Bruno Mégret, né le à Paris, est un haut fonctionnaire et homme politique français.
Après avoir été membre du Rassemblement pour la République (RPR), puis présidé son propre mouvement, les Comités d'action républicaine (CAR), il rejoint dans les années 1980 le Front national (FN), dont il devient l'un des principaux dirigeants. Après sa rupture avec Jean-Marie Le Pen en 1998, il fonde le Mouvement national républicain (MNR), parti d'extrême droite.
Situation personnelle Bruno Mégret est le fils du haut fonctionnaire Jacques Mégret et de Colette ConstantinidesSon père est encore élève de l'ENA lors de sa naissance.. Il est l'aîné d'une famille de quatre enfants dont il est le seul garçon.
À Bruxelles, où son père est en poste aux Communautés européennes, Bruno Mégret est scolarisé à l'École européenneIl devient chef de la patrouille des sangliers au sein de la troupe des , composée d'enfants de fonctionnaires européens. Le chanteur néerlandais Dick Annegarn est dans son groupe.. De retour à Paris, il est pensionnaire à l'Institut catholique BossuetSitué 6, rue Guynemer, c'est une institution particulièrement sélective qui prend les enfants en charge pour les études du soir et leur propose différentes activités comme le sport, la chorale et les cours de catéchisme, obligatoire jusqu'en seconde. et inscrit en seconde au lycée Louis-le-Grand avant d'y être admis en classe préparatoire.
Reçu à l'École polytechniqueIl est au concours et intègre l'école du premier coup par la liste complémentaire. en 1969, il en sort dans la et intègre le corps des ponts et chaussées, L'Express, ..
Diplômé de l'Institut des hautes études de Défense nationale, capitaine de réserve de l'arme blindée et cavalerie, il a été élève officier de réserve de l'École de cavalerie de Saumur (incluant un stage commando à Quélern, puis deux mois en garnison en Allemagne à Offenbourg). Il a ensuite passé huit mois à Laon comme sous-lieutenant au de cuirassiers.
En 1974, ses études en France terminées, il part, muni d'une bourse, pour les États-Unis où il passe une année à l'université de Californie à Berkeley. Il en revient avec un diplôme de .
Chargé de mission au Commissariat général du Plan en 1975 et 1976Dont, avec les députés du FN, il demandera la suppression en 1986., il est affecté à l'aménagement du territoire lors de la préparation du planIl rencontre alors Yvan Blot, qui représente le ministère de l'Intérieur..
Nommé à la direction départementale de l'équipement de l'Essonne en 1977Il s'occupe d'un tronçon de l'autoroute La Francilienne et de son raccordement à l'A10 de murs antibruit, sur la N118 à la hauteur de Bièvres., il est ensuite conseiller technique au cabinet du ministre de la Coopération de 1979 à 1981, puis directeur adjoint des infrastructures et des transports à la préfecture de la région Île-de-France jusqu'en 1986. Mis en disponibilité, il rejoint son corps d'origine deux ans plus tard, après sa défaite aux élections législatives. Jusqu'en , où il est élu député européen, il est chargé de mission au Conseil général des ponts et chaussées (CGPC)..
Parcours politique Rassemblement pour la République (1975-1982) Dès 1975, il adhère au Club de l'horloge, un cercle de réflexion créé par de hauts fonctionnaires qui entendent élaborer une riposte intellectuelle au socialisme. Il adhère ensuite au Rassemblement pour la République (RPR), Journal de Polytechnique, 1990 via les réseaux de Charles PasquaSix mois plus tard, il rentre au cabinet de Robert Galley, ministre de la Coopération. Il est chargé des projets techniques (routes, hôpitaux) financés par la France en Afrique.
Il s'y rend au moins une fois par mois. et devient presque immédiatement membre du comité central du RPR. En 1981, lorsque François Mitterrand est élu, il se présente aux élections législatives au nom du RPR dans les Yvelines contre Michel Rocard qu'il met en ballottage.
