Le Regroupement social républicain (Raggruppamento Sociale Repubblicano, plus tard Parti du socialisme national (Partito del Socialismo nazionale) est une formation politique néo-fasciste italienne active de 1952 à 1957, et de 1957 aux années 1960 au sein du cartel du Parti national du travail (Partito nazionale del Lavoro) résultat de la scission de la gauche, socialisante et révolutionnaire, du Mouvement social italien (MSi), opérée par Giorgio Pini et Concetto Pettinato.
Histoire
Aux origines : la scission de 1952 En , le courant de la « gauche » Missina se scinde en Comité central sur le soutien du parti au Parti national monarchiste (PNM), Giorgio Almirante et Filippo Anfuso votant en faveur du secrétaire Augusto De Marsanich, tandis qu'Ernesto Massi et Giorgio Pini restent opposés à l'alliance avec les monarchistes.
Le courant est vaincu lors du congrès national de L'Aquila en ; deux des trois principaux dirigeants de la « gauche » quittent le MSI, l'ancien sous-secrétaire de la République sociale italienne (RSI) Giorgio Pini et l'ancien directeur de La Stampa Concetto Pettinato. Quelques semaines plus tard, ils forment officiellement, le , à Bologne le Regroupement social républicain.
Organisation et idéologie Se développant principalement dans le nord de l'Italie, le mouvement se dote vite d'une structure avec un exécutif central qui nomme par la suite le colonel Massimo Invrea (futur général). Cette formation comprend immédiatement des représentants du courant interne Missina des « groupes autonomes républicains ». Le symbole du parti est une flamme tricolore avec les lettres « RSR » entourées d'une couronne de laurier. L'organe officiel du mouvement est la Prima Fiamma, publiée tous les quinze jours à TurinAdalberto Baldoni, La destra in Italia, Pantheon, 1999, .
Le , dans le premier numéro de Prima Fiamma, Giorgio Pini fait paraître un long article présentant l'orientation idéologique du mouvement : « Nous ne voulons pas donner l'impression de nous couvrir par crainte de certaines insinuations, notamment celles de ceux qui nous présentent comme des convertis – un peu tard, il faut l'admettre – à un socialisme plus ou moins scientifique, matérialiste et internationaliste. C'est une insinuation ridicule, propagée par ceux qui ont tout intérêt à discréditer la position la plus claire et la plus cohérente qui soit (…)
Cela dit, lorsqu'on examine les relations juridiques et économiques dans lesquelles la vie prend forme dans la sphère matérielle subordonnée à la sphère morale, il apparaît indiscutable que ces relations ne peuvent être régulées que selon deux critères : celui de la libre concurrence imposée aux droits de l'individu (d'où le libéralisme politique et le libéralisme économique), et celui de la coordination sociale, de la collaboration entre les catégories, de la subordination des droits individuels aux droits collectifs, et enfin d'une économie régulée selon les intérêts de la nation (d'où les diverses formes de dirigisme social appelées socialisme) (…)
Nous rejetons la conception libérale et de marché ; nous adoptons la conception socialiste sans nous soucier des pinailleurs qui objectent que le socialisme signifie un déterminisme économique au sens matérialiste du terme (…) Que les esprits confus, qu'ils soient malveillants ou bien intentionnés, se rassurent : notre socialisme n'a rien de subversif, il n'inverse pas la primauté du spirituel sur le matériel, il n'envisage pas un nivellement par le bas et il ne rejette pas la hiérarchisation des valeurs individuelles et collectives. Par conséquent, tout en réaffirmant ici l'appellation de socialisme-national que nous avons adoptée pour définir les principes de notre charte – un développement logique, direct et précis de la Charte du Travail, des Corporations, du Manifeste de Vérone et de la socialisation –, nous estimons opportun d'ajouter un élément qui influence l'interprétation politique de notre programme au regard de la situation actuelle (…)
Ce n'est pas nous qui devons ou pouvons embrasser le socialisme matérialiste, mais plutôt les travailleurs qui, finalement, embrasseront le socialisme-national, notre principe qui les attendait, et les attendra toujours. Ce sont là des considérations élémentaires, mais la confusion actuelle, tant à droite qu'à gauche, est telle que nous avons jugé nécessaire de clarifier la situation, dans l'espoir que la droite comme la gauche nous aient enfin compris. »
Contact avec le Parti communiste italien (PCI) et Stanis Ruinas Selon les rapports de Giuseppe Pardini, ils auraient eu des contacts avec des représentants du Parti communiste italien (PCI), dont Luigi Longo, pour le compte de la direction nationale du PCI, d'où la décision d'inviter les ouvriers adhérents au RSR à adhérer à la Confédération générale italienne du travail (CGIL) en lieu et place de l'Unione Generale del Lavoro (CISNAL)Giuseppe Pardini, Nazione, Ordine e altri disegni, Vicende politiche nella destra italiana, Le Lettere, pagina 17. Ils ont aussi des relations avec les groupes de « Pensiero Nazionale », dirigés par Stanis Ruinas, qui ne se sont finalement pas joints. En , le RSR change de nom pour devenir le Parti du socialisme nationalhttp://www.lelettere.it/Data/Files/HtmlEditor_Files/Image/Estratti_pdf/1065nazione.pdf.
