entracte (actuel ), le café des Nouveautés, qui fait office de café-concert et de théâtre (actuel ), le café Rolland (actuel ) et Au Petit Mousquetaire (actuel ) en 1933. On peut aussi relever une des plus anciennes pharmacies de la ville, la pharmacie des Grands Boulevards, tenue en 1905 par (actuel ).

Le boulevard Lazare-Carnot est également lié à l'histoire de l'automobile à Toulouse. En 1894, L. Bonneville vend les premières automobiles, des Panhard & Levassor, dans son magasin Automobilia (actuel ). Au début du s'ouvrent les premiers garages : Midi-Garage en 1905 (emplacement de l'actuel ), le Palais de l'Automobile dans l'immeuble Doat (actuel ) en 1906, où est ouverte également une école de chauffeurs où on donne des leçons de conduite. À la même époque, on trouve aussi l'Auto Palace (actuel ), Auto-Lavage Carnot, devenu Auto-Trafic en 1935 (actuel ), et l'Excelsior Garage vers 1920 (actuel ).

Dans la deuxième moitié du , les plus belles heures du boulevard Lazare-Carnot sont terminées, mais il ne perd pas complètement de son attrait. Dans les années 1940 s'ouvre le bar et dancing Chantecler, qui prend la place du café des Nouveautés (actuel ). Surtout, les municipalités socialistes de Raymond Badiou, puis de Louis Bazerque, souhaitent apporter un souffle de modernité dans la ville, qui se caractérise en particulier par la construction d'immeubles de grande hauteur d'un style moderne. Les boulevards – et particulièrement le boulevard Lazare-Carnot – deviennent un lieu d'expérimentation pour les architectes toulousains, parmi lesquels on remarque Pierre Lafitte, qui réalise la Résidence Saint-Cyr entre 1964 et 1968 (actuel ). L'autre réalisation emblématique du boulevard Lazare-Carnot est la Résidence Cap Wilson, élevée entre 1969 et 1972 à l'emplacement de la Maison modèle des frères Virebent (actuel ). Il est d'abord occupé par une galerie marchande, où Dany Saint-Géniès ouvre en 1976 Dany Disc, l'une des disquaires les plus réputés de la villeC. Do., « Tous les DJ allaient chez «Dany Disc» », La Dépêche du Midi, 24 octobre 2012..

Mais la destruction de la Maison modèle, pourtant protégée par une inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, provoque un fort émoi dans la population, marquant un changement dans la politique d'urbanisme de la municipalité. Dans les années qui suivent, les constructions modernes cherchent à s'intégrer au bâti ancien par l'utilisation de la brique en parement, comme on le voit pour la Résidence la Tour Palladine, construite en 1978 (actuel ). L'exemple le plus spectaculaire reste cependant l'opération immobilière du nouveau quartier Saint-Georges, qui s'organise autour de la place Occitane, à proximité du boulevard Lazare-Carnot.

Patrimoine et lieux d'intérêt Théâtre des Nouveautés