Comités d'action républicaine (1982-1988)
Après l'élection présidentielle de 1981, la droite crée des cercles et associations afin de comprendre son échec ; les Comités d'action républicaine (CAR) sont conçus par Yvan Blot et Pierre-Marie Guastavino, et créés officiellement par Bruno Mégret, « Jean Bousignac », Jean-Claude Bardet et Claude Waddington en . Le symbole choisi est la feuille de chêne. Mégret entame la rédaction de Lettres d'orientation, et plusieurs campagnes sont lancées par les comités, notamment celle « Pour l'école républicaine, non aux manuels scolaires marxistes » en Fiche n°3 sur un livre d'histoire géographie de troisième : Incidemment dans un autre domaine il est fait l'apologie de la contraception. De même des craintes sont formulées à l'égard de l’énergie nucléaire. Des développements importants sont consacrés au pacifisme. Le fiche donne comme conclusion : C'est un manuel de niveau médiocre. On croirait lire un journal ou écouter une émission télévisée. Dans une analyse d'un ouvrage d'économie de , il est indiqué dans la fiche n°7 que La pédagogie, ou plutôt le matraquage idéologique, retenue par la sélection des textes, des titres, l'iconographie… conduit à faire adhérer complètement voire mystiquement nos enfants aux thèses marxistes, à en faire de bons militants socialo-communistes, voire des anarchistes. Pour illustrer les fonctions de la monnaie, une bande dessinée de Gotlib n'hésite pas à utiliser la calomnie : « Chaque médaille a son revers, le commerce montre bientôt sa hideuse face cachée : l'escroquerie ». Les auteurs libéraux sont disqualifiés (par exemple p.58, le texte d'Alexis Carrel est qualifié de raciste..
Lors des élections municipales de 1983, les comités ont environ 250 élus, parmi lesquels le journaliste Dominique JametCiaran O'Maolain, The Radical Right: A world directory, Harlow-Longman, 1987, p. 89.. Quelques conseillers municipaux parviennent à être élus maires, comme Pierre Bernard (Montfermeil), Jean-Paul Hugot (Saumur), Nelly Rodi (Aubergenville) ou Francisque Collomb (Lyon). Les CAR revendiquent pour un total de en France.
En 1984, Mégret cherche à constituer une liste pour les élections européennes. Il approche Jean-Maxime Lévêque, Francine Gomez, François Léotard, sans succès.. Il se rapproche alors du Front national. Beaucoup d'adhérents sont opposés à ce ralliement. Des comités locaux se sabordent, et nombre d'adhérents rejoignent le RPR, le CNI ou l'UDF.
Bruno Mégret reste le président jusqu'en 1988. Jean-Jacques Mourreau lui succède, jusqu'à sa propre démission et la mise en sommeil du mouvement en 1990.
Cadre du Front national (1987-1998) Délégué général du Front national En 1986, profitant du scrutin à la proportionnelle, Jean-Marie Le Pen, président du Front national, décide de créer le Rassemblement national afin d'ouvrir son parti à d'autres mouvements. Bruno Mégret et les Comités d'action républicaine s'allient à cette occasion au Front national. Il est alors élu député de l'Isère et deviendra député européen en 1989.
Poussé par Patrick Buisson et Jean-Yves Le Gallou.., il adhère au Front national en 1987, et Jean-Marie Le Pen le nomme directeur de sa campagne présidentielle pour l'année suivante, Dans l'ombre de Le Pen, de Lorrain de Saint Affrique et Jean-Gabriel Fredet, Hachette. En 1988, Bruno Mégret se présente dans la des Bouches-du-Rhône (Gardanne), où il obtient 26 % des suffrages au premier tour et 44 % au second. Son influence ne cesse de grandir au sein du FN où il révèle ses talents d'organisateur et de stratège, devenant ainsi un rival pour Jean-Pierre Stirbois, le secrétaire général. Ce dernier meurt dans un accident de voiture et sera remplacé par Carl Lang, puis par Bruno Gollnisch.