La scission de 1957 et la disparition du parti
Le secrétaire adjoint du MSN Ernesto Massi, l'autre représentant de la gauche interne, qui a quitté le MSI en 1957 à la suite de la défaite au congrès national du MSI de Milan, confirmant le rôle modéré du secrétaire Arturo Michelini, crée le Parti national du travail (Partito nazionale del Lavoro). en quand l'aile gauche démissionnaire du parti se rassemble en masse et où convergent Giorgio Pini et Concetto Pettinato, tandis que l'aile traditionaliste et « évolienne » menée par Pino Rauti quitte également le MSI pour créer le Centro Studi Ordine Nuovo.
Aux élections politiques de 1958, le Parti national du travail présente des listes à la Chambre dans cinq circonscriptions, mais n'a aucun élu..
Charte constitutive
« Le RSR. affirme le principe du Socialisme National – non marxiste – synthèse des exigences humaines suprêmes de liberté et de justice à concilier dans une harmonieuse plénitude de vie morale et physique ; principe à réaliser à travers la solidarité corporative de toutes les forces et catégories sociales. La base historique et politique sur laquelle se composent les aspirations idéales et les intérêts matériels des individus, des catégories et des générations, est la Nation constituée par les termes élémentaires indissolubles de Patrie et de Travail. Pour chaque citoyen, au droit au travail correspond le devoir et l'honneur de servir la Patrie en paix comme en guerre. L'État du Travail concrétise le concept de Nation du RSR. Il est républicain et se fonde sur la participation organique et permanente de tout le peuple à sa vie. Le sujet de l'économie est le travail, entendu sous toutes ses formes : directives, intellectuelles et manuelles. Le capital est un instrument du travail. La propriété, fruit du travail et de l'épargne, n'est légitime que dans le cadre des exigences sociales et nationales. Le travailleur, à travers les phases de la co-participation aux bénéfices et de la cogestion, doit parvenir à la gestion de l'entreprise dans laquelle il opère. Le travailleur, en tant que tel, participe à la vie politique nationale à travers ses propres représentations syndicales spécifiques. Le Syndicat unique de catégorie devra transformer sa fonction et sa propre structure pour s'adapter aux tâches que l'application de ces principes comporte. Le RSR. nie toute validité morale et politique au système partitocratique (régime des partis) sur lequel se base le régime actuel. Il est opposé à toute législation d'exception, soutient l'égalisation absolue des citoyens dans leurs devoirs et leurs droits ; exclut tout privilège individuel ou de catégorie ; soutient la liberté de parole, de presse, d'association dans le cadre des fins communes résumées dans l'État. Le RSR. reconnaît la pleine liberté de culte. Le Socialisme National du RSR. implique une économie programmée sur les bases suivantes : exploitation intégrale et organique de toutes les ressources nationales ; plans de réorganisation et de renforcement industriel ; défense et développement de l'agriculture inspirés par les principes de la bonification intégrale ; une politique tributaire et fiscale qui bannisse l'évasion et concilie les capacités du contribuable avec les exigences de l'État ; indépendance vis-à-vis des assujettissements internationaux dans l'approvisionnement des matières premières et pour les débouchés à l'étranger ; plein emploi des travailleurs et élévation du niveau de vie du peuple italien. Le RSR. revendique l'intégrité territoriale, l'unité et l'indépendance de l'Italie. Il exclut toute renonciation spontanée ou forcée aux territoires métropolitains soustraits par le diktat. Le RSR. soutient la nécessité d'une politique étrangère inspirée par les intérêts concrets de la Nation. Il exclut toute adhésion aux blocs hégémoniques d'Orient et d'Occident. Il prévoit une entente avec les nations latines et avec l'Allemagne comme nécessaire à l'unité européenne sur une base de parité, ainsi qu'avec tous les peuples méditerranéens et arabes. Il considère urgente l'intégration de l'économie européenne avec l'économie africaine pour un débouché conséquent du travail italien en Afrique. Le travail italien à l'étranger doit être protégé. Les Italiens à l'étranger doivent être considérés comme des éléments constitutifs de la communauté nationale et appelés à participer à la vie politique italienne. ».
Notes et références
Bibliographie
Paolo Buchignani, Fascisti rossi. Da Salò al Pci, la storia sconosciuta di una migrazione politica, Mondadori, Milano, 1998. Giuseppe Pardini, Nazione, Ordine e altri disegni,Vicende politiche nella destra italiana, Le Lettere, 2011.
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