En , il est nommé délégué général du Front national par Jean-Marie Le Pen. Il est chargé de la formation, de la communication, des études, et des manifestations du Mouvement national. En , il est élu au Parlement européen où il est membre de la Commission politique et de la Commission économie. Depuis , il est, de surcroît, le leader du Front national dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est lui qui conduit la liste aux élections régionales dans les Bouches-du-Rhône et, en , il est élu conseiller régional de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Bruno Mégret s'impose comme numéro deux du Front national et forge son image. Ainsi, il fonde en 1989 la revue Identité qui va organiser et mettre en forme le corpus idéologique de l'extrême droite française. Il s'attaque aussi à la question de l'immigration et propose qui provoqueront beaucoup d'émoi dans les médias et au sein de la classe politique.
Les années 1990 voient un affrontement interne entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret , que Pascal Perrineau fait débuter lors du du FN de . À cette occasion, Bruno Mégret affiche l'objectif de et propose, pour y arriver, ..
Candidat aux élections législatives de mars 1993 dans la douzième circonscription des Bouches-du-Rhône (qui comprend Marignane), il frôle l'élection avec 49,5 % des voix au second tour, après avoir obtenu 27,5 % au premier tour. D'après l'historienne Valérie Igounet, qui décide de maintenir l'ensemble de ses candidats, contre l'avis de Bruno Mégret. Le président du FN impose notamment le maintien de Damien Bariller, directeur de cabinet de Bruno Mégret et candidat dans la dixième circonscription des Bouches-du-Rhône face à Bernard Tapie,
C'est en qu'il choisit Vitrolles comme point de chuteLe FN y est fort, dès 1984, il dépassait les 20 %.. Pour les élections européennes de , il est placé en deuxième position sur la liste conduite par Jean-Marie Le Pen et réélu au Parlement de Strasbourg.
En , candidat à l'élection municipale de Vitrolles dans les Bouches-du-Rhône, il obtient 43 % des suffrages au premier tour, le score record du Front national dans les villes de plus de . Mais il échoue de justesse au second tour devant la liste conduite par Jean-Jacques AngladeUne importante mobilisation militante et médiatique met un terme aux ambitions de Mégret entre le premier et le second tour..
C'est Catherine Rascovschi, son épouse depuis 1992, qui le remplace comme candidate à la mairie de Vitrolles car il est frappé d'inéligibilité pour un an pour non-respect des dispositions de financement de la campagne. Elle est élue le avec 46,70 % des voix au et 52,48 % au second, V comme Vitrolles, Catherine Mégret, Éditions nationales.
Le journaliste Jean-Pierre Thiollet est d'avis qu'en 1998, le couple que Catherine Mégret forme avec son mari peut être considéré, politiquement parlant, comme le « pendant exact » du couple Cendrine et Jean-Marie Le ChevallierCitation de Jean-Pierre Thiollet dans Les Dossiers du Canard enchaîné (numéro paru sous le titre « Mégret, facho devant ! : La montée du petit brun qui veut la peau du gros blond ». Les époux Mégret tentent notamment d'instaurer en 1998 une prime de naissance de 5.000 francs attribués aux enfants français nés de parents européens, une mesure qui sera jugée illégale par la justice. La Chambre régionale des comptes pointe par ailleurs des « moyens peu hétérodoxes pour équilibrer les comptes » de la municipalité, avec entre autres une trésorerie « largement assurée » par les usagers de l’eau avec une hausse brutale des tarifs, une gestion approximative des contrats, délégations, un sous-encadrement, etc.https://www.lesechos.fr/2014/03/municipales-le-fn-et-la-gestion-tres-contestee-de-vitrolles-marignane-toulon-et-orange-295956. Bruno Gollnisch, à l’époque n°2 du FN, affirme que « dans tous les domaines, les Mégret, c’est un bilan d’échec »..